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2012.06.20

Fauchés comme des lapins en plein vol

A la minute de silence en mémoire de Thierry Roland*, l'équipe de France a ajouté 90 minutes d'indigence, concédant logiquement la défaite face à une bien terne équipe de Suède. Merci aux Anglais pour nous avoir sauvé la mise, merci à Zlatan Ibrahimovic et à Hugo Lloris pour nous avoir sauvé le match.

J'étais prêt à voir les Bleus quitter la compétition en passant à travers de cette rencontre (voir "Plus Bleus que jaunes"), je prendrai donc comme un agréable bonus leur prochain match contre l'Espagne. Sans la pression d'une trop longue série d'invincibilité, et sans la pression d'un melon décidément collé au crâne du talentueux Hatem Ben Arfa.

Coupable d'un coaching franchement médiocre (au lieu de laisser les Suédois revenir dans la partie, il fallait naturellement sortir Hatem bien plus tôt, et envoyer Olivier Giroud soulager Karim Benzéma face aux perches du Nils), Laurent Blanc devrait paradoxalement avoir les coudées plus franches pour le gros choc. Il y aura des opportunités pour les attaquants, et la bataille du milieu pourrait être plus serrée qu'attendu, mais la défense risque de souffrir, surtout privée de Philippe Mexès.

En tout cas, cet Euro reste très ouvert, et les quarts s'annoncent passionnants: CZE-POR, ESP-FRA, DEU-GRE, ENG-ITA. A surveiller: le vainqueur d'Angleterre-Italie.

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* Thierry Roland auquel je dédie ce titre. Du plus franchouillard des commentateurs sportifs (chauvin, sexiste et raciste) je retiendrai la passion pour le jeu et ses joueurs (indéniable), et le rire (aussi inimitable et désarmant que le crochet de Garrincha)

 

2012.06.16

Plus Bleus que jaunes

Face à l'Ukraine, la France vient de signer sa victoire en premier tour de compétition majeure la plus convaincante depuis l'Euro 2000, et les poussins de la génération 1987 d'emmagaziner un paquet de confiance pour la suite.

Quoi qu'il advienne, cet Euro 2012 sera un succès. Même si les Bleus se font laminer par l'Espagne, la Croatie ou pourquoi pas l'Italie en quarts. Même si, pire encore, ils s'effondrent face à la Suède, laissant celle-ci lui griller la politesse en compagnie de l'Angleterre.

Cette France joue au football, construit du jeu, trace sa route. Ses électrons libres ne se contentent pas de briller mais s'avèrent décisifs: après Nasri, c'est au tour de Menez de planter. Cabaye confirme la bonne santé offensive du milieu, et si les attaquants ne marquent pas encore, Benzema a délivré deux passes décisives. La défense n'a pas craqué, et la série d'invincibilité continue.

Cette victoire ne sera probablement pas sans lendemain, et constitue un jalon essentiel pour l'avenir. Le fossé avec l'Espagne commence à se réduire sérieusement. De très bon augure avant l'Euro 2016 à la maison, les qualifs 2014 face à la Rioja, et les prochains gros poissons à titiller dans cette très ouverte compétition.

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2012.06.11

Les Trois Souris Qui Rugissaient

Je me souviens de la une de France Football avant le premier match des Bleus à la Coupe du Monde 1982: "Messieurs les Anglais, tirez les premiers". Bryan Robson avait poliment RSVP en crucifiant Ettori d'un coup de tête après à peine 27 secondes.

Cette fois-ci, The Sun l'a joué moins fair play en projetant la croix de Saint George sur la Tour Eiffel et l'Arc de Triomphe la veille du France Angleterre de l'Euro 2012*. Une victoire certes, mais de nuit et en l'absence d'opposition, rien à voir avec la très glamour invasion de New York par l'armée du Duché du Grand Fenwick dans "La Souris qui rugissait", un chef d'oeuvre réalisé à une époque bénie où les Anglais ne pouvaient pas encore nous narguer avec 1966, et où la France plaçait même plus de clubs en finale de Coupe des Champions (un - zéro).

Avec son pitoyable débarquement de juin 2012, le torchon murdochien veut donc nous faire passer son erzatz de souris pour les trois lions de la sélection et de fait l'Angleterre a les moyens de faire parler la poudre. Tout dépendra des défenses et sur le papier, celle des Bleus a tout de même un poil de gueule: d'un côté Lloris, Debuchy, Rami, Mexès, Evra, de l'autre Joe Hart... j'arrêterai là par charité.

Complété par Cabaye, Alou Diarra, Malouda, Nasri, Ribéry et Benzema, le onze de Blanc tient relativement bien la route et me rappelle un peu la cuvée 1996. Il ne connaitra vraisemblablement pas la même réussite (un bon Euro suivi d'un triomphe mondial et d'un autre continental), mais on peut recommencer à rêver.

