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2013.02.22

Qatargate

Dès le départ, l'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar sentait le souffre, le gaz, et le pétrole (voir "Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons"). En Juin dernier, je me risquais encore à pronostiquer "l'Angleterre ne récupèrera probablement pas "sa" Coupe du Monde 2018, mais je ne serais pas surpris de voir le Qatar perdre l'organisation de l'édition suivante, accordée dans des conditions pour le moins troubles et un calendrier pour le moins accéléré" (voir "La Samaranchisation de la FIFA n'est pas une fatalité").

A en croire France Football, les Etats Unis se tiendraient prêts à prendre le relais au cas où. Les States, c''était d'ailleurs le choix de départ pour Blatter et Platini, avant que ce dernier ne se ravise, semble-t-il à la suite de ce fameux diner à l'Elysée lancé à quelques jours du vote par un supporter du PSG ne tenant pas totalement Canal+ dans son coeur.

Parmi les convives de cette sacrée soirée:

- Tamim bin Hamad al Thani, un sheikh à provisions... et Prince Héritier du Qatar. A ne pas confondre avec sheikh Hamad bin Thamer Al Thani, patron d'Al Jazeera, mais c'est la même famiglia. Peu de temps après le diner, Al Jazeera lance un Canal+ killer qui rafle le gros des droits TV: BeIn Sport.

- Sébastien Bazin, le représentant de Colony Capital, l'actionnaire principal du PSG qui désespère de vendre ce club de tocards. Peu de temps après le diner, Qatar Sports Investments reprend le PSG pour y claquer quelques centaines de millions, et y place à sa tête Nasser Al Khelaifi, le DG d'Al Jazeera.

- Notre Platoche national, candidat au job de Blatter à la tête de la FIFA et papa du jeune Laurent Platini. Peu de temps après le diner, Lolo se voit financer par Qatar Sports Investments et Mimi, qui a apporté son vote au Qatar, semble avoir gagné quelques supporters au-delà de ses fédérations européennes. Même pas besoin du peu regretté Mohamed bin Hammam pour mettre de l'huile.

- Nicolas Sarkozy, candidat à une réelection et au bling bling éternel. Peu de temps après le diner, le Petit Pair des Pipoles n'a pas été réélu, mais il a donné sa première conférence publique grassement rémunérée à Doha, au Qatar.

Et le sport dans tout cela? Il n'en est question que de façon indirecte, à propos du projet de changement de calendrier. Si la compétition se passe en hiver, on évitera les 50 degrés Qataris, mais si on change la donne par rapport au cahier des charges, le Qatar prête le flanc juridiquement à ses concurrents, et les Anglais ne se gèneront pas pour tirer les premiers. Sepp Blatter laisse l'initiative au Qataris, à condition qu'ils se déclarent avant la fin de son mandat.

Personne ne bouge, sauf Michael Garcia, auquel il est demandé de faire toute la lumière mais sans jus et sans alumettes. Seul Jérôme Valcke a évoqué clairement l'"achat" de la compétition, mais dans le cadre d'un e-mail supposé rester confidentiel.

Un landerneau aussi gangréné ne peut être réformé que de l'extérieur. Et ne comptez pas sur les concurrents pour faire le ménage:

- Kaiser Franz Beckenbauer lorgne autant que Platoche sur le poste de Blatter, mais à écouter son lieutenant Karl Heinz Rummenigge parler du Qatar et du changement de calendrier on se doute qu'il ne lèvera pas le petit doigt contre l'Emirat où son Bayern chéri fait ses stages. A se demander comment ils ont obtenu Pep Guardiola, grand ami du Qatar...

- Le successeur de Sarko n'a pas vraiment bouté les Qataris hors de France: François Hollande a dès ses premiers mois à l'Elysée accepté les millions offerts pour les banlieues défavorisées.

...

On ne peut même pas se consoler en regardant de bons vieux matchs: quand il est question de jeu, c'est à propos de paris truqués - 600 rencontres achetées aux dernières nouvelles, aucun continent épargné...

