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2013.04.03

PSG Barcelone 2013 - PSG Juventus 1983

L'ambiance précédant le PSG-Barça de cette année m'a beaucoup rappelé celle du PSG-Juventus de 1983, quand la "Vieille Dame" débarquait à Paris avec sa ribambelle de stars, Platini en tête, et un Parc des Princes plein à craquer (je m'étais d'ailleurs fait soulever de terre par les épaules et déplacer de cinq mètres dans le mouvement de foule à l'entrée du stade).

Le résultat fut d'ailleurs le même: 2-2, avec une égalisation de dernière minute du regretté Michel N'Gom. Blaise Matuidi sera suspendu pour le prochain match mais Zlatan Ibrahimovic, en dépit d'un nouveau carton jaune, devrait être présent. Hier, il a pour une fois signé un but important dans un match important à élimination directe en Ligue des Champions, et même ajouté une belle passe décisive.

Lionel Messi et Xavi ont ajouté leur marque à une feuille de match prestigieuse, mais il n'est pas dit que l'Argentin joue le retour. Sa blessure comme celle de Javier Mascherano constitue la seule mauvaise nouvelle de la soirée, à part bien sûr les deux cadeaux défensifs du PSG et la position de hors jeu de Zlatan sur la première égalisation parisienne.

Le nul est mérité des deux côtés: Barcelone a tenu le choc sans briller, Paris a contrôlé deux demi-mi-temps sans vraiment trembler, et n'a pas flanché, revenant même deux fois au score là où d'autres se seraient effondrés.

Excellente opération pour le club parisien dans sa conquête des coeurs et des esprits en Europe. Au meilleur moment pour les media etrangers, les pieds de David Beckham ont retrouvé leur GPS en première mi-temps (puis les chevilles de l'adversaire en seconde mais ca c'est moins vu), Jérémy Menez a réalisé une entrée percutante, et personne n'a été en-dessous. Thiago Silva a une fois de plus été monstrueux: il nous a non seulement offert un nouveau dribble parfait en dernier défenseur, mais un second face à deux attaquants.

Au Barça, c'est le collectif qui a été bon. Mais il en faudra plus pour aller au bout.

Il y a 30 ans, le PSG de Susic avait frôlé l'exploit en dominant la Juventus chez elle, mais en ne ramenant qu'un 0-0. Cette fois-ci, même sans Messi, je pense qu'il y aura des buts, et encore plus de spectacle.

 

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2012.04.25

Les poteaux n'étaient pas carrés

Barcelone, la meilleure équipe d'Europe? Aujourd'hui comme hier, la réponse est oui*. Et ce n'est pas un poteau ou la scoumoune chelseaienne de Leo qui vont changer la donne.

L'histoire retiendra un autre nom au palmarès 2011-2012 de la Champions League. Une équipe qui fait moins le jeu, mais que Pep Guardiola et ses garnements auront généreusement laissé gagner cette année.

Avec ses airs de renard malicieux, Roberto di Matteo vient de poser sa candidature. Il le dit lui-même, avec un paquet de chance, mais la façon avec laquelle il a enrayé la spirale négative du FC Abramovitch force le respect. Bien du plaisir au survivant du duel José Mourinho - Jupp Heynckes...

Si la défaite du Barça ne réjouit pas l'amateur de beau jeu, elle rassure l'amoureux du jeu dans toute son imprévisibilité.

Les poteaux n'étaient pas carrés, non. C'est tout simplement le ballon qui tourne rond. 

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* pour demain, c'est encore une autre histoire

2011.12.13

Lyon trop beau, Lille trop beau, Shanghai trop beau

La qualification miracle de l'OL en Champions League a fait couler beaucoup d'encre: entre l'effondrement spectaculaire de Zagreb sur sa pelouse (de 1-0 à 1-7 en moins de temps que Bafé Gomis met à traverser le terrain), les deux buts refusés à l'Ajax au Real, et le comportement très "low profile" d'Aulas après le match, ça sentait gros les paris clandestins en Asie du Sud-Est. Mais l'UEFA, pourtant très concernée par le sujet, n'a pas décelé d'embrouille. Accordons donc à ce joli monde le bénéfice du doute. A Dieu Vata, dirait Tapie.

Quoi qu'il en soit, cette année, ce Lyon a du chien. Tout le merite en revient à Rémi Garde, technicien d'autant plus remarquable qu'il réussit à faire évoluer sportivement le club sans froisser l'égo de Bernard Lacombe - un exploit il est vrai plus facile que le passage Anigo pour la locomotive Deschamps.

Rudi Garcia n'a pas ce genre de soucis à Lille, un club où des caractères comme Vahid Halilhozic ou Claude Puel ont pu faire de belles choses sans qu'on leur mette des bâtons dans les roues (Rudi, le jour où tu veux perdre le Nord, regarde bien où tu mets les pieds après). Le LOSC retrouvera probablement la CL la saison prochaine. Peut-être sans Joe Cole (quel retourné dimanche!), peut-ête sans Moussa Sow (encore une jolie passe décisive), peut-être sans Eden Hazard (et donc avec Ryad Boudebouz?)... et peut-être même sans Garcia, mais alors il ne sera pas difficile de convaincre un autre entraîneur de talent et exigeant.