Allez. Une petite victoire des Bleus ce soir combinée à un petit nul entre Ukrainiens et Suédois, et je serai prêt à passer l'éponge sur la blague de potache du Sun.
 

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* "Show 'em no merci - We beam flag on Eiffel Tower for 3 Lions"

2011.06.01

La Samaranchisation de la FIFA n'est pas une fatalité

J'évoquais récemment la Samaranchisation de la FIFA, et cette délétère atmosphère de "Fin de règne", mais la surréaliste conférence de presse de Sepp Blatter a probablement définitivement enfoncé le clou.

Dans un numéro de 'tout va très bien madame la marquise' digne du dircom de Khadafi, Blatter s'est tout simplement tiré une balle dans le pied alors forcément, ses petits gris-gris et autres jonglages médiatiques ne peuvent plus convaincre personne. Les mois, sinon les jours, de l'autocrate semblent désormais comptés.

La FA anglaise a tiré la première en annonçant son abstention aux élections présidentielles de la République Bananière de FIFA et en invitant les fédérations responsables à en faire de même à l'occasion du 61e congrès.

Les tops sponsors de la FIFA ont emboité le pas avec retenue : nous attendons une véritable mise au clair de la part d'une organisation supposée garante du beau jeu.

Platoche a refusé de tirer sur l'ambulance et s'évite un "tu quoque mi fili" : c'est gentil de penser à moi mais je ne suis pas candidat. Pour le moment.

Il faut dire que le gouvernement mondial du foot a quelque chose de radioactif ces temps-ci. Tout le monde s'attend à un déballage monstrueux, et je ne suis pas fâché de revoir Andrew Jennings, auteur d'un remarquable réquisitoire contre les 'seigneurs des anneaux' de l'Olympisme il y a deux décennies, rôder dans les parages.

Blatter peut affirmer que le jeu se porte bien en évoquant la récente belle finale Barça-MU, cette compétition relève de l'UEFA de son ancien poulain. Et partout dans le monde, les belles vitrines masquent des coulisses pas très nettes. En Corée du Sud, un second joueur vient de se suicider dans le cadre du scandale des matchs truqués.

L'Angleterre ne récupèrera probablement pas "sa" Coupe du Monde 2018, mais je ne serais pas surpris de voir le Qatar perdre l'organisation de l'édition suivante, accordée dans des conditions pour le moins troubles et un calendrier pour le moins accéléré.

Bin Hammam ne sera probablement pas réhabilité, mais cela n'empêche pas le PSG d'annoncer dans le pire des contextes le rachat de 70% de son capital par le fonds souverain du Qatar (Qatar Investment Authority). Colony Capital conserve 30% du gateau et Sébastien Bazin compte bien enfin réaliser ses rêves immobiliers les plus fous. Le budget du club ne devrait pas s'envoler pour autant : c'est une question de business, pas de sport.


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2011.03.29

Le "modèle" EPL bat de l'aile

J'ai assez vivement réagi à un rapport vantant les mérites de l'English Premier League comme un modèle de management auprès des décideurs coréens*.

Ce rapport met fort justement en valeur le travail de toilettage des hooligans opéré avant le lancement de la League en 1992, mais il oublie de signaler le nettoyage des tribunes populaires par l'augmentation radicale du prix des billets, et le passé plus que centenaire du football professionnel en Angleterre : oui, l'EPL attire les foules, mais c'était aussi le cas avant, et certaines rencontres de quatrième division peuvent afficher des assistances plus élevées que bien des matchs de Ligue 1.

L'EPL est en crise sur son coeur de métier: le sportif. Le fossé se creuse entre le top 4-5 et le reste de la ligue (les 5-0 ou 7-0 se multiplient et le ventre mou du championnat est plié dès la mi-saison), le fossé se creuse entre les supporters et des franchises privées de sens, le fossé se creuse entre clubs gérés par des managers responsables (comme Arsenal) et des clubs gérés en dehors de toute logique économique (Chelsea, Manchester City)...

Faillites, échecs des mises en bourse, et le Manchester United tant vanté par cet analyste au bord de l'implosion... un joli modèle en vérité. Réélu haut la main (au propre comme au figuré) à la tête de l'UEFA, Michel Platini doit opérer l'une des réformes les plus importantes du football professionnel : la DNCG à l'Européenne, une autorité supérieure pour contrôler les dérapages financiers. Dans le sport pro, le respect du jeu passe également par le respect des logiques économiques.

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* Ce championnat est suivi de très près dans le pays depuis que les joueurs coréens, Park Ji-sung en tête, y brillent. Manchester United a au même titre que d'autres grands clubs européens fait le pélerinage estival pour booster la vente de maillots et élargir la base des socios.     