Sinon, il y a toujours le terrain vague du coin, avec des chandails pour signaler les poteaux de buts. 

footlog 2013

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2011.07.18

Les Bleues championnes du monde

Le Japon a donc remporté à Francfort la 6e Coupe du Monde de Football Feminin 2011 à la suite d'une finale haletante et d'une compétition réussie à tous les niveaux à commencer par le jeu.

Le onze nippon a terrassé en quarts l'Allemagne, double tenante du titre et archifavorite à domicile, et en finale les Etats-Unis, grands spécialistes de l'épreuve et tombeurs des Brésiliennes de Marta (quintuple meilleure joueuse du monde FIFA) en quarts, mais trop maladroits au moment de verrouiller un nouveau titre (premier but égalisateur offert, séance de tirs aux buts catastrophique).

Les Français retiendront le parcours inédit des autres Bleues jusque dans le dernier carré. Une première prolongeant le récent triomphe de l'Olympique Lyonnais en Ligue des Champions, et prolongée par une qualification automatique aux JO 2012, à Londres.

Ce parcours m'a beaucoup fait penser à celui de la bande à Hidalgo en 1982 : une demi-finale inespérée laissant même entrevoir quelques regrets (avec Abby Wambach dans le rôle de Horst Hrubesch - pour le jeu de tête, pas la tronche), mais aucune victoire contre les ténors. J'attendais donc logiquement la défaite en match de classement contre la Suède.

Bravo donc à Louisa Necib, Sonia Bompastor, et Laura Georges, le trio retenu dans le onze majeur, mais aussi à Elodie Thomis, Gaetane Thiney, et Marie-Laure Delie, le trio d'attaque (2 buts chacune), au capitaine Sandrine Soubeyrand et à l'entraîneur Bruno Bini, et à l'ensemble du groupe. Bravo à celles et ceux qui les ont précédés et ont rendu possible les succès d'aujourd'hui : Élisabeth Loisel, Aimé Mignot, Marinette Pichon...

Cette précieuse expérience et les bonnes retombées médiatiques (amplifées par la formidable épopée de Homare Sawa et ses soeurs) doivent encourager les promoteurs du foot féminin en France sur l'ensemble de la chaîne.

A l'heure où Leonardo fait ses emplettes pour le PSG, les nouveaux maîtres des lieux seraient inspirés de continuer à investir dans leur équipe féminine, qui a placé 5 joueuses dans le groupe France (Laure Boulleau, Elise Bussaglia, Laure Lepailleur, Caroline Pizzala, Bérangère Sapowicz). Le Championnat de France ne rivalisera probablement pas avec la ligue pro américaine Women's Professional Soccer*, mais renforcer la visibilité de l'élite favorisera les vocations sur l'ensemble des tranches d'âge.

Espérons simplement que le feu des projecteurs ne remettra pas en cause le fair play remarquable qui règne sur le football féminin.

footlog 2011
(nouveau - retrouvez footlog sur Twitter : @footlogbis)

* annoncée sur footlog : "WPS - c'est comme si c'était fait", et fort bien lancée depuis. Marta a rejoint la nouvelle franchise des Western New York Flash.

2010.12.03

Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons

Si la FIFA voulait éviter les polémiques suite aux scandales de corruption de ces derniers jours, elle aurait probablement confié ses Coupes du Monde 2018 et 2022 à d'autres organisateurs que des oligarques russes et des pétromilliardaires qataris.

Sur le fond et en dépit de l'embarrassante omniprésence de Vladimir Poutine, je ne suis pas choqué par la victoire russe : il était plus urgent d'arpenter ce pays-continent que de s'embarquer dans une nouvelle aventure bicéphale (Espagne-Portugal, Belgique-Pays-Bas, Darren-Tulett)... et a fortiori cannoniser Sir David Beckham (j'avoue que voir l'Angleterre, objectivement le meilleur candidat, terminer bonne dernière me console un peu de Londres 2012).

Comparé à la couleuvre Pologne-Ukraine de Platini, ce Qatar 2022 me parait mille fois plus difficile à avaler pour Sepp Blatter.