Pour convaincre Nicolas Anelka de signer à Shanghai, comme avant lui David Trézéguet à Baniyas (en attendant un prochain port d'attache), il suffit d'aligner les zéros. Thierry Henry n'est pas parti à New York pour des cacahuètes, mais la destination colle au bonhomme, et c'est pour la bonne cause. Et histoire de compléter l'éclatement international de la bande de l'Euro 2000, j'attends toujours Sylvain Wiltord à Séoul.

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2011.05.29

Fins de règnes

Il y a encore cinq ans je me serais sans doute contenté de cette agréable finale de Champions League ponctuée de jolis buts : la passe de Xavi pour Pedro, le double une-deux de Rooney - même avec Giggs hors-jeu -, la lucarne de David Villa (de Messi, je retiendrais plutôt que la caguade de Van der Sar ses jolis non-buts comme sur sa mini-Madjer en seconde mi-temps).

Mais cette journée avait des airs de fins de règnes. Pour Sir Alex et ses fidèles grognards Giggs et Scholes, pour les Van der Sar, Park, Evra, Pujol et autres soldats de devoir, mais aussi pour ce Barcelone de feu de Guardiola.

La meilleure équipe du monde a de nouveau conquis un trophée ultramérité en proposant le meilleur jeu du plateau, mais on finirait presque par se lasser de ce jeu de passes courtes trop parfaites entre camarades d'école. Au plus fort de la domination de Manchester par le Barça, les blaugranas donnaient l'impression de marcher, seul le porteur du ballon bougeant. Une optimale économie d'énergie certes, mais il fallait attendre le vrai décalage pour s'enthousiasmer (voir de nouveau figure A : Xavi pour Pedro).

J'adore Barcelone et je suis heureux de ce nouveau triomphe, mais désolé : je préfère le petit grain de folie en plus, celui d'une autre équipe de camarades d'école, les perdants magnifiques de l'Argentine 2006. José Pekerman avait façonné son équipe encore plus directement que Pep Guardiola, pur produit de la maison catalane.

Points communs entre l'Argentine 2006 et le Barcelone d'aujourd'hui ? Javier Mascherano et surtout Lionel Messi, qui ne retrouvera pas de sitôt une bande de compatriotes aussi bien armée pour l'aider à remporter le trophée suprême.

L'autre roi du pétrole sur la planète football, Sepp Blatter, a obtenu le départ de son ancien sponsor et désormais rival Mohamed Bin Hammam. Le patron de la FIFA a été lui-aussi mis en cause dans les sordides affaires de corruption mais son mode de fonctionnement est plus subtil : au lieu de sortir son chéquier, il achète les patrons de fédérations en distribuant généreusement mais en toute transparence l'argent des sponsors.

Blatter aussi paraît en fin de règne. Les successeurs à plus ou moins long terme semblent tout trouvés : Franz Beckenbauer ou de préférence Monsieur Propre, Michel Platini. Songez que même la K-League sud-coréenne a été touchée par un scandale de matchs truqués.

Bien sûr, le Barça peut encore nous surprendre et nous faire rêver. Bien sûr, Sir Alex n'a pas dit son dernier mot (et Javier Hernandez a encore de belles années devant lui). Bien sûr, Sepp Blatter ne quittera pas si facilement sa forteresse zurichoise.

Et bien sûr, je fais un peu la fine bouche. Allez, ce millénaire nous a encore offert une belle finale et du beau jeu.

footlog 2011

2011.04.18

Soldes du printemps

Incroyable : pour une fois, Paris-Saint-Germain n'a pas gaché une occasion en or de revenir dans la course à la Ligue des Champions. Une victoire méritée face au concurrent direct Lyon, et voilà Colony Capital libre de rêver un peu.

Pas un rêve sportif, bien sûr. Tout juste l'espoir de limiter les pertes dans le cadre de la revente du club à un généreux mécène. Qatari, à en croire Luis Fernandez, éternel prétendant à un retour aux rênes du club.

Qatari comme Mohamed Bin Hammam, candidat contre Sepp Blatter à la tête de la FIFA. Ce Grand Vizir marche littéralement sur l'eau ces derniers temps. A mon avis, le Calife des Califes avait généreusement accordé à son pays l'organisation de la Coupe du Monde 2022 (voir "Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons") pour le remercier de l'avoir débarrassé du Coréen Chung Mong-joon, un rival déclaré. Seulement au passage, Blatter s'est créé un adversaire encore plus redoutable, capable de promettre encore plus de largesses à des fédérations nationales de plus en plus corrompues.

Aux journalistes d'investigation, s'il en reste, de s'intéresser de près à cette lutte au sommet. A défaut de pouvoir le faire depuis l'intérieur (voir "Grant Wahl s'attaque à Sepp Blatter et à la Samaranchisation de la FIFA").

footlog 2011

2010.11.28

Pep v. The Special One - Chocs et Classiques

Barca-Real ? Par définition, le sommet de la Liga. Ajoutez pour cette édition un contexte euphorique (la sélection sur le toît de l'Europe et du monde) et quelques duels d'anthologie (Messi-CR7, Guardiola-Mourinho), sans oublier bien sûr le Ballon d'Or 2010 (probablement sur le terrain et pourquoi pas sous les traits du premier nommé)... voilà de quoi mettre en appétit tous les amateurs de football, et renvoyer au vestiaire les sempiternels relents de Guerre d'Espagne.

