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2011.03.29

Le "modèle" EPL bat de l'aile

J'ai assez vivement réagi à un rapport vantant les mérites de l'English Premier League comme un modèle de management auprès des décideurs coréens*.

Ce rapport met fort justement en valeur le travail de toilettage des hooligans opéré avant le lancement de la League en 1992, mais il oublie de signaler le nettoyage des tribunes populaires par l'augmentation radicale du prix des billets, et le passé plus que centenaire du football professionnel en Angleterre : oui, l'EPL attire les foules, mais c'était aussi le cas avant, et certaines rencontres de quatrième division peuvent afficher des assistances plus élevées que bien des matchs de Ligue 1.

L'EPL est en crise sur son coeur de métier: le sportif. Le fossé se creuse entre le top 4-5 et le reste de la ligue (les 5-0 ou 7-0 se multiplient et le ventre mou du championnat est plié dès la mi-saison), le fossé se creuse entre les supporters et des franchises privées de sens, le fossé se creuse entre clubs gérés par des managers responsables (comme Arsenal) et des clubs gérés en dehors de toute logique économique (Chelsea, Manchester City)...

Faillites, échecs des mises en bourse, et le Manchester United tant vanté par cet analyste au bord de l'implosion... un joli modèle en vérité. Réélu haut la main (au propre comme au figuré) à la tête de l'UEFA, Michel Platini doit opérer l'une des réformes les plus importantes du football professionnel : la DNCG à l'Européenne, une autorité supérieure pour contrôler les dérapages financiers. Dans le sport pro, le respect du jeu passe également par le respect des logiques économiques.

footlog 2011

* Ce championnat est suivi de très près dans le pays depuis que les joueurs coréens, Park Ji-sung en tête, y brillent. Manchester United a au même titre que d'autres grands clubs européens fait le pélerinage estival pour booster la vente de maillots et élargir la base des socios.     

2010.08.20

MDR, TIG, PSG, NYC

Pour voir Jérémy Menez en Bleu et les A montrer un peu de volonté sur le terrain, il fallait payer.

Les boucs émissaires de l'été des méduses ont réglé l'addition : 18 matchs de suspension pour un Nicolas Anelka "mort de rire", 5 pour "capitaine coulage" Evra, 3 pour Frankie les mauvais tuyaux, 1 pour la bafouille du non-leader Toulalan, zéro pour la transparence d'Abidal. Ils ont le droit de faire appel, mais la FFF n'acceptera pas de convertir leur peine en Travaux d'Interêt Généraux. On a vu ce que les TIG ont donné en Afrique du Sud...

Les bannis de la dernière Coupe du Monde ne sont pas en reste : Hatem Ben Arfa continue à geindre, Samir Nasri à se blesser, et les Parisiens à nous faire croire que cette fois ci, le PSG est de retour.

Heureusement il y a Robin Leproux. Le President du PSG est passé des paroles aux actes et miracle, ça suit également chez les politiques. Si tout ce beau monde tient l'hiver le Parc sera peut être de nouveau vraiment fréquentable.

Et puis ça fait plaisir de retrouver le Tournoi de Paris. Comme le Cosmos de New York, tiens. Au moment où Thierry Henry découvre la MLS (270 mn au compteur en championnat, zéro buts mais trois passes décisives), la franchise est relancée en grande pompe avec Pelé, qui avait joué au Parc en 1976 avec la ribambelle de stars de la NASL, et le maire Michael Bloomberg. Pour le moment, ce ne sont que des équipes de jeunes, mais l'accession en MLS et les derbies de l'Hudson ne font aucun doute à moyen terme.

Pourquoi pas, dans 3 ans, un remake de ce PSG-NYC ?

footlog 2010

2010.03.07

Le PSG fait école

footlog 2010 - Le PSG a arraché un point à l'ultime minute à Lens grâce à un vilain but de Stéphane Sességnon. Une victoire obtenue sans ses supporters, privés de billets par le président Leproux suite au drame survenu en marge du clasico PSG-OM (0 à 3, un coma après prolongations).

