2010.04.16

L'éternel retour

Et une finale de Coupe de France de plus pour le PSG, second club le plus titré après l'OM avec sept titres glanées depuis 1982 (1982, 1983, 1993, 1995, 1998, 2004, 2006), sans oublier les finales de 1985, 2003 et 2008, la première perdue contre son adversaire de 2010, l'AS Monaco.

Onze finales sur vingt neuf possibles, sans compter 4 finales de Coupe de la Ligue (vainqueur en 1995, 1998 et 2008, perdant en 2000) et 2 finales européennes (victoire en C2 1996, défaite en 1997)... depuis 1982, on ne cesse de s'émerveiller devant cette formidable équipe de Coupe dont les seuls vrais incidents de parcours restent en fait les titres de champion en 1985-86 et 1993-94. 

D'ailleurs, avec 5 finales sur 10, le club de la capitale aura archi-dominé la compétition pendant les années 2000, la pire décennie de son existence dans l'élite depuis ses premiers pas (années 70).

Mais cette constance du PSG reflète aussi l'inconstance des leaders de L1, et ce bien au-delà de la malédiction lyonnaise (le septuple champion ne finissant par triompher que l'année de son dernier titre) :

- en 2001, le podium de L1 est constitué de Nantes, Lyon et Lille. En CF, Strasbourg (18e et rélégué) bat Amiens (L2)
- 2002 L1 Lyon, Lens, Auxerre. CF : Lorient (18e et relégué) bat Bastia (11e)
- 2003 L1 Lyon, Monaco, Marseille. CF : Auxerre (6e) bat PSG (11e)
- 2004 L1 Lyon, PSG, Monaco. CF : PSG (2e) bat Chateauroux (L2)
- 2005 L1 Lyon, Lille, Monaco. CF : Auxerre (8e) bat Sedan (L2)
- 2006 L1 Lyon, Bordeaux, Lille. CF : PSG (9e) bat OM (5e)
- 2007 L1 Lyon, Marseille, Toulouse. CF : Sochaux (7e) bat OM (2e)
- 2008 L1 Lyon, Bordeaux, Marseille. CF : LYON (1er) bat PSG (16e)
- 2009 L1 Bordeaux, Marseille, Lyon. CF : Guingamp (L2) bat Rennes (7e)

Sur 18 finalistes, seuls 3 ont terminé sur le podium de L1, et 4 dans le top 5. Autant que les pensionnaires de L2 (4), auquels il convient d'ajouter 2 relégués en fin de saison. Le gros du contingeant n'avait rien à espérer ni à craindre en championnat au moment de jouer la finale.

En 2010, le podium de L1 se jouera entre Marseille, Lyon, Auxerre, Bordeaux, Montpellier et Lille. Monaco aura du mal à recoller à ce top 6, et le PSG à ratrapper Monaco. Mathématiquement sauvés, les deux clubs ne devraient pas non plus glisser au-delà de la 14e place. Nous finirons donc ces années 2000 sur le scénario standard, avec deux finalistes médiocres en championnat.

La comparaison avec les années 90, ou plutôt avant l'arrêt Bosman, est très spectaculaire :

- 1991 L1 : OM, Monaco, Auxerre. CF: Monaco (2e) bat OM (1er)
- 1992 L1 : OM, Monaco, PSG. CF (finale non-jouée en raison de la catastrophe de Furiani) : Monaco (2e) vs Bastia (D2) ou OM (1er)
- 1993 L1 (titre non attribué) : OM, PSG, Monaco. CF: PSG (1er / 2e) bat Nantes (5e)
- 1994 L1 : PSG, OM, Auxerre. CF: Auxerre (3e) bat Montpellier (7e)
- 1995 L1 : Nantes, Lyon, PSG. CF: PSG (3e) bat Strasbourg (10e)
- 1996 L1 : Auxerre, PSG, Monaco. CF: Auxerre (1er) bat Nimes (National)
- 1997 L1 : Monaco, PSG, Nantes. CF: Nice (20e et relégué) bat Guingamp (12e)
- 1998 L1 : Lens, Metz, Monaco. CF: PSG (8e) bat Lens (1er)
- 1999 L1 : Bordeaux, Marseille, Lyon. CF: Nantes (7e) bat Sedan (L2)
- 2000 L1 : Monaco, PSG, Lyon. CF: Nantes (12e) bat Calais (CFA)

La Coupe de France est un peu devenue notre Europa League nationale, la consolation des seconds couteaux barrés par les cadors de Champions League. Et cette année plus que jamais : les cadors de L1 ont vraiment tenu la rampe au sommet de l'Europe.

