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2011.04.18

Soldes du printemps

Incroyable : pour une fois, Paris-Saint-Germain n'a pas gaché une occasion en or de revenir dans la course à la Ligue des Champions. Une victoire méritée face au concurrent direct Lyon, et voilà Colony Capital libre de rêver un peu.

Pas un rêve sportif, bien sûr. Tout juste l'espoir de limiter les pertes dans le cadre de la revente du club à un généreux mécène. Qatari, à en croire Luis Fernandez, éternel prétendant à un retour aux rênes du club.

Qatari comme Mohamed Bin Hammam, candidat contre Sepp Blatter à la tête de la FIFA. Ce Grand Vizir marche littéralement sur l'eau ces derniers temps. A mon avis, le Calife des Califes avait généreusement accordé à son pays l'organisation de la Coupe du Monde 2022 (voir "Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons") pour le remercier de l'avoir débarrassé du Coréen Chung Mong-joon, un rival déclaré. Seulement au passage, Blatter s'est créé un adversaire encore plus redoutable, capable de promettre encore plus de largesses à des fédérations nationales de plus en plus corrompues.

Aux journalistes d'investigation, s'il en reste, de s'intéresser de près à cette lutte au sommet. A défaut de pouvoir le faire depuis l'intérieur (voir "Grant Wahl s'attaque à Sepp Blatter et à la Samaranchisation de la FIFA").

footlog 2011

2009.05.20

Noh Future

Vous n'avez sans doute pas grand chose à cirer du Groupe H des phases de poule de l'édition 2009 de l'AFC Champions League, surtout pour une finale symbolique entre les deux clubs déjà qualifiés.

Ce mardi, les Japonais de Kawasaki Frontale recevaient les Coréens de Pohang Steelers, et les visiteurs l'ont emporté 2-0. C'est le premier but qui a retenu toute mon attention et qui sait, si vous êtes gentil, retiendra un peu la vôtre aussi.

Au départ, une faute à la douzième sur le macédonien Stevica Ristic, Stevo pour les intimes, poussé dans le dos à la limite de la surface de réparation. Stevo insiste pour se faire réparation lui-même sur ce coup franc situé pile poil au centre, dans l'axe du point de pénalty. Pendant que les défenseurs forment le mur, Stevo trompe à la fois le gardien et le réalisateur, mais pas l'arbitre qui invalide le but et demande un peu de patience voyons  s'il vous plait messieurs.

Noh Byung-joon se place alors à côté de Stevo. Le mur est bien à neuf mètres quinze, mais deux Coréens viennent former un second mur à moins de trois mètres du ballon. Toujours dans le même axe.

Noh peut donc indifféremment choisir la gauche ou la droite, il sera à la même distance, avec le même angle, et la même double barrière humaine. On sent venir la combine avec impatience.

Le gardien s'agite fébrilement : de toute évidence, il ne voit plus le ballon, et sait déjà qu'il aura un temps de retard sur l'action. Faut-il alors choisir un côté, comme sur un pénalty ?

Au coup de sifflet, Noh s'exécute et choisit la gauche du gardien qui, parti comme prévu en retard, ne peut empêcher la quasi-lucarne. Les deux gars du "mur offensif" à trois mètres se sont impeccablement écartés au moment précis de la frappe, chacun de son côté, pendant qu'un troisième larron jaillissait de la gauche du tireur en traçant en diagonale vers le centre du mur défensif, rompant la symétrie et ajoutant à la confusion de l'équipe adverse sur le côté opposé à la frappe.

A défaut de voir du grand football, on a régulièrement droit à des combinaisons savamment travaillées à l'entraînement de la part des clubs coréens, que ce soit en K-League ou en coupe continentale. Pohang parachèvera son succès à la 72e minute sur un but d'un Denilson (aucun rapport avec l'ancien bordelais - ce grassouillet attaquant exploite au mieux une sacrée force d'inertie et quelques vestiges de conduite de balle sur sable) pour terminer premier du groupe.

Un triomphe un peu trompeur pour les Coréens dans une compétition où ils ne cessent de décevoir* : Suwon s'est qualifié sans briller, Séoul se fera probablement sortir par une équipe pourtant plus faible (Shandong Luneng), et Ulsan doit impérativement battre les Aussies de Newcastle United Jets pour les huitièmes. Au lieu de se bagarrer à égalité avec le Japon, le pays souffre de plus en plus face aux Chinois et donc aux Australiens, qui ont récemment quitté la confédération océanienne pour l'Asie en clubs comme en sélections. 

L'avenir s'annonce terne : s'ils attirent les foules à l'extérieur, les stades coréens sonnent creux, même pour des affiches. 13.633 spectateurs pointaient hier à Kawasaki. Loin d'un record, mais pour un match présentant peu d'enjeu. Et ce score représente à peu près quatre fois plus qu'une assistance habituelle en Corée.

footlog



* voir le parcours des clubs coréens en AFC Champions League 2009.