2010.12.03

Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons

Si la FIFA voulait éviter les polémiques suite aux scandales de corruption de ces derniers jours, elle aurait probablement confié ses Coupes du Monde 2018 et 2022 à d'autres organisateurs que des oligarques russes et des pétromilliardaires qataris.

Sur le fond et en dépit de l'embarrassante omniprésence de Vladimir Poutine, je ne suis pas choqué par la victoire russe : il était plus urgent d'arpenter ce pays-continent que de s'embarquer dans une nouvelle aventure bicéphale (Espagne-Portugal, Belgique-Pays-Bas, Darren-Tulett)... et a fortiori cannoniser Sir David Beckham (j'avoue que voir l'Angleterre, objectivement le meilleur candidat, terminer bonne dernière me console un peu de Londres 2012).

Comparé à la couleuvre Pologne-Ukraine de Platini, ce Qatar 2022 me parait mille fois plus difficile à avaler pour Sepp Blatter.

Certes, l'Australie n'avait aucune chance : perdu au bout du monde, ce pays-continent-là truste tous les handicaps). Certes, le Japon a rendu la monnaie de sa pièce à son voisin coréen en s'incrustant dans la compétition. Certes, les USA ont eux aussi organisé très récemment l'épreuve suprême. Certes, le Qatar est une grande nation des media et un grand mécène du sport, situé à mi-chemin des marchés Européens et Asiatiques.

Mais le pays n'a jamais participé à une phase finale, n'existe sur la planète football que grâce à ses dollars investis dans un Championnat Palm Springs pour stars en pré-retraîte, et s'est engagé sur la compétition sportive la moins écologiquement correcte de l'histoire. 

Par ailleurs, le Qatar compte moins d'un million d'habitants, dont la majorité ne bénéficie même pas de la nationalité - la candidature s'est d'ailleurs appuyée sur deux Qataris bien connus : les Travelers Cheikhs Zinédine Zidane et Christian Karembeu. Pendant la compétition, le touriste sportif constituera de loin la première population du pays. Son séjour se résumera à la visite de quelques dunes, beaucoup de boutiques, et puisqu'il faut tuer le temps deux matchs dans la même journée. Avec un peu de chance, il croisera peut-être un authentique Qatari dans la rue.

Quant aux joueurs, avec un peu de chance, ils croiseront peut-être un authentique Qatari sur le terrain. Car d'ici 2022, vous devez vous attendre à des naturalisations en masse.

Je ne serais d'ailleurs pas surpris d'apprendre que les émissaires chargés de repérer les pays du tiers monde susceptibles de recevoir leurs stades passent en réalité la majeure partie de leur temps à recruter à tour de bras dans les maternelles locales.

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2010.06.13

Messi en forme

Cette Coupe du Monde est maintenant bien lancée. En dépit du score étriqué contre le Nigéria (1-0) et des loupés de Gonzalo Higuain (son duel à distance avec Milito parait mal engagé), l'Argentine est au niveau et Messi en forme. Reste à confirmer pendant un mois, ce qui n'est pas vraiment acquis. Don Diego, pavarotique avec sa barbichette, a pu tester la profondeur de son banc sans affecter la vitesse de jeu de sa sélection.

Inversement, pas d'inquiétude pour l'Angleterre de Capello si ce nul face aux States (1-1) s'inscrit dans la préparation progressive à l'Italienne. Les US confirment pour leur part un parcours solide en Coupe des Confédérations et la montée en puissance inéluctable d'un futur grand du football mondial.

Confirmation également pour la Corée du Sud : à défaut de se qualifier pour les huitièmes, les guerriers taeguk auront au moins glané une victoire en Coupe du Monde pour la troisième édition consécutive (KOR-GRE 2-0). Surtout, ils n'ont jamais donné l'impression d'être en danger, à part peut-être sur la toute première action grecque. La qualité du collectif s'est spectaculairement améliorée depuis l'année dernière, et les trois générations de joueurs fonctionnent enfin parfaitement ensemble. Le jeune gardien JUNG Sung-ryong, encore un peu léger sur ses sorties, a mille fois plus rassuré que le vieillissant Lee Won-jae. De bon augure pour l'avenir, y compris à court terme : cette équipe peut poser des problèmes à l'Argentine.

Pour la troisième journée, trois affiches assez exotiques : je suivrai en priorité Algérie - Slovénie avec un bon espoir pour les Fennecs, mais Serbie-Ghana peut donner. Allemagne-Australie parait a priori trop déséquilibré, mais qui sait...

footlog 2010

* déjà
Voir aussi le calendrier, les pronos.

2010.03.17

Break it like Beckham

Blessé au tendon d'achille, David Beckham n'ira probablement en Afrique du Sud que pour assurer la promotion de la candidature anglaise à la Coupe du Monde 2018.

Sa saison Italienne (2009-2010) est terminée, sa saison Américaine (2010) pour le moins tronquée, et sa carrière pas loin de la fin.