Voilà qui pourrait donner des idées à Jean-Pierre Escalettes dans la perspective de la prochaine Coupe du Monde, pourquoi pas pour arracher un nul face au redoutable Uruguay et ainsi reproduire l'exploit de la grande équipe des Bleus de 2002. Pour vous poser le challenge : l'Uruguay vient d'humilier la Suisse, éternelle abonnée aux nuls face aux Tricolores, aussi facilement que l'Espagne vient d'humilier la France, éternelle abonnée aux humiliations depuis 2006.

Donc qu'est-ce que les losers de la sélection peuvent apprendre des losers de la capitale ? Interdire de déplacements les supporters. RD-JPE n'y avaient pas encore pensé, et pourtant ils avaient déjà privés les supporters de débat ou de déclarations sur le jeu, de jeu tout simplement.

Nous n'irons donc pas en Afrique du Sud. Nous resterons à observer depuis notre sofa les Bleus de Domenech. En se serrant un peu pour laisser place à l'autre grand recalé. Pas Robert Pires, cette fois-ci, mais le jeu.

2010.01.27

Sébastien Bazin dans le texte

Le président du PSG s'est fendu d'un e-mail intitulé "Lettre ouverte à tous les supporters, amoureux du PSG" (voir ci-dessous).

Vous noterez la virgule, qui marque la distinction entre "supporters" et "amoureux", et peu s'interprêter de plusieurs façons, comme par exemple : "je m'adresse non seulement aux supporters du PSG mais aussi à la famille agrandie, à tous ceux qui sans avoir leur carte, aiment ce club". Ou encore "je m'adresse aux supporters qui sont inscrits sur le site du club, mais en priorité à ceux qui aiment vraiment le club - si ce qui vous amuse ici c'est de taper sur les copains de Boulogne / Auteuil / La Tribune G Bleue / La Tribune Présidentielle / All of the above, inutile d'aller plus loin". Mais comme il s'agit d'une lettre ouverte, Seb s'adresse à ceux qui savent lire et ça fait déjà un minimum le ménage.

Attention : cette lettre est "ouverte" et qui dit "Lettre ouverte" ne dit pas "communiqué officiel" mais "je prends la plume / le clavier pour vous livrer le fond de ma pensée en toute candeur, sans pression". Autrement dit : ce n'est pas l'actionnaire Colony Capital qui dicte, c'est Sébastien Bazin l'homme libre qui parle. A l'attention du supporter lambda, habitué à recevoir des relances pour s'abonner ou acheter le dernier produit dérivé, cet intérimaire du spectacle prend soin de préciser : "je souhaite vous dire des choses claires et personnelles".

Bon. Le décor étant planté, qu'est-ce qu'il veut nous dire au juste, ce spammeur ?

- pas question de quitter le Parc des Princes. je le refuse, et si l'actionnaire a l'intention un jour de le faire, il n'en a pas le droit : ce serait contraire à ses engagements lors de son entrée au capital.

- pas question de laisser le Parc en l'état pour autant : déjà salement amochée, notre compétitivité est vouée à diminuer encore et d'ici 5 ans, de nombreux concurrents auront transformé leur stade en machine à cash, ou construit un nouveau bijou. que vous le vouliez ou non, le Parc sera donc rénové (NB: et renommé, voir "Naming du Parc des Princes : faites vos jeux")

- mais attention, "Ce n’est pas un « coup immobilier » (NB: la spécialité de Colony Capital) mais bien le moyen incontournable d’accroître les revenus du PSG pour attirer plus de grands joueurs". Et puis si l'actionnaire ne fait pas dans la philanthropie, il a tout de même doté le club d'un centre d'entraînement digne de ce nom, non ?

- le problème, les gars, c'est le flouze : Colony Capital n'a pas beaucoup d'argent et n'investira guère plus. il a certes claqué 50 millions d'euros depuis quatre ans, avec un retour titres sur investissement nettement supérieur à celui de RLD, et votre club chéri n'a plus de dettes... mais 50 millions ça reste à peine l'argent de poche d'Abramovitch. Et si vous trouvez que le PSG va mal ces temps-ci, mettez-vous bien ceci dans la tête : aujourd'hui, on n'a plus de quoi assurer l'avenir.

- Remballez vos bas de laine et vos tickets resto, je suis pas là pour vous demander l'aumône mais la patience : c'est du gros et du lourd dont on a besoin, "Colony est prêt à accueillir de nouveaux partenaires financiers et stratégiques à ses côtés pour aller plus haut, plus loin". "Ni vous, ni moi, n’y arriverons seuls", mais ça va pas être facile. Tenez, l'autre jour, on croyait avoir une bonne piste à Dubai et ben la dernière fois qu'on les a vus, c'est eux qui nous ont demandé de les renflouer.

