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2013.02.22

Qatargate

Dès le départ, l'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde 2022 au Qatar sentait le souffre, le gaz, et le pétrole (voir "Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons"). En Juin dernier, je me risquais encore à pronostiquer "l'Angleterre ne récupèrera probablement pas "sa" Coupe du Monde 2018, mais je ne serais pas surpris de voir le Qatar perdre l'organisation de l'édition suivante, accordée dans des conditions pour le moins troubles et un calendrier pour le moins accéléré" (voir "La Samaranchisation de la FIFA n'est pas une fatalité").

A en croire France Football, les Etats Unis se tiendraient prêts à prendre le relais au cas où. Les States, c''était d'ailleurs le choix de départ pour Blatter et Platini, avant que ce dernier ne se ravise, semble-t-il à la suite de ce fameux diner à l'Elysée lancé à quelques jours du vote par un supporter du PSG ne tenant pas totalement Canal+ dans son coeur.

Parmi les convives de cette sacrée soirée:

- Tamim bin Hamad al Thani, un sheikh à provisions... et Prince Héritier du Qatar. A ne pas confondre avec sheikh Hamad bin Thamer Al Thani, patron d'Al Jazeera, mais c'est la même famiglia. Peu de temps après le diner, Al Jazeera lance un Canal+ killer qui rafle le gros des droits TV: BeIn Sport.

- Sébastien Bazin, le représentant de Colony Capital, l'actionnaire principal du PSG qui désespère de vendre ce club de tocards. Peu de temps après le diner, Qatar Sports Investments reprend le PSG pour y claquer quelques centaines de millions, et y place à sa tête Nasser Al Khelaifi, le DG d'Al Jazeera.

- Notre Platoche national, candidat au job de Blatter à la tête de la FIFA et papa du jeune Laurent Platini. Peu de temps après le diner, Lolo se voit financer par Qatar Sports Investments et Mimi, qui a apporté son vote au Qatar, semble avoir gagné quelques supporters au-delà de ses fédérations européennes. Même pas besoin du peu regretté Mohamed bin Hammam pour mettre de l'huile.

- Nicolas Sarkozy, candidat à une réelection et au bling bling éternel. Peu de temps après le diner, le Petit Pair des Pipoles n'a pas été réélu, mais il a donné sa première conférence publique grassement rémunérée à Doha, au Qatar.

Et le sport dans tout cela? Il n'en est question que de façon indirecte, à propos du projet de changement de calendrier. Si la compétition se passe en hiver, on évitera les 50 degrés Qataris, mais si on change la donne par rapport au cahier des charges, le Qatar prête le flanc juridiquement à ses concurrents, et les Anglais ne se gèneront pas pour tirer les premiers. Sepp Blatter laisse l'initiative au Qataris, à condition qu'ils se déclarent avant la fin de son mandat.

Personne ne bouge, sauf Michael Garcia, auquel il est demandé de faire toute la lumière mais sans jus et sans alumettes. Seul Jérôme Valcke a évoqué clairement l'"achat" de la compétition, mais dans le cadre d'un e-mail supposé rester confidentiel.

Un landerneau aussi gangréné ne peut être réformé que de l'extérieur. Et ne comptez pas sur les concurrents pour faire le ménage:

- Kaiser Franz Beckenbauer lorgne autant que Platoche sur le poste de Blatter, mais à écouter son lieutenant Karl Heinz Rummenigge parler du Qatar et du changement de calendrier on se doute qu'il ne lèvera pas le petit doigt contre l'Emirat où son Bayern chéri fait ses stages. A se demander comment ils ont obtenu Pep Guardiola, grand ami du Qatar...

- Le successeur de Sarko n'a pas vraiment bouté les Qataris hors de France: François Hollande a dès ses premiers mois à l'Elysée accepté les millions offerts pour les banlieues défavorisées.

...

On ne peut même pas se consoler en regardant de bons vieux matchs: quand il est question de jeu, c'est à propos de paris truqués - 600 rencontres achetées aux dernières nouvelles, aucun continent épargné...

Sinon, il y a toujours le terrain vague du coin, avec des chandails pour signaler les poteaux de buts. 

footlog 2013

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2012.07.08

Subbuteo ressuscité !

Vous allez me trouver vieux jeu, mais la meilleure simulation de foot n'est pas à chercher dans une console de jeu ou sur un écran dernier cri.

Non, je ne veux pas parler du baby foot - cet erzatz fort sympathique au demeurant, mais sans grand rapport avec le jeu dans son rendu et sa construction - mais du Subbuteo, le seul, le vrai football sur table:

subbuteo,baby foot

Difficile d'estimer le nombre d'heures passées à jouer au Subbut'. Tenez, rien que pour cette titanesque coupe du monde des clubs courant sur trois ans, en duel avec un cousin...

Voyons voyons: nous avions d'abord recensé plus de 4000 clubs d'élite du monde entier en descendant les divisions pour les gros championnats (mais nous n'avions oublié personne: je me souviens avoir porté le valeureux Tomori Berat (Albanie) jusqu'aux demi-finales de ce monstrueux tournoi), puis effectué un tirage au sort intégral (avec seulement 128 têtes de séries protégées) pour constituer poules de 32 avec matchs aller et retour de 5 mn, prolongations de 3 mn, et finales de poule de 10 mn... 5 h 10 par poule hors prolong' et arrêts de jeu, soit 661 h 20 mn rien que pour le premier tour, et 40.950 mn au total. 28 jours, 10 heures et 30 minutes sur ce foutu terrain d'à peine un mètre carré pour une simple partie !

Inutile de vous dire qu'après ça vous maîtrisez un peu la bestiole: grands ponts, frappes brossées, lobs piqués, arrêts réflexes, corners directs, reprises à l'arrêt... jusqu'aux fautes intentionnelles (pas joli joli mais les vilains gestes étaient systématiquement cartonnés). La seule limite bien sûr étant de ne pouvoir bouger qu'un joueur à la fois, mais c'est toujours mieux qu'une barre de baby foot oscillant entre le pas de l'oie et les Folies Bergères.

J'ai toujours mon vieux terrain, aussi mité que le fameux champ de patates de Limassol de 1980, et une bande de joueurs éclopés portant des dizaines de maillots différents, certains à peine remis d'une quadruple fracture tibias-péronés opérées à la colle ultra forte, certains avec les vieux socles fendus au centre, le tout dans un carton scotché à la cave depuis des décennies.

Je ne sais pas ce qui m'y a fait penser ce matin. Peut-être cette carte de voeux anglaise reçue pour mon dernier anniv', avec ses joueurs de Subbuteo. Elle trône quelque part derrière dans mon bureau et je n'y fais plus attention, mais mon inconscient nostalgique des glissades sur feutre vert ne l'entend pas de cette oreille.

Je me décide donc d'aller jeter un oeil sur le site de la marque (confiée à Hasbro par Paul Lamond Games), qui annonce un relancement pour les fêtes de fin d'année chez nos amis Grand-Bretons:

subbuteo,baby foot,

J'apprends donc dans le même souffle que Subbuteo était mort mais va ressusciter. 

Quelque part, c'est un produit dans l'air du temps: un jeu IRL, vintage à souhait. Le fabricant mise sans doute sur les anciens joueurs dans mon style, qui ont raccroché les nanocrampons depuis des lustres. Il doit y avoir un paquet de parents et grand-parents ravis de voir parmi la descendance un teenager accro au foot, mais totalement réfractaires à l'idée de lui offrir un jeu video sans âme qui sera obsolète à la fin de la saison. 