Pour ce grand joueur, cette blessure s'avère bien évidemment très regrettable, d'autant que les Anglais présentent leur meilleure équipe depuis des lustres*. Pour l'homme, elle couronne une gestion de carrière pour le moins contestable.

Bien sûr, il n'y a pas forcément de lien entre cette blessure et le cumul des mandats de la star au Milan AC et au Los Angeles Galaxy, mais la question se pose. Surtout, l'accident survient en Italie et rappelle encore plus cruellement combien Beckham a trahi le soccer US : abandonnant sa mission d'évangélisateur pour une quête plus égoïste, le poseur a finalement lâché la proie pour l'ombre, échouant sur tous les plans.

La voie de la rédemption ? Prolonger à L.A.. Non seulement aller au bout de son mandat en terminant 2010 en beauté, mais carrément rempiler en faisant des sacrifices sur son salaire. Jouer pour le jeu et non plus jouer pour soi-même.

Et qui sait, en 2014... ?

footlog 2010

 

* même sans Becks, je les vois toujours atteindre les demi-finales et Rooney remporter le titre de meilleur buteur - voir Coupe du Monde 2010 : les pronostics

2009.08.28

Nick Hornby : Carton Jaune / Fever Pitch

Football et littérature font plus souvent bon ménage qu'on ne le pense, et cet ouvrage ravira les amateurs de football comme les amateurs de bonnes pages, les vrais supporters qui ont le malheur de supporter un club maudit (le "boring Arsenal" pré-Wengerien) contre vents et marées, comme les vrais héros de ce livre : ceux qui supportent ces vrais supporters au quotidien en dépit de leurs innombrables travers.

Et question travers, Nick Hornby nous régale au fil de comptes-rendus de matchs perdus d'avance : ceux de son club contre des adversaires plus brillants, le sien contre sa propre obsession.


2009.04.30

Bon vent à Chorlton Villa

Carton jaune pour pratique antisportive, on connaissait. En l'occurence, le coupable a perturbé le tireur au moment du pénalty, provoquant l'échec de la tentative. L'arbitre le sanctionne, fait retirer le péno, but, rien d'anormal jusque là... à part le score final peut-être : 6-4 pour Villa contre Manchester.

Chorlton Villa contre l'International Manchester FC, je précise.

Le crime du joueur cartonné ? Avoir flatulé bruyamment, à en croire l'arbitre. Villa dément, et trouve l'homme en noir un peu gonflé sur ce coup.

Info, intox, ou intoxication ? Peu importe : ceux-là méritent vraiment de rejoindre la Ligue des Oubliés.

footlog

2009.03.09

Carlos Vela, Eduardo, les années 80

S'il suffit de peu de chose pour sauver une journée, les coups de pattes de Carlos Vela et Eduardo contre Burnley en FA Cup ont ni plus ni moins sauvé deux décennies perdues.

Ni l'un, ni l'autre, ni même Abu Diaby ou Alexandre Song, grands frères impeccables hier, n'étaient nés quand le football d'Amsud jouait encore sur une autre planète, quand le ballon obéissait à d'autres lois de la physique et prenait son temps pour quitter le pied une fois la passe effectuée.

Un contrôle orienté - petit pont pour le Mexicain, une reprise - aile de pigeon pour le Brésilien, et voilà deux buts d'un autre temps pour la jeune classe d'Arsenal (Nicklas Bendtner est jeune, porte le même maillot, et y a été de son petit but lui aussi, mais il n'évolue pas dans la même classe). Même sans Cesc Fabregas blessé, l'atelier du père Arsène continue à sortir des joyaux réjouissants. Andrey Arshavin, peut-être déjà un peu trop poli, doit continuer à se frotter à ses coéquipiers pour rayonner dans son nouveau club.

J'ai zappé en alternance avec un AC Milan - Atalanta Bergame achevé sur le même score de 3-0. Triplé de Filippo Inzaghi.

Celui-là, rien à dire sur le plan de l'efficacité... mais il me rappelle plutôt le pire des années 70.

Quant à Beckham, je suis content qu'il s'amuse de nouveau sur un terrain de foot mais s'il respectait vraiment le jeu, il n'aurait pas ridiculisé la MLS au pire moment.

2008.01.09

La Ligue de 5 à 7

L'IFFHS (International Federation of Football History and Statistics) ne se contente pas de porter un nom abscons ; elle pond également des classements aussi essentiels que celui des meilleurs gardiens-buteurs ou aussi farfelus que celui des meilleurs championnats nationaux.