Certes, l'Australie n'avait aucune chance : perdu au bout du monde, ce pays-continent-là truste tous les handicaps). Certes, le Japon a rendu la monnaie de sa pièce à son voisin coréen en s'incrustant dans la compétition. Certes, les USA ont eux aussi organisé très récemment l'épreuve suprême. Certes, le Qatar est une grande nation des media et un grand mécène du sport, situé à mi-chemin des marchés Européens et Asiatiques.

Mais le pays n'a jamais participé à une phase finale, n'existe sur la planète football que grâce à ses dollars investis dans un Championnat Palm Springs pour stars en pré-retraîte, et s'est engagé sur la compétition sportive la moins écologiquement correcte de l'histoire. 

Par ailleurs, le Qatar compte moins d'un million d'habitants, dont la majorité ne bénéficie même pas de la nationalité - la candidature s'est d'ailleurs appuyée sur deux Qataris bien connus : les Travelers Cheikhs Zinédine Zidane et Christian Karembeu. Pendant la compétition, le touriste sportif constituera de loin la première population du pays. Son séjour se résumera à la visite de quelques dunes, beaucoup de boutiques, et puisqu'il faut tuer le temps deux matchs dans la même journée. Avec un peu de chance, il croisera peut-être un authentique Qatari dans la rue.

Quant aux joueurs, avec un peu de chance, ils croiseront peut-être un authentique Qatari sur le terrain. Car d'ici 2022, vous devez vous attendre à des naturalisations en masse.

Je ne serais d'ailleurs pas surpris d'apprendre que les émissaires chargés de repérer les pays du tiers monde susceptibles de recevoir leurs stades passent en réalité la majeure partie de leur temps à recruter à tour de bras dans les maternelles locales.

footlog 2010

2010.06.13

Messi en forme

Cette Coupe du Monde est maintenant bien lancée. En dépit du score étriqué contre le Nigéria (1-0) et des loupés de Gonzalo Higuain (son duel à distance avec Milito parait mal engagé), l'Argentine est au niveau et Messi en forme. Reste à confirmer pendant un mois, ce qui n'est pas vraiment acquis. Don Diego, pavarotique avec sa barbichette, a pu tester la profondeur de son banc sans affecter la vitesse de jeu de sa sélection.

Inversement, pas d'inquiétude pour l'Angleterre de Capello si ce nul face aux States (1-1) s'inscrit dans la préparation progressive à l'Italienne. Les US confirment pour leur part un parcours solide en Coupe des Confédérations et la montée en puissance inéluctable d'un futur grand du football mondial.

Confirmation également pour la Corée du Sud : à défaut de se qualifier pour les huitièmes, les guerriers taeguk auront au moins glané une victoire en Coupe du Monde pour la troisième édition consécutive (KOR-GRE 2-0). Surtout, ils n'ont jamais donné l'impression d'être en danger, à part peut-être sur la toute première action grecque. La qualité du collectif s'est spectaculairement améliorée depuis l'année dernière, et les trois générations de joueurs fonctionnent enfin parfaitement ensemble. Le jeune gardien JUNG Sung-ryong, encore un peu léger sur ses sorties, a mille fois plus rassuré que le vieillissant Lee Won-jae. De bon augure pour l'avenir, y compris à court terme : cette équipe peut poser des problèmes à l'Argentine.

Pour la troisième journée, trois affiches assez exotiques : je suivrai en priorité Algérie - Slovénie avec un bon espoir pour les Fennecs, mais Serbie-Ghana peut donner. Allemagne-Australie parait a priori trop déséquilibré, mais qui sait...

footlog 2010

* déjà
Voir aussi le calendrier, les pronos.

2009.06.30

La Coupe à Toto des Nations a grandi

Année impaire, année misère. Ni Coupe du Monde, ni Championnat d'Europe des Nations. On peut donc s'intéresser au football, au vrai. Et accorder le Ballon d'Or au meilleur joueur de la planète, même s'il n'a aucune chance de participer à ces grandes fêtes.

