Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2013.01.08

Messi IV

Ce Cristiano Ronaldo, qui a produit une année démente, marquant à tout va et contribuant grandement au net triomphe madrilène face à l'ogre barcelonais dans le championnat le plus spectaculaire du monde, ce CR7-là n'a pas eu l'ombre d'une chance face à un Lionel Messi couronné sans surprise Ballon d'Or FIFA France Football pour la quatrième année consécutive.

A seulement 25 ans, un age auquel Marco Van Basten n'en avait glané "que" deux. Michel Platini, au milieu de son séjour stéphanois, était encore à trois ans de remporter son premier. Plus précoce, Johann Cruyff n'avait que deux saisons à patienter. Et en plus, ces trois monstres n'avaient, à l'époque, pas à affronter les Sud-Américains ou Africains d'Europe... Effrayant.

Lionel Messi a d'ores et déjà écarté tous les plus grands sauf Pelé et Maradona, et il sait ce qu'il lui reste à faire: remporter la Coupe du Monde, et le plus tôt possible.

Côté entraîneurs, le trio Vincente del Bosque - Jose Mourinho - Pep Guardiola confirme le podium Messi - Ronaldo - Iniesta: chez les garçons, c'est en Espagne que ca se passe, même quand on a le passeport portugais, argentin, ou Colombien (Xavi, Falcao, et Casillas suivent au classement). Chez les filles, les States placent la meilleure joueuse (Abby Wambach) et le meilleur entraîneur (Pia Sundhage).

Beau départ pour 2013.

footlog 2013

Nouveau: rejoignez footlog sur Twitter (@footlogbis)

Bookmark and Share

2012.10.30

Ballon d'Or 2012 - Les 23 Nominés

Les champions d'europe espagnols placent logiquement 7 candidats au Ballon d'Or France Football FIFA, mais le titre ne devrait pas échapper à Lionel Messi, encore plus monstrueux que l'an dernier, même s'il a glané moins de titres. L'Argentin a enfin pris du volume en sélection, et battu tous ses records de buts.

Cristiano Ronaldo présente le même profil, mais un ton en-dessous (tout devient relatif avec la Puce). S'il n'a pas été toujours brillant à l'Euro, il y a tout de même marqué des points, comme le grand Zlatan d'ailleurs, enfin reconnu comme l'un des tous grands depuis qu'il a débarqué dans un "petit" club. Zlatan n'a pas autant marqué que Ronaldo, mais ses stats pèsent lourd sur le plus délicat Calcio. Et il porte sa sélection de façon presque plus éclatante.

Difficile d'écarter les Espagnols du podium, mais cette année comme les précédentes, ils risquent de se partager les votes. Iker Casillas mériterait une médaille pour sa carrière, tant pis pour le duo Xavi-Iniesta.

Mon pronostic: Messi, Cristiano Ronaldo, Casillas, Xavi, Ibrahimovic.


1. Sergio Agüero 2. Mario Balotelli 3. Karim Benzema 4. Gianluigi Buffon 5. Sergio Busquets 6. Iker Casillas 7. Didier Drogba 8. Radamel Falcao 9. Zlatan Ibrahimovic 10. Andrés Iniesta 11. Lionel Messi 12. Manuel Neuer 13. Neymar 14. Mesut Özil 15. Gérard Piqué 16. Andrea Pirlo 17. Sergio Ramos 18. Cristiano Ronaldo 19. Wayne Rooney 20. Yaya Touré 21. Robin van Persie 22. Xabi Alonso 23. Xavi Hernandez

2012.07.02

Au revoir les enfants

Vicente del Bosque ne pouvait plus faire entrer des joueurs pour participer à la fête? Qu'à cela ne tienne: ses joueurs ont fait entrer leurs propres enfants, Fernando Torres en tête. Un par but marqué dans la compétition. Même Buffon a esquissé un sourire devant la scène. Mario Balotelli et Andrea Pirlo resteront inconsolables.