Ce dernier détermine scientifiquement une note à la décimale près en prenant en compte les performances des représentants en compétitions internationales. Ne me demandez pas pourquoi la prestigieuse S-League de Singapour, absente de l'AFC Champions League, figure 15 places devant la K-League de Corée du Sud, demi-finaliste avec Seongnam, mais sachez tout de même que la Ligue 1 chère à Frédéric Thiriez (et encore plus chère à Canal+) a perdu deux places entre 2004 et 2007.

Le quator de tête n'a pas changé. Tout juste l'Angleterre a-t-elle remplacé l'Espagne au sommet, à la faveur de son triplé stérile en demi-finales de la Champions League - le Brésil a rejoint à égalité l'Italie sur la troisième marche du podium.

La France, 5e en 2004 grâce aux deux finales de Monaco et Marseille, se voit passer devant par l'Argentine et l'Allemagne. Et accessoirement marcher dessus par l'AS Roma en huitièmes.

Il faudrait songer à revoir notre compétitivité. Et faute de pouvoir curer le malade, on peut commencer par changer le thermomètre. Demandons par exemple à l'IFFHS de nous pondre un Indice UEFFHSA qui garantisse à nos clubs de bons tirages jusqu'en finale. Mais de vrais bons tirages, pas des clubs suisses décidément trop forts pour nos représentants en C3, ni des clubs écossais, pas bons à prendre ces temps-ci. On évitera les équipes luxembourgeoises, trop proches de Metz pour nous porter la scoumoune. Et aussi tant qu'à faire, ces fameuses terreurs de Singapour - on ne sait jamais, au rythme auquel l'Europe s'élargit...

On pourrait aussi revoir notre façon de vendre le produit. Remplacer ce 1 par un "Premier" plus noble et plus clâssieux, pour commencer. Et pis League, ça fait plus moderne que Ligue, non ? On pourrait aussi inviter des clubs anglais pour relever le niveau de notre championnat - ça c'est déjà vu au niveau des arbitres, pourquoi pas pousser le bouchon plus loin, les Lyonnais, ils aiment bien les bouchons, je crois d'ailleurs. Et pour résoudre la distorsion concurrentielle sur les niveaux de taxation on autoriserait nos clubs à se délocaliser outre-manche. On pourrait alors inviter Rupert Murdoch à l'appel d'offres pour les droits TV...

Un minimum de bon sens permettrait à notre Premier League de ravir sa place à l'actuel numéro 1. Il suffit d'y croire.

ça urge : la France est talonnée par le Mexique.

2007.08.08

Milliband vote Wenger

Le nouveau Ministre des Affaires Etrangères grand-breton adore Arsenal et son coach. Sa philosophie s'inspire d'ailleurs ouvertement d'Arsène Wenger : faire en sorte que les siens donnent le meilleur d'eux-même plutôt que de miser sur les failles de l'adversaire.

Son boss préfère le foot de son Ecosse natale et pourrait donc nourrir un faible pour sir Alex, dont la stratégie repose plutôt sur une course permanente à l'armement pour empêcher la concurrence d'avoir accès aux plus grands joueurs. Du reste, David Milliband n'était-il pas un concurrent potentiel au poste de Premier Ministre ?

A défaut du physique de jeune premier de son ministre, Gordon Brown bénéficie d'une tête bien faite et d'une vision du jeu assez remarquable. Le successeur de Tony Blair a pourtant perdu l'usage d'un oeil au rugby dans sa jeunesse. Ce faux flegmatique n'a donc pas peur d'aller au contact (NB : cela ne l'empêche pas de rêver comme une midinette : Brown verrait bien George Clooney jouer son rôle un jour, mais je verrais plutôt Terry Jones au casting).

Comme pour les clubs de Premier League, la principale question reste de savoir combien d'éléments ce gouvernement va pouvoir conserver à l'abri des investisseurs russes ou américains.

2007.03.27

Chelsea bannit 4 lanceurs de legumes

Quatre supporters de Chelsea ont été bannis pour avoir jeté des légumes sur la pelouse à l'occasion du quart de finale de la Cup contre Tottenham (20070319).

Frédéric Antonetti n'a pas été inquiété, et pourtant il jette régulièrement Cyril Rool sur la pelouse du Stade du Ray et encore, sans le laver ni lui couper la queue auparavant.

Les pseudos supporters de France et de Navarre n'ont pas été inquiétés, et pourtant ils jettent régulièrement des fumigènes, objets contodants et autres insultes racistes sur les terrains.

Enfin... je note qu'il s'agit de légumes et non de fruits, ce qui exclut les bananes - c'est déjà cela. Connaissant les habitudes proto-culinaires de nos quasi-voisins grand-bretons, et sachant que les stars de Chelsea ne jouent pas pour des nèfles, il pourrait bien s'agir de carottes ou plus vraisemblablement encore, de haricots.

On comprend mieux que Rowan Atkinson évite les tribunes hautes : d'ici à ce que Lassana Diarra se prenne un Mr Bean sur la tronche...