D'accord, les années impaires la Ligue des Champions écrase tout mais songez qu'en 1995, George Weah n'avait même pas atteint la finale. Bon. Le pauvre homme cumulait les handicaps : Libérien ET joueur du PSG... ce trophée donne une petite idée de son talent balle au pied.

Messi a gagné la C1 et la Liga, joue pour un pays prétendant au titre suprême l'an prochain en Afrique du Sud, et méritera tout autant son Ballon d'Or, mais ce que je retiens pour le moment de cette année, c'est comment trois compétitions nationales, européennes et internationales de second plan connaissent une importante phase de transition : 

  • Coupe de la Ligue Française : sous la pression du diffuseur (France Télévisions), la Ligue a finalement décidé de ne pas euthanasier son bébé. Pour le moment tout du moins.
  • Europa League : sous perfusion depuis la mort de la C2 et l'avènement de la LC, la C3 essaye enfin de repartir sur de nouvelles bases.
  • Coupe des Confédérations : pour sa sixième édition, cette ado semble avoir enfin atteint la mâturité.

La Coupe à Toto des Nations couronne pour la 3e fois le Brésil, qui confirme son statut de favori pour l'an prochain : le groupe de Dunga a de la gueule et autrement plus de tenue que la Ferme des Célébrités du Mondial 2006... et ce pays a l'habitude de remporter le titre chaque fois que la FIFA plante son barnum sur un nouveau continent (USA 1994, Corée-Japon 2002).

Mais à l'instar de l'Intertoto, la CCF a cette fâcheuse tendance à coûter cher : la saison suivante se termine plus souvent sur les rotules pour ses participants. Plutôt que de chercher à ressembler à une mini-Coupe du Monde, la Coupe des Confédérations devrait peut-être laisser tomber le match pour la 3e place.

La compétition se joue désormais à fond et confirme, après la spectaculaire édition 2005 en Allemagne, son succès sportif. Le brillant parcours des Yanks (tombeurs de l'Espagne et échouant de peu en finale) a apporté une touche franchement raffraichissante. A l'image de Bob Bradley, un coach issu du sérail universitaire, la principale puissance économique et démographique de la CONCACAF décolle enfin sur des bases saines. Le meilleur reste à venir, pour peu que la génération produite par les "soccer mums" des années Clinton s'épanouisse au sein de la MLS comme de la sélection nationale.

Comme d'habitude, les "petites" confédérations sont à l'honneur avec les USA en finale et l'AfSud sur la troisième marche du podium. La CONCACAF comptait déjà un vainqueur (le Mexique en 1999) et la CAF un finaliste (le Cameroun en 2003), tout comme l'AFC (Japon 2001) et même l'OFC (Australie 1997). Même la France a remporté le titre, c'est tout dire (les deux fois, Domenech s'occupait encore des espoirs).

C'est ce qui fait le charme du concept, justifie l'existence de la compétition, et tire vraiment le foot mondial vers le haut.

Et si on restera toujours loin de l'atmosphère particulière d'une Coupe du Monde, on s'en rapproche peu à peu.

footlog

2009.03.19

ECA : une Euro Super League 0% pur beurre

FF a sérieusement agité le landerneau en évoquant un nouveau projet de superligue européenne à trois étages par l'Association des Clubs Européens (ECA).

Sur le papier (ou plus vraisemblablement en projection Powerpoint), ce projet me semble une proposition de consultant peu au fait de la réalité du foot européen, et l'ECA devrait vite l'enterrer.

Car dans l'affaire, ce sont les plus ardents promoteurs d'une superligue à l'européenne qui risquent de se retrouver les premiers lésés.

Le systeme de relégation / promotion a du sens au niveau sportif, et c'est d'ailleurs ce qui fait le succès durable des championnats nationaux, mais il introduit la glorieuse incertitude du sport dans un modèle fondé sur sa destruction : toute la sécurité du modèle américain repose sur la garantie de participer à la ligue majeure chaque année, quoi qu'il advienne. Des mécaniques artificielles comme le salary cap ou les tours de draft ont été progressivement introduites pour éviter qu'une franchise domine trop longtemps ses adversaires (NB: les économistes noteront au passage qu'en sport comme ailleurs, le stade ultime du libéralisme s'avère souvent tout sauf libéral).