Personnellement, je ne plongerai pas: d'une part je n'ai pas l'alibi d'une descendance, et d'autre part je n'aime pas plonger (je joue en attaque, pas dans les buts, et pas dans les comédies à l'italienne). Mais si vous aimez le foot, songez-y.

footlog 2012

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2011.06.01

La Samaranchisation de la FIFA n'est pas une fatalité

J'évoquais récemment la Samaranchisation de la FIFA, et cette délétère atmosphère de "Fin de règne", mais la surréaliste conférence de presse de Sepp Blatter a probablement définitivement enfoncé le clou.

Dans un numéro de 'tout va très bien madame la marquise' digne du dircom de Khadafi, Blatter s'est tout simplement tiré une balle dans le pied alors forcément, ses petits gris-gris et autres jonglages médiatiques ne peuvent plus convaincre personne. Les mois, sinon les jours, de l'autocrate semblent désormais comptés.

La FA anglaise a tiré la première en annonçant son abstention aux élections présidentielles de la République Bananière de FIFA et en invitant les fédérations responsables à en faire de même à l'occasion du 61e congrès.

Les tops sponsors de la FIFA ont emboité le pas avec retenue : nous attendons une véritable mise au clair de la part d'une organisation supposée garante du beau jeu.

Platoche a refusé de tirer sur l'ambulance et s'évite un "tu quoque mi fili" : c'est gentil de penser à moi mais je ne suis pas candidat. Pour le moment.

Il faut dire que le gouvernement mondial du foot a quelque chose de radioactif ces temps-ci. Tout le monde s'attend à un déballage monstrueux, et je ne suis pas fâché de revoir Andrew Jennings, auteur d'un remarquable réquisitoire contre les 'seigneurs des anneaux' de l'Olympisme il y a deux décennies, rôder dans les parages.

Blatter peut affirmer que le jeu se porte bien en évoquant la récente belle finale Barça-MU, cette compétition relève de l'UEFA de son ancien poulain. Et partout dans le monde, les belles vitrines masquent des coulisses pas très nettes. En Corée du Sud, un second joueur vient de se suicider dans le cadre du scandale des matchs truqués.

L'Angleterre ne récupèrera probablement pas "sa" Coupe du Monde 2018, mais je ne serais pas surpris de voir le Qatar perdre l'organisation de l'édition suivante, accordée dans des conditions pour le moins troubles et un calendrier pour le moins accéléré.

Bin Hammam ne sera probablement pas réhabilité, mais cela n'empêche pas le PSG d'annoncer dans le pire des contextes le rachat de 70% de son capital par le fonds souverain du Qatar (Qatar Investment Authority). Colony Capital conserve 30% du gateau et Sébastien Bazin compte bien enfin réaliser ses rêves immobiliers les plus fous. Le budget du club ne devrait pas s'envoler pour autant : c'est une question de business, pas de sport.


footlog 2011
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2011.03.29

Le "modèle" EPL bat de l'aile

J'ai assez vivement réagi à un rapport vantant les mérites de l'English Premier League comme un modèle de management auprès des décideurs coréens*.

Ce rapport met fort justement en valeur le travail de toilettage des hooligans opéré avant le lancement de la League en 1992, mais il oublie de signaler le nettoyage des tribunes populaires par l'augmentation radicale du prix des billets, et le passé plus que centenaire du football professionnel en Angleterre : oui, l'EPL attire les foules, mais c'était aussi le cas avant, et certaines rencontres de quatrième division peuvent afficher des assistances plus élevées que bien des matchs de Ligue 1.

L'EPL est en crise sur son coeur de métier: le sportif. Le fossé se creuse entre le top 4-5 et le reste de la ligue (les 5-0 ou 7-0 se multiplient et le ventre mou du championnat est plié dès la mi-saison), le fossé se creuse entre les supporters et des franchises privées de sens, le fossé se creuse entre clubs gérés par des managers responsables (comme Arsenal) et des clubs gérés en dehors de toute logique économique (Chelsea, Manchester City)...

Faillites, échecs des mises en bourse, et le Manchester United tant vanté par cet analyste au bord de l'implosion... un joli modèle en vérité. Réélu haut la main (au propre comme au figuré) à la tête de l'UEFA, Michel Platini doit opérer l'une des réformes les plus importantes du football professionnel : la DNCG à l'Européenne, une autorité supérieure pour contrôler les dérapages financiers. Dans le sport pro, le respect du jeu passe également par le respect des logiques économiques.

footlog 2011

* Ce championnat est suivi de très près dans le pays depuis que les joueurs coréens, Park Ji-sung en tête, y brillent. Manchester United a au même titre que d'autres grands clubs européens fait le pélerinage estival pour booster la vente de maillots et élargir la base des socios.     

2011.02.22

Grant Wahl s'attaque à Sepp Blatter et à la Samaranchisation de la FIFA

Grant Wahl a décidé de présenter sa candidature à la présidence de la FIFA.

Au-delà de sa propre personne, ce journaliste américain braque les projecteurs sur une organisation pour le moins sclérosée.

Qu'il nous parait loin le temps où l'ambitieux Sepp Blatter, flanqué de sa caution morale Platini, poussait à la retraîte l'indéboulonnable Joao Havelange. Un vent de réforme soufflait alors sur la planète football, le catenaccio sautait, le jeu reprenait ses droits, les petites fédérations percevaient enfin la lumière et les miettes du festin, on allait voir ce que l'on allait voir...

On a vu. Blatter le magicien ne fait plus rire la galerie avec ses petites boules rouges pendant les grands tirages en direct. Il se contente de traire ses généreux sponsors, d'arroser ses grands électeurs, et maintenant de distribuer à la pelle les Coupes du Monde à la République Poutinienne ou au Qatar, grand pays de football s'il en est. Juan Antonio Samaranch n'aurait pas fait mieux.

Personne ne se présente face à ce lutin finissant. Chung Mong-joon a manoeuvré comme un amateur, sabordant à la fois sa position de grand ponte du football international et la candidature Coréenne à l'organisation de l'épreuve suprême.

Grant Wahl n'a bien évidemment aucune chance d'être élu. A peine plus de chance de participer : cela entendrait qu'un président de fédération accepte de défier le Lider Maximo en soutenant ce poulain deux fois plus jeune que le despote finissant, au risque de perdre sa rente à vie.

Quelques mois après les affaires de corruption au sommet de la FIFA, ça sent franchement la fin de règne. Et déjà, les secrétaires de la vénérable vérolée institution suisse se voient califes à la place du calife.

Quel que soit le successeur, sur cette place en or, la manne des sponsors n'est pas près de se tahrir.

footlog 2011

2009.08.26

Serissima : Serie A Plus ou Moins

L'Italie va mal.

Les Champions du Monde se portent toujours mieux que leurs voisins transalpins (eux au moins seront du voyage pour la Coupe du Monde 2010), mais le championnat souffre face à ses rivaux Espagnols et Anglais.

L'âge d'or des décennies 1980-1990 semble révolu, et l'arbre vieillissant du Milan AC ne suffit plus à cacher l'absence de forêt dans les compétitions continentales. Kaka a rejoint la Liga, et le seul moyen d'attirer une star semble de l'échanger avec une autre (Eto'o contre Ibrahimovic).

