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2013.02.22

Qatargate

Dès le départ, l'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar sentait le souffre, le gaz, et le pétrole (voir "Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons"). En Juin dernier, je me risquais encore à pronostiquer "l'Angleterre ne récupèrera probablement pas "sa" Coupe du Monde 2018, mais je ne serais pas surpris de voir le Qatar perdre l'organisation de l'édition suivante, accordée dans des conditions pour le moins troubles et un calendrier pour le moins accéléré" (voir "La Samaranchisation de la FIFA n'est pas une fatalité").

A en croire France Football, les Etats Unis se tiendraient prêts à prendre le relais au cas où. Les States, c''était d'ailleurs le choix de départ pour Blatter et Platini, avant que ce dernier ne se ravise, semble-t-il à la suite de ce fameux diner à l'Elysée lancé à quelques jours du vote par un supporter du PSG ne tenant pas totalement Canal+ dans son coeur.

Parmi les convives de cette sacrée soirée:

- Tamim bin Hamad al Thani, un sheikh à provisions... et Prince Héritier du Qatar. A ne pas confondre avec sheikh Hamad bin Thamer Al Thani, patron d'Al Jazeera, mais c'est la même famiglia. Peu de temps après le diner, Al Jazeera lance un Canal+ killer qui rafle le gros des droits TV: BeIn Sport.

- Sébastien Bazin, le représentant de Colony Capital, l'actionnaire principal du PSG qui désespère de vendre ce club de tocards. Peu de temps après le diner, Qatar Sports Investments reprend le PSG pour y claquer quelques centaines de millions, et y place à sa tête Nasser Al Khelaifi, le DG d'Al Jazeera.

- Notre Platoche national, candidat au job de Blatter à la tête de la FIFA et papa du jeune Laurent Platini. Peu de temps après le diner, Lolo se voit financer par Qatar Sports Investments et Mimi, qui a apporté son vote au Qatar, semble avoir gagné quelques supporters au-delà de ses fédérations européennes. Même pas besoin du peu regretté Mohamed bin Hammam pour mettre de l'huile.

- Nicolas Sarkozy, candidat à une réelection et au bling bling éternel. Peu de temps après le diner, le Petit Pair des Pipoles n'a pas été réélu, mais il a donné sa première conférence publique grassement rémunérée à Doha, au Qatar.

Et le sport dans tout cela? Il n'en est question que de façon indirecte, à propos du projet de changement de calendrier. Si la compétition se passe en hiver, on évitera les 50 degrés Qataris, mais si on change la donne par rapport au cahier des charges, le Qatar prête le flanc juridiquement à ses concurrents, et les Anglais ne se gèneront pas pour tirer les premiers. Sepp Blatter laisse l'initiative au Qataris, à condition qu'ils se déclarent avant la fin de son mandat.

Personne ne bouge, sauf Michael Garcia, auquel il est demandé de faire toute la lumière mais sans jus et sans alumettes. Seul Jérôme Valcke a évoqué clairement l'"achat" de la compétition, mais dans le cadre d'un e-mail supposé rester confidentiel.

Un landerneau aussi gangréné ne peut être réformé que de l'extérieur. Et ne comptez pas sur les concurrents pour faire le ménage:

- Kaiser Franz Beckenbauer lorgne autant que Platoche sur le poste de Blatter, mais à écouter son lieutenant Karl Heinz Rummenigge parler du Qatar et du changement de calendrier on se doute qu'il ne lèvera pas le petit doigt contre l'Emirat où son Bayern chéri fait ses stages. A se demander comment ils ont obtenu Pep Guardiola, grand ami du Qatar...

- Le successeur de Sarko n'a pas vraiment bouté les Qataris hors de France: François Hollande a dès ses premiers mois à l'Elysée accepté les millions offerts pour les banlieues défavorisées.

...

On ne peut même pas se consoler en regardant de bons vieux matchs: quand il est question de jeu, c'est à propos de paris truqués - 600 rencontres achetées aux dernières nouvelles, aucun continent épargné...

Sinon, il y a toujours le terrain vague du coin, avec des chandails pour signaler les poteaux de buts. 

footlog 2013

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2009.11.25

Ballon d'Argent 2009 - Peut-on encore vivre de foot et d'eau fraîche ?

Après 6 ans d'existence et 43 numéros, les Cahiers du football cessent leur parution papier*. A défaut du mensuel de foot et d'eau fraîche, les fans se consoleront avec le site (toujours aussi actif sur cahiersdufootball.net), et l'espoir que l'aventure reprenne dans les kiosques.

Certes, l'année 2009 a été difficile pour tous les groupes de presse, des gros prédateurs aux petits indépendants (dépression globale, baisse des investissements publicitaires et des revenus de syndicalisation, cannibalisation du print par le web...), mais les CdF ont dû en plus faire face à des pépins techniques, à la blessure d'un partenaire, et même à un tâcle sévère de Denis Balbir... tout cela avant même la main de Thierry Henry et la révélation du Ballon de Plomb 2009**.

N'en jetez plus, donc... mais la messe n'est pas encore dite pour autant, d'autant que l'édition papier n'était pas déficitaire. Et pour sortir de cette mauvaise passe, les défenseurs de la diversité du paysage footballistique français comptent bien sur un coup de main de la part de leurs supporters. Si possible de façon plus sonnante et trébuchante que TH - un ballon d'air sous forme de Ballon d'Argent, en somme.

Pensez-y en rendant visite à leur site : un fou-rire vaut tout l'or du monde.

footlog 2009
** les 11 nominés : Babovic et Klasnic (FCNA), Bayal (ASSE), Dalmat (FCSM), Dieuze et Grandin (GF38), Fred et Keita (OL), Kezman (PSG), Pieroni (USVA), Placente (GB).

2009.07.07

La Ligue des Oubliés débarque sur Amazon

L'excellent ouvrage "La Ligue des Oubliés" est désormais également disponible sur Amazon.com (site US uniquement*).

Je dis "excellent" parce que je connais bien l'auteur. Je pense même à lui tous les jours en me rasant puisque sa gueule patibulaire surgit à chaque fois dans le miroir.