Une chose est certaine : cette année, quel que soit le vainqueur, on n'assistera pas à un déferlement de joie populaire comparable à l'après victoire en Coupe de la Ligue à Marseille. Dommage pour la doyenne de nos compétitions, à laquelle on souhaite une meilleure décennie 2010.

footlog 2010

2009.08.09

La Statue du Commandeur

Sans Karim Benzema mais avec Lucho Gonzalez, Christian Gourcuff, Eden Hazard, Michel Bastos, Stéphane Sessègnon et sans doute plein de nouveaux talents prêts à exploser, la L1 a frappé les trois coups de la saison 2009-2010.

Trois coups comme les trois buts de Rennes, premier leader sous la houlette de Frédéric Antonetti.

Je ne veux pas porter la scoumoune à François Pinault mais je crois que d'où il est (voir "Le Chevalier Blanc"), Robert Louis Dreyfus a plus de chance de ramener le titre à la fin de la foire où comme le rappelle Guy Roux, on compte les bouses. En la matière, Boulogne-sur-Mer et Grenoble (adversaires malheureux de Rennes et l'OM) ont ouvert leur compteur (du pied gauche, ça porte bonheur), et pointent déjà en pole pour la relégation.

Je vois le championnat plié bien avant la 38e journée, l'AS Monaco de Guy Lacombe terminer nettement plus haut que le Rennes d'Antonetti, l'OL de Puel mieux résister au calendrier infernal L1-C1 que le Bordeaux de Blanc, et le PSG de Kombouaré pratiquer un jeu encore plus offensif que celui de Le Guen. 

Enfin... tout ceci n'a que peu d'importance par rapport aux grosses échéances du printemps prochain : la France sera-t-elle présente au double rendez-vous Coupe du Monde 2010 et Euro 2016 ?

A la fin de la saison, on saura si la fabuleuse génération 1987 aura une chance de s'épanouir sous un ciel bleu : bleu comme le maillot de l'équipe nationale, bleu comme les livres de comptes des clubs de L1 s'ils se dotent d'outils capables de les aider à retenir les meilleurs joueurs français au sommet de leur forme (pour peu que les stades soient livrés à l'horizon 2014-2016, les Benzema & co pourront y évoluer entre leurs 27e et 29e années).

footlog

2009.06.07

Lee Keun-ho au PSG

Le club de la Capitale reviendrait à la charge pour signer l'attaquant coréen Lee Geun-ho (Lee Keun-ho) et en "qualité" de supporter du PSG, je m'en réjouis.

Lee est un bon joueur, mais j'aurais surtout plus souvent l'occasion de suivre le club de mon coeur (ou plutôt de mon pacemaker) se ridiculiser en direct sur les écrans sud-coréens. Moins côté qu'un Park Ji-sung et même qu'un Park Chu-young, cet attaquant viendrait renforcer l'intérêt des médias locaux pour la Ligue 1, et pousser le diffuseur actuel à passer en boucle d'autres images que celles de l'AS Monaco*.

Si la Premier League lorgne depuis un moment sur le numéro 10 de la Principauté, on se presse moins au portillon pour l'ex attaquant du Jubilo Iwata. D'ailleurs, de guerre lasse, celui-ci a récemment resigné avec le club japonais après des mois d'essais infructueux en Europe.

Le PSG revient à la charge parce que Lee ne coûte pas trop cher et peut rapporter gros... et pas seulement pour les produits dérivés sangerminois en Asie. Aux qualités habituelles des joueurs coréens (sérieux, persistance dans l'effort, vivacité, sens du collectif), il ajoute une efficacité rare. Sa faim de jeu de ressent dans ses stats, impressionnantes depuis son retour au Japon.

A son habitude, Paris se réveille sans doute trop tard, et peut-être pour de mauvaises raisons (contraintes budgétaires). La cote du joueur a logiquement remonté, et je ne suis pas certain que pour les transferts, la charnière Alain Roche - Antoine Kombouaré fonctionne nécessairement mieux que la charnière Alain Roche - Paul Le Guen. Au moins le Néo-Calédonien a-t-il l'habitude de composer avec des ressources limitées.

Parmi les autres options : un talent national confirmé (Kevin Gameiro, le pendant idéal à Ludovic Giuli), ou une seconde chance offerte à un étranger déjà en L1 (ex attirer Mevlut Erding, réveiller Mateja Kezman).

footlog

 

* "Merci Park Chu-young" d'avoir ouvert la voie.

