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2008.08.09

Place aux spores

La cérémonie d’ouverture des JO de Beijing 2008 résume parfaitement la situation :

- la Chine est un immense pays riche d'une immense histoire et d'une immense culture

- l'avenir lui appartient, mais elle s'autorise déjà toutes les audaces d'un pays à la pointe de l'innovation technologique

- "One World, One Dream" en vérité : le monde est un, mais c'est la Chine qui conduit l’unité, et elle rassemble toute la région sous sa bannière. Les hommages appuyés à Taiwan et au Tibet marquent surtout leur retour symbolique au bercail.

- si vous acceptez le confort de cette splendide ombrelle vous serez couverts d'or... mais ne vous amusez pas à renier le grand frère : l’Armée Chinoise contrôle. Les athlètes lui confient symboliquement le drapeau olympique, et ce sont les militaires qui d’un pas de l’oie quasi comique s’en vont lever les couleurs sous le regard à peine embarrassé de Jacques Rogge.

La Chine pervasive est prête. Place aux spores.

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Initialement publié sur blogules.

2008.07.10

Dix secondes

Le Département Central de la Propagande a décidé de diffuser les Jeux Olympiques à Beijing avec dix secondes de décalage pour l'audience nationale*. Le temps d'éditer ce qui pourra l'être et de zapper les scènes délicates qui ne manqueront pas de survenir pendant la quinzaine de toutes les tensions.

Le diffuseur officiel, la CCTV (China Central TV), justifiera plus que jamais ses initiales : en Anglais, CCTV ou "Closed Circuit TeleVision" est le nom donné aux caméras de surveillance, qui fonctionnent en circuit fermé.

Sur les terrains de sport, dans les tribunes, sur les podiums, en salles d'interviews... la moindre allusion aux droits de l'homme, au Tibet, aux Ouïgours**, au révisionnisme historique et culturel imposé aux voisins de l'Empire du Milieu... sera impitoyablement traqué.

A la limite, le comité d'organisation, le BOCOG, préfèrerait peut-être une bonne vieille attaque terroriste façon Munich '72 à un couac médiatique retentissant flanquant par terre des années de succès de la propagande. La pitié accordée aux victimes à l'opprobe jetée sur les coupables.

Dix secondes, ce n'est pas grand chose, mais c'est beaucoup plus qu'il n'en faudra aux bombes de muscles jamaicaines et américaines pour plier la finale du 100 mètres.

Le véritable exploit reposera donc sur les épaules des censeurs et des virtuoses du ciseau à la régie officielle : eux non plus n'auront aucun droit à l'erreur pendant ces dix secondes. La différence ? Il n'auront aucune médaille à gagner et beaucoup plus à perdre en cas d'échec.

 

* cf "China to delay 'live' Olympic broadcast by 10 seconds" (Chosun Ilbo 20080710)

** cf "Tibet, Ouïgours... l'Empire éclaté ?"(20080403)

2008.01.27

Fête du Sport

Ordoncques, le sieur Bernard Laporte souhaite laisser une empreinte jacklanguienne à son passage au gouvernement. Mais si l'idée d'une Fête du Sport fait sens, la date du 12 Juillet confine au ridicule :

Premièrement, le sport ne se résume pas au football. Et puis on ne va pas célébrer éternellement la victoire de 1998 comme le premier pas d'un homme sur la lune.

Surtout, la mi-juillet est une période faste en manifestations sportives, avec tous les deux ans une finale de grande compétition internationale type Coupe du Monde ou Championnat d'Europe des Nations. Si ça se trouve, on aura beaucoup de Waterloo associés à cette date à l'avenir - pourquoi pas dès cette année une défaite en finale pour un coup de boule de Tsonga sur Djokovic à Wimbledon ?

Quitte à faire la fête, autant ne pas entrer en concurrence avec de gros événements, faire parler de sport au milieu d'une période creuse, mobiliser la base des pratiquants et stimuler les adhésions aux associations amateur au plus près du terrain.