Si la Ligue des Champions nous offre désormais de façon quasi aussi récurente des sommets entre les habituels géants européens, ces affiches ne peuvent jamais avoir la même saveur qu'un bon clasico des familles. Au niveau européen, on a plutôt l'impression de voir des marques s'affronter, des franchises.

Il s'agit pourtant des mêmes clubs. Mais Barca-Real en Liga ou Arsenal-Tottenham en Premier League, ça relève de l'intemporel.

C'est la différence entre un choc et un classique : le choc est un objet médiatique d'apparence sportive, le classique un événement culturel à objet sportif. 

footlog 2010

2010.05.23

Premier orgasme madrilène pour Mourinho

José Mourinho s'apprête à quitter l'Inter de Milan sur un triomphe total :
- cette nouvelle C1, aux dépends de son mentor Louis Van Gaal s'il vous plait, confirme son génie absolu et la pertinence de son absence totale de modestie
- les supporters Intéristes lui érigeront probablement une statue, sans aucun doute dans la pose du "camembert" adressé au public Barcelonais en demi-finale retour
- les supporters du Real Madrid, eux, lui étaient déjà éternellement reconnaissants d'avoir barré la route de Bernabeu aux Blaugranas - à Florentino Perez de sortir le chéquier pour signer le fameux tecnico-galactico.
- à propos de grands argentiers : Massimo Moratti lui aussi doit une fière chandelle au stratège portugais. Grâce à Moumou, le titre suprême ne lui aura pris que 15 ans et quelques centaines de millions d'euros. J'ignore si Roman Abramovich patientera jusqu'en 2018.
- Marco Materazzi peut aussi remercier Mourinho qui lui a offert une splendide "Causio" en le faisant entrer à la place du héros du jour Diego Milito. Comme Enzo Bearzot avait accordé quelques secondes sur le terrain en finale de Coupe du Monde à Franco Causio, Supercoach associe à peu de frais ce valeureux grognard à une grande victoire.
- Que dire de Eto'o ? A défaut de marquer en finale, Sam prend un ascendant psychologique sur son rival Drogba à trois semaines de la Coupe du Monde : non seulement j'ai déjà gagné la coupe aux grandes oreilles, mais en plus c'est avec moi que ton cher José fait le doublé et ce dès ma première saison à l'Inter s'il te plait.
- aujourd'hui, même Franck Ribéry a le droit de lui claquer la bise : les absents ont toujours raisons les soirs de défaite. Maintenant qu'il vient de prolonger au Bayern, il pourra profiter de la Coupe du Monde pour faire monter les enchères en faisant tourner en bourrique les présidents des principaux clubs européens.

footlog 2010

2010.04.07

Messi, Messi, Messi, Messi

L'issue du match ne faisait pas grand mystère : sans Fabregas, Gallas et Arshavin, Arsenal n'avait aucune chance d'inquiéter Barcelone. Et pourtant, l'exploit était réellement à portée de main... mais Lionel a frappé. Quatre fois.

Beau joueur (même si tous les entraîneurs rêvent de ce genre d'excuse pour faire avaler un nouvel échec), Wenger a confirmé que la meilleure équipe l'avait emporté, et que l'Argentin restait le meilleur joueur du monde.

Sur le chemin vers un second Ballon d'Or consécutif pour Messi : l'Inter Milan de José Mourinho, et surtout une Coupe du Monde où l'Argentine semble malheureusement plus avoir à perdre qu'à gagner.

A mes yeux, le vainqueur du jour reste Michel Platini. Une Champions League plus ouverte et joueuse, une Europa League sur de bonnes bases, une réelection garantie les doigts dans le nez... seule ombre au tableau, cet Euro 2012 envoyé dans ses pattes par ses meilleurs ennemis et dont l'organisation bat de l'aile avec le désespoir du goéland emmazouté dans le sillage du chalutier cher à Canto.

Blatter a ses propres croix à porter : on ne peut guère plus lui coller les émeutes raciales en AfSud sur le dos, mais après le drame togolais de l'hiver dernier* l'humeur n'est décidément pas à la fête.

Alors on s'enthousiasme pour une petite souris sud-américaine menant l'orchestre catalan dans un remake de fantasia, avec nos yeux d'enfants scotchés sur nos samedis dessins animés ou nos mercredis coupe d'europe qui alimenteront nos rêves insouciants à l'heure du JT.

footlog 2010

* voir "Not So Happy New Year"

2009.05.28

Barca Barca Barca

Maintenant que c'est fait, je peux l'avouer : j'avais un faible pour les Catalans. Quelque part, je préfère le sourire espiègle de Messi au rictus excédé de Cristiano Ronaldo lorsqu'ils loupent un dribble, le touchant et lyrique discours de Pep Guardiola au Patois écossais de Sir Alex lorsqu'ils exposent leur tactique, la noblesse de la lutte anti-franquiste associée au maillot Blaugrana à la douleur de la lutte des classes associée à celui des Red Devils lorsque les marketeurs de ces deux multinationales essayent de vendre à de vrais supporters des pans d'histoire qui ne leur appartiennent pas.

Bien sûr, Park Ji-sung ne sera jamais Champion du Monde, et il avait plus besoin de cette C1 dans son palmarès qu'un Thierry Henry.

Bien sûr, Eric Cantona n'a pas eu la Palme d'Or du meilleur acteur pour son auto-parodie dans "LooKing for Eric".