2008.05.12

Motivés

Francis Gillot et Antoine Kombouaré ont sauvé leurs clubs respectifs de la relégation et n'ont plus rien à craindre pour la dernière journée.

Si ce n'est de voir le club de leur coeur rétrogradé en Ligue 2.

Et dans cette perspective, l'un comme l'autre ont un rôle essentiel à jouer : le Sochaux de Gillot pourrait faire le jeu de Lens face à Paris, et le Valenciennes de Kombouaré le jeu du PSG face à Toulouse.

Toulouse comme Paris espèrent de leur côté que Lyon ne tuera pas trop rapidement le suspense à Auxerre histoire de démotiver les Bordelais à Bollaert.

Reste le cas épineux des joueurs du PSG. A l'heure de livrer le match le plus important de l'histoire du club ces grands garçons sauront-ils trouver la motivation ailleurs que dans une vulgaire, sonnante et trébuchante prime ?

Vulgaire, on sait faire - demandez aux Ch'tis ce qu'ils pensent des banderoles maison.

Sonnant, on connait aussi - demandez à Colony Capital ce qu'il pense de son retour sur investissement dans le troisième budget de Ligue 1.

Trébuchant, on n'est pas non plus en terre inconnue - demandez à Ceara ce qu'il pense de sa note artistique contre Caen.

Motivés, les joueurs du PSG le seront pour le Grand Match - celui qui sera retransmis en direct sur une chaîne gratuite, celui qui donnera droit en cas de victoire à une ligne de plus au palmarès, cette finale de Coupe de France qui facilitera plus certainement leur transfert hors de cet enfer qu'un matchounet tristounet décidant du maintien du doyen de L1 l'année du retour du doyen des clubs français en L1.

A propos...

Un Parisien motivé par le maintien, ça existe. Il paraît que Guillaume Hoareau a bien dormi samedi soir. On lui souhaite d'en faire autant samedi 17 mai.

2008.03.22

LFP - les droits à l'étranger

J'espère que la LFP de Frédéric Thiriez défendra mieux les droits à l'étranger de la Ligue 1 que les droits des étrangers en Ligue 1, ou plus exactement les droits des victimes, étrangères ou non, du racisme dans les stades français : quand on récolte 668 millions d'euros par an pour améliorer le foot pro du pays, on peut probablement faire mieux qu'imprimer quelques T-shirts "Plus jamais ça"...

Thiriez récoltera d'ailleurs plus que ces 668 millions, puisqu'ils ne tiennent pas compte des fameux droits internationaux. Et je ne serais pas surpris que les 4 candidats déclarés mettent plus sur la table que les 10 millions attendus : IMG ne se battra probablement pas à mort pour conserver son exclusivité et l'on peut déplorer l'absence de nouveaux visages parmi les prétendants, mais entre Vivendi (Canal + Event), Lagardère (Sportfive) et TF1 (Eurosport), il peut vraiment y avoir du lourd.

Indépendamment du montant perçu par la Ligue, je suivrai de près la promotion du foot français sur les écrans internationaux. Les Français se plaignent de ne pouvoir suivre le championnat sans débourser un abonnement à Orange ou Canal, mais en-dehors de la Françafrique la Ligue 1 s'avère proprement invisible. Surtout après les déboires de TV5.

C'est le moment ou jamais de changer de dimension et de privilégier le dossier qui fera enfin rayonner les clubs français au niveau global.

Au passage s'il vous plait, ça serait gentil de diffuser un peu de Ligue 1 en Corée du Sud. J'adore la K-League et le championnat universitaire, et je peux toujours regarder par la fenêtre mes voisins de la Korean Football Association tapotant une balle de golf au sommet du siège de la KFA... mais j'aimerais bien voir un peu de futchebol à la française.

De préférence avant que le PSG ne rejoigne Carquefou quelque part entre la L2 et le CFA2.

2008.01.09

La Ligue de 5 à 7

L'IFFHS (International Federation of Football History and Statistics) ne se contente pas de porter un nom abscons ; elle pond également des classements aussi essentiels que celui des meilleurs gardiens-buteurs ou aussi farfelus que celui des meilleurs championnats nationaux.

