2008.06.29
Arbitrage vidéo
A chaque fois que l’on remet le sujet de l’arbitrage vidéo sur la table, je dégaine le même message :
l’arbitrage video pourquoi pas, mais pour des questions évidentes de coût, cela ne pourra concerner que l’élite, avec le risque d’augmenter le décalage entre sport pro et amateur, voire de décrédibiliser ce dernier aux yeux de ceux qui le pratiquent tout en regardant à la TV des matchs d’un autre genre. J’ai un profond respect pour Arsène Wenger, sans doute le manager que je préfère dans ce sport, mais il prêche ici pour une paroisse très élitiste, pas dans l’intérêt supérieur du sport.
l’arbitrage video pourquoi pas, mais uniquement avec des cameras fixes et objectives. "Objectives" au sens "neutres" et "focalisées sur un objectif" : tout point de vue est subjectif, l’opérateur est humain, et l’outil doit se limiter à des tâches simples, automatisables et incontestables comme le contrôle du franchissement d’une ligne (comme au tennis).
au-delà, cela demande une autre couche d’interpretation (yc à la source : imaginez la complication des règles et des règlements pour décider quelles actions font l’objet d’un contrôle, sous quelles conditions...), une équipe de juges vidéo, et une coupure à chaque sollicitation (cf foot US et à un degré moindre rugby).
on réduit potentiellement les risques d’erreur, et (seul argument recevable à mes yeux) on enlève de la pression sur les épaules de l’arbitre sur certaines décisions clef, mais on ne tue pas l’erreur. Je garde toujours à l’esprit le Brésil Norvège de 1998 où la dizaine de caméras pointées sur le match ne décelaient aucun pénalty, l’arbitre n’étant réhabilité que quelques jours plus tard après la publication de la vidéo amateur d’un spectateur.
02:52 Publié dans Marketing sportif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : arbitrage, media, tv, Arsène Wenger, cm1998, Brésil, Norvège
2008.06.09
Euro fort et Samba s'en revient
Comme attendu, l'Euro 2008 est lancé (sans pitié pour les pays hôtes Suisse et Autriche, battus lors de leur première sortie), et la crise de la finance* s'étend à l'économie au sens large.
Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que l'actualité footballistique qui retient mon attention ces jours-ci me vienne de Bloomberg** : les footballeurs brésiliens reviennent au bercail depuis que le Real a repris du poil de la bête.
Quand je parle du Real, ce n’est pas à la Maison Blanche madrilène mais la monnaie brésilienne que je pense. Elle a spectaculairement gagnée sur ses concurrents directs grâce aux exportations nationales de produits alimentaires, un luxe par les temps qui courent.
Les footballeurs brésiliens courent encore mieux mais ne sont plus un luxe pour des clubs comme Botafogo. Ze Carlos (Jose Carlos Garcia Leal) y a récemment signé avec d’autant plus de joie qu’il évoluait sous de plus tristes tropiques, dans ce Japon "où les gens ne vous laissent même pas les prendre dans les bras" pour célébrer un but.
Des scènes de liesse que l'on n'est pas prêt de revoir de sitôt du côté de Wall Street, temple de la spéculation financière, ou du Parc des Princes, temple des bulles sportives... à moins que Dein et Wenger ne viennent en chevaliers blancs apporter une réponse à la fois sportive et financière au club parisien.
A noter également : à la Bourse de Lyon, le cours du Puel s’est envolé. Et Puel lui-même pourrait bientôt en faire autant.
* à ne pas confondre avec la crise financière (cf "Du free market au fair market")
** cf "Ronaldo at Flamengo Nears Reality as Real Gains 44%"... les lecteurs de footlog ne seront pas dépaysés : ils ont déjà eu droit au Financial Times dans leur revue de presse (cf "Highbury aux premières loges" - 20060326)
05:15 Publié dans Marketing sportif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Euro 2008, Suisse, Autriche, Brésil, Japon, Ze Carlos, Arsène Wenger
2007.11.12
Usque tandem canalina
Drôle de match ce soir: Arsenal a sans surprise terrassé Reading sur ses terres en match de retard de Premier League, mais c'est surtout le duo de commentateurs qui m'a déçu. Autant Wenger a su réveiller et recadrer ses troupes à la mi-temps, autant Canal+ a laissé Jean-Michel Ferri sans filet.