Si vous avez manqué les épisodes précédents, "La Ligue des Oubliés" rend hommage aux footballeurs et événements de l'histoire du football qui n'ont pas eu la chance d'exister.

Ces chroniques absurdes vous permettront de découvrir des personnages surprenants, comme les frères Prosil, l'inaltérable César Bouteux, ou encore Ledidi, détenteur du record le plus convoité des commentateurs brésiliens.

Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait non seulement fortuite et involontaire, mais franchement insultante pour les membres de la Ligue.

 

* important : l'ouvrage, toujours disponible chez l'éditeur, est également présenté sur le site français (Amazon.fr) mais en rupture de stock. Si vous y passez une commande, vous ne serez pas livré (et fort heureusement non débité). Il convient alors d'annuler votre commande (aucune pénalité) et d'en repasser une sur Amazon.com.

11:22 Publié dans Ligue des Oubliés | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : media

2009.04.21

foot! Roustan-Pierron au théâtre ce soir

Didier Roustan et France Pierron sur TV5 Monde, c'est du Maritie et Gilbert Charpentier, du Roger Harth et Donald Cardwell, du Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, du Bernard Golay et Garcimore... Ah, la tévé des années 70, ses néons, son play back, son comique de répétition, sa bonne humeur potache...

Mais revenons aux années 2000. L'an dernier, les téléspectateurs de TV5 Monde habitués à recevoir Jour de Foot après chaque journée de L1 s'étaient vus infliger un insipide résumé packagé pour l'export : générique ringardissime, voix off à deux sous et zou, au dodo tout le monde. Comparé aux efforts déployés par la Premier League pour ses partenaires internationaux, et bien sûr à la fièvre du samedi soir version Christophe Josse, il y avait de quoi l'avoir franchement saumâtre.

Depuis quelques semaines, la chaîne internationale francophone a consenti un notable effort, dans le respect naturellement de ses habituelles contraintes budgétaires. Le résultat ? "foot!" avec un point d'exclamation : une émission en plateau avec la star montante des années Cangioni et la star montante de l'Equipe TV, sans oublier en guest star et pour les nostalgiques, la voix off pour les 2-3 matchs-qui-n'intéressent-personne-sans-vouloir-froisser-les-courageux-supporters-des-sympathiques-clubs-de-XXX-et-YYY-dont-on-espère-qu'ils-remonteront-bientôt-en-L1.

La marque "foot!" doit être le fruit d'un brainstorming entre le comptable et le gardien de nuit de TV5 Monde : on va pas se casser à réinventer la lune ou à faire des recherches de marques déposées... tiens, rajoute un "!" ça fait plus jeune et moderne. Un peu comme Yahoo! tu vois... Et qui sait, cette exclamation, ça va peut-être aider notre audience à maintenir les yeux ouverts jusqu'au bout.

Le plateau très blanc et lumineux véhicule en gros le même message : rien de tel qu'un gros coup de megawatts pour masquer la misère et réveiller le téléspectateur.

Didier Roustan a bien essayé d'ajouter de la couleur avec sa collection effarante de T-shirts bariolés les plus extrêmes (cherchez pas les codes Pantone il ne se fournit pas dans cette galaxie), mais il a dû se faire taper sur les doigts puisqu'après une invraisemblable course à l'armement psychédélique, il a récemment amorcé un rétro-pédalage plus ou moins subtil. Hier, dans son costume rayé trois pièces et la gomina copieusement étalée pour masquer sa calvitie naissante, Roustan avait l'air d'un vieux mac marseillais sur le retour, ou d'un André Kim déguisé en banquier.

La silhouette s'est épaissie mais le verbe n'a pas changé. Plus cantonesque que jamais, Roustan distille ses anecdotes, ses observations sur un geste, ses commentaires sur une animation 3D tout droit sortie de Tron, ses conseils cools et fumeux à la Huggy les bons tuyaux... Pendant que Pierron tient la barraque et sourit charitablement à chaque vanne du maître, celui-ci semble presque persuadé que c'est à lui que l'on a demandé de chaperonner un jeune confrère.

La petite heure de résumé se passe gentillement et je me retrouve avec l'impression plus ou moins confuse de m'être fait avoir à regarder pour la millième fois Joe Dassin faire l'andouille avec Carlos, Gérard Majax exposer ses trucs et frisettes, ou Jean-Marie Proslier et Roger Carel dans leur pitoyable concours de vieilles folles sur "Alors, raconte" sous prétexte qu'il n'y a pas d'autre chaîne ou presque.

Au moins, du temps de la voix-off, les images de foot n'étaient pas off.

Enfin... Vous me trouverez peut-être un peu cruel... mais je ne veux pas admettre que ça a malgré tout son charme, ce programme en couleurs.

Et pis les seventies, on y revient toujours : Sainté et Nantes en D1, Lyon s'accrochant pour le podium... une petite poussée d'inflation et une bonne manif en fond sonore... et les Bleus aux fraises dans les grands rendez-vous.

footlog

 

2009.03.15

La Coupe du Monde 1946 enfin révélée

Vous n'avez jamais entendu parler de la Coupe du Monde de Football 1946, des déboires du Brésilien le plus malchanceux de l'Histoire, ou des revendications de la Fédération des Fakirs Footballeurs ?

ldo2009r.JPGC'est un peu normal, mais ça peut s'arranger : "La Ligue des Oubliés" sera prochainement disponible sur Amazon.com. Cinq ans après l'avoir créée, j'ai en effet décidé de la laisser se dégourdir les jambes sur le papier.

La Ligue des Oubliés rend hommage à l'autre histoire du football, à des événements et personnages d'autant plus négligés par les chroniqueurs qu'ils n'ont pas eu la chance d'exister.

Le connaisseur en histoire du football (la vraie) pourrait être tenté de faire des rapprochements avec des personnages existant ou ayant existé. Or toute ressemblance serait non seulement fortuite et involontaire, mais insultante pour les membres de la Ligue au regard de leur non-existence.

Dans ces quelques pages, le célèbre Varga reconnait que « les dictateurs et les footballeurs sont les seuls hommes à pouvoir être statufiés de leur vivant », mais il pourrait aussi bien avouer que ces Oubliés sont peut-être les seuls footballeurs à assumer pleinement leur vanité.