Le vrai message, c'est aux investisseurs potentiels en question : "Club urbain des beaux quartiers, la quarantaine désargenté, cherche prétendant fortuné. Ses supporters sont turbulents et on peut compter sur eux mais ne tardez pas trop, je suis pas sûr qu'on puisse les contenir plus longtemps".

Le message à Colony Capital et à la Mairie de Paris : "ne faites pas trop les difficiles, s'il vous plait. prenez ce qui vient. Même si ça ne vous ramène pas les 20% habituels. Même si le nouvel actionnaire sent un peu le souffre."

C'est vrai, faites vite, ça sera encore plus délicat une fois le club en L2.

footlog 2010

 

LETTRE OUVERTE A TOUS LES SUPPORTERS, AMOUREUX DU PSG

Je décide, aujourd’hui, de m’adresser à vous directement car je souhaite vous dire des choses claires et personnelles. 

Les derniers résultats du club ne sont pas à la hauteur, ni de vos espérances, ni des miennes. Comme vous, j’en souffre. Comme vous, je suis loin de me satisfaire de la situation actuelle. 

Je comprends votre frustration. J’accepte les critiques et je suis prêt à tout entendre.  Mais je ne peux cautionner certaines contre-vérités. J’aime le Paris Saint-Germain. J’ai un respect sincère pour ses supporters, son histoire, ses couleurs. Je ne joue pas avec l’identité du club. Je ferai tout pour que le PSG ne parte jamais du Parc des Princes. Je souhaite être très clair sur ce point.  En se portant candidat au côté du PSG à l’appel d’offre de la ville de Paris, Colony met tout en oeuvre pour que le PSG ne soit jamais dissocié de son enceinte mythique. Si nous ne voulons pas que le fossé se creuse avec les autres clubs français, qui disposeront dès 2015 d’un nouveau stade ou d’un équipement modernisé, nous devons rapidement rénover le Parc sans  pour autant renier son histoire. Le PSG disposera alors d’un outil performant et de meilleures conditions d’accueil. Ce n’est pas un « coup immobilier » mais bien le moyen incontournable d’accroître les revenus du PSG pour attirer plus de grands joueurs.

Depuis 2006, en investissant  directement dans le club plus de 50 millions d’euros, Colony s’est engagé dans un travail de fond.

Nous avons construit un centre d’entraînement qui faisait défaut depuis plus de vingt ans. Cette étape était primordiale pour le développement de la cellule sportive.

Contrairement à ce qui est dit trop souvent, nous avons aujourd’hui dans l’effectif des joueurs de grande qualité. Si la seule vocation de Colony avait été de se « remplir les poches », nous n’aurions pas investi l’été dernier dans des prolongations de contrats pour retenir nos joueurs les plus sollicités. 

Nous avons mis en place une discipline, une méthode et une solidité financière, conditions sine qua non pour que le club se pérennise, se développe sur des bases saines et solides. Aujourd’hui, le PSG n’a aucune dette alors que bon nombre de clubs européens sont en quasi faillite.

Nous sommes mobilisés et présents au côté de l’ensemble des salariés du club, des joueurs, du staff sportif, des dirigeants dont la volonté et l’engagement ne sont plus à démontrer.  J’ai demandé clairement aux dirigeants du club de multiplier les ressources commerciales et d’investir encore plus fortement dans la formation. 

Vous pouvez être sûr que Colony continuera d’assumer ses responsabilités au sein du PSG. Tout cela avec le même objectif fort et unique, celui  de renforcer, année après année, la qualité du groupe. A ce titre, Colony est prêt à accueillir de nouveaux partenaires financiers et stratégiques à ses côtés pour aller plus haut, plus loin.

Si nous ne sommes malheureusement pas à l’abri des aléas sportifs, l’Europe reste notre  priorité.

Je mesure pleinement votre engagement, vos exigences envers le Paris Saint-Germain.  J’ai conscience de mes responsabilités et de l’obligation de résultats. Mais j’ai surtout conscience que ni vous, ni moi, n’y arriverons seuls.