Xavi, Iniesta, ou Casillas continuent leur incroyable moisson. Xavi Hernandez accuse plus de 32 ans et Iker 31, mais ce dernier semble parti pour rejoindre Zoff. Andres Iniesta? A peine 28 balais. Fabregas, 25 ans et déjà taulier, peut l'accompagner jusqu'au bout, et Mata (24 piges) assurer le relais au milieu.

Pourtant, je voyais bien l'Italie battre l'Espagne, mais non. Cette finale d'Euro 2012 a un air de revanche sur le Milan AC - Barcelone de 1994: un 4-0 sans appel.

Le Milan attendra 9 ans sa couronne suivante, le Barca 12 ans.

Encore un peu jeune pour les Torres Juniors.

footlog 2012

Nouveau: rejoignez footlog sur Twitter (@footlogbis)

2012.06.20

Fauchés comme des lapins en plein vol

A la minute de silence en mémoire de Thierry Roland*, l'équipe de France a ajouté 90 minutes d'indigence, concédant logiquement la défaite face à une bien terne équipe de Suède. Merci aux Anglais pour nous avoir sauvé la mise, merci à Zlatan Ibrahimovic et à Hugo Lloris pour nous avoir sauvé le match.

J'étais prêt à voir les Bleus quitter la compétition en passant à travers de cette rencontre (voir "Plus Bleus que jaunes"), je prendrai donc comme un agréable bonus leur prochain match contre l'Espagne. Sans la pression d'une trop longue série d'invincibilité, et sans la pression d'un melon décidément collé au crâne du talentueux Hatem Ben Arfa.

Coupable d'un coaching franchement médiocre (au lieu de laisser les Suédois revenir dans la partie, il fallait naturellement sortir Hatem bien plus tôt, et envoyer Olivier Giroud soulager Karim Benzéma face aux perches du Nils), Laurent Blanc devrait paradoxalement avoir les coudées plus franches pour le gros choc. Il y aura des opportunités pour les attaquants, et la bataille du milieu pourrait être plus serrée qu'attendu, mais la défense risque de souffrir, surtout privée de Philippe Mexès.

En tout cas, cet Euro reste très ouvert, et les quarts s'annoncent passionnants: CZE-POR, ESP-FRA, DEU-GRE, ENG-ITA. A surveiller: le vainqueur d'Angleterre-Italie.

footlog 2012

Nouveau: rejoignez footlog sur Twitter (@footlogbis)

* Thierry Roland auquel je dédie ce titre. Du plus franchouillard des commentateurs sportifs (chauvin, sexiste et raciste) je retiendrai la passion pour le jeu et ses joueurs (indéniable), et le rire (aussi inimitable et désarmant que le crochet de Garrincha)

 

2012.06.16

Plus Bleus que jaunes

Face à l'Ukraine, la France vient de signer sa victoire en premier tour de compétition majeure la plus convaincante depuis l'Euro 2000, et les poussins de la génération 1987 d'emmagaziner un paquet de confiance pour la suite.

Quoi qu'il advienne, cet Euro 2012 sera un succès. Même si les Bleus se font laminer par l'Espagne, la Croatie ou pourquoi pas l'Italie en quarts. Même si, pire encore, ils s'effondrent face à la Suède, laissant celle-ci lui griller la politesse en compagnie de l'Angleterre.

Cette France joue au football, construit du jeu, trace sa route. Ses électrons libres ne se contentent pas de briller mais s'avèrent décisifs: après Nasri, c'est au tour de Menez de planter. Cabaye confirme la bonne santé offensive du milieu, et si les attaquants ne marquent pas encore, Benzema a délivré deux passes décisives. La défense n'a pas craqué, et la série d'invincibilité continue.

Cette victoire ne sera probablement pas sans lendemain, et constitue un jalon essentiel pour l'avenir. Le fossé avec l'Espagne commence à se réduire sérieusement. De très bon augure avant l'Euro 2016 à la maison, les qualifs 2014 face à la Rioja, et les prochains gros poissons à titiller dans cette très ouverte compétition.

footlog 2012

Nouveau: rejoignez footlog sur Twitter (@footlogbis)

2012.06.11

Les Trois Souris Qui Rugissaient

Je me souviens de la une de France Football avant le premier match des Bleus à la Coupe du Monde 1982: "Messieurs les Anglais, tirez les premiers". Bryan Robson avait poliment RSVP en crucifiant Ettori d'un coup de tête après à peine 27 secondes.