En vous souhaitant une bonne lecture.

"La Ligue des Oubliés"
ISBN: 978-1-4092-7158-1
100 pages - Lulu.com

2008.11.28

Grand stade et petit écran

Le foot à la télé : s'agit-il vraiment du même sport ?

Vaste débat, que je propose d'aborder par cette évidence technico-tactique : ce qu'il y a de bien quand je vais voir un match au stade, c'est que je ne parfume pas l'appart' avec mon sandwich dégoulinant d'andouillette.

Mais d'un autre côté, en restant chez soi, pas besoin de se déguiser en Yéti pour se cogner un Saint Etienne Sochaux vers la mi-janvier... et puis jusqu'à preuve du contraire, je n'ai toujours pas croisé le moindre nazillon chantant le bras tendu au milieu de mon salon. Enfin, si le match est nul je peux toujours zapper pour un match de Serie A, de Liga, de K-League, ou mieux encore, ma voisine de sofa, qui en prime ne fume pas. A propos, j'oubliais : quand je me fais palper à l'entrée pour vérifier si j'ai une arme, ça relève du préliminaire, pas du sécuritaire.

L'affaire parait entendue, donc. Mais même avec un écran large à la diagonale platinienne, je ne bénéficie d'une vision complète de l'action que lorsque le réalisateur s'autorise une séance retro avec cadrage seventies ou sixties... enfin vous savez cette époque où l'on n'avait pas besoin de loupe à 850 images par seconde pour distinguer deux crânes chauves au coude a coude* : ah, les bacchantes du Gaulois, les roufflaquettes de son frangin, l'afro de M'Pelé... (heureusement que Cissé a épousé une coiffeuse créative).

Certes certes, mais du haut de la tribune, terminé ce gros plan sur le visage, tordu par la douleur, du joueur victime d'une fracture de l'amour propre (il vient de subir un petit pont et veut nous faire croire qu'en passant, son agresseur lui a découpé le tibia à la tronçonneuse)... et tintin pour ce micro indiscret qui nous dévoile tout sur les amabilités échangées entre joueurs, arbitres, dirigeants, entraîneurs et tous ces assistants dont le seul job consiste à bondir en bloc du banc de touche à chaque action litigieuse pour influencer l'arbitre dans ses prochaines décisions.

D'accord, mais des gros plans, en tribune, on y a droit aussi. Et un bien plus large échantillon : des humains de toutes formes, de toutes tailles, de tous horizons et de toutes conditions, mais tous suffisamment masochistes pour se retrouver une fois de plus au stade parce que cette fois-ci, c'est sur, Paris va gagner.

A ce stade-là, c'est plus de la télé, c'est du cinéma.

 

* quand je dis "deux crânes au coude a coude" il faut comprendre "coude a crâne", cette merveilleuse invention des années 2000... z'avez vu Cris faire la peau lisse ?

2008.10.05

Zidane, une vie secrète

(commentaire à propos de la parution de "Zidane, une vie secrète" - Besma Lahouri chez Flammarion En Quête)

J'ai apprecié le joueur Zidane, moins la complaisance dont il a toujours bénéficié de la part des media (bien au-delà de la protection de la famiglia Canal - celui qui touche à l'un des derniers cheveux de Zizou peut se chercher un visa Qatari pour trouver un job dans le milieu).

Quant au dopage, aucune preuve mais quelques interrogations, en particulier sur sa spectaculaire évolution morphologique pendant les années Juve, et bien sûr sur le miracle de 2006 (comment Duverne est-il parvenu à faire gambader cette bande de trentenaires pendant un mois dans la moiteur teutonne ? - j'ai attendu en vain l'effondrement physique de 1986).

Béatifié de son vivant de footeux pro, Zidane demeurera-t-il intouchable aussi longtemps qu'Anquetil ?

2008.09.24

Viviane Reding met les pieds dans le PAF

L'heure du grand marché unique des droits audiovisuels a-t-elle sonné ?

Le Commissaire Européen Viviane Reding prône ni plus ni moins l'instauration de droits uniques pour l'ensemble de l'Union Européenne. L'acquéreur obtiendrait d'un seul coup l'accès aux 27 pays pour des contenus comme les films ou les événements sportifs.

C'est sensé stimuler la concurrence ou renforcer les gros poissons ?

On imagine déjà les nouveaux entrants se frotter les mains : un émir ou un oligarque peut totalement fausser le marché en triplant la mise. Ou un fonds souverain asiatique raffler les droits sur les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde en obtenant quelques concessions éditoriales (suivez mon regard Dix secondes ...).

On imagine déjà les opérateurs historiques monter un cartel pour assurer leurs arrières. Ou un pool national se monter pour éviter que le bébé échappe au premier marché continental... Non merci, j'ai vu ce que cela pouvait donner en Corée du Sud.

Reding met les pieds dans le plat, mais le vrai message est avant tout celui-ci : vos petites pratiques ne vont pas éternellement rester sans supervision, surtout en cette période d'explosions en série de bulles spéculatives et de spoliation massive du grand public. J'agite le spectre du grand soir pour obtenir des concessions de votre part. Je sais que vous allez monter au créneau sur l'exception culturelle et que la France ne sera pas la moins loquace à ce titre, mais quelque part, la récré est finie si vous n'acceptez pas la présence d'un pion, vous risquez de vous voir confisquer le ballon.

2008.09.21

La bulle coince Arsenal, ESPN lorgne sur la Premier League

Il y a un peu plus de deux ans, Arsenal se payait une pub dans le Financial Times pour une vaste opération immobilière sur le site de leur ancien stade (cf "Highbury aux premières loges" - 20060326).

Cette semaine, le même FT se fend d'un article sur les possibles impacts de la crise immobilière : le club se prépare à une vague d'annulations, et ne recueillera vraisemblablement pas autant de millions de Livres que prévu dans l'opération. Les 65 premiers appartements commercialisés - sur 680 - avaient rapporté 18,7 millions £, et Arsenal prévoyait encore, en début d'année, un profit total de 100 millions pour 350 millions de ventes.