La Serie A a donc engagé une rupture avec la Serie B comparable à celle qui donna naissance à la Premier League en Angleterre en 1992 : à partir de la saison 2010-2011, les deux divisions seront gérées de façon indépendante l'une de l'autre. La décision, prise en juillet dernier, vient d'être ratifiée ce mardi.

Depuis 2007, les droits TV se négociaient club par club, renforçant les décalages entre l'élite et le reste. Serie A et B faisaient néanmoins bloc. Désormais, l'élite peut négocier des contrats encore plus juteux, et renforcer la cohérence de son offre commerciale. On peut s'attendre à un rebranding, le "A" n'ayant aucun sens sans son "B". Pourquoi pas "Serissima" pendant qu'on y est ?

En revanche, les clubs ne se sont pas entendus sur la proposition du gouvernement de créer des cartes de supporters sécurisées pour endiguer la pandémie de violence dans les stades... à chacun ses priorités.

C'est pour cela que l'Italie va mal.

Au moins, avant de transformer leur championnat en grand barnum, les Anglais avaient-ils fait le ménage, revu la sécurité, repensé les stades, tiré les leçons du Heysel et de Hillsborough. Mais sur fond de crise financière et avec un Berlusconi à la tête du pays, les Italiens prennent le risque de cristalliser une situation fondamentalement malsaine.

footlog 2009

2009.07.20

Bucheon FC 1995 - la revanche des supporters

Supporters United contre Business FC ? Pas si simple...

Ce samedi 18 juillet, le Bucheon FC 1995, club de K3 League (la troisième division nationale sud-coréenne) accueillait le FC United of Manchester devant plus de vingt mille spectateurs, mais le score de 3-0 en faveur des coréens relève de l'anecdote : l'essentiel tient dans la symbolique d'une rencontre entre deux clubs alternatifs.footlogBucheonFC1995FCUnitedofManchester20090718.jpg

Les "Reds" et les "Red Rebels" ont été fondés par des supporters frustrés devant la montée en puissance du foot business dans leur club favori :

  • le FCUM est né en 2005, le jour où Malcom Glazer a pris le contrôle de Manchester United
  • le BFC1995 en 2006, l'année où le Bucheon SK a été délocalisé de la banlieue de Séoul à Seogwipo, dans la lointaine île de Jeju-do (voir K-League Saison 2006)

ManU n'a finalement pas tant perdu son âme dans l'affaire. Sir Alex est resté, et les titres ont continué à s'accumuler dans la salle des trophées. Basé à Bury, le FCUM a néanmoins aligné 3 promotions de rang et évolue désormais en Division Première de la Northern Premier League (l'équivalent de la 7e division).

Mais les supporters de Bucheon ont tout perdu.

Rebaptisé Jeju United FC, le Bucheon SK a continué sans gloire un parcours qui l'avait déjà conduit à Incheon et Séoul (voir "La K-League dans le rétro"), avec tout de même un titre au passage - remontant à une vingtaine d'années maintenant.

Victimes de la politique de décentralisation de la ligue, ses anciens supporters ont employé les grands moyens pour rejoindre à terme l'élite avec leur nouveau clubs : là où les "socios" de Manchester apportent chacun 10 Livres Sterling, les meneurs du Gyeonggi-do sont parvenus à mobiliser d'importants sponsors, dont un grand groupe soucieux de soigner son image après cet épisode pour le moins délicat, SK Energy, anciennement Yukong... le sponsor historique et propriétaire des Yukong Elephants devenus Bucheon SK puis Jeju United.

On le comprend : ces deux clubs n'évoluent pas nécessairement sur le même plan.

Mais la route est longue. Au lieu de faire ses débuts d'emblée en seconde division (la K2 League, rebaptisée National League), Bucheon 1995 FC a dû se contenter de la troisième (la K3 League, fondée en 2007). Et après une première saison médiocre (11e et 13e sur 16 sur les deux demi-saisons 2008), le club évolue actuellement au 7e rang sur 17 après 17 journées d'une saison en comptant 32.

S'il termine à une bonne place, Bucheon 1995 FC pourra malgré tout participer à la FA Cup et éventuellement gagner au tirage une chance d'affronter son grand frère l'an prochain. La probabilité reste beaucoup plus faible pour leurs confrères britanniques.

footlog

Le site de Bucheon : bfc1995.com. Celui des supporters, Hermes : bucheonfc.net

Le site du FCUM : fc-utd.co.uk. Celui de ses groupes de supporters : fcumsupporters.org.

 

 

2009.03.19

ECA : une Euro Super League 0% pur beurre

FF a sérieusement agité le landerneau en évoquant un nouveau projet de superligue européenne à trois étages par l'Association des Clubs Européens (ECA).

Sur le papier (ou plus vraisemblablement en projection Powerpoint), ce projet me semble une proposition de consultant peu au fait de la réalité du foot européen, et l'ECA devrait vite l'enterrer.

Car dans l'affaire, ce sont les plus ardents promoteurs d'une superligue à l'européenne qui risquent de se retrouver les premiers lésés.

Le systeme de relégation / promotion a du sens au niveau sportif, et c'est d'ailleurs ce qui fait le succès durable des championnats nationaux, mais il introduit la glorieuse incertitude du sport dans un modèle fondé sur sa destruction : toute la sécurité du modèle américain repose sur la garantie de participer à la ligue majeure chaque année, quoi qu'il advienne. Des mécaniques artificielles comme le salary cap ou les tours de draft ont été progressivement introduites pour éviter qu'une franchise domine trop longtemps ses adversaires (NB: les économistes noteront au passage qu'en sport comme ailleurs, le stade ultime du libéralisme s'avère souvent tout sauf libéral).

Si je suis un grand club, j'hésite avant de m'embarquer dans une telle galère, surtout quand je constate les limites des phases de poule en Ligue des Champions. Ici, j'ai tous les désavantages de la ligue fermée à l'américaine (ex risques de perte d'identité et d'aliénation de la base populaire) et tous ceux des championnats ouverts actuels (ex risque de relégation).

En fait, ce plan batard combine differents systèmes sans revendiquer une coherence ni une ligne claire.

On ne peut pas avoir a la fois le beurre, l’argent du beurre, la crémière, l’agent de la crémière, et comme sponsor la Parmalat.

2008.09.24

Merci Park Chu-young

Etonnant le nombre de media français venus consulter mes posts relatifs à Park Chu-young depuis que l'attaquant du FC Seoul a signé à l'AS Monaco...

Je suis à la fois triste que la K-League perde l'une de ses rares stars, et ravi que la France s'intéresse de façon positive au football coréen.

Et puis la chaîne sports KBSN / KBS Sports vient d'acquérir les droits de la L1 auprès de Canal Plus. Pendant mes séjours à Séoul, j'aurais ainsi accès à un peu plus de foot tricolore que via le très chiche TV5.

Coup d'envoi ce soir à minuit heure locale avec Monaco-PSG. C'est pas la L1 (Coupe de la Ligue), mais c'est pas plus mal.

Viviane Reding met les pieds dans le PAF

L'heure du grand marché unique des droits audiovisuels a-t-elle sonné ?

Le Commissaire Européen Viviane Reding prône ni plus ni moins l'instauration de droits uniques pour l'ensemble de l'Union Européenne. L'acquéreur obtiendrait d'un seul coup l'accès aux 27 pays pour des contenus comme les films ou les événements sportifs.

C'est sensé stimuler la concurrence ou renforcer les gros poissons ?

On imagine déjà les nouveaux entrants se frotter les mains : un émir ou un oligarque peut totalement fausser le marché en triplant la mise. Ou un fonds souverain asiatique raffler les droits sur les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde en obtenant quelques concessions éditoriales (suivez mon regard Dix secondes ...).