Cette fois-ci, The Sun l'a joué moins fair play en projetant la croix de Saint George sur la Tour Eiffel et l'Arc de Triomphe la veille du France Angleterre de l'Euro 2012*. Une victoire certes, mais de nuit et en l'absence d'opposition, rien à voir avec la très glamour invasion de New York par l'armée du Duché du Grand Fenwick dans "La Souris qui rugissait", un chef d'oeuvre réalisé à une époque bénie où les Anglais ne pouvaient pas encore nous narguer avec 1966, et où la France plaçait même plus de clubs en finale de Coupe des Champions (un - zéro).

Avec son pitoyable débarquement de juin 2012, le torchon murdochien veut donc nous faire passer son erzatz de souris pour les trois lions de la sélection et de fait l'Angleterre a les moyens de faire parler la poudre. Tout dépendra des défenses et sur le papier, celle des Bleus a tout de même un poil de gueule: d'un côté Lloris, Debuchy, Rami, Mexès, Evra, de l'autre Joe Hart... j'arrêterai là par charité.

Complété par Cabaye, Alou Diarra, Malouda, Nasri, Ribéry et Benzema, le onze de Blanc tient relativement bien la route et me rappelle un peu la cuvée 1996. Il ne connaitra vraisemblablement pas la même réussite (un bon Euro suivi d'un triomphe mondial et d'un autre continental), mais on peut recommencer à rêver.

Allez. Une petite victoire des Bleus ce soir combinée à un petit nul entre Ukrainiens et Suédois, et je serai prêt à passer l'éponge sur la blague de potache du Sun.
 

footlog 2012

Nouveau: rejoignez footlog sur Twitter (@footlogbis)

* "Show 'em no merci - We beam flag on Eiffel Tower for 3 Lions"

2012.05.16

Les 26 de Laurent Blanc pour l'Euro 2012

Laurent Blanc a complété sa liste des pré-sélectionnés pour l'Euro 2012 (26 noms dont seulement 23 feront le voyage):

Gardiens: Cédric Carrasso (Bordeaux), Hugo Lloris (Lyon), Stève Mandanda (Marseille)
Défenseurs: Gaël Clichy (Manchester City), Mathieu Debuchy (Lille), Patrice Evra (Manchester United), Laurent Koscielny (Arsenal), Philippe Mexes (Milan AC), Adil Rami (Valence), Anthony Reveillere (Lyon), Mapou Yanga-Mbiwa (Montpellier)
Milieux: Yohan Cabaye (Newcastle), Alou Diarra (Marseille), Yoann Gourcuff (Lyon), Yann M'Vila (Rennes), Florent Malouda (Chelsea), Marvin Martin (Sochaux), Blaise Matuidi (PSG), Samir Nasri (Manchester City)
Attaquants: Hatem Ben Arfa (Newcastle), Karim Benzema (Real Madrid), Olivier Giroud (Montpellier), Jérémy Menez (PSG), Loïc Rémy (Marseille), Franck Ribery (Bayern Munchen), Mathieu Valbuena (Marseille)

Premier enseignement: avec 15 membres, la Ligue 1 marque son retour en force. Le message du Président est bien passé. 100% des gardiens c'est normal, 57% des attaquants ça doit faire un bail. Avec 7 représentants, l'Angleterre conserve ses rivaux à distance.

Deuxième remarque: Blanc la joue très conservateur. Et quitte à lancer un petit jeune, il préfère le solide Mapou Yanga-Mbiwa (23 ans, une grosse trentaine de matchs cette saison) au brillant Raphaël Varane (19 ans, une quinzaine de matchs cette saison). Peu d'absents de marque (Mamadou Sakho?).