En dépit d'un contexte économique et financier désastreux (y compris dans la Russie chère à Abramovich), la Premier League continue à attirer les investisseurs. On l'a vu au niveau des clubs avec Manchester City (de plus en plus City et de moins en moins Manchester depuis l'irruption des emirati d'ADUG - Abu Dhabi United Group for Development and Investment), et on le voit au niveau des droits TV avec les ambitions déclarées de Bob Iger, le nouveau président de Disney.

Mickey a en effet observé que la coupe aux grandes oreilles avait trouvé son public aux States. La Champions League marche fort, et la Premier League présente un potentiel intéressant. Surtout, décrocher les droits pour le Royaume Uni marquerait le véritable décollage de la marque ESPN en Europe. Jusqu'à présent, le fleuron sportif du groupe se construisait à peu de frais une notoriété sur le vieux continent en diffusant des affiches plus ou moins délavées sur ESPN Classic, mais la maison mère veut passer à la vitesse supérieure, et envisage même des acquisitions. Si Bouygues veut faire la culbute, c'est peut-être le moment de se débarrasser d'Eurosport.

Au rayon presse, Time Warner guette également l'opportunité pour son Sports Illustrated.

En France, le PSG Classic continue à écumer les étagères poussiéreuses pour piocher des vieilles gloires à bon compte : Ronaldo ne dirait pas non, Cantona se tâte encore, et George Best reste pour le moment muré dans le silence.

2008.07.10

Dix secondes

Le Département Central de la Propagande a décidé de diffuser les Jeux Olympiques à Beijing avec dix secondes de décalage pour l'audience nationale*. Le temps d'éditer ce qui pourra l'être et de zapper les scènes délicates qui ne manqueront pas de survenir pendant la quinzaine de toutes les tensions.

Le diffuseur officiel, la CCTV (China Central TV), justifiera plus que jamais ses initiales : en Anglais, CCTV ou "Closed Circuit TeleVision" est le nom donné aux caméras de surveillance, qui fonctionnent en circuit fermé.

Sur les terrains de sport, dans les tribunes, sur les podiums, en salles d'interviews... la moindre allusion aux droits de l'homme, au Tibet, aux Ouïgours**, au révisionnisme historique et culturel imposé aux voisins de l'Empire du Milieu... sera impitoyablement traqué.

A la limite, le comité d'organisation, le BOCOG, préfèrerait peut-être une bonne vieille attaque terroriste façon Munich '72 à un couac médiatique retentissant flanquant par terre des années de succès de la propagande. La pitié accordée aux victimes à l'opprobe jetée sur les coupables.

Dix secondes, ce n'est pas grand chose, mais c'est beaucoup plus qu'il n'en faudra aux bombes de muscles jamaicaines et américaines pour plier la finale du 100 mètres.

Le véritable exploit reposera donc sur les épaules des censeurs et des virtuoses du ciseau à la régie officielle : eux non plus n'auront aucun droit à l'erreur pendant ces dix secondes. La différence ? Il n'auront aucune médaille à gagner et beaucoup plus à perdre en cas d'échec.

 

* cf "China to delay 'live' Olympic broadcast by 10 seconds" (Chosun Ilbo 20080710)

** cf "Tibet, Ouïgours... l'Empire éclaté ?"(20080403)

2008.07.02

Sans commentaire

Le commentaire sportif tourne en rond.

Le ton et l’emphase dépendent bien sûr de chacun, mais il existe un "accent" du commentateur sportif, une façon de porter la voix, de traîner sur certaines parties de la phrase, que le téléspectateur reconnait aussitôt. Sans savoir de quoi il est question, il sait que c’est du sport. Et les expressions consacrées, les clichés contribuent à planter le décor, à mettre dans l’ambiance sans déstabiliser un client que l’on souhaite bien confortablement calé sur son sofa, en mode optimal de réception des messages qui comptent vraiment (la pub).

Les petits nouveaux débarquant sur l’antenne rentrent presque toujours dans ce moule horripilant, que l’on peut comparer à celui des présentateurs de JT (battements de cils en moins au lancement des sujets, puisque le visage du commentateur sportif n’apparaît qu’au début et à la fin de la retransmission).

Les diffuseurs veulent de l’enthousiasme, une ambiance café du commerce relevée par la présence d’experts / consultants qui bien souvent s'abaissent rapidement au niveau de leur compère journaliste. L’école de la radio (un media ou l’emphase est de bon ton) a fourni des prototypes assez spectaculaires comme Gilardi ou Saccomano, et l’accadémie Canal + a un peu changé les habitudes avec des journalistes plus "spécialistes" et "experts", le consultant endossant parfois le costume d’Auguste, le clown joyeux (ie Rouyer).

Les Français parlent beaucoup en regardant un match à la télé et ils "entrent" plus facilement dans le match quand ils ont l’impression d’être dans la cabine avec des "pros" relativement accessibles.

Mais à tout prendre, je préfère la fraîcheur de "La Rouille" à l'inanité de la masse des sclérosés du micro.

Et la franchise de Christophe Dugarry à la PC attitude de Vieira au moment de livrer leur opinion sur Domenech.

2008.06.29

Arbitrage vidéo

A chaque fois que l’on remet le sujet de l’arbitrage vidéo sur la table, je dégaine le même message :

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais pour des questions évidentes de coût, cela ne pourra concerner que l’élite, avec le risque d’augmenter le décalage entre sport pro et amateur, voire de décrédibiliser ce dernier aux yeux de ceux qui le pratiquent tout en regardant à la TV des matchs d’un autre genre. J’ai un profond respect pour Arsène Wenger, sans doute le manager que je préfère dans ce sport, mais il prêche ici pour une paroisse très élitiste, pas dans l’intérêt supérieur du sport.

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais uniquement avec des cameras fixes et objectives. "Objectives" au sens "neutres" et "focalisées sur un objectif" : tout point de vue est subjectif, l’opérateur est humain, et l’outil doit se limiter à des tâches simples, automatisables et incontestables comme le contrôle du franchissement d’une ligne (comme au tennis).

-  au-delà, cela demande une autre couche d’interpretation (yc à la source : imaginez la complication des règles et des règlements pour décider quelles actions font l’objet d’un contrôle, sous quelles conditions...), une équipe de juges vidéo, et une coupure à chaque sollicitation (cf foot US et à un degré moindre rugby).