Bien sûr, la Ligue des Champions refuse de se donner deux années de suite au même club, histoire de faire croire aux gogos qu'elle a été fondée sur d'authentiques préoccupations sportives.

Bien sûr, on verra les mêmes têtes l'an prochain. Avec probablement le grand retour de La Maison Blanche madrilène, sur un air wengerien de chevauchée des Ribéry, ou sur un rythme plus lent, genre rasta Rafa. La Vieille Dame italienne repassera nous faire coucou et l'ACM Kaka.

Lyon reviendra peut-être en deuxième semaine. Bordeaux passera peut-être le premier tour, si Gourcuff résiste aux sirènes berlusconiennes et à une saison et demie de titularisation intensive. L'Ohème 2010 refera peut-être le coup de l'Ahèçème 2004 avec Dédé à la barre.

Mais je n'aurais pas le plaisir de voir mon cher PSG se faire étriller en préliminaires par l'APOEL Nicosie.

footlog

2009.03.17

Aulas O Desespoir

L'OL a encore loupé le coche et Aulas a encore pris la mouche.

Si Lyon n'a pas à rougir de cette élimination contre un grand Barcelone, JMA devrait commencer à se poser des questions sur sa propre façon de fonctionner : mon ambition n'est-elle pas contre-productive pour le collectif ?

Fait significatif : c'est depuis que toute sa saison s'articule sur le seul objectif de passer des tours à élimination directe en C1 que le club cale. La cotation en bourse ? Un facteur aggravant tout au plus.

Aulas semble vraiment arrivé aux limites de son modèle. Après avoir fait le vide autour de son club en France, son groupe a accumulé trop de triomphes nationaux et trop de deceptions internationales.

Regardez-le faire des bonds de cabri en hurlant l'Europe, l'Europe, l'Europe, écoutez-le essayer sans aucun scrupule de reveiller la concurrence qu'il a lui-même castrée, sentez-le s'inventer de nouvelles frontieres plus accueillantes au-delà de l'Europe.

Jean-Michel Aulas a raison : le dirigeant de club investissant pour bâtir un nouveau stade ou retenir Karim Benzema est dans le vrai.

Jean-Michel Aulas a tort : l'omniprésident étouffe son propre club en montant au créneau à tout bout de champ. Il est légitime face à la Ligue, face aux politiques, face aux arbitres, face aux joueurs, face aux actionnaires... mais il ne peut plus défendre en même temps tous les intérêts. Trop d'Aulas finit par tuer Aulas.

C'est peut-être le moment de prendre du recul a un niveau ou a un autre. De se faire désirer, qui sait ?

Se faire désirer plus que se faire envier, c'est peut-être ce qui manque à ce grand dirigeant comme à ce grand club.

2008.03.06

Lasers

J'ai bien aimé la première mi-temps de Real Madrid - AS Roma hier soir.

Beaucoup de déchets, peu d'actions franches, mais une vitesse de balle intéressante. Pas un enchaînement de passes lasers ultraprécises comme dans le meilleur Arsenal ou le plus beau Barça, mais la volonté permanente d'aller plus vite que l'adversaire, de projeter le ballon vers l'avant.

Le récipiendaire n'est pas nécessairement prêt et ça se traduit par un pivot ou une nouvelle volée / demi-volée à la limite, encore plus patatechaudesque pour le prochain sur la liste, mais c'est techniquement ultra exigeant et très plaisant à regarder.

Le Real a montré les limites de son collectif et la Roma a logiquement gagné le match, comme Manchester United la veille.

Je n'ai pas pleuré l'élimination de l'OL. Il y avait clairement la place pour passer, mais cette sympathique équipe n'évolue plus au meilleur niveau européen.

Elle se contente d'aseptiser la Ligue 1, monneyant sa mainmise par la production à l'occasion de joueurs d'exception. Hatem ben Arfa a un potentiel énorme mais j'ignore s'il l'exploitera à fond un jour. En revanche, Karim Benzema a déjà tout bon, et je n'ai jamais rien vu de tel depuis le Ronaldo de 1995-97. C'est tout simplement un bonheur de le voir jouer, il éclabousse le jeu de sa classe et je l'espère la Ligue 1 encore quelques années.

2007.11.09

UEFA - pour une coupe franche

Si la Ligue des Champions n'est pas aussi malade que sa petite soeur (Coupe de l'UEFA), elle ne respire pas vraiment la santé. Elle propose de splendides rencontres dès la phase de poules mais ne s'emballe réellement qu'avec les bons vieux matchs à élimination directe... et la meilleure chose qui lui soit arrivé récemment est d'avoir avancé l'échéance aux huitièmes de finale au lieu de se contenter des quarts (voire des demis, aux tous débuts). La LC présente toutefois aujourd'hui un compromis acceptable avec cette phase de poules aux oeufs d'or bien calée entre des préliminaires de plus en plus relevés et une phase de coupe digne des grandes heures de l'épreuve reine.

La greffe n'a en revanche clairement pas pris sur la Coupe de l'UEFA. Au lieu de jouer sur sa force - la simplicité - la compétition a décidé de prolonger l'Intertoto par un système inéquitable de groupes de 5 ne garantissant ni la lisibilité, ni la popularité, ni le succès commercial de l'épreuve (par pudeur, je n'évoquerai pas la dimension sportive, qui n'est visiblement jamais entrée en ligne de compte dans l'histoire).