Siganture Sébastien Bazin
Sébastien Bazin

2009.08.28

Nick Hornby : Carton Jaune / Fever Pitch

Football et littérature font plus souvent bon ménage qu'on ne le pense, et cet ouvrage ravira les amateurs de football comme les amateurs de bonnes pages, les vrais supporters qui ont le malheur de supporter un club maudit (le "boring Arsenal" pré-Wengerien) contre vents et marées, comme les vrais héros de ce livre : ceux qui supportent ces vrais supporters au quotidien en dépit de leurs innombrables travers.

Et question travers, Nick Hornby nous régale au fil de comptes-rendus de matchs perdus d'avance : ceux de son club contre des adversaires plus brillants, le sien contre sa propre obsession.


2009.08.26

Serissima : Serie A Plus ou Moins

L'Italie va mal.

Les Champions du Monde se portent toujours mieux que leurs voisins transalpins (eux au moins seront du voyage pour la Coupe du Monde 2010), mais le championnat souffre face à ses rivaux Espagnols et Anglais.

L'âge d'or des décennies 1980-1990 semble révolu, et l'arbre vieillissant du Milan AC ne suffit plus à cacher l'absence de forêt dans les compétitions continentales. Kaka a rejoint la Liga, et le seul moyen d'attirer une star semble de l'échanger avec une autre (Eto'o contre Ibrahimovic).

La Serie A a donc engagé une rupture avec la Serie B comparable à celle qui donna naissance à la Premier League en Angleterre en 1992 : à partir de la saison 2010-2011, les deux divisions seront gérées de façon indépendante l'une de l'autre. La décision, prise en juillet dernier, vient d'être ratifiée ce mardi.

Depuis 2007, les droits TV se négociaient club par club, renforçant les décalages entre l'élite et le reste. Serie A et B faisaient néanmoins bloc. Désormais, l'élite peut négocier des contrats encore plus juteux, et renforcer la cohérence de son offre commerciale. On peut s'attendre à un rebranding, le "A" n'ayant aucun sens sans son "B". Pourquoi pas "Serissima" pendant qu'on y est ?

En revanche, les clubs ne se sont pas entendus sur la proposition du gouvernement de créer des cartes de supporters sécurisées pour endiguer la pandémie de violence dans les stades... à chacun ses priorités.

C'est pour cela que l'Italie va mal.

Au moins, avant de transformer leur championnat en grand barnum, les Anglais avaient-ils fait le ménage, revu la sécurité, repensé les stades, tiré les leçons du Heysel et de Hillsborough. Mais sur fond de crise financière et avec un Berlusconi à la tête du pays, les Italiens prennent le risque de cristalliser une situation fondamentalement malsaine.

footlog 2009

2009.07.20

Bucheon FC 1995 - la revanche des supporters

Supporters United contre Business FC ? Pas si simple...

Ce samedi 18 juillet, le Bucheon FC 1995, club de K3 League (la troisième division nationale sud-coréenne) accueillait le FC United of Manchester devant plus de vingt mille spectateurs, mais le score de 3-0 en faveur des coréens relève de l'anecdote : l'essentiel tient dans la symbolique d'une rencontre entre deux clubs alternatifs.footlogBucheonFC1995FCUnitedofManchester20090718.jpg

Les "Reds" et les "Red Rebels" ont été fondés par des supporters frustrés devant la montée en puissance du foot business dans leur club favori :

  • le FCUM est né en 2005, le jour où Malcom Glazer a pris le contrôle de Manchester United
  • le BFC1995 en 2006, l'année où le Bucheon SK a été délocalisé de la banlieue de Séoul à Seogwipo, dans la lointaine île de Jeju-do (voir K-League Saison 2006)

ManU n'a finalement pas tant perdu son âme dans l'affaire. Sir Alex est resté, et les titres ont continué à s'accumuler dans la salle des trophées. Basé à Bury, le FCUM a néanmoins aligné 3 promotions de rang et évolue désormais en Division Première de la Northern Premier League (l'équivalent de la 7e division).

Mais les supporters de Bucheon ont tout perdu.

Rebaptisé Jeju United FC, le Bucheon SK a continué sans gloire un parcours qui l'avait déjà conduit à Incheon et Séoul (voir "La K-League dans le rétro"), avec tout de même un titre au passage - remontant à une vingtaine d'années maintenant.