-  on réduit potentiellement les risques d’erreur, et (seul argument recevable à mes yeux) on enlève de la pression sur les épaules de l’arbitre sur certaines décisions clef, mais on ne tue pas l’erreur. Je garde toujours à l’esprit le Brésil Norvège de 1998 où la dizaine de caméras pointées sur le match ne décelaient aucun pénalty, l’arbitre n’étant réhabilité que quelques jours plus tard après la publication de la vidéo amateur d’un spectateur.

 

2008.01.19

A saisir sur eBay

Sélection de la semaine - les meilleures offres sur eBay 

OM : en l'état - possibilité de réduction si le club fait mieux qu'une coupe intertoto en 10 ans. Les 500 premiers candidats se verront offrir le dernier parfum Kachkarel pour OM.

Droits TV du foot français : à saisir d'urgence. Compétition ouverte aux opérateurs mobiles russes et saoudiens.

France2 Foot : pour cause de suppression de la pub TV sur le service public, l'Etat met aux enchères le lot correspondant au magazine dominical. Ouvert à tous les candidats à condition que l'actionnaire soit Bouygues, Lagardère ou Bolloré. Si le candidat le moins disant s'appelle TF1, le magazine s'appelle revient.

TF1 : suite à l'arrêt de l'émission de Téléréalité Votez Sarko, la chaîne est à louer au plus offrant pendant 5 ans. Le propriétaire se réserve le droit de mettre terme au bail en cas d'élections anticipées.

Parc des Princes : Colony Capital est prêt à faire la plus value après revalorisation immobilière du site (galerie marchande, musée archéologique du fond de jeu parisien...). Tous les contrôles d'usage ont été effectués : Loi Carrez, Diagnostic Amiante, Termites, Performance Energétique, Risques Naturels et Technologiques, et depuis janvier 2008 Désenvoutage.

Matt Moussilou : Ballon de Plomb 2007. Attention à la date de fin de promotion (déjà 6 buts en 9 matchs pour le Al Arabi Doha).

Fabrice Fiorèse : mis à prix trois millions d'euros. C'est le maximum que le vendeur est prêt à donner pour s'en débarrasser.

Règlements acceptés : PayPal, Visa Dubai Mastercard, Abramovitch Express

2007.11.29

Appel d'offres LFP - massacre à la tronçonneuse ?

Frédéric Thiriez se lisse la moustache. Il donne ce vendredi le coup d'envoi d'un nouvel appel d'offres pour les droits 2008-2012 de sa chère Ligue.

Le président de la LFP en attend au moins 750 M d'euros par saison et Aulas vise les 900. Les droits du magazine dominical (24 M pour France Télévisions) n'exploseront pas. Les droits mobiles (30 M pour Orange) peuvent sensiblement évoluer, mais l'essentiel continuera à provenir des exclusivités détenues aujourd'hui par Canal+. Or ce dernier prétend ne pas vouloir dépenser autant qu'aujourd'hui, c'est à dire 600 M par an.

En réalité et compte tenu de la progressivité du contrat précédent, la saison 2007-2008 coûte déjà 660 M à la chaîne cryptée. Avec le tarif de base a 31 euros en reference, cela représente moins de 20% de sa base de clients. Et le coeur de cible s'avère encore plus restreint : compter par exemple 7 euros par mois pour l'option Foot+, 34 pour CanalSat... combien pour des abonnements collectifs (une rente de situation avec les bars et autres diffuseurs de proximité, à la fois gourmands en Foot+ / pay per view et excellents prescripteurs) ?

Si l'on raisonne sur la pénétration actuelle de Canal+ au niveau national et en comparant avec d'autres acteurs internationaux, on peut penser que le plein n'est pas loin d'être fait. Mais la moitié de la France reste à convertir au haut débit et ce nouveau contrat portant sur 4 ans au lieu de 3 assure la transition vers la TV 100% numérique. La convergence est enfin là, les offres de triple-play, quad-play (et plus si affinité) se banalisent, les nouveaux accès se multiplient...

Au-delà de la part de marché il en va de la "part de client" et du prix que les clients seront prêts à payer pour une offre soudain moins différenciante. Canal ne pourra décemment pas maintenir des tarifs aussi élevés par rapport aux offres multiaccès du marché. Non seulement il perdra des clients mais il devra sérieusement rogner sur sa marge et cela sur ses clients les plus fidèles... pas idéal quand on s'apprête à élargir sa base avec des offres plus low cost dans un environnement plus qu'incertain. Pour compléter le tableau : la perte de la mainmise sur le foot serait désastreuse en terme d'image ; un message inquiétant pour ceux qui resteraient malgré tout.

Au moment - clef où une nouvelle concurrence émerge, Canal+ a d'un côté l’occasion de verrouiller durablement le marché (et d'enfoncer pour de bon TF1 avant sa revente) et de l'autre le risque de renforcer un petit groupe de poursuivants. A bon prix (environ 2 millions d'euros par jour), le leader sécurise son parc au meilleur moment et conserve les ressources nécessaires pour lutter sur d'autres fronts plus diffus (cf droits cinéma éclatés sur un plus grand nombre d'acteurs). L'histoire récente prouve que Canal peut se permettre de lâcher quelques blockbusters chaque année et réduire l'attractivité de son offre cinéma sans remettre en cause son leadership.

Frédéric Thiriez a massacré son bébé à la tronçonneuse pour optimiser les recettes. Tous les lots ne partiront pas comme des petits pains mais quelque chose me dit que quand bien même Canal+ venait à abandonner l'ambition de l'exclusivité, la chaîne cryptée déboursera plus demain qu'aujourd'hui...

Et le sport dans tout cela ? La manne du contrat précédent a tout juste suffi à ralentir la fuite des plus jeunes cerveaux et à assainir les comptes des clubs pros. Il sera exigé de ces derniers un effort plus conséquent pour mériter leur salaire : proposer un jeu du plus haut niveau au plus grand public, faire venir les familles dans des stades adaptés au  XXIe siècle*... mais sans vider les terrains de leurs joueurs du dimanche** et renvoyer le football français à l'âge de pierre.

En Anglais, "age de pierre" se dit "stone age". En football, on parle également de "Croatian syndrom".