J'ai pas mal aimé le joueur et pas mal apprécié certaines de ses remarques sur le fond. Mais sur la forme, il n'est pas vraiment à l'écoute du journaliste, presque cassant, trop appliqué au moment de faire la passe. Encore des automatismes à trouver avant d'accéder à la chaîne premium. Je ne pense pas que Ferri soit de la même veine que Jean-Luc Arribart : sous un filet suave et velouté, la star d'Eurosport a clairement chopé le melon après un excellent départ sur C+ et un moins bon départ vers le groupe TF1.
Signe des temps, on est passé sur les grands matchs du duo au trio voire au quatuor... quand ce n’est pas le grand orchestre façon Canal avec un ancien joueur, un ancien entraîneur, un ancien arbitre, un ancien dirigeant, un ancien agent et un ancien de Canal revenu après la fusion CanalSat-TPS.Pas facile de cumuler compétence et enthousiasme pour un consultant. Wenger a le verbe sec et sans fioritures mais très juste - il est parfait en 3e homme. Un Denoueix dit des choses intéressantes, mais n’emballe pas vraiment le match. Un journaliste plus latin et un bon match de Liga compensent avantageusement. Franck Sauzée a l'enthousiasme pur et raffraichissant du gamin s'amusant à taper la balle dans la cour de l'école, mais chausse parfois un peu trop vite les lunettes roses.
En revanche, le père Dugarry me bluffe totalement. C’est à la fois une révélation et un plaisir. Avec un ton savoureux et mordant sans être amer, toujours dans le sens du jeu.
23:45 Publié dans Divers délires futchebol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : media, canal plus, Arsène Wenger, Jean-Luc Arribart, Jean-Michel Ferri, Christophe Dugarry, Arsenal
2007.08.08
Milliband vote Wenger
Le nouveau Ministre des Affaires Etrangères grand-breton adore Arsenal et son coach. Sa philosophie s'inspire d'ailleurs ouvertement d'Arsène Wenger : faire en sorte que les siens donnent le meilleur d'eux-même plutôt que de miser sur les failles de l'adversaire.
Son boss préfère le foot de son Ecosse natale et pourrait donc nourrir un faible pour sir Alex, dont la stratégie repose plutôt sur une course permanente à l'armement pour empêcher la concurrence d'avoir accès aux plus grands joueurs. Du reste, David Milliband n'était-il pas un concurrent potentiel au poste de Premier Ministre ?
A défaut du physique de jeune premier de son ministre, Gordon Brown bénéficie d'une tête bien faite et d'une vision du jeu assez remarquable. Le successeur de Tony Blair a pourtant perdu l'usage d'un oeil au rugby dans sa jeunesse. Ce faux flegmatique n'a donc pas peur d'aller au contact (NB : cela ne l'empêche pas de rêver comme une midinette : Brown verrait bien George Clooney jouer son rôle un jour, mais je verrais plutôt Terry Jones au casting).
Comme pour les clubs de Premier League, la principale question reste de savoir combien d'éléments ce gouvernement va pouvoir conserver à l'abri des investisseurs russes ou américains.
06:24 Publié dans Divers délires futchebol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : David Milliband, Arsène Wenger, Arsenal, Angleterre, Alex Fergusson, Manchester, Premier League
2007.06.25
Scoop : Thierry Henry ne quitte pas Arsenal
C'est Arsenal qui quitte Arsenal.
Thierry Henry ne renie en rien son amour pour son club : Arsenal a tout simplement décidé de se renier soi-même. Les fiers gunners baissent pavillon et détruisent le temple pour faire plus de place aux marchands. L'utopie Wengerienne a vécu, place à la variété. Que le Spectacle s'efface devant la société de spectacle, une société anonyme, une société à responsabilité limitée quant au respect du jeu et de son l'esprit.
A propos de jeu : TH rejoint les Haarlem Globe Trotters de Rijkaard. Sur son dos : le 14 de Johann Cruijff. Sur sa face : un sourire ENORME dès l'atterrissage à BCN.
Espérons que dans ses excédents de bagages, le gamin des Ulis aura prévu quelques valises de buts pour les portiers de Liga.