Victimes de la politique de décentralisation de la ligue, ses anciens supporters ont employé les grands moyens pour rejoindre à terme l'élite avec leur nouveau clubs : là où les "socios" de Manchester apportent chacun 10 Livres Sterling, les meneurs du Gyeonggi-do sont parvenus à mobiliser d'importants sponsors, dont un grand groupe soucieux de soigner son image après cet épisode pour le moins délicat, SK Energy, anciennement Yukong... le sponsor historique et propriétaire des Yukong Elephants devenus Bucheon SK puis Jeju United.

On le comprend : ces deux clubs n'évoluent pas nécessairement sur le même plan.

Mais la route est longue. Au lieu de faire ses débuts d'emblée en seconde division (la K2 League, rebaptisée National League), Bucheon 1995 FC a dû se contenter de la troisième (la K3 League, fondée en 2007). Et après une première saison médiocre (11e et 13e sur 16 sur les deux demi-saisons 2008), le club évolue actuellement au 7e rang sur 17 après 17 journées d'une saison en comptant 32.

S'il termine à une bonne place, Bucheon 1995 FC pourra malgré tout participer à la FA Cup et éventuellement gagner au tirage une chance d'affronter son grand frère l'an prochain. La probabilité reste beaucoup plus faible pour leurs confrères britanniques.

footlog

Le site de Bucheon : bfc1995.com. Celui des supporters, Hermes : bucheonfc.net

Le site du FCUM : fc-utd.co.uk. Celui de ses groupes de supporters : fcumsupporters.org.

 

 

2007.11.19

La France à l'extérieur ?

La Marseillaise a de nouveau été copieusement sifflée au Stade de France vendredi dernier face au Maroc. D'aucuns en déduisent que la France joue désormais à l'extérieur.

Je distinguerai deux phénomènes : le déficit évident de supporters des Bleus dans certains matchs, et l'aggressivité de certaines tribunes envers le symbole de la France.

Le premier phénomène ne peut être nié : les supporters du Maroc étaient plus bruyants l'autre jour, mais on a aussi beaucoup entendu les "Lietuva Lietuva" à Nantes et que dire du déferlement de la Tartan Army sur le Parc des Princes ! On ne peut pas dire que Nantes abrite une forte communauté lituanienne... Les Bleus demeurent populaires mais le public ne se motive plus que pour les gros matchs - d'autant que l'ancien Roi des matchs amicaux se fait régulièrement malmener sur ses terres (Slovaquie, Argentine, Maroc...). La France est rentrée dans le rang, et son équipe nationale doit prodiguer encore plus d'efforts qu'avant pour convaincre un public devenu très exigeant après les succès de 1998-2001.

Le second phénomène dépasse le cadre du football : il y a un pas entre siffler une équipe qui joue mal et siffler un hymne national. Mais ne nous y trompons pas et n'inversons pas la charge : ce n’est pas la France qui joue à l’extérieur, mais une partie des tribunes qui se met hors jeu en matière de football.

J’avais assisté au France - Algérie de la fin 2001. Les joueurs étaient venus pour jouer et l’ont plutôt bien fait, mais une partie des tribunes était venue pour manifester sur le terrain de la politique et non du sport (cf nom de Ben Laden scandé dans les circonstances que l’on connait).

Les sifflets de France - Maroc me semblent moins téléguidés. Le buzz et la manip ont bien fonctionné là aussi, mais si la sauce a pris, c’est aussi parce que la situation n’a pas évolué en 6 ans sur la question de l’intégration. Cela permet de comprendre mais pas d’excuser un geste condamnable.

Manif politique en 2001, sociale en 2007... à quand le sportif ?

PS : hier, j'ai vu un match tendu et crispant, avec une intéressante opposition de styles ; Espagne Serbie (1-1), en Championnat d'Europe. Déjà la deuxième journée du premier tour des phases finales. Cela faisait une paie que je n'avais pas suivi un match de futsal de haut niveau et j'ai pu mesurer l'évolution du sport. Sur sa propre route, clairement distincte du jeu à 11, avec un toucher de balle et une tactique qui lui sont propres. Vivement que la France s'y mette vraiment.

2007.03.27

Chelsea bannit 4 lanceurs de legumes

Quatre supporters de Chelsea ont été bannis pour avoir jeté des légumes sur la pelouse à l'occasion du quart de finale de la Cup contre Tottenham (20070319).

