Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2007.11.29

Appel d'offres LFP - massacre à la tronçonneuse ?

Frédéric Thiriez se lisse la moustache. Il donne ce vendredi le coup d'envoi d'un nouvel appel d'offres pour les droits 2008-2012 de sa chère Ligue.

Le président de la LFP en attend au moins 750 M d'euros par saison et Aulas vise les 900. Les droits du magazine dominical (24 M pour France Télévisions) n'exploseront pas. Les droits mobiles (30 M pour Orange) peuvent sensiblement évoluer, mais l'essentiel continuera à provenir des exclusivités détenues aujourd'hui par Canal+. Or ce dernier prétend ne pas vouloir dépenser autant qu'aujourd'hui, c'est à dire 600 M par an.

En réalité et compte tenu de la progressivité du contrat précédent, la saison 2007-2008 coûte déjà 660 M à la chaîne cryptée. Avec le tarif de base a 31 euros en reference, cela représente moins de 20% de sa base de clients. Et le coeur de cible s'avère encore plus restreint : compter par exemple 7 euros par mois pour l'option Foot+, 34 pour CanalSat... combien pour des abonnements collectifs (une rente de situation avec les bars et autres diffuseurs de proximité, à la fois gourmands en Foot+ / pay per view et excellents prescripteurs) ?

Si l'on raisonne sur la pénétration actuelle de Canal+ au niveau national et en comparant avec d'autres acteurs internationaux, on peut penser que le plein n'est pas loin d'être fait. Mais la moitié de la France reste à convertir au haut débit et ce nouveau contrat portant sur 4 ans au lieu de 3 assure la transition vers la TV 100% numérique. La convergence est enfin là, les offres de triple-play, quad-play (et plus si affinité) se banalisent, les nouveaux accès se multiplient...

Au-delà de la part de marché il en va de la "part de client" et du prix que les clients seront prêts à payer pour une offre soudain moins différenciante. Canal ne pourra décemment pas maintenir des tarifs aussi élevés par rapport aux offres multiaccès du marché. Non seulement il perdra des clients mais il devra sérieusement rogner sur sa marge et cela sur ses clients les plus fidèles... pas idéal quand on s'apprête à élargir sa base avec des offres plus low cost dans un environnement plus qu'incertain. Pour compléter le tableau : la perte de la mainmise sur le foot serait désastreuse en terme d'image ; un message inquiétant pour ceux qui resteraient malgré tout.

Au moment - clef où une nouvelle concurrence émerge, Canal+ a d'un côté l’occasion de verrouiller durablement le marché (et d'enfoncer pour de bon TF1 avant sa revente) et de l'autre le risque de renforcer un petit groupe de poursuivants. A bon prix (environ 2 millions d'euros par jour), le leader sécurise son parc au meilleur moment et conserve les ressources nécessaires pour lutter sur d'autres fronts plus diffus (cf droits cinéma éclatés sur un plus grand nombre d'acteurs). L'histoire récente prouve que Canal peut se permettre de lâcher quelques blockbusters chaque année et réduire l'attractivité de son offre cinéma sans remettre en cause son leadership.

Frédéric Thiriez a massacré son bébé à la tronçonneuse pour optimiser les recettes. Tous les lots ne partiront pas comme des petits pains mais quelque chose me dit que quand bien même Canal+ venait à abandonner l'ambition de l'exclusivité, la chaîne cryptée déboursera plus demain qu'aujourd'hui...

Et le sport dans tout cela ? La manne du contrat précédent a tout juste suffi à ralentir la fuite des plus jeunes cerveaux et à assainir les comptes des clubs pros. Il sera exigé de ces derniers un effort plus conséquent pour mériter leur salaire : proposer un jeu du plus haut niveau au plus grand public, faire venir les familles dans des stades adaptés au  XXIe siècle*... mais sans vider les terrains de leurs joueurs du dimanche** et renvoyer le football français à l'âge de pierre.

En Anglais, "age de pierre" se dit "stone age". En football, on parle également de "Croatian syndrom".

* avec ou sans l'organisation de l'Euro 2016
** le grand enjeu des nouveaux horaires

2007.03.30

Téléfoot Light

Daniel Bilalian a obtenu l'autre messe dominicale pour France 2 : la pilule du lendemain de la Ligue 1 (pour ceux qui ont oublié de se mettre Jour de Foot sur le bout du crampon) encadrera bientôt le JT de 13h.

TF1 a néanmoins décidé de maintenir les feux de l'amour du foot allumés ; un Téléfoot édulcoré avec ce qu'il reste à la maison Bouygues : des pièces nobles comme les Bleus ou la Champions League, et le second choix style Ligue 2.

Canal+ a en effet snobé l'appel d'offres sur cette dernière, laissant un boulevard à un Eurosport tout heureux de conserver son produit phare (je ne parle pas au nom des amateurs de snooker ou de dressage de chiens).