2007.01.30

France Football parasité par la Beeb

Un FF rouge et blanc au coeur du foot, tout le monde connait. Ces initiales, ce code couleur, ce thème, bien sûr, appartiennent à France Football.

Sauf que ce média-ci parle Anglais et porte l'étendard de la BBC. "Football Focus" débarque sur les écrans force annonces et roulements de tambours. TA-DAAA :

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Pas assez sexy et trop proche de l'original ? La Beeb propose aussi une version stretch :

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Canto et Wenger ne leur suffisaient pas ?

2006.12.19

Gibraltar, l'autre rocher décroché

C'est quand l'AS Monaco s'apprétait à remporter son premier titre de Champion de France que la question s'est vraiment posée de sa représentativité : le club de la Principauté pouvait-il représenter la France en Coupe d'Europe des Champions ?

Les joueurs de l'autre Rocher, celui de Gibraltar, ne savent même pas s'il représentent l'Espagne ou le Royaume-Uni, le différend entre les deux nations demeurant en suspens depuis trois siècles. Ce caillou est officiellement un Territoire d'Outre Mer du Royaume-Uni dirigé par HRH Queen Babette 2, mais l'Espagne l'a cédé sans jamais en abandonner totalement le droit.

L'UEFA étudie l'adhésion de l'association de football locale en se gardant bien de froisser les Espagnols, beaucoup plus sensibles sur le sujet que les Grands Bretons : d'un côté la Catalogne et le Pays Basque ne manqueraient pas de demander des comptes, de l'autre Gibraltar ne ferait que joindre la grande famille des fédérations "affiliées" à la Couronne. Outre le Pays de Galles, l'Eire, l'Angleterre et l'Ecosse, les sujets de sa très grâcieuse majesté considèrent toujours que l'Australie, le Canada et tant d'autres n'ont jamais vraiment pris leur indépendance.

Le plus simple serait de laisser les joueurs de Gibraltar dans leur no man's land, à affronter le Tibet, Zanzibar, la République Turque de Chypre du Nord et le Groenland dans la très borgèsienne FIFI Wild Cup où le club de Sankt Pauli a dû faire sécession de l'Allemagne pour compléter le plateau de 6 équipes (la Republik Sankt Pauli s'est d'ailleurs inclinée contre Gibraltar dans la finale pour la 3e place).

Comme quoi, parfois, le dîner d'un ambassadeur n'est pas toujours un succès s'il décide de mettre un rocher sur la table.

2006.07.02

Le Brésil jouait en bleu

La logique annonce un Allemagne - France pour le 9 juillet mais dans ce dernier carré très européen, il n'est pas impossible que cette affiche soit avancée au 8 juillet : l'Italie sera difficile à battre à la régulière et Luiz Felipe Scolari ne lâchera pas si facilement son trophée.

Si Raymond Domenech n'a pas le palmarès de Scolari, il s'est déjà affirmé comme un grand sélectionneur : un homme courageux qui sait prendre les décisions et forger un groupe. Car comme en 1998, la France n'a pas la meilleure équipe de la Coupe du Monde (les Pays Bas en 1998 et l'Argentine en 2006), mais le meilleur groupe. A égalité avec l'Allemagne de Klinsmann, le talent en plus et le souffle en moins.

Hier soir, les Bleus avaient encore le souffle. Bien sûr, Zizou a baissé le pied sur la fin de match mais cela ne l'a pas empêché de continuer à briller : de l'époustouflant festival d'un numéro 10 en état de grâce à l'ingrat mais efficace labeur d'un numéro 6 déterminé à ne rien lâcher. S'il réussit son pari avec une deuxième étoile de Champion du Monde au bout, Zinedine Yazid Zidane entrera définitivement dans la légende. Même si Michel Platini devait rester le plus grand Bleu de l'Histoire, il n'aura pas eu le plaisir de s'offrir de tels adieux.

Car c'est avant tout de plaisir qu'il est question, d'intensité. Comme dans ce jeu, finalement pas si brillant une fois qu'on met les gris-gris en veilleuse ; la France domine son sujet comme en 2000 mais de façon différente, moins flamboyante mais tellement plus intense à vivre. A l'époque, seuls Blanc et Deschamps jubilaient au figuré en plus du propre mais demain, c'est la moitié du groupe qu'il faudra remplacer. Avec en somptueux cadeau de départ un statut de tête de série pour les qualifs de 2010.

En face, les Auriverdes n'avaient pas assez faim pour manger du coq ni même défendre leur biftek. Juninho est passé à côté de son match et Ronaldinho de sa Coupe du Monde. Paradoxalement, seul Ronaldo a tenu son rang. Cette équipe sera difficile à battre dans quatre ans, quand elle aura retrouvé les crocs, l'envie et la joie de jouer.