Troisième remarque: la complémentarité et l'expérience du groupe jouent autant que la forme du moment. Ni Gourcuff ni les Marseillais ne sont à ce stade pénalisés.

Une chose est sûre: la génération 1987 a enfin l'occasion de montrer ce qu'elle vaut au meilleur niveau. L'objectif ne sera pas de gagner le trophée, mais de bien figurer et si possible de démarrer les éliminatoires de la Coupe du Monde 2014 avec une meilleure dynamique que la vieillissante Espagne.

Un échec au premier tour face au Danemark, la République Tchèque, et l'Irlande, scellerait vite la question. Un quart de finale pour un quart de siècle, ce ne serait pas trop demander à la bande à Nasri.

footlog 2012

Nouveau: rejoignez footlog sur Twitter (@footlogbis)

2010.11.28

Pep v. The Special One - Chocs et Classiques

Barca-Real ? Par définition, le sommet de la Liga. Ajoutez pour cette édition un contexte euphorique (la sélection sur le toît de l'Europe et du monde) et quelques duels d'anthologie (Messi-CR7, Guardiola-Mourinho), sans oublier bien sûr le Ballon d'Or 2010 (probablement sur le terrain et pourquoi pas sous les traits du premier nommé)... voilà de quoi mettre en appétit tous les amateurs de football, et renvoyer au vestiaire les sempiternels relents de Guerre d'Espagne.

Si la Ligue des Champions nous offre désormais de façon quasi aussi récurente des sommets entre les habituels géants européens, ces affiches ne peuvent jamais avoir la même saveur qu'un bon clasico des familles. Au niveau européen, on a plutôt l'impression de voir des marques s'affronter, des franchises.

Il s'agit pourtant des mêmes clubs. Mais Barca-Real en Liga ou Arsenal-Tottenham en Premier League, ça relève de l'intemporel.

C'est la différence entre un choc et un classique : le choc est un objet médiatique d'apparence sportive, le classique un événement culturel à objet sportif. 

footlog 2010

2010.07.12

YESpaña

Il était temps que cette Coupe du Monde se termine. Comme en 1994, le nom du vainqueur ratrappe un peu la médiocrité générale mais cette fois-ci, au moins, ça se termine avec un but. Un joli but marqué par deux beaux joueurs : passe de Fabregas, contrôle et frappe d'Iniesta. 1-0 pour la Roja et 0-3 pour les Oranje en finale. Johan Cruyff gagnant à tous les coups.

Je suis content pour les joueurs et le sélectionneur, qui méritent ce titre, mais cette Espagne ne m'a pas vraiment convaincu. En fait, son plus beau match était la défaite d'entrée contre la Suisse : une oeuvre romantique portée par l'amour du jeu, aussi belle que suicidaire, dans la grande tradition brésilienne des années 80. Le reste du temps ? Un petit quart d'heure de jeu par match et un but à la clef, cinq quarts d'heure pendant lesquels 9 joueurs regardent Xavi et Iniesta enchaîner les passes courtes sans se soucier de bouger pour proposer des solutions. A part David Villa, bien sûr, mais aujourd'hui le héros était trop carbo pour planter son pion. On se retrouve donc avec un classement des buteurs (in)digne de l'édition 1962. Heureusement, Vicente del Bosque a fait rentrer Jesus Navas pour animer le flanc droit et tester la défense néerlandaise. Beaucoup moins inspiré, l'ex coach madrilène a tenu à infliger une nouvelle humiliation au pauvre Fernando Torres, mais on ne change pas une tactique qui gagne.

Bravo a Xavi-Iniesta, donc (un Ballon d'Or pour le premier ou le second ?). Bravo à Iker Casillas, décisif face à Robben. Bravo à Mark van Bommel pour avoir joué 90 mn de trop grâce à l'indulgence de Howard Webb, qui doit encore se demander comment il a pu arbitrer une finale de Coupe du Monde. Bravo à l'Afrique du Sud pour avoir accueilli le Grand Barnum de la FIFA en frisant l'accès de (vuvu)zèle. Bravo au Brésil pour avoir laissé un continent à la concurrence.