18:34 Publié dans Divers délires futchebol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Arsenal, Arsène Wenger, Thierry Henry, Barcelone, Johan Cruyff
2007.04.19
David Dein écarté - Wenger et Henry en souffrance
Stan Kroenke a donc eu la peau du numéro 2 d'Arsenal, protecteur de l'âme du club et du beau jeu prodigué depuis une décennie par la bande à Wenger. Plus rien ne s'oppose désormais à une révolution de palais dont le technicien alsacien pourrait faire les frais. Pas sûr que ses jeunes pousses continuent à s'épanouir librement sans obligation de résultats à court terme. Pas sûr que Titi Henry accepte de travailler à la chaîne au sein de l'écurie d'un vulgaire oligarque abramovichien.
Terminé les Wenger et les Mourinho. Terminée la renaissance du jeu, terminées les fresques sixtines et l'explosion d'une sensualité débridée. On veut du Hiddink, du commando, des stats formatées pour les William Hill et autres Ladbrokes, des joueurs lisses et créatinés, et de bons vieux chocs télégéniques façon Monday Night Football.
La Premier League s'oriente implacablement vers sa phase II à mesure que les grosses franchises s'approchent de la masse critique à partir de laquelle elles pourront s'affranchir de l'archaïque système de promotion - relégation pour créer une ligue fermée à l'américaine. Le ticket d'entrée au club devient prohibitif mais cela fait partie du jeu.
Pas du jeu de football, cela s'entend...
L'UEFA peut faire barrage en sauvant le jeu et le sport. En protégeant les sélections également. Et en sauvant la diversité qui assurera la survie de l'espèce. Alors savourons à sa juste valeur ce sympathique Pologne Ukraine 2012 qui fleure bon les années 80 de Platini, Boniek et Blokhine.
09:37 Publié dans Divers délires futchebol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Arsenal, Stan Kroenke, David Dein, Arsène Wenger, Thierry Henry, Premier League, finances
2007.03.16
Sugar Ray Domenech vs Hurricane Arsene Wenger
Thierry Henry souffre. Il sera écarté des terrains jusqu'à la fin de la saison mais se console comme il peut. En volant au secours des cas encore plus désespérés, tiens (et un SMS d'encouragement à Mika Landreau, un).
Arsène Wenger, lui, ne décolère pas : la blessure de son champion résulte directement des cadences infernales imposées par la sélection nationale. Certainement pas au calendrier anglais, pondu comme chacun le sait par des cocaïnomanes épileptiques plus chargés que Lance Armstrong un soir de juillet.
Raymond Domenech encaisse et retrouve son jeu de jambes de virtuose de la répartie. Cela ne l'empêche pas de recevoir peu après un vilain uppercut décoché par Battling Gégé Houiller, totalement libéré depuis qu'il est sorti de la Ligue des Champions et de la course à la DTN : je soutiens Arsène - ce type est un dangereux psychorigide, pas étonnant que le Dodo soit une espèce éteinte.
Une espèce qui se porte bien ? Le petit Bleu. Plus besoin de le laisser mûrir six mois en cave pour le lancer sur le ring. Nos nouveaux poids coq ont fière allure : outre Karim Benzema (déjà appelé mais pas élu), on retrouve deux étoiles montantes de L1 (Samir Nasri et Fred Piquionne) et deux fusées lancées du plateau d'Albion : Abou Diaby (rien à voir avec l'Emirat, même s'il joue au Emirates Stadium) et Lassana Diarra (à ce rythme là, il y aura plus de Diarra en équipe de France que de Kim en équipe de Corée).
Dans l'histoire, seul David Trézéguet termine franchement KO.
Il n'est pas le seul, me direz vous, mais je vois tout de même deux différences avec le PSG : Trézégol marque encore des buts et il évolue déjà en D2.
20:10 Publié dans Divers délires futchebol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Raymond Domenech, Arsène Wenger, Gérard Houiller, David Trézéguet, Thierry Henry, Frédéric Piquionne
2007.01.30
France Football parasité par la Beeb
Un FF rouge et blanc au coeur du foot, tout le monde connait. Ces initiales, ce code couleur, ce thème, bien sûr, appartiennent à France Football.