Le Portugal ne faisait pas plaisir à voir hier. J'ai été comblé par leur qualification mais déçu par leur peur de jouer. S'ils ne parviennent pas à sortir le grand jeu contre la France, il faudra un super Ricardo pour barrer les Bleus. S'ils se libèrent enfin avec Deco à la baguette, Barthez pourra enfin se chauffer les gants. Là aussi, que le meilleur gagne et que ce match s'annonce intense !

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Bons points : Owen Hargreaves (ENG - décidément, dans cette édition, seuls les tâcherons auront été à la hauteur chez les Anglais) - Alexandre Ricardo Pereira (POR - pour sa série de tirs aux buts bien sûr, mais surtout pour son match auparavant : si la défense n'a pas craqué elle le doit à son gardien et à sa tête froide en toute circonstance) - Zinédine Zidane (FRA - mais je n'oublie pas non plus la première mi-temps de Claude Makelele) - Luiz Nazario de Lima Ronaldo (BRA - pas dit que ce soit son dernier match en Coupe du Monde - un peu comme Roger Milla, le temps de jeu ne doit pas se mesurer par tranches de 90 mn mais se savourer par tranches de 4 ans)

2006.06.26

Pays-Bas, pays des bassesses

Les Pays-Bas avaient déjà dévoilé une partie de leur potentiel destructeur contre la Côte d'Ivoire*, ils ont livré hier le fond de leur pensée : les créateurs n'ont pas le droit d'exister, ils doivent être détruits et si l'arbitrage montre le moindre signe de faiblesse, tout est permis. Même ceux qui savent jouer au football se sont contentés de jouer la comédie : je ne regrette pas la disparition de Robben ou Van Bommel de la compétition compte tenu du spectacle de pantomime qu'ils ont offert aux caméras en marge de ce Festival de brisage de Cannes. Je suis simplement triste de voir Marco Van Basten associé à cette lamentable équipe, une fois de plus** l'orange la plus fade de ces vingt dernières années.

Dans la catégorie bas pays mais dans un style différent, l'Angleterre a comme prévu** fini par vaincre sans convaincre des marathoniens équatoriens incapables d'accélérer le jeu mais opposés à une équipe si faible que même en marchant ils parvenaient à créer la panique à chaque incursion dans la moitié de terrain adverse.

Cette édition 2006, pourtant partie sur de bonnes bases, dévoile son vrai visage sur les quatre premiers matchs de sa phase de coupe : deux matchs pourris par un arbitrage si médiocre que même le Président de la FIFA Sepp Blatter doit concéder un carton jaune à l'arbitre, deux pléiades de grands joueurs incapables de se libérer face à des adversaires pourtant à leur portée, aucun beau match et en guise de beau joueur un goret aux oreilles décollées beuglant à longueur de match sur l'un des rares arbitres assistants à la hauteur de l'événement. Le nouveau Pelé, ce Wayne Rooney ? Je dirais plutôt Gronaldo bis : pas agréable à voir jouer sauf quand il laisse parler ses seuls pieds. Tout cela n'incite guère à garder la télé allumée.

Les seules bonnes nouvelles de la journée d'hier ? Le Portugal a fini par passer (sans ses artistes) et la France est toujours qualifiée (avec ses artistes).

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Bons points : Giovanni Van Bronckhorst (NED - bien qu'expulsé, l'un des moins violents néerlandais hier - je veux surtout retenir la touchante discussion des bannis en fin de match avec son ami Deco) - Luis Miguel Brito Garcia Monteiro (POR - Robben n'a pas vu le jour, sauf quand emporté par son état de grâce en fin de match, Miguel cherchait le 2-0 dans un utopique exploit personnel) - Neicer Reasco Yano (ECU - encore lui) - Ashley Cole (ENG - avec son homonyme, aura été pour beaucoup dans le détonant flanc gauche de cette pitoyable équipe anglaise)

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* cf mauvais points in "Dimanche, je signe pour le nul" (20060617)
** cf blogule d'hier

2006.06.25

Messieurs les Anglais, tirez vous les premiers

La Coupe du Monde a commencé hier sur une mise en jambes convenable sans plus : l'Allemagne a bénéficié des largesses d'un arbitrage maison pour le match d'ouverture, et l'Argentine s'est autorisé une petite frayeur avant de lacher les taureaux dans l'arène.

Aujourd'hui, l'Angleterre compte bien s'extirper vivante du Barrio Latino de la Weltmeisterschaft 2006 : après la victoire à l'économie sur le Paraguay et la victoire pour le moins capillotractée contre Trinité et Tobago, une victoire sans pression mais avec panache face aux Equatoriens ? Pour la beauté du jeu, on souhaiterait vraiment les voir élever le leur ou mieux (pour être totalement franc), se faire humilier par les petits poucets des huitièmes. Histoire de mieux faire passer l'élimination des Bleus face aux conquistadores d'Aragones ?