Si je suis un grand club, j'hésite avant de m'embarquer dans une telle galère, surtout quand je constate les limites des phases de poule en Ligue des Champions. Ici, j'ai tous les désavantages de la ligue fermée à l'américaine (ex risques de perte d'identité et d'aliénation de la base populaire) et tous ceux des championnats ouverts actuels (ex risque de relégation).

En fait, ce plan batard combine differents systèmes sans revendiquer une coherence ni une ligne claire.

On ne peut pas avoir a la fois le beurre, l’argent du beurre, la crémière, l’agent de la crémière, et comme sponsor la Parmalat.

2008.02.10

WPS - c'est comme si c'était fait

Le foot féminin pro est de retour aux States, avec un "assist" inattendu de Steve Nash, le passeur fou des Phoenix Suns.

La fin de l'hibernation

Fondée par 20 membres de la plus belle équipe américaine de tous les temps (avec à leur tête Michelle Akers et Mia Hamm) et renforcée par les plus grandes joueuses du moment dont la Française Marinette Pichon (à Philadelphie), la plus ambitieuse ligue pro féminine de l'histoire aura vécu entre deux coupes du monde trois saisons de rêve.

Mais ce succès sportif a eu un coût : la Women's United Soccer Association (WUSA) a disparu en 2003 après avoir perdu 100 millions de dollars. Les stars ont pris leur retraîte, sont retournées dans leur pays, ont participé à des match exhibition ou rejoint les ligues amateurs nord-américaines, mais toutes en conservant l'espoir d'une résurrection de la ligue (cf histoire du foot féminin aux USA).

Dès la faillite de la WUSA, une WSII (Women’s Soccer Initiative, Inc.) a été fondée dans cette perspective. Et en 2006, 6 équipes s'étaient déjà engagées pour une nouvelle ligue, montant en 2007 un véhicule ad hoc, la Women's Soccer, LLC. Le mois dernier, la future Women's Professional Soccer (WPS) a été annoncée avec un coup d'envoi à l'horizon avril 2009.

La WPS comptera 8 franchises dont 7 déjà pourvues, et elle compte bien retenir les leçons de l'échec de sa devancière, à l'instar de sa collègue masculine MLS avec la NASL de Pelé, Beckenbauer & Co (cf histoire du foot pro aux US).


Les facteurs clef du succès

- un casting de pros : après l'utopie WUSA et la quasi-autogestion par la génération en or de l'équipe nationale, place aux experts du sport-business et du business tout court. Outre l'entrée en force des investisseurs de la MLS, signalons l'arrivée de l'ancien PDG de Yahoo! Jeff Mallett. Cet ancien joueur de l'équipe nationale canadienne rejoint une ex-collègue de Yahoo! : après avoir participé à la fondation de la WSII, Tonya Antonucci assume aujourd'hui le poste de Commissaire de la WPS. A signaler également ce parrain prestigieux : Steve Nash, le MVP de la NBA des Phoenix Suns, investit lui aussi dans la nouvelle ligue. Se voit-il déjà à la tête d'une future franchise en Arizona ? Son père a joué en pro en Angleterre et en Afrique du Sud, et il est proche de Mallett : tous deux sont nés à Victoria, BC et cherchent depuis un moment à reprendre un club européen, de préférence en Angleterre.

- les synergies avec la MLS : le marketing de la WPS sera assuré par SUM (Soccer United Marketing), la structure de la ligue pro masculine. De nombreux acteurs clef seront présents sur les deux ligues pro, facilitant les synergies et au-delà la visibilité du soccer face aux sports majeurs. AEG, le propriétaire de la nouvelle équipe de Los Angeles, détient également plusieurs franchises MLS dont le LA Galaxy de Beckham. Le président de Saint Louis Soccer United (Jeff Cooper, du cabinet SimmonsCooper) cherche pour sa part à créer une nouvelle franchise MLS au même endroit, et à bâtir une enceinte de 18.500 places et un centre de formation mixte très ambitieux.