Ce dernier détermine scientifiquement une note à la décimale près en prenant en compte les performances des représentants en compétitions internationales. Ne me demandez pas pourquoi la prestigieuse S-League de Singapour, absente de l'AFC Champions League, figure 15 places devant la K-League de Corée du Sud, demi-finaliste avec Seongnam, mais sachez tout de même que la Ligue 1 chère à Frédéric Thiriez (et encore plus chère à Canal+) a perdu deux places entre 2004 et 2007.

Le quator de tête n'a pas changé. Tout juste l'Angleterre a-t-elle remplacé l'Espagne au sommet, à la faveur de son triplé stérile en demi-finales de la Champions League - le Brésil a rejoint à égalité l'Italie sur la troisième marche du podium.

La France, 5e en 2004 grâce aux deux finales de Monaco et Marseille, se voit passer devant par l'Argentine et l'Allemagne. Et accessoirement marcher dessus par l'AS Roma en huitièmes.

Il faudrait songer à revoir notre compétitivité. Et faute de pouvoir curer le malade, on peut commencer par changer le thermomètre. Demandons par exemple à l'IFFHS de nous pondre un Indice UEFFHSA qui garantisse à nos clubs de bons tirages jusqu'en finale. Mais de vrais bons tirages, pas des clubs suisses décidément trop forts pour nos représentants en C3, ni des clubs écossais, pas bons à prendre ces temps-ci. On évitera les équipes luxembourgeoises, trop proches de Metz pour nous porter la scoumoune. Et aussi tant qu'à faire, ces fameuses terreurs de Singapour - on ne sait jamais, au rythme auquel l'Europe s'élargit...

On pourrait aussi revoir notre façon de vendre le produit. Remplacer ce 1 par un "Premier" plus noble et plus clâssieux, pour commencer. Et pis League, ça fait plus moderne que Ligue, non ? On pourrait aussi inviter des clubs anglais pour relever le niveau de notre championnat - ça c'est déjà vu au niveau des arbitres, pourquoi pas pousser le bouchon plus loin, les Lyonnais, ils aiment bien les bouchons, je crois d'ailleurs. Et pour résoudre la distorsion concurrentielle sur les niveaux de taxation on autoriserait nos clubs à se délocaliser outre-manche. On pourrait alors inviter Rupert Murdoch à l'appel d'offres pour les droits TV...

Un minimum de bon sens permettrait à notre Premier League de ravir sa place à l'actuel numéro 1. Il suffit d'y croire.

ça urge : la France est talonnée par le Mexique.

2007.12.12

Rayon de soleil

Retour sur le geste technique du Brésilien Ceará face à Caen.

1er décembre 2007, 75e minute du match PSG-Caen. Marcos Venâncio de Albuquerque Ceará improvise un dribble défensif face au caennais Nicolas Florentin. Son extérieur du pied se scotche contre le ballon et le joueur réalise presque sans élan un soleil parfait dans la nuit parisienne. Sans même prendre le temps d'admirer la figure, l'attaquant adverse récupère le cuir et s'en va crucifier Landreau, enfonçant par là-même le club de la capitale dans la zone de relégation.

Ne nous y trompons pas, il s'agit ici d'un geste fondateur. Bien sûr, on savait déjà les footballeurs brésiliens artistes, mais ici... "La Ceará" élève la "toile" au rang de spectacle vivant aux dimensions inédites. Bien sûr, le basculement improbable d'un sangerminois hirsute évoque l'envolée mythique de Charles-Edouard Coridon face à Porto (le but é-talon d'un grand dadais coiffé à l'électricité statique), mais ici... Ce happening hors norme devant quarante mille témoins ébahis relève de la performance gratuite, du don total, encore plus abouti que le but contre le camp.

La figure invite à la réflexion, à la poursuite du mouvement. Si l'on peut regretter que Florentin n'ait pas fait fructifier l'offrande par l'équivalent footballistique du dunk ennebiéen, son but ouvre et clôt le score d'un match par ailleurs insipide, le contractant aussitôt à ce moment de grâce, à ce fait de jeu génial ou le tragique fusionne avec le comique, où tout ce qui fait la magie du club parisien rejaillit comme dans le bouquet final d'un magistral spectacle pyrotechnique.

Brusquement, tout devient secondaire. Plus question de se retourner contre le calendrier, la chance de l'adversaire, la météo, la complaisance de l'arbitre, la compétence de l'entraîneur, la faiblesse du président, l'impatience des supporters... non, ici, l'art parle de lui-même, le Paris Saint Germain accède à une nouvelle dimension au-delà du bien et du mal, et le soleil de Ceará bouleverse tout ce que l'on savait du cosmos (au sens fort, bien au-delà du Bronx) et des trous noirs (au sens fort, bien au-delà de la crisounette annuelle du club).