* avec ou sans l'organisation de l'Euro 2016
** le grand enjeu des nouveaux horaires

2007.11.12

Usque tandem canalina

Drôle de match ce soir: Arsenal a sans surprise terrassé Reading sur ses terres en match de retard de Premier League, mais c'est surtout le duo de commentateurs qui m'a déçu. Autant Wenger a su réveiller et recadrer ses troupes à la mi-temps, autant Canal+ a laissé Jean-Michel Ferri sans filet.

J'ai pas mal aimé le joueur et pas mal apprécié certaines de ses remarques sur le fond. Mais sur la forme, il n'est pas vraiment à l'écoute du journaliste, presque cassant, trop appliqué au moment de faire la passe. Encore des automatismes à trouver avant d'accéder à la chaîne premium. Je ne pense pas que Ferri soit de la même veine que Jean-Luc Arribart : sous un filet suave et velouté, la star d'Eurosport a clairement chopé le melon après un excellent départ sur C+ et un moins bon départ vers le groupe TF1.

Signe des temps, on est passé sur les grands matchs du duo au trio voire au quatuor... quand ce n’est pas le grand orchestre façon Canal avec un ancien joueur, un ancien entraîneur, un ancien arbitre, un ancien dirigeant, un ancien agent et un ancien de Canal revenu après la fusion CanalSat-TPS.

Pas facile de cumuler compétence et enthousiasme pour un consultant. Wenger a le verbe sec et sans fioritures mais très juste - il est parfait en 3e homme. Un Denoueix dit des choses intéressantes, mais n’emballe pas vraiment le match. Un journaliste plus latin et un bon match de Liga compensent avantageusement. Franck Sauzée a l'enthousiasme pur et raffraichissant du gamin s'amusant à taper la balle dans la cour de l'école, mais chausse parfois un peu trop vite les lunettes roses.

En revanche, le père Dugarry me bluffe totalement. C’est à la fois une révélation et un plaisir. Avec un ton savoureux et mordant sans être amer, toujours dans le sens du jeu.

2007.09.28

France Football a 60 ans

Dominique Rocheteau sur sa moto à la veille du France-Pays Bas décisif pour la qualification à la Coupe du Monde 1982 : "à l'Orange, ça passe ou ça casse". Ce n'est pas mon premier FF ni le plus ancien de ma collection, mais je n'en ai pas loupé un numéro depuis. Au bout de dix ans, il m'a même fallu passer au mode abonné : pas question de louper la Bible du mardi même avec quelques jours de décalage (bonus : à cette époque pré-webienne, un exemplaire de France Football ouvrait bien des portes dans la petite communauté des footeux francophones de Séoul).

Sur ce gros quart de siècle, la Coupe du Monde 1982 demeure toujours un sommet. Si l'Algérie et le Cameroun ne s'étaient pas fait voler au premier tour, on avait probablement droit à une finale plus réjouissante que cet Allemagne-Italie. J'étais trop jeune pour la bande à Pelé mais avouez que ce Brésil 1982 avait du chien. Mettons Valdir Perez (gardien de quoi ?) de côté et observons la bête de près : Leandro, Oscar, Luizinho, Junior en défense, Socrates, Zico, Falção et Cerezo au milieu, et  Eder devant pour compenser de sa frappe démente les limites de Serginho. Ajoutez Telê Santana aux manettes et pour la dernière fois à l'écran ce toucher de balle unique, déjà disparu l'édition suivante (avec ses stars vieillissantes, et les seuls missiles de Josimaaaaar en guise de feu d'artifice)... Pas fait mieux depuis.

Même avec l'Euro 84 de qui vous savez, le Dynamo de Loba, le Milan de Sacchi, le Barca de Johan, l'OM de 1989, l'académie de l'ASEC Mimosas de Guillou, et certainement pas avec la bande à Jacquet de 1998 (un groupe admirable mais un jeu sans surprise).

Le foot français est devenu champion et mixte, le foot européen est devenu post-Bosman et post-Heisel, et le foot mondial est devenu business et politique. France Football a dû attendre ses 60 piges et la concurrence du FIFA Player of the Year Award pour rendre son Ballon d'Or mondial. A peine moins pour ouvrir son site web et ressusciter sa Fantasy League (souvenez vous des seventies, où ça se jouait au nombre d'étoiles FF collectées par chaque joueur). L'éphémère France Foot 2 a disparu mais FF livre désormais deux fois par semaine (et quotidiennement sur internet) ses résultats des championnats les plus glamours aux plus obscurs, ses coups de coeur et ses coups de gueule, sa vision du jeu et des joueurs.

Le Ballon d'Or est mondial, et FF lui aussi sait se faire business et politique : FF fait de la pub et du sponsoring TV. FF fait des infidélités à Canal+ et convole avec TF1... FF grandit, mais reste le même. En fait, FF reste le même parce qu'il grandit : changer de dimension était indispensable pour conserver son indépendance.

Exploiter des espaces, créer des décalages, toujours rester en mouvement... telle est l'essence du jeu.

Bon anniversaire et merci.

2007.08.16

Thierry Henry lost in translation

En zappant hier, je me suis laissé embarquer dans une émission probablement enregistrée à l'occasion du récent passage en Corée de l'attaquant des Ulis. Une poignée de jeunes supposés comiques affrontaient sur un terrain d'entraînement notre Titi national tout juste armé d'un traducteur.

Ce qui pouvait occuper trois minutes (quelques jonglages, dribbles et frappes pour épater la galerie) a désespérément traîné en longueur, comme s'il s'agissait d'amortir chaque seconde du tournage. Le héros du jour semblait aussi perdu que Bill Murray sur le plateau de ce programme psychédélique à la télé nippone. Mais contrairement au film de Sofia Coppola, je n'ai pas tenu à aller jusqu'au bout.

TH devrait éviter la Corée. La dernière fois que je l'ai vu rôder dans le coin, il se prenait une galette rouge à Busan. Pas le pindaetok au gimchi, mais un bon vieux carton rouge des familles. Contre l'Uruguay. Ce jour-là je n'avais pas vu de but mais au moins un peu de football.