Comme les Allemands et les Anglais, les Néerlandais pourraient bien aller jusqu'au bout sans révolutionner le football. Ils décrocheraient alors la timbale avec leur équipe la plus faible depuis 20 ans. Là aussi, je préfèrerais voir triompher les Latins et la génération dorée de la bande à Figo. Avec si possible un match de feu de Pierre Michel Paulette. Pour le coup, ça lancerait vraiment cette édition 2006.

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Bons points : Miroslav Klose (DEU - le meilleur attaquant de cette competition jusqu'à présent) - Andreas Isaksson (SVE - pas vraiment aidé par ses partenaires) - Juan Pablo Sorin (ARG - trop souvent oublié sur la gauche par un Riquelme et un Saviola focalisés sur le centre - le seul a écarter le jeu côté argentin avant la double rentrée attendue du Messie et de Quasimodo) - Carlos Salcido (MEX - pas le plus brillant mais a bien contrôlé le flanc gauche des Mexicains - ne pouvait pas grand chose sur l'action du match Sorin - Maxi Rodriguez).

2006.06.21

Libre arbitre

C'était écrit, l'arbitrage s'est singulièrement dégradé au fil de la compétition et l'unité de façade des premiers jours a cédé la place au bon vieux système à plusieurs vitesses, aussi incontournable pour amortir les investissements des sponsors que dommageable pour le jeu et son intégrité.

Hier, ce n'est pas Mr Valentin Ivanov qui allait priver Ballack ou un autre joueur clef de la Mannschaft du prochain match*.

Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire jouera pour l'honneur au lieu de la qualification.

Et avant même vendredi, nos petits coqs se sont déjà trouvé des excuses pour rentrer au bercail sans honorer leur poule.

L'arbitrage vidéo n'est pas pour demain et ça n'est peut-être pas plus mal. Comme en 1998 (épisode Brésil-Norvège), on ne découvre parfois le fin mot de l'histoire que plusieurs jours après le match : sur le premier but anglais face aux Trinidadiens, Peter Crouch a bien tiré la natte de Brent Sancho. Or dans ce duel cervantesque, c'est à cet instant précis que Sancho pencha, et avec lui avec le sort du match.

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Bons points : Steven Gerrard (ENG) - Christian Wilhelmsson (SVE) - Miroslav Klose (DEU) - Christian LARA (ECU)
Pas vu et donc pas pris de notes : PAR-TRI et POL-COS

Groupe A 
- la révélation : Philip Lahm (DEU)
- la confirmation : l'Allemagne suit parfaitement la feuille de route de la France en 1998 (phase de destruction par les medias avant la compétition, phase de construction de l'équipe avec un premier tour sans histoires)
- retour sur mes pronostics du 10/12/2005** : les Polonais sont à leur place mais l'Equateur a remplacé le Costa Rica comme équipe surprise - j'attendais sincèrement mieux des Costaricains. Le calendrier a logiquement joué en faveur des Equatoriens dans un groupe somme toute assez faiblard. 2 bons résultats dont 1 bon score (ALL-ECU 3-0).
Groupe B
- la révélation : Christian Wilhelmsson (SVE)
- la confirmation : si l'Angleterre doit triompher au final, ce ne sera pas avec la manière
- retour sur mes pronostics du 10/12/2005** : l'Angleterre a comme prévu peiné mais pas au point de concéder le nul au Paraguay. 3 bons résultats dont 1 bon score (SVE-ENG 2-2).

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* consolons-nous avec le sourire de "Jürgentleman Klinsmann" (20051112)

** repris dans "CM'06 - Tous les résultats du 1er Tour" (20060606)

2005.11.26

George Walker Worst

Je me permets d'exhumer ce texte que j'avais commis l'an dernier en hommage à un grand joueur porté sur le rouge...

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La légende de Worst repose autant sur son diabolique pied gauche que sur son redoutable lever de coude. Car quand il s’agissait de descendre les half pints, le demi de Preston North End ne faisait jamais les choses à moitié. Même suffisamment imbibé pour faire par sa seule haleine sombrer l’ivrogne le plus aguerri dans un profond coma éthylique, George Walker Worst continuait à affoler les défenses de sa classe éblouissante. « Le bougre savait parfaitement maîtriser la vessie », résuma le père Andrews Bock à l’enterrement de son ami (à cette époque, le ballon se fabriquait toujours sur la base d’une vessie de porc).

Worst fit pourtant une fois scandale en s’exhibant ivre mort, mais dans le pire des contextes : alors même qu’il recevait son titre de Member of the British Empire des mains de la grande Reine Victoria. C’est ainsi que fut révélé son pire handicap, proprement inconcevable dans l’Angleterre victorienne : son surprenant métabolisme le rendait incapable de tenir le thé.
Stéphane MOT 2004.