Frédéric Antonetti n'a pas été inquiété, et pourtant il jette régulièrement Cyril Rool sur la pelouse du Stade du Ray et encore, sans le laver ni lui couper la queue auparavant.

Les pseudos supporters de France et de Navarre n'ont pas été inquiétés, et pourtant ils jettent régulièrement des fumigènes, objets contodants et autres insultes racistes sur les terrains.

Enfin... je note qu'il s'agit de légumes et non de fruits, ce qui exclut les bananes - c'est déjà cela. Connaissant les habitudes proto-culinaires de nos quasi-voisins grand-bretons, et sachant que les stars de Chelsea ne jouent pas pour des nèfles, il pourrait bien s'agir de carottes ou plus vraisemblablement encore, de haricots.

On comprend mieux que Rowan Atkinson évite les tribunes hautes : d'ici à ce que Lassana Diarra se prenne un Mr Bean sur la tronche...

2006.08.02

OM, PSG, OL, RCL et ASSE mobiles

Les cinq principaux vecteurs d’audience de la Ligue 1 lanceront le 24 août prochain leur marque de services mobiles à l’attention de leurs supporters. Comme les appellations le laissent supposer, ”OM mobile by Orange“, “PSG mobile by Orange” & co s’appuieront sur le réseau de l’opérateur partenaire du Championnat de France, qui en a récemment conservé les droits 3G pour 29 millions d’euros. Au passage, Orange continue à décliner son “by Orange” inauguré avec M6.

L’offre sera commercialisé par un acteur tiers, Universal Music… sans le Mobile qui suit habituellement, mais avec un bon mobile : UM apporte son expertise du marketing auprès des fans, et s’appuiera sur les mêmes canaux que pour sa propre unité UMM (les milliers de points de vente de journaux, en plus des boutiques de supporters apportées par les clubs).

L’offre sans engagement bénéficiera du désormais classique prix d’appel de 15 euros pour le kit carte SIM + 1er mois, les tarifs en vitesse de croisière s’élevant à 21.90 euros par mois pour 45 mn de communications (voix/visio/SMS/MMS) et des appels illimités le week-end entre supporters - histoire de faire masse, Orange ajoute aux quelques dizaines de milliers d’individus du coeur de cible de chaque club ses 22.5 millions d’abonnés actuels. L’accès illimité au portail mobile (vidéos y compris) et aux services d’infos du club est inclus, et comme pour la voix Orange ajoute un bonus supporters sur les SMS : les buts du club se traduiront par des SMS offerts. Tout est bon pour aider Hidalgo à doper la moyenne des buts marqués en Ligue 1…

Seule la marque change en somme : les clubs bénéficiant des mêmes solutions et des mêmes canaux, à eux de faire la différence sur la qualité de leur propre réseau de supporters. A priori, avantage à Marseille sur les volumes mais l’OL vise l’hégémonie sur le championnat et a déjà prouvé son efficacité sur les produits dérivés. On peut également compter sur Lens et Saint Etienne pour porter haut et fort leurs couleurs… espérons simplement que les groupes de supporters du PSG n’activeront pas la fonction “Taser” de leurs mobiles dans leurs prochaines joutes intestines…

2006.03.21

Racisme - coup de maître de la FIFA

Sous la pression constante du G14 (cf le cas Abdelmajid Oulmers et autres querelles à dix balles / Abidal), la FIFA réplique sur le meilleur des terrains : le racisme peut être écarté des stades si les présidents de clubs le veulent réellement.

En faisant clairement porter le chapeau aux clubs, sévèrement sanctionnés en cas de dérapages dans les tribunes, Sepp Blatter met fin à l'(inter)minable séquence de passe à dix entre présidents, groupes de supporters, gestionnaires de stades et policiers.

Jusqu'à présent, les seules victimes étaient le football et les joueurs subissant les attaques racistes ; autant de quantités négligeables pour les argentiers court-termistes du milieu. A partir du moment où le club risque gros, il se voit obligé de procéder au nettoyage, mais en échange de ce devoir, légitimé dans le rôle du pilote. Aux vrais supporters de donner leur coup de main en jouant la carte / charte de la déonthologie.