On imagine déjà les opérateurs historiques monter un cartel pour assurer leurs arrières. Ou un pool national se monter pour éviter que le bébé échappe au premier marché continental... Non merci, j'ai vu ce que cela pouvait donner en Corée du Sud.

Reding met les pieds dans le plat, mais le vrai message est avant tout celui-ci : vos petites pratiques ne vont pas éternellement rester sans supervision, surtout en cette période d'explosions en série de bulles spéculatives et de spoliation massive du grand public. J'agite le spectre du grand soir pour obtenir des concessions de votre part. Je sais que vous allez monter au créneau sur l'exception culturelle et que la France ne sera pas la moins loquace à ce titre, mais quelque part, la récré est finie si vous n'acceptez pas la présence d'un pion, vous risquez de vous voir confisquer le ballon.

2008.09.21

La bulle coince Arsenal, ESPN lorgne sur la Premier League

Il y a un peu plus de deux ans, Arsenal se payait une pub dans le Financial Times pour une vaste opération immobilière sur le site de leur ancien stade (cf "Highbury aux premières loges" - 20060326).

Cette semaine, le même FT se fend d'un article sur les possibles impacts de la crise immobilière : le club se prépare à une vague d'annulations, et ne recueillera vraisemblablement pas autant de millions de Livres que prévu dans l'opération. Les 65 premiers appartements commercialisés - sur 680 - avaient rapporté 18,7 millions £, et Arsenal prévoyait encore, en début d'année, un profit total de 100 millions pour 350 millions de ventes.

En dépit d'un contexte économique et financier désastreux (y compris dans la Russie chère à Abramovich), la Premier League continue à attirer les investisseurs. On l'a vu au niveau des clubs avec Manchester City (de plus en plus City et de moins en moins Manchester depuis l'irruption des emirati d'ADUG - Abu Dhabi United Group for Development and Investment), et on le voit au niveau des droits TV avec les ambitions déclarées de Bob Iger, le nouveau président de Disney.

Mickey a en effet observé que la coupe aux grandes oreilles avait trouvé son public aux States. La Champions League marche fort, et la Premier League présente un potentiel intéressant. Surtout, décrocher les droits pour le Royaume Uni marquerait le véritable décollage de la marque ESPN en Europe. Jusqu'à présent, le fleuron sportif du groupe se construisait à peu de frais une notoriété sur le vieux continent en diffusant des affiches plus ou moins délavées sur ESPN Classic, mais la maison mère veut passer à la vitesse supérieure, et envisage même des acquisitions. Si Bouygues veut faire la culbute, c'est peut-être le moment de se débarrasser d'Eurosport.

Au rayon presse, Time Warner guette également l'opportunité pour son Sports Illustrated.

En France, le PSG Classic continue à écumer les étagères poussiéreuses pour piocher des vieilles gloires à bon compte : Ronaldo ne dirait pas non, Cantona se tâte encore, et George Best reste pour le moment muré dans le silence.

2008.08.09

Place aux spores

La cérémonie d’ouverture des JO de Beijing 2008 résume parfaitement la situation :

- la Chine est un immense pays riche d'une immense histoire et d'une immense culture

- l'avenir lui appartient, mais elle s'autorise déjà toutes les audaces d'un pays à la pointe de l'innovation technologique

- "One World, One Dream" en vérité : le monde est un, mais c'est la Chine qui conduit l’unité, et elle rassemble toute la région sous sa bannière. Les hommages appuyés à Taiwan et au Tibet marquent surtout leur retour symbolique au bercail.

- si vous acceptez le confort de cette splendide ombrelle vous serez couverts d'or... mais ne vous amusez pas à renier le grand frère : l’Armée Chinoise contrôle. Les athlètes lui confient symboliquement le drapeau olympique, et ce sont les militaires qui d’un pas de l’oie quasi comique s’en vont lever les couleurs sous le regard à peine embarrassé de Jacques Rogge.

La Chine pervasive est prête. Place aux spores.

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Initialement publié sur blogules.

2008.07.10

Dix secondes

Le Département Central de la Propagande a décidé de diffuser les Jeux Olympiques à Beijing avec dix secondes de décalage pour l'audience nationale*. Le temps d'éditer ce qui pourra l'être et de zapper les scènes délicates qui ne manqueront pas de survenir pendant la quinzaine de toutes les tensions.

Le diffuseur officiel, la CCTV (China Central TV), justifiera plus que jamais ses initiales : en Anglais, CCTV ou "Closed Circuit TeleVision" est le nom donné aux caméras de surveillance, qui fonctionnent en circuit fermé.

Sur les terrains de sport, dans les tribunes, sur les podiums, en salles d'interviews... la moindre allusion aux droits de l'homme, au Tibet, aux Ouïgours**, au révisionnisme historique et culturel imposé aux voisins de l'Empire du Milieu... sera impitoyablement traqué.

A la limite, le comité d'organisation, le BOCOG, préfèrerait peut-être une bonne vieille attaque terroriste façon Munich '72 à un couac médiatique retentissant flanquant par terre des années de succès de la propagande. La pitié accordée aux victimes à l'opprobe jetée sur les coupables.

Dix secondes, ce n'est pas grand chose, mais c'est beaucoup plus qu'il n'en faudra aux bombes de muscles jamaicaines et américaines pour plier la finale du 100 mètres.

Le véritable exploit reposera donc sur les épaules des censeurs et des virtuoses du ciseau à la régie officielle : eux non plus n'auront aucun droit à l'erreur pendant ces dix secondes. La différence ? Il n'auront aucune médaille à gagner et beaucoup plus à perdre en cas d'échec.

 

* cf "China to delay 'live' Olympic broadcast by 10 seconds" (Chosun Ilbo 20080710)

** cf "Tibet, Ouïgours... l'Empire éclaté ?"(20080403)

2008.07.02

Sans commentaire

Le commentaire sportif tourne en rond.

Le ton et l’emphase dépendent bien sûr de chacun, mais il existe un "accent" du commentateur sportif, une façon de porter la voix, de traîner sur certaines parties de la phrase, que le téléspectateur reconnait aussitôt. Sans savoir de quoi il est question, il sait que c’est du sport. Et les expressions consacrées, les clichés contribuent à planter le décor, à mettre dans l’ambiance sans déstabiliser un client que l’on souhaite bien confortablement calé sur son sofa, en mode optimal de réception des messages qui comptent vraiment (la pub).

Les petits nouveaux débarquant sur l’antenne rentrent presque toujours dans ce moule horripilant, que l’on peut comparer à celui des présentateurs de JT (battements de cils en moins au lancement des sujets, puisque le visage du commentateur sportif n’apparaît qu’au début et à la fin de la retransmission).

Les diffuseurs veulent de l’enthousiasme, une ambiance café du commerce relevée par la présence d’experts / consultants qui bien souvent s'abaissent rapidement au niveau de leur compère journaliste. L’école de la radio (un media ou l’emphase est de bon ton) a fourni des prototypes assez spectaculaires comme Gilardi ou Saccomano, et l’accadémie Canal + a un peu changé les habitudes avec des journalistes plus "spécialistes" et "experts", le consultant endossant parfois le costume d’Auguste, le clown joyeux (ie Rouyer).

Les Français parlent beaucoup en regardant un match à la télé et ils "entrent" plus facilement dans le match quand ils ont l’impression d’être dans la cabine avec des "pros" relativement accessibles.