Et rendez-vous dans quatre ans, sans Domenech ni van Bommel si ce n'est pas trop demander. 

footlog 2010

2010.07.03

Dommage

Comme beaucoup sans doute, je rêvais d'une demi-finale Brésil-Ghana sans trop y croire. L'Uruguay a arraché sa qualification comme au tour précédent, avec la complicité d'adversaires bien généreux, c'était prévisible. Pour les Pays-Bas, la surprise vient moins du résultat que de la manière : les Néerlandais avaient le jeu pour empêcher le Brésil d'aller au bout, mais n'ont même pas eu besoin de le sortir de l'emballage.

Les Auriverde leur ont offert une victoire trop facile en arrêtant de jouer en début de seconde période après avoir concédé un but limite gag, et bien sûr en n'arrivant pas à tuer le match avant la mi-temps. Welsley Snijder a fait ce qu'il fallait comme il fallait, Arjen Robben nous a fait regretter le très élégant Dennis Bergkamp en se enchaînant les dribbles persos, chutes spectaculaires et faux cris de douleur, et van Bommel, fidèle à lui-même, a collectionné les fautes à 40 m. En face, Kaka et compagnie ont certes fait admirer leur toucher de balle, mais c'est Maicon qui a survolé les débats par son sérieux et son tranchant. Lui peut quitter la compétition la tête haute.

Asamoah Gyan aussi : s'il a loupé l'occasion de sa vie avec ce pénalty au bout de la prolongation, il a eu le courage de le tirer, comme d'autres tout aussi décisifs avant. Ce Ghana peut avoir des regrets, mais il est tombé avec les armes, pas comme le Nigéria ou le Cameroun.

Bon. Je suppose que maintenant l'Allemagne va éliminer l'Argentine et le Paraguay l'Espagne. Pour la crédibilité de cette Coupe du Monde, je souhaiterais autant éviter de voir le Paraguay en demies. Quant à l'Argentine, elle est prévenue : après 1990 et 2006 elle sait à quoi s'attendre. Et l'exemple Brésilien pourrait servir : les gris-gris c'est joli, mais il en faut plus pour battre un ténor européen.

Et l'Argentine 2010 demeure nettement inférieure à l'Argentine 2006. Elle marque beaucoup mais jusqu'à présent, question attaquants, j'ai été beaucoup plus convaincu par le duo bavarois Thomas Muller - Miroslav Klose que par Higuain.

OK. Messi-Tevez, c'est encore autre chose.

footlog 2010

 

2010.03.07

Le PSG fait école

footlog 2010 - Le PSG a arraché un point à l'ultime minute à Lens grâce à un vilain but de Stéphane Sességnon. Une victoire obtenue sans ses supporters, privés de billets par le président Leproux suite au drame survenu en marge du clasico PSG-OM (0 à 3, un coma après prolongations).

Voilà qui pourrait donner des idées à Jean-Pierre Escalettes dans la perspective de la prochaine Coupe du Monde, pourquoi pas pour arracher un nul face au redoutable Uruguay et ainsi reproduire l'exploit de la grande équipe des Bleus de 2002. Pour vous poser le challenge : l'Uruguay vient d'humilier la Suisse, éternelle abonnée aux nuls face aux Tricolores, aussi facilement que l'Espagne vient d'humilier la France, éternelle abonnée aux humiliations depuis 2006.

Donc qu'est-ce que les losers de la sélection peuvent apprendre des losers de la capitale ? Interdire de déplacements les supporters. RD-JPE n'y avaient pas encore pensé, et pourtant ils avaient déjà privés les supporters de débat ou de déclarations sur le jeu, de jeu tout simplement.

Nous n'irons donc pas en Afrique du Sud. Nous resterons à observer depuis notre sofa les Bleus de Domenech. En se serrant un peu pour laisser place à l'autre grand recalé. Pas Robert Pires, cette fois-ci, mais le jeu.