- ne pas vouloir tout tout de suite mais bâtir pour durer : c'est ce qui avait tué la NASL et la WUSA, c'est ce qui sauvera la MLS et la WPS. Cette dernière prend le temps de bien faire les choses : retarder le lancement à avril 2009 pour ne pas télescoper avec la coupe du monde de 2007 et les JO de 2008, profiter de la convention des entraîneurs pour optimiser l'effet d'annonce de la ligue en janvier 2008, et avancer prudemment et progressivement.

- capitaliser sur le passé et s'inscrire dans une histoire, même récente : L'équipe Washington Freedom, ultime championne WUSA en 2003 et victorieuse en 2007 dans la ligue amateur W-League, illustre parfaitement la continuité dans le succès. La renaissance du foot à Saint Louis, capitale historique du soccer, s'avère également assez symbolique. Enfin, comme un hommage à l'esprit de la WUSA, le logo de la WPS fait écho à la coiffure de Mia Hamm.


Les 8 équipes (7 à date) :

Des grandes villes, avec une dominante Côte Est, l'axe central Chicago - Saint Louis, et Los Angeles en tête de pont pour une éventuelle ruée vers l'Ouest.

3 équipes ont déjà trouvé leur nom :

. Le Washington Freedom - Fondé en 2001 et basé à Germantown, MD. Propriétaires : Hendricks Investment Holdings LLC, John Hendricks était propriétaire de Freedom Soccer LLC. Stade : Maryland SoccerPlex. En WUSA : le club de la superstar Mia Hamm a été finaliste en 2002 et champion en 2003. Evolue en W-League jusqu'en 2008 - champion en 2007. Site : washingtonfreedom.com )

. Les Boston Breakers - Fondé en 2001 et basé à Boston, MA. Propriétaires : Boston Women's Soccer LLC. Stade : Nickerson Field. En WUSA : premiers de la saison régulière en 2003, demi-finalistes. Site : bostonbreakers.com )

. Les Jersey Sky Blue - Fondé en 2006 et basé à Bedminster, NJ mais représente New York et New Jersey. Propriétaires : Sky Blue Women's Soccer, Inc. Stade : Rangers Stadium de l'université de Drew à confirmer. Site : skybluesoccer.com )

1 équipe a un nom temporaire :

. Chicago Pro Women's Soccer - Fondé en 2007 et basé à Bridgeview, IL. Propriétaires : Chicago Professional Women's Soccer LLC, avec Peter Wilt, un ancien dirigeant des Chicago Fire (MLS). Stade : Toyota Park - partenariat avec l'IWSL (Illinois Women's Soccer League) pour capitaliser sur le potentiel énorme de l'Etat et les 16000 joueuses de l'association. Site : chicagoprowomenssoccer.com)

3 équipes doivent encore trouver un nom et un contenu :

. Dallas (propriétaires : Sting Soccer Group LP, Jack Hanks et Brent Coralli)

. Los Angeles (propriétaires : AEG-LA Women's Soccer LLC)

. Saint Louis (propriétaires : Saint Louis United Soccer LLC - synergies attendues avec future franchise MLS et clubs partenaires de la région pour s'appuyer sur 4000 joueurs et joueuses)

1 place demeure disponible pour compléter la ligue à 8 équipes... avec Nash à sa tête ?


Pour en savoir plus :

- Le site de la WPS : womensprosoccer.com (en Anglais)

- WUSA, W-League, WPSL... l'histoire du foot féminin aux USA : http://footlogarchives.blogspot.com/2008/02/usa-foot-femi...

- Tout sur la MLS et l'histoire du foot pro aux USA : http://footlogarchives.blogspot.com/2008/02/mls.html

2007.08.12

Déjoue-la comme Beckham

Becks joue avec sa santé et avec les nerfs des promoteurs de la MLS. Pour quelques minutes de piges il aggrave sa blessure à la cheville et retarde son retour au haut niveau. Déjà incertain contre les New England Revs, il serait inspiré de laisser filer plusieurs semaines d'une saison de toute façon à oublier pour les L.A. Galaxy.