Michel Platini propose des groupes plus nombreux encore, mais mieux équilibrés (4 clubs, matchs aller et retour). Loin de rapprocher la Coupe sans oreille de sa grande soeur, cette nouvelle opération ne ferait que renforcer la comparaison et donc le décalage. L'UEFA étant déjà un purgatoire pour les recalés de la CL, pourquoi ne pas rendre au contraire le parcours plus simple, quitte à élargir la base et supprimer l'Intertoto ? Comme pour la Coupe de France, une élimination directe du début à la fin, avec entrée en lice des divisions supérieures au fil de l'eau. Les 3èmes ou 4èmes des grands championnats commenceraient ainsi début octobre et joueraient moins de matches, mais uniquement des matchs à enjeu.

Que faire des vainqueurs de coupe, privés de C2 depuis une décennie ? Qui-vous-savez propose de leur accorder une chance de participer à la Ligue des Champions, mais on abandonnerait alors toute référence aux championnats (étant acquis que la LC ne se limite plus depuis un moment aux Champions officiels). Plus que le niveau de la compétition suprême*, cela fragiliserait la cohérence de l'ensemble d'un édifice déjà passablement bancal.

En 2007-2008, 74 clubs auront participé à un moment où à un autre à la LC, 157 à l'UEFA et 50 à l'Intertoto, certaines équipes participant à deux épreuves dans l'année (clubs reversés vers l'ex C3 : 11 depuis la Coupe à Toto et 16 depuis les préliminaires de la C1). Un système avec une élite à 32-75 fondée sur les seuls championnats et une épreuve secondaire à 64-200 plus ouverte** ne paraît pas aberrant.

Faire une compétition pour l'argent n'a jamais fini par payer. La Coupe de France a touché le fond avant de rebondir et de reconquérir des coeurs égarés par la Coupe de la Ligue, et la Coupe de l'UEFA pourrait bien suivre le même parcours pour peu que l'on souhaite la respecter pour ce qu'elle est : un être vivant doué d'une âme et riche d'une belle histoire.

 

* 7-1, 7-0, 8-0... les membres du G14 (G18... G40 ?) sont-ils encore crédibles quand ils souhaitent protéger l'élite ?

** pour rappel : on peut aujourd'hui se qualifier sur son classement en championnat, son parcours en coupe nationale ou en coupe de la ligue, son classement au Fair Play...

2007.05.24

Milan - Liverpool à l'ancienne

De la sueur dégoulinant des tribunes, du serrage de paluches à la chaîne façon Chirac et un bon vieux lever de coupe à l'ancienne... Platini a redonné un peu de dignité à la cérémonie de remise de Coupe, totalement aseptisée ces derniers temps.

Peut-être parce qu'il ne s'agissait plus d'une Coupe des Champions mais d'une Ligue des Champions ; un grand show médiatique savamment orchestré avec son hymne puissant, ses logos et habillages omniprésents, ses horaires calibrés à la seconde près et son éjaculation pyrotechnoconfétique finale sur un podium de rock stars, sans oublier le gros panneau rappelant la compet', le lieu et la date - histoire sans doute de ne pas s'emmêler les pinceaux le jour où l'on ressort une photo d'archives*... Dans le style, le comble du ridicule avait été atteint après la finale de la Coupe du Monde 2002, Cafu devant monter sur une espèce de support à pot de fleurs mal équilibré, capitaine isolé de son groupe au moment de savourer la victoire...

Le Milan a donc battu Liverpool dans un duel à l'ancienne, engagé mais correct, sans cinéma et sans chichis. Les buteurs, tous droits sortis des albums Panini seventies, sont les têtes à claques de service ; Filippo Inzaghi et Dirk Kuyt. En retrait dans leurs meutes respectives, les artistes Kaka et Steven Gerrard auront distillé chichement les éclairs qui font les bons matchs, sources de vitesse et de disruption dans une première mi-temps tâtillonne. Le Brésilien se retrouve à l'origine des deux buts, l'Anglais dans tous les bons coups de son club, y compris et surtout ceux gâchés par des partenaires la jouant trop perso.

Présents dans les tribunes, les Lippi, Houiller, Wenger & Co en auront été pour leurs frais. D'accord, les petits fours ils les ont grignoté à l'oeil mais pour autant, il n'auront rien dégusté de bien stimulant sur le plan ténico-tatique. C'est pas nécessairement dans les vieilles casserolles que l'on fait les meilleurs plats du pied.

 

 

* avec Maldini, identifier le porteur du trophée ne suffit pas comme indice pour retrouver la date.

2007.04.11

Manchester - Roma : Jeu, Sept et Match

Je préfère le Giggs passeur au Giggs truqueur, le Cristiano Ronaldo trottant pour son équipe au Cristiano Ronaldo tricotant pour sa pomme, le public d'Old Trafford debout pour saluer la démonstration de Manchester aux pseudo-supporters de Manchester debout pour semer la haîne à travers l'Europe. Je préfère la Coupe d'Europe des Champions à la Ligue des Champions*, les éliminations directes aux poules aux oeufs d'or, le jeu champagne d'hier** aux parties d'échec d'antan...