2009.06.30

La Coupe à Toto des Nations a grandi

Année impaire, année misère. Ni Coupe du Monde, ni Championnat d'Europe des Nations. On peut donc s'intéresser au football, au vrai. Et accorder le Ballon d'Or au meilleur joueur de la planète, même s'il n'a aucune chance de participer à ces grandes fêtes.

D'accord, les années impaires la Ligue des Champions écrase tout mais songez qu'en 1995, George Weah n'avait même pas atteint la finale. Bon. Le pauvre homme cumulait les handicaps : Libérien ET joueur du PSG... ce trophée donne une petite idée de son talent balle au pied.

Messi a gagné la C1 et la Liga, joue pour un pays prétendant au titre suprême l'an prochain en Afrique du Sud, et méritera tout autant son Ballon d'Or, mais ce que je retiens pour le moment de cette année, c'est comment trois compétitions nationales, européennes et internationales de second plan connaissent une importante phase de transition : 

  • Coupe de la Ligue Française : sous la pression du diffuseur (France Télévisions), la Ligue a finalement décidé de ne pas euthanasier son bébé. Pour le moment tout du moins.
  • Europa League : sous perfusion depuis la mort de la C2 et l'avènement de la LC, la C3 essaye enfin de repartir sur de nouvelles bases.
  • Coupe des Confédérations : pour sa sixième édition, cette ado semble avoir enfin atteint la mâturité.

La Coupe à Toto des Nations couronne pour la 3e fois le Brésil, qui confirme son statut de favori pour l'an prochain : le groupe de Dunga a de la gueule et autrement plus de tenue que la Ferme des Célébrités du Mondial 2006... et ce pays a l'habitude de remporter le titre chaque fois que la FIFA plante son barnum sur un nouveau continent (USA 1994, Corée-Japon 2002).

Mais à l'instar de l'Intertoto, la CCF a cette fâcheuse tendance à coûter cher : la saison suivante se termine plus souvent sur les rotules pour ses participants. Plutôt que de chercher à ressembler à une mini-Coupe du Monde, la Coupe des Confédérations devrait peut-être laisser tomber le match pour la 3e place.

La compétition se joue désormais à fond et confirme, après la spectaculaire édition 2005 en Allemagne, son succès sportif. Le brillant parcours des Yanks (tombeurs de l'Espagne et échouant de peu en finale) a apporté une touche franchement raffraichissante. A l'image de Bob Bradley, un coach issu du sérail universitaire, la principale puissance économique et démographique de la CONCACAF décolle enfin sur des bases saines. Le meilleur reste à venir, pour peu que la génération produite par les "soccer mums" des années Clinton s'épanouisse au sein de la MLS comme de la sélection nationale.

Comme d'habitude, les "petites" confédérations sont à l'honneur avec les USA en finale et l'AfSud sur la troisième marche du podium. La CONCACAF comptait déjà un vainqueur (le Mexique en 1999) et la CAF un finaliste (le Cameroun en 2003), tout comme l'AFC (Japon 2001) et même l'OFC (Australie 1997). Même la France a remporté le titre, c'est tout dire (les deux fois, Domenech s'occupait encore des espoirs).

C'est ce qui fait le charme du concept, justifie l'existence de la compétition, et tire vraiment le foot mondial vers le haut.

Et si on restera toujours loin de l'atmosphère particulière d'une Coupe du Monde, on s'en rapproche peu à peu.

footlog

2008.06.30

Si vous avez raté la fin

L'Espagne se décide enfin a assumer son role de favori et a bien jouer une grande compétition de bout en bout. Du haut de sa tribune, Platini a dû apprécier : cette équipe n'a pas grand chose à voir avec sa tâcheronne de devancière de 1984.

Tant mieux pour le jeu... et tant pis pour mes pronostics d'avant Euro*: d'apres mon scenario l'Espagne faisait bien 0-0 en quarts contre l'Italie mais perdait aux tirs au buts 2-3 au lieu de l'emporter 4-2. L'Italie n'a donc pas pu perdre en demis contre la Russie et si l'Allemagne s'est inclinée en finale, ce n'était pas contre la bande a Hiddink.