Rien de nouveau donc, si ce n'est les raisons de la colère de Canal : à l'instar des ligues majeures, la LFP compte désormais produire ses propres images (déléguant si nécessaire, comme avec le toujours placé Lagardère). Ce saut légitime dans la chaîne de valeur optimisera les retombées sur l'ensemble des media à l'heure où le haut débit fixe et mobile se démocratise.

On voit mal la chaîne cryptée rentrer dans ce jeu lors du prochain appel d'offres pour la Ligue 1. Et pourtant, rien ne semblait pouvoir arrêter le capo de tutti capi du foot français, qui venait justement d'ISO9002iser InfoSport en deux coups de cuiller à pot (Daniel Bravo se sent brusquement moins seul sur les plateaux)... la glorieuse incertitude du sport ? 

En attendant, à surveiller au prochain mercato : les régies mobiles et moyens techniques. Pas très glamour mais réservé aux fins techniciens.

2006.11.15

Hommage collatéral

Quelques minutes sur une pelouse avant un match et entre deux tranches de réclame sur TF1, passe encore pour fêter les 100 ans des Bleus mais là... Et avec un France-Grèce en guise de bouquet de fleurs en plus !

Au moins en 2004 nos derniers poilus avaient-ils eu droit à un France-Brésil. Zéro-zéro certes, mais avec du beau monde sur le terrain et même Bernard Mendy sous son plus beau jour. La Grèce ? On se la réservait pour la compet' qui allait suivre, et des quarts gagnés d'avance...

La génération 1998-2002 ne méritait pas ça.

Pourquoi maintenant ? Ces grands garçons (jeunes retraîtés ou encore actifs) ont déjà prouvé que leur meilleur moyen de se retrouver, c'était sur un terrain et pour une noble cause.

Comme si coller un coup de blues pouvait effacer un coup de boule.

Je ne vois en effet d'autre explication à cette parodie de grand-messe audiovisuelle qu'une solution à deux balles pour rejouer la dernière sortie de Zinédine Zidane devant les caméras françaises. Vous avez manqué les dix dernières minutes ? C'est pas grave : les voici, et en image arrêtée pour vous faciliter le boulot. Avec loupe sur le sourire du Maestro sur le terrain de ses plus grands exploits.

Pathétique.

Le 9 juillet dernier, Zizou s'était déjà privé de remise de titre (meilleur joueur de la Coupe du Monde, à défaut de la Coupe elle-même) et voilà que ce soir, on lui vole ce qu'il lui reste de dignité.

2006.09.14

L'Europe sans Platini

L'élection à la présidence de l'UEFA constitue l'un des événements majeurs de la saison européenne sinon le plus structurant pour les années à venir. Franz Beckenbauer ayant remis à plus tard (et sur d'autres terrains style FIFA ?) son duel avec Michel Platini*, ce dernier affrontera finalement Lennart Johansson en persson.

Pour se consacrer pleinement à ce combat a priori inégal, Platoche doit abandonner les plateaux européens de Canal+ ; un sérieux dommage collatéral pour des téléspectateurs obligés de se cogner Philippe Doucet en solo et l'improbable duo Lizarazu - Dessailly pour animer un plateau déserté par les Mathoux boys**. Or Bixente a des choses à dire mais n'a pas encore libéré les chevaux aussi totalement que les cheveux, et Marcello n'a pas grand chose à dire si ce n'est des blagues à deux lires aussi légères qu'une charge de Claudio Gentile.

Heureusement qu'il y a les images où c'est qu'on voit des joueurs en activité dedans. Style Florent Malouda s'offrant un monumental Pelé-Banks face à Iker Casillas. Style Abdul Kader Keita testant d'une mine antipersonnel l'arète d'Anderlecht. Style Yohan Gourcuff balançant dos au but depuis le bord de la touche une fleur jusque sur un crâne milanais idéalement placé dans la surface.

Ces images sont peut-être servies comme un plateau télé microondé, ça a du goût et on pardonne thoux à Hervé Mathoux, toujours l'hôte idéal. Celui-là a décidément bien fait de quitter TF1, tout comme Gilardi a eu raison de faire le chemin inverse pour chausser les bottes de Thierry Rolland***.

Platini, lui, nous aura servi du caviar pendant des décennies. Son "Numéro 10" co-présenté avec Bernard Père n'a pas survécu au Heysel, et il fallait parfois tout l'art d'HM pour le tirer de sa torpeur du temps où Canal+ avait un budget apéro décent pour ses soirées Champion's League, mais pour éclairer le jeu du point de vue du joueur on ne fait pas mieux.

Je serais curieux de voir ce que donnera l'UEFA sous sa coupe. Une chose est sûre : ce ne sera pas champagne pour les seuls 14 invités à table et ronron pour les autres.

