2008.06.27

Lilian a un coeur gros comme ça

Thuram devait annoncer l'officialisation de sa signature au PSG aujourd'hui.

L'âme des Bleus a préféré nous révéler que son coeur avait une faiblesse.

Une de plus me direz-vous, mais celle-ci est réelle. Pas un nouveau signe de compassion, mais une connerie de maladie qui peut tuer, et qui a d'ailleurs déjà endeuillé sa famille.

Je n'étais pas très chaud pour que Thuram rejoigne le PSG parce qu'à mes yeux il ne représentait pas vraiment l'avenir du club.* Je lui donnais encore de belles années à jouer au plus haut niveau en prenant et en donnant un maximum de plaisir, mais Paris n'était vraiment pas un challenge à son niveau, ni le genre de club où on prend du plaisir ces derniers temps. Surtout avec un président qui se focalise sur un transfert : le sien, au sens psychanalytique du terme (ne nous y trompons pas, Charles Villeneuve ne pense qu'à sa pomme et à prouver que non, il n'est pas dépassé par la limite d'âge**).

Thu-Thu devra probablement se résoudre à renoncer à rejouer en pro. Et même à ses rêves de préretraîte avec l'équipe de Guadeloupe. Heureusement pour lui, il devra aussi renoncer à jouer pour le PSG.

Sur le terrain tout du moins. Car ce grand seigneur constituera une recrue inespérée pour n'importe quel groupe en manque de coeur.

* cf "Es-tu prêt à souffrir ?" (20080530)

** ce qui est d'ailleurs vrai. mais CV est surtout dépassé par la limite de ses connaissances en football et là c'est beaucoup plus grave docteur.

2007.09.03

Eto'o l'homme invisible

Eto'o devait produire une saison de feu après sa blessure de l'automne dernier, et voilà que la belle mécanique vient de nouveau de céder pour quelques mois.

Sur le banc des accusés : une inutile tournée à travers l'Asie à assurer la promotion de la marque Barça, un calendrier absurde.

Il n'y a plus de rendez-vous footballistiques hors Coupe du Monde, où le temps s'arrête pour toute la planète foot. Les journées de championnat et de coupes d'europe bavouillent sur une demi-semaine sans compter les matchs reportés... la lecture des calendriers n'a pas plus de sens que leur publication en début de saison.

A force d'être illisible, le foot va devenir invisible.

2007.08.12

Déjoue-la comme Beckham

Becks joue avec sa santé et avec les nerfs des promoteurs de la MLS. Pour quelques minutes de piges il aggrave sa blessure à la cheville et retarde son retour au haut niveau. Déjà incertain contre les New England Revs, il serait inspiré de laisser filer plusieurs semaines d'une saison de toute façon à oublier pour les L.A. Galaxy.

La MLS a moins besoin d'une star sur une patte dix minutes par match dix matchs de suite que d'un grand joueur au sommet de sa forme pendant 90 minutes, d'une oeuvre brillante dont les meilleurs morceaux passeront en boucle sur les petites lucarnes - histoire d'enlever les toiles d'araignées accumulées depuis la mort de la NASL.

Au lieu de cela, Mr Posh inflige aux médias US le non spectacle que la plupart attendent d'un match de soccer, et des conférences de presse plus déprimantes les unes que les autres. Et les téléphages gorgés de transfats de se gausser de ce sport de mauviettes : incapable de tenir un choc, la gravure de mode ! Vivement que le football le seul le vrai reprenne l'antenne !

Les joueurs moyens qui donnent le meilleur d'eux même chaque semaine dans l'anonymat de cette Ligue doivent l'avoir plutôt saumâtre...

 

2007.02.11

Casse-pieds

La blessure a eu lieu juste après le 3e but parisien. La victime de l'agression avait beau se tordre de douleur sans simuler, les caméras de Canal+ s'obstinaient à filmer le jeu qui continuait comme si de rien n'était.

Il faut dire que la victime de l'agression gisait à quelques centaines de mètres du Parc des Princes, dans son appartement, lâchement tâclé par un objet contodant alors qu'il s'apprêtait à décrocher son téléphone. Heureusement, ce matin, la radio n'a décelé qu'un vilain hématome là où la victime redoutait une fracture du tarse. La blessure à l'amour propre, elle, mettra plus de temps à se résorber : cet épisode ne fait pas honneur à votre serviteur, déjà blessé dans des conditions fort suspectes en fin de saison dernière*.

On n'a pas idée d'appeler au milieu d'un PSG - Monaco. D'autant que pour changer cette année, la Principauté s'affirme comme la seule victime consentante du club de la Capitale : au match aller (le 2-1 relaté dans ces pages**) comme au match retour (4-2 hier).