Pour le reste, pas brillant : j'avais à peu près vu venir les victoires de l'Allemagne et de la Russie en quarts, mais pas du tout le Turquie-Croatie.

Pire encore : pour sa sortie, Thuram nous a préparé une autre surprise que celle que j'avais prévue.***

 

* cf "Si vous avez manqué le début " (20080531)
** 2-1 au lieu de 3-2 contre le Portugal pour les premiers, 3-1 contre les Pays Bas au lieu de 2-0 contre les Bleus pour les Russes
*** cf "Lilian a un coeur gros comme ça" (20080627) 

2006.12.19

Gibraltar, l'autre rocher décroché

C'est quand l'AS Monaco s'apprétait à remporter son premier titre de Champion de France que la question s'est vraiment posée de sa représentativité : le club de la Principauté pouvait-il représenter la France en Coupe d'Europe des Champions ?

Les joueurs de l'autre Rocher, celui de Gibraltar, ne savent même pas s'il représentent l'Espagne ou le Royaume-Uni, le différend entre les deux nations demeurant en suspens depuis trois siècles. Ce caillou est officiellement un Territoire d'Outre Mer du Royaume-Uni dirigé par HRH Queen Babette 2, mais l'Espagne l'a cédé sans jamais en abandonner totalement le droit.

L'UEFA étudie l'adhésion de l'association de football locale en se gardant bien de froisser les Espagnols, beaucoup plus sensibles sur le sujet que les Grands Bretons : d'un côté la Catalogne et le Pays Basque ne manqueraient pas de demander des comptes, de l'autre Gibraltar ne ferait que joindre la grande famille des fédérations "affiliées" à la Couronne. Outre le Pays de Galles, l'Eire, l'Angleterre et l'Ecosse, les sujets de sa très grâcieuse majesté considèrent toujours que l'Australie, le Canada et tant d'autres n'ont jamais vraiment pris leur indépendance.

Le plus simple serait de laisser les joueurs de Gibraltar dans leur no man's land, à affronter le Tibet, Zanzibar, la République Turque de Chypre du Nord et le Groenland dans la très borgèsienne FIFI Wild Cup où le club de Sankt Pauli a dû faire sécession de l'Allemagne pour compléter le plateau de 6 équipes (la Republik Sankt Pauli s'est d'ailleurs inclinée contre Gibraltar dans la finale pour la 3e place).

Comme quoi, parfois, le dîner d'un ambassadeur n'est pas toujours un succès s'il décide de mettre un rocher sur la table.

2006.06.28

Le groupe de l'amor

Raymond Domenech est passé de l'autre côté de la zone hier. Son sourire, encore tendu après le match contre le Togo, trahit enfin ses certitudes et un vrai bonheur. Partagé. Pour voir Jacquet dans cet état, il avait fallu attendre la victoire finale contre le Brésil mais ici, peu importe le résultat des quarts, le groupe France fait enfin plaisir à voir.

Ces sourires larges comme Copacabana, ces accolades entre titulaires, remplaçants et entraîneurs en disent plus long que les phases de jeu certes parfaitement maîtrisées mais sans grand génie. Carbo mais la banane des grands jours, Thierry Henry rigole de sa prestation du jour ; celle d'un nouveau type de joueur né des nouvelles règles du hors-jeu : le "hors jeu fixatif", un leurre pour détourner les missiles défensifs des véritables attaques, une vilaine verrue* au milieu des défenses les plus lisses - on n'arrive pas à s'en débarrasser et elle empêche les belles mèches de tenir. A se demander si cette nouvelle arme tactique ne relève déjà plus du hasard (cf hier les trois buts brésiliens en plus de celui de Ribéry).

Les Bleus nous ont au passage réconciliés avec cette Coupe du Monde : du jeu, des buts, un arbitrage parfait, un bon esprit (en zappant rapidement Aragones), et au bout du compte la meilleure équipe a gagné sans discussion possible. Trop tendre et respectueuse, l'Espagne n'avait pas assez faim hier. Le départ de Raul a laissé la jeune classe seule face à ses professeurs ; plus personne n'a alors osé mettre le désordre dans la salle : on attend sagement la sonnerie en se passant proprement la baballe, rien ne se passe.