Le PSG nouveau n'a plus de stars ; il a une supernova.

2007.07.30

A l'eau claire

Après le Tour de France, France Télévisions prend en main la Ligue 1 et la Ligue 2. De quoi soulever quelques questions :

Lance Armstrong - Lyon va-t-il conquérir un septième titre consécutif ?

Guy Roux va-t-il remporter son contre-la-montre face à la Camarde ?

Le Paris Saint Germain va-t-il rester en Ligue 1 à l'insu de son plein gré ?

Rolland Courbis et Louis Nicollin vont-ils prendre l'ascenseur de la Ligue 1 sans le mettre en surcharge ? 

Sainté va-t-il faire honneur au maillot vert, Nantes au maillot jaune, Auxerre au maillot appoignien ?

Canal + va-t-il boycotter la diffusion de la compétition si Frédéric Thiriez pratique une transfusion de moyens de production entre deux appels d'offre ?

Denis Balbir va-t-il redresser l'audience de France 2 sans avoir recours au dopage ?

Alexandre Ruiz va-t-il tenir toute la saison sans avoir recours au rasage ?

Qui va racheter l'équipe TF1 ?

2007.06.05

Guy Roux, le syndrôme Barthez

L'avenir du RC Lens passe désormais par un retraîté de 68 ans né à Colmar et déraciné de son Yonne républicaine depuis un peu plus de deux ans. Ecumer les plateaux de télé et de petits fours, ça va un moment... mais rien ne veau le plateau des vaches et l'herbe tendre des gazons de Ligue 1.

Guy Roux chausse donc joyeusement les sabots jadis portés par un Druide, sans se douter qu'il descend au fond de la mine. Sa verte campagne, il ne l'apercevra qu'une ou deux fois par an, pour voter à Appoigny ou apporter des oranges à Jean Fernandez.

Le Vieux parviendra sans doute à relever le club sang et or meurtri par une fin de saison épouvantable et fort, lui aussi, d'une glorieuse histoire aux accents polonais et africains. Mais pourquoi tout risquer et se mettre Martel en tête ? Sans même attendre les cinq ans de latence avant son procès en canonisation (Santo Subito ? signez-moi plutôt le milieu offensif de Sochaux et fissa, président)...

A croire que Guy Roux ne vit que pour entraîner. En fait, c'est lui-même qu'il entraîne avant toute chose. Comme une bête de somme, Le Roux a besoin de sentir le soc le coller à la terre pour se persuader qu'il existe, qu'il a une utilité. Sortez-le du champ et Le Roux s'étiole, s'endort au volant d'un 0-0 de bas étage (Canal+ a bien essayé de lui réserver la tranche horaire de 17h, mais les journalistes s'époumonnent en vain pour couvrir ses ronflements).

Guy Roux ne sera même pas l'entraîneur du RC Lens : ce Chablis hors d'âge devra laisser un plus jeune présenter un diplôme DEPF en règle. Lui, l'infatiguable passionaria de l'UNECATEF, pourfendeur des parachutés de tous poils !

M'en fiche. Je veux continuer à labourer jusqu'à la mort. Tracer mon sillon, faire jaillir de nouvelles pousses...

Peut-être le vert de trop.

2007.05.20

Ligue 1 2006-2007 bientôt en conserve

Pauleta va peut-être conserver sa couronne de meilleur buteur de L1. Avec un total digne du Calcio pré-platinien.

Lyon va peut-être conserver son entraîneur et son ossature pour une passe de 7. Avec pour seul objectif de susciter plus d'amour. Même le Bordeaux de Jacquet, Giresse, Tigana & Co a échoué en dépit d'une demi-finale continentale.

L'OM va peut-être conserver son Ribery et son Cissé, et pourquoi pas son Emon et son RLD. Avec une certitude : certainement pas tous à la fois.

Strasbourg va peut-être conserver son JPP. Avec si possible son premier dirigeant non autodestructif depuis des lustres.

Sedan va conserver son José Pasqualetti et on est content pour les deux parties comme pour l'esprit du jeu.

Mais le ton pour les années à venir dépend du résultat d'un match qui ne se jouera qu'en cours de saison prochaine : le Clasico LFP - Canal+. Pas sûr que le premier employeur de VIP footballistiques de France conserve son calme.

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