Car le foot n'est pas un jeu d'échecs. De la stratégie et de la tactique, il y en a aussi, mais toutes les pièces se déplacent en permanence et c'est sans doute cela qui fascine Gari Kasparov dans ce sport. Le maître y retrouve l'esprit du jeu, son essence pure, une stimulation qu'il ne trouve que partiellement dans une partie de blitz ou ces séances collectives où il mène des dizaines de duels en parallèle... des moments certes intenses, mais fondamentalement des plaisirs solitaires.

Abramovitch, lui aussi, s'affiche Russe et amateur de football. Mais lui n'aime pas l'échec. Il raisonne de façon figée, se contente de placer ses pions et ses billes, s'achète des tours de Babel en défense, des chevaux pur sang en attaque... mais a de plus en plus de mal à supporter les diagonales de son fou d'entraîneur.

Question pour un champion : José Mourinho, déjà assuré de revenir en prochaine semaine, peut-il durer aussi longtemps que Sir Alec Fergusson sur son banc ?

 

 

 

* même si hier ni MU, ni la Roma, ni Valence ne participaient en qualité de champions nationaux, tous ont produit un jeu de champions dans cette compétition.

** même si Ayala a un peu trop souvent levé le coude face à Drogba... heureusement que Canizares a élevé le débat.

2007.02.21

Giggs pas fair play ?

Quand Thierry Henry marque en Premier League sur coup franc direct sans attendre que les adversaires soient en place, il joue habilement le coup. Quand Ryan Giggs use de la même ficelle en Champions League, il ne respecte pas l'esprit du jeu.

Cela dit, Monsieur Eric Braamhaar n'a pas été franchement convaincant sur cet épisode, accordant plusieurs fois à Giggs le droit de tirer pendant que Tony Silva plaçait son mur (style il faut pas qu'on me voie en face, grouille-toi de profiter de l'occase). Ajoutons à cela la non exclusion de Paul Scholes en première mi-temps (style je ne dis rien dans un premier temps, je vois que ça mérite un carton dans un deuxième, je me ravise en reconnaissant Poil de Carotte dans un troisième) ou encore le but refusé à Peter Odemwingie pour son agression caractérisée sur un défenseur mancunien alors qu'il visait la meilleure note artistique pour un splendide plongeon aux six mètres (style je suis trop court, je me mets en travers) et voici le téléspectateur français brusquement replongé aux pires heures de sa tumultueuse histoire avec l'arbitrage batave*.

A se demander si, en creusant sous le camping-car de Braamhaar cet été en Dordogne, on ne trouverait pas une jolie enveloppe gorgée de Ringgit malaisiens ou de jetons de casinos offerts par un généreux site de paris en ligne basé à Gibraltar ou Macao**.

Hier soir, Manchester United a tout simplement battu le LOSC au jeu. Sinon dans son esprit, du moins dans ses règles. Sur l'ensemble du match, la victoire n'apparait pas scandaleuse, même si Lille a livré un match solide et un gros quart d'heure de toute beauté. Sans oublier un après-match étonnament fair-play.

Quant à l'UEFA de Platini, la voici sommée de considérer la réclamation du club français. Une petite récréation après les déferlantes hooliganesques de ces derniers temps. Si le Board pouvait être saisi sur un éventuel aménagement de la règle du coup franc, les Lillois n'auront pas perdu leur temps. A défaut de ne pas perdre le match.

 

* si personne ne se souvient des bons moments, pourtant nombreux, qui a oublié la générosité de Charles Corver envers Harald Schumacher ? Notons comment l'adjectif "batave", à la sonorité peu élégante dans notre langue, sera dans ces circonstances préféré au plus pertinent mais tellement moins satisfaisant "néerlandais".

** étant entendu qu'un club comme Manchester serait incapable de commettre le moindre acte de corruption, surtout avec Malcom Glazer à sa tête : cet Américain ne connait pas grand chose au foot mais ne prendrait jamais un tel risque

2006.12.26

Exclusif : les palmarès 2007

footlog amorce sa troisième année et vous la souhaite excellente.

L'an dernier*, vous aviez appris en exclusivité la victoire de l'Italie en Coupe du Monde. Après prolongations et face à l'Allemagne, mais tout le monde a le droit de se tromper.

Vous aviez également su que Ronaldo allait battre le record de Gerd Muller avec 15 buts en phases finales. Bon. J'avais prévu une victoire de la Juve en Champion's League et un trio catastrophique au Ballon d'Or... Pire, en annonçant que Ribéry allait marquer plus de points que Henry et que Zidane allait pour la première fois depuis des lustres rentrer bredouille, alors que non : notre Zizou national aura bien donné un coup, mais sans perdre tous ses poings.

Bon. Voyons maintenant ce que 2007 nous a réservé. A part le nième titre de Lyon, bien sûr, et cette belle victoire londonienne en Ligue des Champions**.

Le Ballon d'Or de Kaka n'a pas vraiment consolé pas les fans d'Etoo et de Thierry Henry, d'autant que ce dernier a magnifiquement oeuvré à la difficile qualification des Bleus à l'Euro 2008. On pourrait également retenir la triste relégation de ce très grand club français en L2 ou le retour, plus joyeux, de JPP à l'OM. Difficile de passer sous silence la grève massive des supporters anglais devant la refonte de la Premier League, les capitaines des équipes terminant sur un match nul se départageant au poker pour un point de bonus.