La MLS a moins besoin d'une star sur une patte dix minutes par match dix matchs de suite que d'un grand joueur au sommet de sa forme pendant 90 minutes, d'une oeuvre brillante dont les meilleurs morceaux passeront en boucle sur les petites lucarnes - histoire d'enlever les toiles d'araignées accumulées depuis la mort de la NASL.

Au lieu de cela, Mr Posh inflige aux médias US le non spectacle que la plupart attendent d'un match de soccer, et des conférences de presse plus déprimantes les unes que les autres. Et les téléphages gorgés de transfats de se gausser de ce sport de mauviettes : incapable de tenir un choc, la gravure de mode ! Vivement que le football le seul le vrai reprenne l'antenne !

Les joueurs moyens qui donnent le meilleur d'eux même chaque semaine dans l'anonymat de cette Ligue doivent l'avoir plutôt saumâtre...

 

2007.01.13

Beckham va-t-il declencher une greve ?

Sitôt annoncée, l'arrivée de David Beckham en Major League Soccer * pour un salaire extra-galactique fait déjà grincer les dents. Terry Cooke (Colorado Rapids) emploie carrément le terme de "disgrace" pour qualifier une distorsion de revenus il est vrai spectaculaire : à en croire l'AFP, Becks toucherait en deux heures plus que le SMIC annuel de la MLS (11.700 $).

En effet, à la différence des championnats européens, la MLS pratique un "salary cap". Et et à la différence des sports majeurs américains, le "salary cap" de la MLS culmine à un sommet ridicule (1.9M $ par équipe de 28 joueurs). Chaque club bénéficie toutefois d'une exception, et le LA Galaxy vient de s'en autoriser une assez notable en s'attirant les services du joueur anglais pour quelques 250 M$. En pleine SuperDraft, la nouvelle éclipse totalement la signature de Maurice Edu (Université de Maryland) pour la toute nouvelle franchise du FC Toronto.

Peut-être le soccer va-t-il devenir un sport majeur en connaissant sa première vraie grêve.

Je préfèrerais que ça se passe sur le terrain. Souhaitons à Mr Posh de faire progresser notre jeu de football plutôt que son jeu d'acteur.

A l'époque de Pelé, la Côte Est assurait le spectacle et les galactiques jouaient pour le New York Cosmos. Gerd Müller faisait la claque de buts pour Fort Lauderdale, FL et en NBA, les Boston Celtics prolongeaient dignement la décade prodigieuse de Red Auerbach. Aujourd'hui, la saison 2006 a couronné Houston (Houston Dynamo) devant Boston (New England Revolution), Chicago remportant l'US Cup par Chicago.

Mais le premier club américain de George Best, la première star mancunienne du foot pro nord-américain, était bel et bien Los Angeles (à cette époque pré-colombienne, les Los Angeles Aztecs). De plus, les LA Galaxy ont été finalistes de la dernière coupe et même remporté la MLS en 2005. Enfin, le club bénéficie d'un important bassin de supporters latinos et même coréens (Hong Myung-bo y a terminé MVP quand il y jouait). Alors pourquoi pas ?

Un autre beau David handicapé par un fort accent, David Ginola, a attendu la fin de sa carrière sportive pour se lancer, prendre des leçons d'acteurs et jouer la comédie. J'espère simplement que Becks ne signe pas à LA pour finir sa carrière sportive et  jouer la comédie.

 

* voir "Beckham des Galacticos au Galaxy ?" (20061201)

Egalement : tout sur la MLS, son histoire et le parcours de Youri Djorkaeff.

2006.12.01

Beckham des Galacticos au Galaxy ?

Becks pourrait bien se laisser séduire par le nouveau projet de Glazer* : terminer sa carrière en douceur chez les Los Angeles Galaxy. Idéal pour préparer une reconversion à Hollywood et en plus se habla couramment l'Anglais et l'Espagnol.