Je suggère l'équinoxe du printemps, à la mi-mars. Ce n'est pas le jour le plus long (comme la fête des longs métrages), mais le réveil de la nature, l'envie de se dégourdir les pattes après les mois frisquets (sans faire injure aux nombreux sports indoor).

La perspective réjouit déjà les médecins sportifs : c'est une invitation au claquage pour des muscles encore engourdis par l'hiver.

2007.11.19

La France à l'extérieur ?

La Marseillaise a de nouveau été copieusement sifflée au Stade de France vendredi dernier face au Maroc. D'aucuns en déduisent que la France joue désormais à l'extérieur.

Je distinguerai deux phénomènes : le déficit évident de supporters des Bleus dans certains matchs, et l'aggressivité de certaines tribunes envers le symbole de la France.

Le premier phénomène ne peut être nié : les supporters du Maroc étaient plus bruyants l'autre jour, mais on a aussi beaucoup entendu les "Lietuva Lietuva" à Nantes et que dire du déferlement de la Tartan Army sur le Parc des Princes ! On ne peut pas dire que Nantes abrite une forte communauté lituanienne... Les Bleus demeurent populaires mais le public ne se motive plus que pour les gros matchs - d'autant que l'ancien Roi des matchs amicaux se fait régulièrement malmener sur ses terres (Slovaquie, Argentine, Maroc...). La France est rentrée dans le rang, et son équipe nationale doit prodiguer encore plus d'efforts qu'avant pour convaincre un public devenu très exigeant après les succès de 1998-2001.

Le second phénomène dépasse le cadre du football : il y a un pas entre siffler une équipe qui joue mal et siffler un hymne national. Mais ne nous y trompons pas et n'inversons pas la charge : ce n’est pas la France qui joue à l’extérieur, mais une partie des tribunes qui se met hors jeu en matière de football.

J’avais assisté au France - Algérie de la fin 2001. Les joueurs étaient venus pour jouer et l’ont plutôt bien fait, mais une partie des tribunes était venue pour manifester sur le terrain de la politique et non du sport (cf nom de Ben Laden scandé dans les circonstances que l’on connait).

Les sifflets de France - Maroc me semblent moins téléguidés. Le buzz et la manip ont bien fonctionné là aussi, mais si la sauce a pris, c’est aussi parce que la situation n’a pas évolué en 6 ans sur la question de l’intégration. Cela permet de comprendre mais pas d’excuser un geste condamnable.

Manif politique en 2001, sociale en 2007... à quand le sportif ?

PS : hier, j'ai vu un match tendu et crispant, avec une intéressante opposition de styles ; Espagne Serbie (1-1), en Championnat d'Europe. Déjà la deuxième journée du premier tour des phases finales. Cela faisait une paie que je n'avais pas suivi un match de futsal de haut niveau et j'ai pu mesurer l'évolution du sport. Sur sa propre route, clairement distincte du jeu à 11, avec un toucher de balle et une tactique qui lui sont propres. Vivement que la France s'y mette vraiment.

2006.03.13

Une 7e proposition pour Hidalgo

La moyenne de buts par match dépassera-t-elle les 2 en fin de saison ? Pas si sûr, malgré l'honorable score de la 30e journée (26 buts).

Michel Hidalgo a livré six propositions pour en finir avec les 0-0. Le retour du bonus façon seventies semblant aussi peu probable que le rechaussage de crampons par Carlos Bianchi et Delio Onnis, le bonus façon Champions League tient la corde (un point en plus si je gagne les matchs aller-retour face à une équipe donnée).

Je proposerai pour ma part une septième voie* : laisser la priorité au jeu et investir la manne Canal+ en priorité dans le sportif. Au-delà des joueurs et du staff, l'accent doit être mis sur les stades.

Le jour où Monaco ne jouera plus sur le bayou de Louisiane II, le jour où le FC Peugeot dotera Sochaux du chauffage de série, le jour où les familles se sentiront aussi bienvenues pour un match de foot que chez nos voisins Grand-Bretons, le jour où les fanatiques seront réellement filtrés à l'entrée du Parc (même la Lazio y est parvenue ce week-end), le jour où la LNF n'accordera plus de dérogations aux clubs dont les stades ne sont pas aux normes... ce jour là on y verra un peu plus clair.