Mais vue de l'hexagone, la grosse surprise de 2007 restera certainement l'effondrement des favoris aux élections présidentielles. Et s'il ne fallait retenir qu'une image de cette année, c'est bien celle de l'intronisation du nouveau premier ministre par le 6e président de la Ve république, ce baiser ému planté par Laurent Blanc sur le crâne de Fabien Barthez.

 

 

* cf "Exclusif : les palmarès 2006" (20051225)

** Pour ménager le palpitant d'Arsène Wenger (et limiter l'ampleur de ma probable perte de face), je ne préciserai pas le nom du club.

2006.09.14

L'Europe sans Platini

L'élection à la présidence de l'UEFA constitue l'un des événements majeurs de la saison européenne sinon le plus structurant pour les années à venir. Franz Beckenbauer ayant remis à plus tard (et sur d'autres terrains style FIFA ?) son duel avec Michel Platini*, ce dernier affrontera finalement Lennart Johansson en persson.

Pour se consacrer pleinement à ce combat a priori inégal, Platoche doit abandonner les plateaux européens de Canal+ ; un sérieux dommage collatéral pour des téléspectateurs obligés de se cogner Philippe Doucet en solo et l'improbable duo Lizarazu - Dessailly pour animer un plateau déserté par les Mathoux boys**. Or Bixente a des choses à dire mais n'a pas encore libéré les chevaux aussi totalement que les cheveux, et Marcello n'a pas grand chose à dire si ce n'est des blagues à deux lires aussi légères qu'une charge de Claudio Gentile.

Heureusement qu'il y a les images où c'est qu'on voit des joueurs en activité dedans. Style Florent Malouda s'offrant un monumental Pelé-Banks face à Iker Casillas. Style Abdul Kader Keita testant d'une mine antipersonnel l'arète d'Anderlecht. Style Yohan Gourcuff balançant dos au but depuis le bord de la touche une fleur jusque sur un crâne milanais idéalement placé dans la surface.

Ces images sont peut-être servies comme un plateau télé microondé, ça a du goût et on pardonne thoux à Hervé Mathoux, toujours l'hôte idéal. Celui-là a décidément bien fait de quitter TF1, tout comme Gilardi a eu raison de faire le chemin inverse pour chausser les bottes de Thierry Rolland***.

Platini, lui, nous aura servi du caviar pendant des décennies. Son "Numéro 10" co-présenté avec Bernard Père n'a pas survécu au Heysel, et il fallait parfois tout l'art d'HM pour le tirer de sa torpeur du temps où Canal+ avait un budget apéro décent pour ses soirées Champion's League, mais pour éclairer le jeu du point de vue du joueur on ne fait pas mieux.

Je serais curieux de voir ce que donnera l'UEFA sous sa coupe. Une chose est sûre : ce ne sera pas champagne pour les seuls 14 invités à table et ronron pour les autres.

 

* cf "Happy new Beckenbauyear ? Forza Michele !" (20060104)
** sacrifiés sur l'autel budgétaire au profit de la L1 ?
*** son bonheur partagé avec Jean-Michel Larqué fait plaisir à voir... mais on n'enchaîne pas tous les jours des France - Italie et Lyon - Real Madrid de ce tonneau

2006.05.09

La victoire du 17 mai

Pouvait-on rêver plus belle et plus raffraichissante finale que ce Barcelone - Arsenal ? On imagine les gamins de Wenger défier l'ET du Camp Nou, le sourire du Titi des Ulis au moment de soulever la coupe de ses rêves pour le club de son coeur... Et si Arsène venait à réaliser un grand chelem de cauchemar*, on se consolerait en faisant le court chemin séparant Les Ulis de Ronnie : quelles pitreries nous concocte déjà le magicien blaugrana ?

Puisse cette finale tenir toutes ses promesses au niveau du jeu. Pour l'édification d'une jeunesse à laquelle on apprend qu'une équipe se bâtit à coups de millions, que le jeu s'achète en cartouches pour de sinistres boîtes noires à greffer à côté de la télévision, encore plus loin du pâle reflet des terrains.

Quel que soit le résultat du 17 mai, je remercie déjà Wenger, Rijkaard, Henry, Ronaldinho et leurs amis de nous avoir reconcilié avec le football : il est toujours possible d'être le plus compétitif en respectant le caractère ludique de ce qui est avant tout un jeu.

 

* finale C2 1992, finale C3 2000, finale C1 2006

2006.04.19

Top 5 et Top 14

Glorieuse incertitude du sport : Lyon succède à Lyon, Chelsea à Chelsea, la Juve à la Juve, le Bayern au Bayern et le Barça au Barça. Ces triomphes ne se discutent pas, chacun a survolé son championnat avec l'assurance d'un bombardier sur un champ de ruines.

Pour une passe de trois du Top 5 européen, il faudra néanmoins repasser : un ressort semble cassé à Lyon (qui de toute façon a déjà fait la passe de 5), la Juve va subir la saignée des retraîtes post Coupe du Monde, et Mourinho va vouloir terminer son cycle sur une C1. Restent le Barça et le Bayern.

En ce qui concerne le Barça, la menace peut venir d'un Real Madrid rajeuni, sans Zidane ni Roberto Carlos mais avec du sang frais de Castille. Ou d'un relachement post-victoire en C1. Voire d'un traumatisme post-défaite face au Villareal.

Reste le Bayern.