 

* cf "Happy new Beckenbauyear ? Forza Michele !" (20060104)
** sacrifiés sur l'autel budgétaire au profit de la L1 ?
*** son bonheur partagé avec Jean-Michel Larqué fait plaisir à voir... mais on n'enchaîne pas tous les jours des France - Italie et Lyon - Real Madrid de ce tonneau

2006.02.24

60 ans d'Equipe (bis)

L'Equipe n'est pas encore en quadri mais s'autorise quelques couleurs. Le lundi, par exemple, après un week-end de chasse au grand air, il parade avec les couleurs du soleil et la besace bien rebondie.

Mais Robert Chapatte commence à livrer la veille gratuitement et à domicile un Stade 2 tout en couleurs, avec le son. Puis un certain Cangionni s'amuse à proposer dès le samedi soir un appétissant Tele Foot 1 à peine sorti du four (quand ce n'est pas du Chaudron)...

Néanmoins, L'Equipe reste le meilleur annonceur des résultats, et ne se focalise pas encore sur ses résultats auprès des annonceurs. C'est le média des supporters, pas le support des médiateurs.

Car en ces temps bénis où le sport n'est pas devenu business, L'Equipe ne se prend pas au sérieux. Son concurrent n'est pas encore cet éphémère quotidien sportif national (qui poussera le leader à adopter la quadri, justement), mais une irrévérencieuse institution hebdomadaire. Entre les deux canard truffés de jeux de mots, c'est à celui qui décrochera le plus de sourires dans les kiosques.

A cette époque, L'Equipe est ce blanc bec qui n'a pas connu la Guerre et Le Canard Enchaîné ce vieux coq né au fond des tranchées. Malgré tout, le blanc bec affiche toujours le logo de son ancêtre de 1904, L'Auto.

Quand j'y réfléchis... à cette époque, L'Equipe a déjà plus de 60 ans.

2006.02.22

PSG - sans Canal Lacrymal ?

La fusion CanalSat - TPS fournit un alibi éthique en toc au Groupe Canal+ : puisque M6 devient actionnaire du bouquet, le soutien du Paris Saint Germain par la chaîne cryptée pose enfin objectivement problème. RLD risque donc de se retrouver seul dans le rôle du mécène d'entreprises de para-spectacles proto-sportifs.

Qui est prêt à perdre 100 millions d'euros sur trois ans pour une qualification en Ligue des Champions, une qualification en Intertoto, quatre changements d'entraîneurs, trois crises d'automne, trois crises de printemps, cinq guerres "civiles" dans les tribunes mais une notoriété spontanée en béton ? Parmi les prétendants : Francis Graille, Luis Fernandez, Jean Tiberi, Daniel Hechter, un américain plus ou moins versé dans la franchise (plus façon Lamar Hunt, moins façon Malcom Glazer), un oligarque russe, un maffieux chinois, un bookmaker malais, une combinaison (nécessairement foireuse) des précédents... Parmi les groupes français capables d'injecter du cash, seul Total présenterait quelques synergies métier (comment recycler des grosses tâches tendant à couler par le fond).

Arnaud Lagardère a déjà décliné la proposition et mise à fond sur un véritable sport de contact sur tapis vert : le bridge. Ce n'est donc pas demain que Jean-Bouin annexera le Parc (il est bien loin le temps où je tapotais dans la balle sur le synthétique du C.A.S.G., à l'occasion avec Nambatingue Tokomon dit Toko, Serge Blanco ou la bande à Charles Biétry).

Les joueurs ? Pour ne rien changer à leurs habitudes, ils se concentrent sur leur prochaine défaite et se détendent en regardant Lyon rayonner sur l'Europe.

2005.10.26

Roland : coup de corne à Charlemagne

La moitié de la Coupe du Monde sur M6 avec Thierry Roland au micro ? J'espère pour Nicolas de Tavernost qu'il avait pensé à placer quelques billes chez les books, histoire d'amortir son investissement.

Au passage et dans son style caractéristique, TR donne un petit coup de corne pas du tout brumeux à la Direction des Sports de TF1 où Charles Villeneuve continue d'essaimer à tous vents : Guy Roux chez Canal, Frédéric Jaillant à l'OMTV... bientôt Mariane Mako sur Juvisy Channel ?

Au niveau du Groupe, TF1 n'a heureusement pas besoin de trop investir sur son vaisseau amiral (d'autant que l'ex président de la FFF lui a généreusement renouvelé son bail à prix d'amis pour Les Bleus). TF1 pourrait à la fois renforcer Eurosport et TPS en modifiant leur tour de table et leur tour de taille... M6 peut désormais valoriser sa participation dans TPS au prix fort, et renforcer ses liens avec France Telecom / Orange, laissant la Bouygues Connection optimiser les synergies Bouygues Telecom - TF1 - LCI - Eurosport - TPS & co. En attendant, Lelay évoque mystérieusement le déplacement du QG de Eurosport à Milan, sur les terres de Mediaset...