Mais à tout prendre, je préfère la fraîcheur de "La Rouille" à l'inanité de la masse des sclérosés du micro.

Et la franchise de Christophe Dugarry à la PC attitude de Vieira au moment de livrer leur opinion sur Domenech.

2008.06.29

Arbitrage vidéo

A chaque fois que l’on remet le sujet de l’arbitrage vidéo sur la table, je dégaine le même message :

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais pour des questions évidentes de coût, cela ne pourra concerner que l’élite, avec le risque d’augmenter le décalage entre sport pro et amateur, voire de décrédibiliser ce dernier aux yeux de ceux qui le pratiquent tout en regardant à la TV des matchs d’un autre genre. J’ai un profond respect pour Arsène Wenger, sans doute le manager que je préfère dans ce sport, mais il prêche ici pour une paroisse très élitiste, pas dans l’intérêt supérieur du sport.

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais uniquement avec des cameras fixes et objectives. "Objectives" au sens "neutres" et "focalisées sur un objectif" : tout point de vue est subjectif, l’opérateur est humain, et l’outil doit se limiter à des tâches simples, automatisables et incontestables comme le contrôle du franchissement d’une ligne (comme au tennis).

-  au-delà, cela demande une autre couche d’interpretation (yc à la source : imaginez la complication des règles et des règlements pour décider quelles actions font l’objet d’un contrôle, sous quelles conditions...), une équipe de juges vidéo, et une coupure à chaque sollicitation (cf foot US et à un degré moindre rugby).

-  on réduit potentiellement les risques d’erreur, et (seul argument recevable à mes yeux) on enlève de la pression sur les épaules de l’arbitre sur certaines décisions clef, mais on ne tue pas l’erreur. Je garde toujours à l’esprit le Brésil Norvège de 1998 où la dizaine de caméras pointées sur le match ne décelaient aucun pénalty, l’arbitre n’étant réhabilité que quelques jours plus tard après la publication de la vidéo amateur d’un spectateur.

 

2008.06.09

Euro fort et Samba s'en revient

Comme attendu, l'Euro 2008 est lancé (sans pitié pour les pays hôtes Suisse et Autriche, battus lors de leur première sortie), et la crise de la finance* s'étend à l'économie au sens large.

Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que l'actualité footballistique qui retient mon attention ces jours-ci me vienne de Bloomberg** : les footballeurs brésiliens reviennent au bercail depuis que le Real a repris du poil de la bête.

Quand je parle du Real, ce n’est pas à la Maison Blanche madrilène mais la monnaie brésilienne que je pense. Elle a spectaculairement gagnée sur ses concurrents directs grâce aux exportations nationales de produits alimentaires, un luxe par les temps qui courent.

Les footballeurs brésiliens courent encore mieux mais ne sont plus un luxe pour des clubs comme Botafogo. Ze Carlos (Jose Carlos Garcia Leal) y a récemment signé avec d’autant plus de joie qu’il évoluait sous de plus tristes tropiques, dans ce Japon "où les gens ne vous laissent même pas les prendre dans les bras" pour célébrer un but.

Des scènes de liesse que l'on n'est pas prêt de revoir de sitôt du côté de Wall Street, temple de la spéculation financière, ou du Parc des Princes, temple des bulles sportives... à moins que Dein et Wenger ne viennent en chevaliers blancs apporter une réponse à la fois sportive et financière au club parisien.

A noter également : à la Bourse de Lyon, le cours du Puel s’est envolé. Et Puel lui-même pourrait bientôt en faire autant.

* à ne pas confondre avec la crise financière (cf "Du free market au fair market")
** cf "Ronaldo at Flamengo Nears Reality as Real Gains 44%"... les lecteurs de footlog ne seront pas dépaysés : ils ont déjà eu droit au Financial Times dans leur revue de presse (cf "Highbury aux premières loges" - 20060326)

2008.05.03

OL Academy

La dernière folie de Dubaï : recréer un quartier entier à l'image de Lyon sur 700 hectares de désert.

Lyon-Dubaï City sortira de terre d'ici quatre ans. Un défi architectural (et l'Emirat en connaît un rayon en la matière), mais aussi gastronomique et footballistique : Bocuse et Benzema seront en effet mobilisés à travers une école culinaire et un centre de formation baptisé OL Academy où 90 stagiaires de la région (a priori plutôt issus de la masse des immigrés bâtisseurs que de la jeunesse dorée des rares locaux à bénéficier de la nationalité émiratie) bénéficieront du savoir faire lyonnais entre fromage et désert.

Egalement au programme : des cours de "spiritualité".

Rien de religieux à tout celà, se défend Jean-Michel Aulas. L'OL ne fait que se plier à une condition bien bénigne de ses généreux sponsors. Et compte bien répliquer cette nouvelle pompe à cash dans d'autres contrées.

Je lui suggère la Corée du Sud, où son ami le Révérend Moon sera ravi de lui construire une OL Academy moyennant quelques cours de spiritualité.

Tom Cruise envisagerait déjà une OL Academy à Beverly Hills, avec un module de scientologie intégrée.

De son côté, Benoît XVI veut redorer le blason de l'équipe nationale du Vatican et améliorer le niveau de la Clericus Cup pour concurrencer la trop laïque Champions League. Le Pape réfléchit à la façon avec laquelle il pourrait caser le centre dans ses 440 m2, quitte à créer une mezzanine à Saint Pierre.

Problème : ce qui était encore envisageable il y a quelques semaines n'est plus possible depuis que le PSG a tapissé toute la cathédrale de cierges votifs à Saint Germain, patron des causes désespérées.

2008.03.22

LFP - les droits à l'étranger

J'espère que la LFP de Frédéric Thiriez défendra mieux les droits à l'étranger de la Ligue 1 que les droits des étrangers en Ligue 1, ou plus exactement les droits des victimes, étrangères ou non, du racisme dans les stades français : quand on récolte 668 millions d'euros par an pour améliorer le foot pro du pays, on peut probablement faire mieux qu'imprimer quelques T-shirts "Plus jamais ça"...

Thiriez récoltera d'ailleurs plus que ces 668 millions, puisqu'ils ne tiennent pas compte des fameux droits internationaux. Et je ne serais pas surpris que les 4 candidats déclarés mettent plus sur la table que les 10 millions attendus : IMG ne se battra probablement pas à mort pour conserver son exclusivité et l'on peut déplorer l'absence de nouveaux visages parmi les prétendants, mais entre Vivendi (Canal + Event), Lagardère (Sportfive) et TF1 (Eurosport), il peut vraiment y avoir du lourd.

Indépendamment du montant perçu par la Ligue, je suivrai de près la promotion du foot français sur les écrans internationaux. Les Français se plaignent de ne pouvoir suivre le championnat sans débourser un abonnement à Orange ou Canal, mais en-dehors de la Françafrique la Ligue 1 s'avère proprement invisible. Surtout après les déboires de TV5.

C'est le moment ou jamais de changer de dimension et de privilégier le dossier qui fera enfin rayonner les clubs français au niveau global.

Au passage s'il vous plait, ça serait gentil de diffuser un peu de Ligue 1 en Corée du Sud. J'adore la K-League et le championnat universitaire, et je peux toujours regarder par la fenêtre mes voisins de la Korean Football Association tapotant une balle de golf au sommet du siège de la KFA... mais j'aimerais bien voir un peu de futchebol à la française.

De préférence avant que le PSG ne rejoigne Carquefou quelque part entre la L2 et le CFA2.