Je crois en particulier au dernier point : le foot français doit se niveler vers le haut. Inutile de passer, comme notre Lamour de ministre le craint, au système de franchises et de ligue fermées à l'Américaine : le filtre s'opèrera naturellement. Le foot français doit conserver son système ouvert avec promotions et rétrogradations, mais avec deux contraintes claires pour le plus haut niveau : le statut professionnel exige un premier niveau et l'accès à la L1 un second, plus rigoureux encore que l'actuel. Le cahier des charges doit être très clair sur la qualité des pelouses, quitte à ce que certains clubs passent au synthétique, maintenant que la FIFA l'autorise et que la technologie est au point (plus de risques de blessures).

Je suggère 3 ans de délai pour que tous les prétendants à la L1 (à commencer par ses locataires actuels) mettent réellement leur stade à niveau. Cela correspond au contrat passé avec le diffuseur.

Aux Gueugnon, Ajaccio, Bastia & co de réagir. Aux collectivités locales de décider ce qu'elles sont pretes à faire pour soutenir leurs fleurons régionaux, et si nécessaire de favoriser des regroupements.

Un travail de fond doit être fait sur le statut des stades et leur financement afin d'élever le niveau de service sans nuire à la qualité du spectacle (que la pelouse ait le temps de souffler entre les piétinements des fans de Johnny et les escalopes façon Rool). La France découvre seulement depuis quelques années les métiers associés à la gestion de stades et ce n'est pas un hasard si nous avons une vingtaine d'années de retard.

Le ticket d'entrée pour la L1 sera certes plus élevé, mais cela mettra paradoxalement fin à l'ère des profiteurs : on ne pourra plus se contenter de bénéficier des retombées, de s'investir sans vraiment investir. De nombreux clubs l'ont déjà compris** et même si elle doit pour cela se faire quelques ennemis, la Ligue doit maintenant assumer totalement ses responsabilités.

 

* je mets de côté celle tentée en vain par Pape Diouf (faire jouer les équipes réserves)

** après des décennies de marasme, Nice semble parti pour repasser devant Monaco

2006.01.04

Happy new Beckenbauyear ? Forza Michele !

Non content d'exploiter de façon inédite autant qu'indécente son statut d'organisateur de la WM2006 pour mener campagne auprès de chaque pays qualifié, Kaiser Franz réquisitionne son Bayern et s'en va chasser les voix auprès des franges les plus radicales du spectre moyen-oriental.

L'Allemagne subit des pressions pour refuser d'accueillir l'équipe d'Iran en juin prochain ? Qu'importe : ses Galaktiks feront stade comble à Téhéran, invitant les supporters de Mahmoud Ahmadinejad à rallier le panache blanc sur fond bière du Bavarois.

Mes voeux footballistiques pour 2006 et 2007 vont plus que jamais à Michel P. de Joeuf (54). Pour la présidence de l'UEFA, l'homme qui ne vit que pour le jeu doit vraiment l'emporter sur l'homme qui ne vit que pour le pouvoir.

2005.11.17

George Weah - Grand frere doit encore grandir

Quand King George s'est porté candidat à la présidence du Libéria, j'avoue avoir cru en ses chances et sa capacité à faire bouger le pays, avec à l'esprit l'image pacifique d'un joueur d'exception mais avant tout d'un homme au coeur noble et d'un grand frère toujours à l'écoute, la porte ouverte aux autres.

Mais bien vite, Ellen Johnson-Sirleaf s'est imposée comme la personnalité la plus saine pour le poste, le ralliement de sulfureux chefs de guerre autour de Weah ne faisant qu'ajouter au malaise.

Le peuple s'est clairement exprimé et George Weah s'obstine à refuser le verdict, tout comme la main tendue par son ancienne adversaire. Plutôt que d'oeuvrer de concert pour le bien du pays, il crée une nouvelle fracture totalement inutile et improductive. Weah ne se contente pas de torpiller les chances de EJS : il se décrédibilise totalement.

Il est temps pour lui de redécouvrir les vertus du fair-play.