 

2007.05.05

La Ligue des Oubliés

Une profonde injustice est enfin réparée avec la réhabilitation de personnages et faits majeurs de l'histoire du football jusqu'ici occultés par les chroniqueurs.

Si l'Histoire a négligé ces formidables héros et ces événements de grande ampleur, c'est parce qu'ils n'ont pas eu la chance d'exister.

"La Ligue des Oubliés" relate cette autre histoire du football. Vous pouvez désormais apprendre l'origine de la règle du hors jeu, tout savoir sur la Coupe du Monde 1946, rencontrer le courageux Guido Gazzetto et tant d'autres personnages attachants...

Conçue comme une chronique récurrente, la LDO s'est peu à peu étoffée en un panthéon très complet. Et ce qui n'était au départ que le défouloir jubilatoire d'un auteur passionné de foot (enfin l'un des défouloirs, les lecteurs de footlog sont bien placés pour le savoir !) constitue désormais un projet éditorial prêt à s'épanouir dans le monde réel. Le concept, déposé, peut dès maintenant prendre vie sur le papier et pourquoi pas, gagner de nouvelles dimensions (nombreuses déclinaisons à l'étude).

Je suis donc à la recherche d'un partenaire presse ou édition, et si possible d'un ou plusieurs illustrateurs aimant eux aussi trop ce sport pour le prendre trop au sérieux.

En attendant, j'ai ouvert le site http://laliguedesoublies.blogspot.com qui permettra au plus grand nombre d'en avoir un aperçu, les critiques constructives étant naturellement bienvenues.

Bien à vous,

Stéphane 

2007.03.30

Téléfoot Light

Daniel Bilalian a obtenu l'autre messe dominicale pour France 2 : la pilule du lendemain de la Ligue 1 (pour ceux qui ont oublié de se mettre Jour de Foot sur le bout du crampon) encadrera bientôt le JT de 13h.

TF1 a néanmoins décidé de maintenir les feux de l'amour du foot allumés ; un Téléfoot édulcoré avec ce qu'il reste à la maison Bouygues : des pièces nobles comme les Bleus ou la Champions League, et le second choix style Ligue 2.

Canal+ a en effet snobé l'appel d'offres sur cette dernière, laissant un boulevard à un Eurosport tout heureux de conserver son produit phare (je ne parle pas au nom des amateurs de snooker ou de dressage de chiens).

Rien de nouveau donc, si ce n'est les raisons de la colère de Canal : à l'instar des ligues majeures, la LFP compte désormais produire ses propres images (déléguant si nécessaire, comme avec le toujours placé Lagardère). Ce saut légitime dans la chaîne de valeur optimisera les retombées sur l'ensemble des media à l'heure où le haut débit fixe et mobile se démocratise.

On voit mal la chaîne cryptée rentrer dans ce jeu lors du prochain appel d'offres pour la Ligue 1. Et pourtant, rien ne semblait pouvoir arrêter le capo de tutti capi du foot français, qui venait justement d'ISO9002iser InfoSport en deux coups de cuiller à pot (Daniel Bravo se sent brusquement moins seul sur les plateaux)... la glorieuse incertitude du sport ? 

En attendant, à surveiller au prochain mercato : les régies mobiles et moyens techniques. Pas très glamour mais réservé aux fins techniciens.

2007.01.30

France Football parasité par la Beeb

Un FF rouge et blanc au coeur du foot, tout le monde connait. Ces initiales, ce code couleur, ce thème, bien sûr, appartiennent à France Football.

Sauf que ce média-ci parle Anglais et porte l'étendard de la BBC. "Football Focus" débarque sur les écrans force annonces et roulements de tambours. TA-DAAA :

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Pas assez sexy et trop proche de l'original ? La Beeb propose aussi une version stretch :

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Canto et Wenger ne leur suffisaient pas ?

2006.03.26

Highbury aux premières loges

Une chose est sûre : Thierry Henry ne foulera pas les pelouses d'Highbury en 2010. Il s'exposerait alors aux foudres du superintendant de l'immeuble chargé de fleurir les deux petits acres de terrains épargnés par l'opération immobilière "The Stadium Highbury Square".

En dessous d'une pub pour des appartements en front de mer à Saint Kitts & Nevis (vivez le réchauffement climatique les pieds dans l'eau pour à peine £185.000), le Financial Times de ce week-end* affiche le score pour les appartements situés dans le West Stand : de 2 à 4 pièces à partir de £295.000, accès au fitness center et à la piscine inclus - livraison entre 2008 et 2010. Pour le prix des loges (quelques penthouses), consultez l'agent immobilier. Quelqu'un de très recommandable, semble-t-il.

A en croire "De battre mon coeur s'est arrêté", cette noble corporation se contente de déposer des rats dans les cages d'escalier et quelques coups de battes de base-ball sur les squatters récalcitrants. C'est quand même autre chose que les agents de joueurs de l'OM et du PSG, non ?

 

* je l'avoue, j'apprécie la lecture de ce journal de sport bien connu quand je prends l'avion (aux dernières nouvelles, le Manchester United s'échange à 300 p, le Ronaldo à £20M, et le Rolland Courbis côte autour des 3 ans ferme). Ceci dit, à choisir, je préfère encore le Canard, sans sucre et shaken, not stirred.

2006.03.23

Pepsifest, grippe à bière et marketing viral

Lourdingue à souhait, la dernière pub d'une marque bien connue de non bière brune sans alcool met en scène Henry, Ronaldinho, Roberto Carlos et David Beckham dans leurs rôles préférés (joueur, freestylist, dragueur et pot de fleur).

Dans un art consommé du recyclage, le groupe propose une version Oktoberfestive d'un tube de l'été remontant à l'ère des grands poètes teutons (Horst Hrubesch, Hans-Pieter Briegel, Pierre Littbarski*), et déploie toute la panoplie du parfait marketeur viral, sites ouèbe** et ouape à l'appui.

Voici donc le territoire du ringard-rétro occupé, peu après celui de l'anarcho-révolutionnario-Che Guevaro-cantonesque - préempté par une célèbre marque à la virgule à but non lucratif et spécialisée dans la réduction du chômage chez les moins de 5 ans.