"Langweilig Bayern" devrait-on dire, comme "Boring Arsenal" à propos des Gunners pré-Wengeriens. Un Bayern capable de jouer au ballon mais incapable de glisser au-delà d'une deuxième place, ni de passer une saison sans titre. Une armée rouge sans surprise si ce n'est les coups de gueule d'un Kahn, d'un Höness ou d'un Beckenbauer. Un stade flambant neuf, des produits dérivés à gogo, une rente sportive à vie... La digne locomotive du G14.

Ce GIEE (Groupement d'Interet Economique Européen) a été fondé par ces philanthropes "pour trouver une façon constructive de réformer un système dans lequel leur voix n'était pas entendue, et pour conférer aux clubs un rôle significatif et executif* dans la gestion de ce jeu international". Les membres actuels ont trusté toutes les places en finale de la C1 depuis 1992**, date à laquelle l'UEFA avait créé la Ligue des Champions pour calmer les ardeurs des grands clubs. A l'époque, ceux-ci voulaient monter une ligue fermée à l'Américaine - sans promotion ni rétrogradation, réservée aux membres, smoking de rigueur.

Aujourd'hui, il ne suffit plus d'avoir un stade tout neuf et de survoler son championnat. Encore faut-il que ce championnat ait de la valeur. Le Top 5 Européen bénéficie d'une base solide : nombre significatif praticants, supporters, clubs de haut niveau, grands stades, médias puissants... La France a l'occasion de grignotter sur ses concurrents mais n'en profite pas vraiment. Ailleurs, l'Ecosse et la Belgique ont implosé, le Portugal et les Pays-Bas résistent, mais combien de temps encore ? Pour un Le Guen prenant son bâton de pélerin pour sauver les Rangers, combien de Hiddink rejoignent la Russie et ses pétroroubles ?***

 

* Au sens anglais du terme, avec la double connotation business (leadership) et légale (qui fait les lois et donc la loi).

** A l'exception de Monaco en 2004, mais Monaco a l'habitude d'être une exception et n'est pas précisément un club pauvre. On notera que Lyon est le seul membre à ne pas avoir remporté de trophée continental, Aulas compensant par sa légendaire dynamique personnelle. Même le PSG a une coupe à présenter (celle avec les petites oreilles). 

*** Pour autant, je doute que Saint Paul ait fait voeu de pauvreté sur ce coup-là.

2006.04.01

Le PSG qualifié en Champions League

La décision de la Ligue de rétrograder Lyon en L2 propulse mécaniquement le PSG en Ligue des Champions, sauf peu probable retour de Nancy sur le nouveau leader parisien.

Lyon rejoint donc l'interminable liste des clubs touchés par la vaste campagne "pieds propres" menée par les hautes instances du foot français : Bordeaux tombé dans une sinistre affaire de quadruples passeports brésilio-luxembourgeois, Marseille de nouveau puni pour sa gestion financière, Auxerre crucifié pour dopage généralisé au Chablis, Lille recasé en Championnat de Belgique et dans le stade d'Anderlecht, Rennes, Lens, Le Mans et Nice impliqués dans un vaste réseau de matchs de belote truqués... et maintenant ce scandale de la double buvette de Gerland. Trop c'est trop.

"Ce n'est que justice", a sobrement déclaré Guy Lacombe en présentant le maillot du futur numéro 14 de la capitale. "Ce classement reflète le niveau de jeu du club, et ce n'est pas un hasard si la paire Thierry Henry - Ronaldinho jouera sous nos couleurs la saison prochaine."

A quelque mètres de là, le président Blayau présentait la maquette du "Parc des Cheiks" sous le regard bienveillant du nouveau sponsor du club, Saudi Airlines. "Le Caravanserail des Loges sera relocalisé en Seine et Marne", a par ailleurs annoncé Al Puhasson d'Al Varilh. "Les entraînements se dérouleront à l'ombre de nos derriks et ce sera l'occasion d'améliorer le nom du club."

Cachez ce Saint que je ne saurais voir.

2005.11.03

Autel de passes

Bravo aux Dogues pour leur victoire de SDF dans la cathédrale du SDF : on les préfère quand ils commencent à jouer contre ManU que pendant les arrêts de jeu contre Benfica.

En attendant, après Boring Arsenal, Bourrin United s'entête à gaspiller des talents comme C. Ronaldo ou Park Ji-sung et à exposer les limites d'un Rooney que seul un Eriksson au bord de l'élimination aura osé comparer à Pelé. On se souvient avec quel art consommé du caressage de tabloïd dans le sens du poil de c... Sven Goran avait sauvé son image dans les feuilles de chou en encensant son peu svelte goret aux oreilles en chou fleur.

J'ai pas mal aimé les 3 derniers pions de Trézéguet alliant l'efficacité de Gert à l'élégance de Marco. Deux d'entre eux parachèvent de somptueux caviars de Vieira mais je préfère encore celui du milieu - le premier contre le Bayern - pour l'autorité du geste.

J'ai bien aimé le bis repetita placent de Titi Henry (remake de son but contre l'Eire) et le lob piqué en simple opposition de Eto'o.

Plus fondamentalement, j'ai beaucoup aimé la trentaine de buts sur les huit matchs de la soirée. ça change un peu de la quinzaine sur dix matchs de Ligue 1. On dirait presque la Serie A pré-platinienne.