2008.02.25

Les Bleus, quelques zéros après la swoosh

Nike a donc détrôné Adidas pour 42.6 millions d'euros, dans une offensive digne de sa conquête du maillot auriverde en 1995.

La Swoosh joue le blitz en focalisant ses efforts sur l'équipe nationale là où les frère Dassler menaient un football total en saupoudrant les marchés au plus près du terrain, faisant des anciens joueurs des VRP aussi porteurs en image que les consultants d'une célèbre chaîne cryptée concernée par un autre appel d'offres récent du foot français. Ce qui n'empêchait pas de se faire respecter, comme dans la rocambolesque histoire des chaussures peintes (déjà trente ans).

La marque aux trois bandes conserve néanmoins son marché historique, l'Allemagne ayant préféré soutenir le fabricant local à 20 millions malgré une offre de 62.5 millions de l'ogre de l'Oregon.

Espérons que les Bleus n'auront pas à assurer des tournées comme celles imposées aux Brésiliens par leur sponsor - à l'époque, Nike forçait les mineurs aux heures sups pour fabriquer les ballons comme pour les faire rouler sur les pelouses du monde entier. A l'époque, Ronaldo n'était pas encore grillé.

Le maillot bleu mérite-t-il d'être le plus cher au monde ? Là n'est pas la question et Nike n'avait guère le choix : Umbro verrouille l'Angleterre, Adidas l'Allemagne, et l'équipe nationale n'a pas le même poids en France qu'en Italie ou en Espagne. Sponsoriser un club ou des stars ne suffit pas. Lyon écrase trop son sujet et seule l'équipe nationale fédère dans la durée les fans de foot français. Pour les joueurs aussi, l'exercice imposé par un secteur ultraconcurrentiel s'avère trop segmentant et hautement aléatoire : les joueurs sont soumis à des cadences infernales, blessés et susceptibles de changer de sponsor comme de chemise (à condition qu'il ne s'agisse pas de leur chère console de jeu)...

Alors évidemment, les défenseurs de l'esprit du jeu noteront que Nike ne brille pas vraiment auprès du foot amateur. Mais la manne profitera à l'ensemble de la Fédération... et après tout, c'est aussi le sponsor du PSG.

2008.02.10

WPS - c'est comme si c'était fait

Le foot féminin pro est de retour aux States, avec un "assist" inattendu de Steve Nash, le passeur fou des Phoenix Suns.

La fin de l'hibernation

Fondée par 20 membres de la plus belle équipe américaine de tous les temps (avec à leur tête Michelle Akers et Mia Hamm) et renforcée par les plus grandes joueuses du moment dont la Française Marinette Pichon (à Philadelphie), la plus ambitieuse ligue pro féminine de l'histoire aura vécu entre deux coupes du monde trois saisons de rêve.

Mais ce succès sportif a eu un coût : la Women's United Soccer Association (WUSA) a disparu en 2003 après avoir perdu 100 millions de dollars. Les stars ont pris leur retraîte, sont retournées dans leur pays, ont participé à des match exhibition ou rejoint les ligues amateurs nord-américaines, mais toutes en conservant l'espoir d'une résurrection de la ligue (cf histoire du foot féminin aux USA).

Dès la faillite de la WUSA, une WSII (Women’s Soccer Initiative, Inc.) a été fondée dans cette perspective. Et en 2006, 6 équipes s'étaient déjà engagées pour une nouvelle ligue, montant en 2007 un véhicule ad hoc, la Women's Soccer, LLC. Le mois dernier, la future Women's Professional Soccer (WPS) a été annoncée avec un coup d'envoi à l'horizon avril 2009.

La WPS comptera 8 franchises dont 7 déjà pourvues, et elle compte bien retenir les leçons de l'échec de sa devancière, à l'instar de sa collègue masculine MLS avec la NASL de Pelé, Beckenbauer & Co (cf histoire du foot pro aux US).


Les facteurs clef du succès

- un casting de pros : après l'utopie WUSA et la quasi-autogestion par la génération en or de l'équipe nationale, place aux experts du sport-business et du business tout court. Outre l'entrée en force des investisseurs de la MLS, signalons l'arrivée de l'ancien PDG de Yahoo! Jeff Mallett. Cet ancien joueur de l'équipe nationale canadienne rejoint une ex-collègue de Yahoo! : après avoir participé à la fondation de la WSII, Tonya Antonucci assume aujourd'hui le poste de Commissaire de la WPS. A signaler également ce parrain prestigieux : Steve Nash, le MVP de la NBA des Phoenix Suns, investit lui aussi dans la nouvelle ligue. Se voit-il déjà à la tête d'une future franchise en Arizona ? Son père a joué en pro en Angleterre et en Afrique du Sud, et il est proche de Mallett : tous deux sont nés à Victoria, BC et cherchent depuis un moment à reprendre un club européen, de préférence en Angleterre.

- les synergies avec la MLS : le marketing de la WPS sera assuré par SUM (Soccer United Marketing), la structure de la ligue pro masculine. De nombreux acteurs clef seront présents sur les deux ligues pro, facilitant les synergies et au-delà la visibilité du soccer face aux sports majeurs. AEG, le propriétaire de la nouvelle équipe de Los Angeles, détient également plusieurs franchises MLS dont le LA Galaxy de Beckham. Le président de Saint Louis Soccer United (Jeff Cooper, du cabinet SimmonsCooper) cherche pour sa part à créer une nouvelle franchise MLS au même endroit, et à bâtir une enceinte de 18.500 places et un centre de formation mixte très ambitieux.

- ne pas vouloir tout tout de suite mais bâtir pour durer : c'est ce qui avait tué la NASL et la WUSA, c'est ce qui sauvera la MLS et la WPS. Cette dernière prend le temps de bien faire les choses : retarder le lancement à avril 2009 pour ne pas télescoper avec la coupe du monde de 2007 et les JO de 2008, profiter de la convention des entraîneurs pour optimiser l'effet d'annonce de la ligue en janvier 2008, et avancer prudemment et progressivement.

- capitaliser sur le passé et s'inscrire dans une histoire, même récente : L'équipe Washington Freedom, ultime championne WUSA en 2003 et victorieuse en 2007 dans la ligue amateur W-League, illustre parfaitement la continuité dans le succès. La renaissance du foot à Saint Louis, capitale historique du soccer, s'avère également assez symbolique. Enfin, comme un hommage à l'esprit de la WUSA, le logo de la WPS fait écho à la coiffure de Mia Hamm.


Les 8 équipes (7 à date) :

Des grandes villes, avec une dominante Côte Est, l'axe central Chicago - Saint Louis, et Los Angeles en tête de pont pour une éventuelle ruée vers l'Ouest.