Si la Coupe du Monde ne commence pas avant trois bons mois, les marchands du temple ont déjà investi les lieux. Il y a quatre ans, il fallait attendre les cinq cent derniers mètres avant le stade pour les voir proposer leurs objets publicitaires aux pélerins. Dans la dernière ligne droite, le service d'ordre réquisitionnait les babioles non reconnues par les sponsors officiels. Cette année, ils vont nous pourchasser jusque dans nos salles de bains.

 

* cherchez l'intrus - plutôt parmi les dribbleurs de juges de ligne

** mydadada.com

2006.03.18

Cahiers d'été

L'été sera sportif pour la presse française : entre l'actualité chargée (au figuré avec le Weltmeisterschaft, au propre - à moins qu'on ne reste dans le sale - avec la succession d'Armstrong) et le déchaînement annoncé de gratuits et de suppléments, le lecteur n'aura pas le temps de respirer.

Dernière offensive en date : le Figaro sortira à partir du 3 avril prochain un cahier "Sport" le lundi... ce nouveau char Dassault va-t-il oser afficher un maillot jaune (histoire de boucler la boucle des organisateurs de la Grande Boucle*) ? En attendant, le journal muscle son jeu et double sa pagination sportive - depuis quelque temps, les articles ne se contentent plus d'une revue de presse sur les matchs de l'avant-veille.

Il en faudra plus pour déloger le leader. Ici, l'attaque frontale sur le coeur du business exige une réplique plus convaincante que le récent "Rugby" (maquette trop proche du gratuit "Sport"). Je suis impatient de voir ça. A mon avis, les facteurs ne vont pas aimer.

 

* cf "60 ans d'Equipe (bis)" (20060224)

2006.02.24

60 ans d'Equipe (bis)

L'Equipe n'est pas encore en quadri mais s'autorise quelques couleurs. Le lundi, par exemple, après un week-end de chasse au grand air, il parade avec les couleurs du soleil et la besace bien rebondie.

Mais Robert Chapatte commence à livrer la veille gratuitement et à domicile un Stade 2 tout en couleurs, avec le son. Puis un certain Cangionni s'amuse à proposer dès le samedi soir un appétissant Tele Foot 1 à peine sorti du four (quand ce n'est pas du Chaudron)...

Néanmoins, L'Equipe reste le meilleur annonceur des résultats, et ne se focalise pas encore sur ses résultats auprès des annonceurs. C'est le média des supporters, pas le support des médiateurs.

Car en ces temps bénis où le sport n'est pas devenu business, L'Equipe ne se prend pas au sérieux. Son concurrent n'est pas encore cet éphémère quotidien sportif national (qui poussera le leader à adopter la quadri, justement), mais une irrévérencieuse institution hebdomadaire. Entre les deux canard truffés de jeux de mots, c'est à celui qui décrochera le plus de sourires dans les kiosques.

A cette époque, L'Equipe est ce blanc bec qui n'a pas connu la Guerre et Le Canard Enchaîné ce vieux coq né au fond des tranchées. Malgré tout, le blanc bec affiche toujours le logo de son ancêtre de 1904, L'Auto.

Quand j'y réfléchis... à cette époque, L'Equipe a déjà plus de 60 ans.

2006.02.22

PSG - sans Canal Lacrymal ?

La fusion CanalSat - TPS fournit un alibi éthique en toc au Groupe Canal+ : puisque M6 devient actionnaire du bouquet, le soutien du Paris Saint Germain par la chaîne cryptée pose enfin objectivement problème. RLD risque donc de se retrouver seul dans le rôle du mécène d'entreprises de para-spectacles proto-sportifs.

Qui est prêt à perdre 100 millions d'euros sur trois ans pour une qualification en Ligue des Champions, une qualification en Intertoto, quatre changements d'entraîneurs, trois crises d'automne, trois crises de printemps, cinq guerres "civiles" dans les tribunes mais une notoriété spontanée en béton ? Parmi les prétendants : Francis Graille, Luis Fernandez, Jean Tiberi, Daniel Hechter, un américain plus ou moins versé dans la franchise (plus façon Lamar Hunt, moins façon Malcom Glazer), un oligarque russe, un maffieux chinois, un bookmaker malais, une combinaison (nécessairement foireuse) des précédents... Parmi les groupes français capables d'injecter du cash, seul Total présenterait quelques synergies métier (comment recycler des grosses tâches tendant à couler par le fond).

Arnaud Lagardère a déjà décliné la proposition et mise à fond sur un véritable sport de contact sur tapis vert : le bridge. Ce n'est donc pas demain que Jean-Bouin annexera le Parc (il est bien loin le temps où je tapotais dans la balle sur le synthétique du C.A.S.G., à l'occasion avec Nambatingue Tokomon dit Toko, Serge Blanco ou la bande à Charles Biétry).

Les joueurs ? Pour ne rien changer à leurs habitudes, ils se concentrent sur leur prochaine défaite et se détendent en regardant Lyon rayonner sur l'Europe.

2005.10.26

Roland : coup de corne à Charlemagne

La moitié de la Coupe du Monde sur M6 avec Thierry Roland au micro ? J'espère pour Nicolas de Tavernost qu'il avait pensé à placer quelques billes chez les books, histoire d'amortir son investissement.

Au passage et dans son style caractéristique, TR donne un petit coup de corne pas du tout brumeux à la Direction des Sports de TF1 où Charles Villeneuve continue d'essaimer à tous vents : Guy Roux chez Canal, Frédéric Jaillant à l'OMTV... bientôt Mariane Mako sur Juvisy Channel ?

Au niveau du Groupe, TF1 n'a heureusement pas besoin de trop investir sur son vaisseau amiral (d'autant que l'ex président de la FFF lui a généreusement renouvelé son bail à prix d'amis pour Les Bleus). TF1 pourrait à la fois renforcer Eurosport et TPS en modifiant leur tour de table et leur tour de taille... M6 peut désormais valoriser sa participation dans TPS au prix fort, et renforcer ses liens avec France Telecom / Orange, laissant la Bouygues Connection optimiser les synergies Bouygues Telecom - TF1 - LCI - Eurosport - TPS & co. En attendant, Lelay évoque mystérieusement le déplacement du QG de Eurosport à Milan, sur les terres de Mediaset...