Excédé d'avoir Posh sous les yeux à se lamenter toute la sainte journée sur la ringardise de Madrid, David Beckham pourra enfin la scotcher à Beverly Hills où elle trouvera à qui parler kitch sur tous les tons (questions fringues et déco, y'a matière à construire un nouveau Beckingham palace dans la région....) et avec tous les thons (siliconés de préférence). Madame pourra parader sur Rodeo Drive sans se douter qu'où qu'elle aille, la ringardise ne la quittera de toute façon jamais d'un talon aiguille.

Pour revenir au jeu (au sens joueur, pas acteur), il suffit de revoir les images édifiantes de la dernière finale de la MLS** pour comprendre que Becks va se promener sur le terrain. Il ne croisera pas Youri Djorkaeff mais le fils Dalglish, qui n'a de commun avec son père que le roux des cheveux (et encore plus pour longtemps car il n'a même pas hérité de sa tignasse). Au niveau du jeu, le LAG propose donc un game lag en prime du jet lag.

A défaut de gagner quelque chose avec le Real Madrid, Monsieur Beckham devrait au moins gagner le match contre le Real Salt Lake.

Jet, set et match.

 

* pas Starsky (avec un S) mais le proprio de MU et des Tampa Bay Buccaneers (avec un Z comme dans beaucoup de Zéros au chéquier). Ce mécène inculte en soccer (à la différence de Lamar Hunt) envisagerait même de renommer le LA Galaxy "Manchester United" ! Un autre club de la ligue, le Club Deportivo Chivas USA, combine bien le nom des autres clubs détenus par son propriétaire (le Chivas de Guadalajara du Mexique et le Deportivo Saprissa du Costa Rica)... je suis sûr que les supporters des Red Devils vont adorer le parallèle...

** Houston, we have a problem... pour en savoir plus sur la MLS

2006.06.13

La Coupe s'élève

La journée d'hier a enfin apporté le piment qui manquait à cette belle compétition : le final d'Australie-Japon m'a comblé, la première grosse bourde d'arbitrage est finalement réparée et l'Italie s'est montrée conforme à son statut de grandissime favori (je maintiens même si ça ne me fait pas plaisir : ils seront champions du monde). Les stars répondent présent : l'Italie et la République Tchèque impressionnent, Nedved, Essien, Totti semblent dans le rythme et Hiddink soigne sa côte de popularité à Séoul en se frittant avec des officiels nippons (ne cherchez pas le contrepet).

A l'exception d'un Costa Rica hors de condition physique, ça joue plutôt bien jusqu'à présent. Les duels s'équilibrent globalement sur les plans techniques et physiques, la culture tactique faisant la différence et le plus petit dénominateur commun se situant à un niveau rarement vu dans un Mondial.

Ce soir, la France devra faire la décision rapidement puisque les deux principaux joueurs de rupture (Ribéry et Wiltord) entameront le match. Je n'ai pourtant pas trop d'inquiétude pour les Bleus au premier tour - c'est par la suite que leur moyenne d'age record (près de 30 ans) finira par les perdre. Quand je vous dis que cette Coupe du Monde ressemble à celle de 1986...

Et naturellement, j'attends avec impatience le match clef de ce Groupe G : la Corée du Sud doit impérativement déjouer les sortilèges qui semblent s'accumuler autour de cette rencontre. Et les deux équipes ont accepté de mettre un couvercle sur le chaudron de Francfort : les tests ont démontré que le toit permettait de diminuer la température de deux à trois degrés sans géner la circulation de l'air.

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Bons points : Pavel Nedved (CZE, très en jambes tout au long du match) - Eddie Johnson (USA - à l'image de son équipe : animée, fluide et honnête sans être brillante pour autant) - Luca Toni (ITA - décidément un joueur à part) - Michael Essien (GHA - énorme et magnifique - dommage qu'il n'ait cadré qu'un seul de ses six-sept tirs) - Tim Cahill (AUS - a rompu la monotonie des attaques australiennes et réparé l'injustice du but nippon) - Yoshikatsu Kawaguchi (JAP - à l'inverse de son équipe, ne méritait pas d'encaisser 3 buts).