Sauf que ce média-ci parle Anglais et porte l'étendard de la BBC. "Football Focus" débarque sur les écrans force annonces et roulements de tambours. TA-DAAA :
Pas assez sexy et trop proche de l'original ? La Beeb propose aussi une version stretch :
17:05 Publié dans Marketing sportif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : France Football, media, BBC, Angleterre, Eric Cantona, Arsène Wenger
2006.12.13
Take a walk on the Merseyside, you'll never walk alone
Dubai International Capital LLC a les yeux de al Chimen pour le Liverpool FC et se verrait bien récupérer la franchise, au grand dam d'Arsène Wenger. Celui-ci a beau se placer sur le plan de l'éthique sportive (un Roman Abramovitch ça va, trois-quatre milliardaires bonjour les dégats), il doit tout de même se poser des questions dans son Emirates Stadium flambant neuf : c'est moi qui fait la pub et ce sont mes concurrents qui en récoltent les fruits !
Vous vous souvenez du tollé soulevé par la concession de nombreux ports américains à Dubai Ports World ? L'Administration Bush avait été accusée de brader l'économie et la sécurité nationale au profit de ses éminents et émirants amis. Eh bien DP World appartient à DIC. Ou plutôt appartenait puisqu'ils viennent de revendre 6 ports à AIG Global Investment Group. Hasard du calendrier ? La défaite Républicaine aux mid-term elections a sans doute accéléré le processus. Bras armé de Dubai Holding, DIC est en effet très proche de fonds américains ultraconservateurs comme KKR (l'ancienne boîte de Lobby Dick Cheney a connu son heure de gloire en interprétant Ali Burton et les 40 voleurs dans le désert Irakien - le "R" de KKR figure d'ailleurs au board de DP World) ou l'incontournable Carlyle (usine à recycler les bons soldats et supporters d'USA Inc style John Major, James Baker III, tonton Ben Laden...).
Voilà pour l'aspect politique, logique pour un groupe détenu par les monarques de ce charmant Emirat. DIC s'avère surtout un outil économique majeur pour le rayonnement de Dubai à l'étranger. Liverpool a échappé aux magnats thailandais mais pourrait bien rejoindre ce que j'appellerai la nouvelle armée rouge des vassaux du désert.
Je m'amuse souvent à faire le parallèle entre Dubai et la Chine, deux pays à la fois figés dans des structures étatiques ultra contrôlées et engagées dans un capitalisme ultra impérialiste, s'affrontant parfois directement dans la course aux acquisitions à l'étranger. Dubai comme la Chine sont en réalité gérés comme de grandes entreprises. Mais autant en Chine, le conseil d'administration peut capitaliser sur une expertise plusieurs fois millénaire dans la stratégie la plus subtile (Sun Tzu n'eût pas appris grand chose de Machiavel) autant à Dubai, le court terme prévaut et l'hubris semble proche, à l'image de cette interminable Burj Dubai, une tour de plus de 800 m qui croît à la vitesse d'un étage tous les trois jours.
05:55 Publié dans Marketing sportif | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humeurs, Liverpool, roman abramovich, Dubai, Arsène Wenger, premier league, Chine
2006.05.20
Henry est immense
Sur le terrain, Safet Susic était coutumier de ce style de contre-pieds laissant adversaires et spectateurs littéralement le cul par terre. Ici, le joueur a utilisé la main, mais d'une façon plus noble que Maradona en 1986 : pour signer un nouveau contrat avec le club de son coeur. Un contrat qui a du sens, pas le tour de passe-passe habituel pour préparer le prochain transfert. Un contrat qui sauf catastrophe tellurique sera honoré au sens fort.
C'est sans doute le plus beau geste réussi par Thierry Henry depuis le début de sa carrière. Bien sûr, il y a ce joli chèque accordé par Dein et Wenger, mais il y a surtout ce coeur énorme, cet amour du jeu et du maillot au sens noble. Bien sûr, Barcelone aussi fait plaisir à voir, mais comme Arsène Thierry a envie de voir grandir et s'épanouir ces gamins si doués (deux joueront la Coupe du Monde avant même de fêter leurs 18 ans).
La presse londonienne titrait "Who needs Viera ?" après la déroute de la Juve à Highbury, mais à la question "qui a besoin de Henry ?" je serais tenté de répondre : "le football, tout simplement".
01:10 Publié dans Divers délires futchebol | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : humeurs, Thierry Henry, Arsenal, Arsène Wenger, safet susic, diego maradona, transferts