3 équipes ont déjà trouvé leur nom :

. Le Washington Freedom - Fondé en 2001 et basé à Germantown, MD. Propriétaires : Hendricks Investment Holdings LLC, John Hendricks était propriétaire de Freedom Soccer LLC. Stade : Maryland SoccerPlex. En WUSA : le club de la superstar Mia Hamm a été finaliste en 2002 et champion en 2003. Evolue en W-League jusqu'en 2008 - champion en 2007. Site : washingtonfreedom.com )

. Les Boston Breakers - Fondé en 2001 et basé à Boston, MA. Propriétaires : Boston Women's Soccer LLC. Stade : Nickerson Field. En WUSA : premiers de la saison régulière en 2003, demi-finalistes. Site : bostonbreakers.com )

. Les Jersey Sky Blue - Fondé en 2006 et basé à Bedminster, NJ mais représente New York et New Jersey. Propriétaires : Sky Blue Women's Soccer, Inc. Stade : Rangers Stadium de l'université de Drew à confirmer. Site : skybluesoccer.com )

1 équipe a un nom temporaire :

. Chicago Pro Women's Soccer - Fondé en 2007 et basé à Bridgeview, IL. Propriétaires : Chicago Professional Women's Soccer LLC, avec Peter Wilt, un ancien dirigeant des Chicago Fire (MLS). Stade : Toyota Park - partenariat avec l'IWSL (Illinois Women's Soccer League) pour capitaliser sur le potentiel énorme de l'Etat et les 16000 joueuses de l'association. Site : chicagoprowomenssoccer.com)

3 équipes doivent encore trouver un nom et un contenu :

. Dallas (propriétaires : Sting Soccer Group LP, Jack Hanks et Brent Coralli)

. Los Angeles (propriétaires : AEG-LA Women's Soccer LLC)

. Saint Louis (propriétaires : Saint Louis United Soccer LLC - synergies attendues avec future franchise MLS et clubs partenaires de la région pour s'appuyer sur 4000 joueurs et joueuses)

1 place demeure disponible pour compléter la ligue à 8 équipes... avec Nash à sa tête ?


Pour en savoir plus :

- Le site de la WPS : womensprosoccer.com (en Anglais)

- WUSA, W-League, WPSL... l'histoire du foot féminin aux USA : http://footlogarchives.blogspot.com/2008/02/usa-foot-femi...

- Tout sur la MLS et l'histoire du foot pro aux USA : http://footlogarchives.blogspot.com/2008/02/mls.html

2008.01.27

Fête du Sport

Ordoncques, le sieur Bernard Laporte souhaite laisser une empreinte jacklanguienne à son passage au gouvernement. Mais si l'idée d'une Fête du Sport fait sens, la date du 12 Juillet confine au ridicule :

Premièrement, le sport ne se résume pas au football. Et puis on ne va pas célébrer éternellement la victoire de 1998 comme le premier pas d'un homme sur la lune.

Surtout, la mi-juillet est une période faste en manifestations sportives, avec tous les deux ans une finale de grande compétition internationale type Coupe du Monde ou Championnat d'Europe des Nations. Si ça se trouve, on aura beaucoup de Waterloo associés à cette date à l'avenir - pourquoi pas dès cette année une défaite en finale pour un coup de boule de Tsonga sur Djokovic à Wimbledon ?

Quitte à faire la fête, autant ne pas entrer en concurrence avec de gros événements, faire parler de sport au milieu d'une période creuse, mobiliser la base des pratiquants et stimuler les adhésions aux associations amateur au plus près du terrain.

Je suggère l'équinoxe du printemps, à la mi-mars. Ce n'est pas le jour le plus long (comme la fête des longs métrages), mais le réveil de la nature, l'envie de se dégourdir les pattes après les mois frisquets (sans faire injure aux nombreux sports indoor).

La perspective réjouit déjà les médecins sportifs : c'est une invitation au claquage pour des muscles encore engourdis par l'hiver.

2007.11.29

Appel d'offres LFP - massacre à la tronçonneuse ?

Frédéric Thiriez se lisse la moustache. Il donne ce vendredi le coup d'envoi d'un nouvel appel d'offres pour les droits 2008-2012 de sa chère Ligue.

Le président de la LFP en attend au moins 750 M d'euros par saison et Aulas vise les 900. Les droits du magazine dominical (24 M pour France Télévisions) n'exploseront pas. Les droits mobiles (30 M pour Orange) peuvent sensiblement évoluer, mais l'essentiel continuera à provenir des exclusivités détenues aujourd'hui par Canal+. Or ce dernier prétend ne pas vouloir dépenser autant qu'aujourd'hui, c'est à dire 600 M par an.

En réalité et compte tenu de la progressivité du contrat précédent, la saison 2007-2008 coûte déjà 660 M à la chaîne cryptée. Avec le tarif de base a 31 euros en reference, cela représente moins de 20% de sa base de clients. Et le coeur de cible s'avère encore plus restreint : compter par exemple 7 euros par mois pour l'option Foot+, 34 pour CanalSat... combien pour des abonnements collectifs (une rente de situation avec les bars et autres diffuseurs de proximité, à la fois gourmands en Foot+ / pay per view et excellents prescripteurs) ?

Si l'on raisonne sur la pénétration actuelle de Canal+ au niveau national et en comparant avec d'autres acteurs internationaux, on peut penser que le plein n'est pas loin d'être fait. Mais la moitié de la France reste à convertir au haut débit et ce nouveau contrat portant sur 4 ans au lieu de 3 assure la transition vers la TV 100% numérique. La convergence est enfin là, les offres de triple-play, quad-play (et plus si affinité) se banalisent, les nouveaux accès se multiplient...

Au-delà de la part de marché il en va de la "part de client" et du prix que les clients seront prêts à payer pour une offre soudain moins différenciante. Canal ne pourra décemment pas maintenir des tarifs aussi élevés par rapport aux offres multiaccès du marché. Non seulement il perdra des clients mais il devra sérieusement rogner sur sa marge et cela sur ses clients les plus fidèles... pas idéal quand on s'apprête à élargir sa base avec des offres plus low cost dans un environnement plus qu'incertain. Pour compléter le tableau : la perte de la mainmise sur le foot serait désastreuse en terme d'image ; un message inquiétant pour ceux qui resteraient malgré tout.

Au moment - clef où une nouvelle concurrence émerge, Canal+ a d'un côté l’occasion de verrouiller durablement le marché (et d'enfoncer pour de bon TF1 avant sa revente) et de l'autre le risque de renforcer un petit groupe de poursuivants. A bon prix (environ 2 millions d'euros par jour), le leader sécurise son parc au meilleur moment et conserve les ressources nécessaires pour lutter sur d'autres fronts plus diffus (cf droits cinéma éclatés sur un plus grand nombre d'acteurs). L'histoire récente prouve que Canal peut se permettre de lâcher quelques blockbusters chaque année et réduire l'attractivité de son offre cinéma sans remettre en cause son leadership.

Frédéric Thiriez a massacré son bébé à la tronçonneuse pour optimiser les recettes. Tous les lots ne partiront pas comme des petits pains mais quelque chose me dit que quand bien même Canal+ venait à abandonner l'ambition de l'exclusivité, la chaîne cryptée déboursera plus demain qu'aujourd'hui...

Et le sport dans tout cela ? La manne du contrat précédent a tout juste suffi à ralentir la fuite des plus jeunes cerveaux et à assainir les comptes des clubs pros. Il sera exigé de ces derniers un effort plus conséquent pour mériter leur salaire : proposer un jeu du plus haut niveau au plus grand public, faire venir les familles dans des stades adaptés au  XXIe siècle*... mais sans vider les terrains de leurs joueurs du dimanche** et renvoyer le football français à l'âge de pierre.

En Anglais, "age de pierre" se dit "stone age". En football, on parle également de "Croatian syndrom".

* avec ou sans l'organisation de l'Euro 2016
** le grand enjeu des nouveaux horaires

2007.07.12

Aulas préfère OL Land a Cegidolène

A 68 ans, Guy Roux rechausse les crampons et revisse le bonnet, toujours prêt à travailler plus pour gagner plus de Coupes de France (et plus si affinités).