J'ai envie de voir dans les stades d'autres gestes techniques que les saluts fascistes de Paolo di Canio, les saluts nazis du Parc, les cris de singes, ou l'exposition de croix gammées et autres portraits du Duce. J'ai envie de voir Henri, Eto'o, Zoro et Thuram sourire sur les terrains. J'ai envie de voir du sport et du jeu. Est-ce trop demander ?

2006.03.13

Une 7e proposition pour Hidalgo

La moyenne de buts par match dépassera-t-elle les 2 en fin de saison ? Pas si sûr, malgré l'honorable score de la 30e journée (26 buts).

Michel Hidalgo a livré six propositions pour en finir avec les 0-0. Le retour du bonus façon seventies semblant aussi peu probable que le rechaussage de crampons par Carlos Bianchi et Delio Onnis, le bonus façon Champions League tient la corde (un point en plus si je gagne les matchs aller-retour face à une équipe donnée).

Je proposerai pour ma part une septième voie* : laisser la priorité au jeu et investir la manne Canal+ en priorité dans le sportif. Au-delà des joueurs et du staff, l'accent doit être mis sur les stades.

Le jour où Monaco ne jouera plus sur le bayou de Louisiane II, le jour où le FC Peugeot dotera Sochaux du chauffage de série, le jour où les familles se sentiront aussi bienvenues pour un match de foot que chez nos voisins Grand-Bretons, le jour où les fanatiques seront réellement filtrés à l'entrée du Parc (même la Lazio y est parvenue ce week-end), le jour où la LNF n'accordera plus de dérogations aux clubs dont les stades ne sont pas aux normes... ce jour là on y verra un peu plus clair.

Je crois en particulier au dernier point : le foot français doit se niveler vers le haut. Inutile de passer, comme notre Lamour de ministre le craint, au système de franchises et de ligue fermées à l'Américaine : le filtre s'opèrera naturellement. Le foot français doit conserver son système ouvert avec promotions et rétrogradations, mais avec deux contraintes claires pour le plus haut niveau : le statut professionnel exige un premier niveau et l'accès à la L1 un second, plus rigoureux encore que l'actuel. Le cahier des charges doit être très clair sur la qualité des pelouses, quitte à ce que certains clubs passent au synthétique, maintenant que la FIFA l'autorise et que la technologie est au point (plus de risques de blessures).

Je suggère 3 ans de délai pour que tous les prétendants à la L1 (à commencer par ses locataires actuels) mettent réellement leur stade à niveau. Cela correspond au contrat passé avec le diffuseur.

Aux Gueugnon, Ajaccio, Bastia & co de réagir. Aux collectivités locales de décider ce qu'elles sont pretes à faire pour soutenir leurs fleurons régionaux, et si nécessaire de favoriser des regroupements.

Un travail de fond doit être fait sur le statut des stades et leur financement afin d'élever le niveau de service sans nuire à la qualité du spectacle (que la pelouse ait le temps de souffler entre les piétinements des fans de Johnny et les escalopes façon Rool). La France découvre seulement depuis quelques années les métiers associés à la gestion de stades et ce n'est pas un hasard si nous avons une vingtaine d'années de retard.

Le ticket d'entrée pour la L1 sera certes plus élevé, mais cela mettra paradoxalement fin à l'ère des profiteurs : on ne pourra plus se contenter de bénéficier des retombées, de s'investir sans vraiment investir. De nombreux clubs l'ont déjà compris** et même si elle doit pour cela se faire quelques ennemis, la Ligue doit maintenant assumer totalement ses responsabilités.

 

* je mets de côté celle tentée en vain par Pape Diouf (faire jouer les équipes réserves)

** après des décennies de marasme, Nice semble parti pour repasser devant Monaco

2006.03.07

Insupportable

J'ai décidé d'arrêter, mais je n'y arrive pas. C'est plus fort que moi, à chaque fois, je rechute et ça me détruit la santé.

Pourtant, je sais bien à quoi je m'expose : la souffrance, la honte, le regard de dégoût des autres, les humiliations, l'espoir illusoire de retrouver des sensations irréelles...

Mais il faut croire qu'on n'en guérit jamais. Bientôt trente ans que ça dure et je suis parti pour traîner ça toute ma vie, pour vivre avec jusqu'à ce que ça me tue.

Pas facile de supporter le PSG.