Hier, il s'est pourtant passé quelque chose. Le groupe France a prouvé que son discours ne relevait pas de la méthode coué, mais aussi démontré qu'il préparait l'avenir : Zidane passe habilement le témoin à Ribéry sur et en-dehors du terrain, et ce premier but en Bleu et en Coupe du Monde, avec l'adoubement du boss et l'affranchissement du buteur (TH faisant signe à FR de continuer et assumer ses responsabilités), sera bigrement utile pour faire franchir durablement un palier aux survivants de 2006.

Bien sûr, cette équipe ne peut gagner qu'en pleine possession de ses moyens physiques, et samedi elle présentera  ses titulaires très sollicités face à un Brésil très économe de ses efforts jusqu'à présent, mené par un Ronaldinho habitué à ne sortir le grand jeu que dans les grandes occasions...

Le match contre le Ghana n'en était pas une à cause d'un juge de ligne peu perspicace sur le second but brésilien, mais surtout à cause de la faiblesse des centres et tirs de loin du Ghana. Condamnés à passer par le centre en profondeur, les Ghanéens n'ont pas pu transformer leur domination (circulation de balle, condition physique). La présence d'un Michael Essien aux vingt-cinq mètres eût pu faire la différence... dommage, dommage.

Bon. Il est temps d'atterrir les gars... séance de rattrapage pour tout le monde : les deux premiers jours sans foot coïncident avec le début des soldes.

---

Bons points : Willy Sagnol (FRA - tout simplement impérial, impassable, monumental, et sans lequel Fernando Jose Torrez Sanz eût sans doute fait plus mal encore) - Joaquin Sanchez Rodriguez (ESP - on ne danse pas la samba avec un seul bonhomme aux percussions) - Nelson de Jesus Silva Dida (BRA - le sauveur du Brésil s'appelle Jésus, il domine la foule des joueurs de plage en étalant ses grands bras et en multipliant les Pan de Azucar) - Richard Kingston (GHA - si les Ghanéens n'ont perdu que 3-0, ils savent qui remercier)

---

* en l'occurence, Aragones oserait peut-être le terme de "point noir"

2006.06.20

A mi-chemin

Le fait marquant de cette Coupe du Monde ? Ces invraisemblables baisses de tension frappant à un moment ou à un autre la quasi totalité des équipes. Comme si un méta-joueur s'amusait à changer de mode et de vitesse au gré de ses humeurs...

Si la Tunisie et le Togo peuvent légitimement nourrir quelques regrets, l'Espagne et la Suisse s'en sortent convenablement, et plus honorablement que les Pays Bas par exemple - ces derniers auront versé sans état d'âme dans l'anti-jeu pour parvenir à leurs fins.

Dans un tel contexte, on apprécie la pétillante Ukraine lorsqu'elle maintient le pied sur l'accélérateur tout au long du match. Et l'on jalouse un peu l'envie des joueurs de mouiller leur maillot, la communion rétablie avec leurs supporters...

Tiens, à propos : les Bleus se sont accordé une journée de repos. Une de plus, diront les mauvaises langues. Peu m'importe la manière, l'important est de shunter cette énergie négative et destructive qui flotte au-dessus de la maison bleue depuis quatre ans, et si possible de mettre un terme à cet acharnement thérapeutique.

---

Bons points : Maksim Kalinyshenko (UKR - gauche, droite, au milieu, en attaque, mode multijoueurs) - Hussein Abel Ghani Sulaimani (KSA - énervé et parfois énervant, mais toujours motivé) - Pascal Zuberbuhler (SUI - comme ses partenaires : fiable sans être génial) - Thomas Dossevi (TOG - quelque part le FC Tours aura illuminé cette Coupe du Monde) - Radhi Jaïdi (TUN - quand le flanc droit tunisien se met à jouer...) - Gonzalez Blanco Raul (ESP - Xavi ou Fabregas méritaient peut-être mieux mais Raul force le respect en seigneur, tout simplement)