Finalement, je ne suis pas fâché que les loupes de Canal aient loupé ce tacle assassin, et que ma webcam soit sagement restée dans son tiroir. Je n'aime guère voir les images de Djibril Cissé dans le rôle de la victime (sous le rouge de Liverpool comme sous le bleu de la sélection) comme dans celui du blesseur (Carlos Yepes a décidément la cheville bien souple).

Quant au casse-pieds qui m'a donné ce coup de fil maudit, c'était quelqu'un qui venait d'apprendre le 3e but parisien à la radio et m'appelait pour me féliciter. Comme si j'y étais pour quelque chose ! A moins que dans un ultime transfert post-mercatoïen, Cayzac ait réussi à me refiler la scoumoune qui sévissait dans son club.

Finement joué, Président.

 

* peu glorieux inventeur de la blessure en rêve - cf "Dans de beaux draps" (20060515)

** cf "Y'a pire ailleurs" (20060918)

2006.06.08

Djibril Cassé

Le football, c'est dans les bons jours les chevilles élastiques de Ronnie et dans les mauvais les jambes à angle droit du pauvre Cissé (ou encore les cuisses de Lienen pour ceux qui ont de la mémoire).

On peut essayer de positiver en se disant que DC a déjà joué la Coupe du Monde (contrairement à un Touré ou un Cantona), qu'il n'a que 24 ans et un coeur comme ça, qu'un "banni" (Anelka ? Luyindula ?) ou un "jeunot" (Simana Pongole ? Le Tallec ? Briand ?) aura sa chance... la blessure reste terrible et inconsolable.

Et puis un blessé lors du dernier match de préparation des Bleus face à une équipe asiatique, ça éveille d'autres souvenirs...

Je demeure par ailleurs partagé sur cette équipe : Domenech assume ses choix et c'est son métier. On ne peut pas lui reprocher l'absence d'une ligne claire, mais je redoute toujours un scénario à la 1986 : le sélectionneur ne fait pas assez tourner son effectif et n'ose pas casser le noyau dur d'une génération dorée à bout de souffle, lui offre un dernier récital (l'Italie et le Brésil en 1986, l'Ukraine en 2006 ?) avant de la laisser sombrer contre un groupe plus puissant et sans merci (la RFA en 1986, l'Italie en 2006 ?). Les Bleus seraient décidément inspirés de gagner leurs deux premiers matchs pour s'offrir une tournée des coiffeurs (même orphelins de leur meilleur client, hélas).

Au-delà, je suis curieux de voir ce que donnera ce gouleyant rouge millésimé 2006 quand on le débouchera vers 2010. Contrairement à la Chine de 2002, cette cuvée a tout pour plaire techniquement, tactiquement et physiquement. Il ne reste à ce séduisant collectif qu'à laisser s'exprimer des individualités que l'on sent tétanisées à l'idée de se mettre en avant. Par moments, on aurait dit la réserve d'un grand club pro jouant un trente-deuxième de finale de Coupe de France face à des amateurs, trop tendue pour se faire plaisir sur le terrain et s'interdisant toute prise de risque de peur de griller sa chance.

Laissons donc cette Chine décanter quelques années et voyons plutôt ce que donne la mise en bouteille au château des petits gars de Clairefontaine.

2006.05.15

Dans de beaux draps

Je ne reve de football - au sens litteral du terme - qu'une fois tous les quatre ans, a quelques semaines de la Coupe du Monde. En 1982, par exemple, j'effectuais le centre pour le but du 2-0 de la France contre l'Angleterre, un but d'Eric Pecout qui n'avait, meme a l'epoque, guere plus de chances que moi d'etre present sur le terrain. Dans la realite, les Bleus avaient finalement sombre 3-2 sous les coups de Robson & co.

C'est dans la nuit de samedi a dimanche que j'ai livre mon match de l'edition 2006 ; un match plein a me demener en vain au centre d'une attaque apathique sur un terrain ressemblant vaguement a la cour de mon ecole secondaire. L'adversaire du jour, les Pays-Bas, marquait a chacun de ses contres avec une facilite deroutante. Sur le premier but, un inconnu ressemblant plus a un ivrogne grassouillet qu'a un Barthez ou un Coupet, regarda tranquilement le ballon passer sous son nez, bien vautre sur un banc place au milieu des cages.

Le score final (six ? sept a zero ?) m'a suffisament traumatise pour me reveiller... pour le plus grand plaisir de ma charmante epouse qui se demandait a quel voltage un sorcier vaudou electrocutait une poupee a mon effigie, quelque part du cote de Port au Prince. J'ignore ce qu'il faut en deduire pour la suite (bon presage ? mauvais presage ?) mais une chose est sure : les annees passes et je decline meme en reve.

Dimanche matin, je me suis reveille avec une dechirure a la cuisse droite.