A 59 ans, Jean-Michel Aulas anticipe sa retraîte professionnelle : le fondateur de la Cegid s'apprête à céder sa participation (20.09% via ICMI) dans la société de progiciels. Apax Partners et Eurazeo sont également vendeurs, les acheteurs potentiels se trouvant a priori parmi les concurrents type Sage ou des investisseurs type private equities. Avec près de la moitié des parts à eux trois, les vendeurs obligent l'acheteur à lancer une OPA tout en empêchant un concurrent de le menacer - quoiqu'en dise le communiqué officiel, l'avenir de l'entreprise compte moins que l'optimisation de la culbute.

Officiellement, la Cegid doit changer de dimension pour réussir au niveau européen et ça tombe bien, l'OL aussi. Mais le projet OL Land excite beaucoup plus JMA que la gestion d'un spécialiste de la gestion. Et il va falloir la jouer fine : l'année de ses 60 ans est marqué par une autre compétition, potentiellement plus serrée que la conquête d'un 7e titre d'affilée ; les municipales à Lyon.

Quelque chose me dit qu'on va voir plus de Lacombe à l'OL et plus d'Aulas dans les couloirs feutrés des assemblées.

 

 

2007.07.07

Benfica Red Label

La plus belle marque portugaise fait l'objet d'une OPA depuis un mois. Mais selon la presse économique locale, un mystérieux chevalier rouge proposerait de doubler l'offre de Joe Berardo, soit 7 euros par actions. Le nom de l'aquéreur, public ou semi-privé, importe peu : la Chine est prête à saisir la moindre occasion d'épuiser ses monstrueuses réserves en devises et moins de 100M d'euros pour une marque comme Benfica, comme dirait Nanard, c'est cadeau. Le code couleur du maillot constitue naturellement un atout supplémentaire, et China Inc pourrait bien concurrencer Vodafone dans la collection de clubs faisant honneur à ses couleurs...

Le Benfica est une proie autrement accessible que Manchester United. Plus discrète, aussi : sortir le chéquier est une chose, parader en compagnie de Kroenke ou Abramovich une autre.

Mais comme avec Manchester, l'argent ne suffira pas pour tout acheter. Les 150.000 actionnaires et les 200.000 abonnés auront leur mot à dire, et le supporter de Benfica ne cèdera sans doute pas son âme au plus offrant. Le Benfica détient 40% de son propre capital.

L'Empire du Milieu n'a cependant pas besoin de tout contrôler : ce qui a un élément chinois est considéré comme Chinois, et par un heureux hasard le jeune espoir Yu Dabao vient d'être promu en équipe première.

Bienvenue au cercle des lisboètes disparus...

2007.03.30

Téléfoot Light

Daniel Bilalian a obtenu l'autre messe dominicale pour France 2 : la pilule du lendemain de la Ligue 1 (pour ceux qui ont oublié de se mettre Jour de Foot sur le bout du crampon) encadrera bientôt le JT de 13h.

TF1 a néanmoins décidé de maintenir les feux de l'amour du foot allumés ; un Téléfoot édulcoré avec ce qu'il reste à la maison Bouygues : des pièces nobles comme les Bleus ou la Champions League, et le second choix style Ligue 2.

Canal+ a en effet snobé l'appel d'offres sur cette dernière, laissant un boulevard à un Eurosport tout heureux de conserver son produit phare (je ne parle pas au nom des amateurs de snooker ou de dressage de chiens).

Rien de nouveau donc, si ce n'est les raisons de la colère de Canal : à l'instar des ligues majeures, la LFP compte désormais produire ses propres images (déléguant si nécessaire, comme avec le toujours placé Lagardère). Ce saut légitime dans la chaîne de valeur optimisera les retombées sur l'ensemble des media à l'heure où le haut débit fixe et mobile se démocratise.

On voit mal la chaîne cryptée rentrer dans ce jeu lors du prochain appel d'offres pour la Ligue 1. Et pourtant, rien ne semblait pouvoir arrêter le capo de tutti capi du foot français, qui venait justement d'ISO9002iser InfoSport en deux coups de cuiller à pot (Daniel Bravo se sent brusquement moins seul sur les plateaux)... la glorieuse incertitude du sport ? 

En attendant, à surveiller au prochain mercato : les régies mobiles et moyens techniques. Pas très glamour mais réservé aux fins techniciens.

2007.02.28

Brésil 2014 - Chine 2018 - Blatter 2007

La FIFA a beau avoir l'habitude de se faire griller la polit(iqu)esse par le CIO, pas question de laisser trainer trop de temps entre les premiers JO à Beijing (2008) et la première Coupe du Monde en Chine.

Le débarquement du barnum footballistique en Asie ne remonte qu'à 2002 et l'Afrique (du Sud) est déjà programmée pour l'édition 2010. Quant à 2014, Sepp Blatter peut difficilement continuer à snober l'AmSud / CONMEBOL, shuntée par l'épreuve reine depuis la rupture du courant alternatif avec l'Europe en 1978*.

Le Brésil, barré du temps de Joao Havelange, fait figure de favori : la terre du futebol patiente depuis plus d'un demi siècle, tuant le temps en glanant quelques couronnes partout où se produit la caravane quadriennale (Europe en 1958, Amérique du Sud en 1970, Amérique Centrale en 1970, Amérique du Nord en 1994 et Asie en 2002), et sauf gros couac, les auriverdes tiennent leur ticket pour 2014.

L'unique concurrent à date, l'Australie, ne devrait guère poser de problème :

  • Elle ne peut pas avoir et le beurre, et l'argent du beurre et la crémière : le pays ne représente plus l'Océanie et l'OFC mais bien la confédération asiatique (AFC), rejointe justement pour faciliter ses qualifications en phases finales. Or douze ans après la Corée et le Japon ça ferait un peu tôt pour l'Asie... et surtout un peu tard pour l'Empire du Milieu, principale cible marketing de la FIFA
  • la masse des téléphages footeux du globe se trouverait sur le mauvais créneau horaire - à moins de faire jouer les matchs au milieu de la nuit, audience désastreuse garantie
  • avec toute la sympathie que j'ai pour les socceroos, une telle promotion du beautiful game dans ce vaste désert dédié au rugueuxdeby relèverait franchement du caritatif
  • même si Ruppert Murdoch cassait sa tirelire, à qui profiterait le crime sur le plan sonnant et trébuchant ? quitte à choisir un autre concurrent de la Chine dans l'AFC, le Moyen Orient offrirait des perspectives bien plus sonnantes et trébuchantes (avec même un croc en jambes définitif pour les juges de ligne de sexe non masculin).

2014 déjà plié, Blatter décide de lancer une pique à l'Europe pour 2018 : pourquoi le vieux continent échapperait-il aux nouvelles lois de l'alternance ? Pourquoi ne serait-ce pas au tour de la CONCACAF ou de l'AFC ? Et pourquoi ne pas réélire, au prochain congrès, le petit suisse qui a le premier offert la Coupe du Monde à l'Asie et à l'Afrique ?

Voilà Michel Platini sommé de voler au secours de l'Angleterre, représentante éminente de l'UEFA d'en haut mais candidate déclarée à l'organisation de la Coupe du Monde 2018. En décidant de jouer du violon auprès des parents pauvres de son ONU du football pour sa réélection de fin d'année, son mentor le soumet à un crash test pour vieux briscard de la politique dont il se serait bien passé...

 

* Eh oui, rien à se mettre sous la dent depuis le tango des généraux argentins ! La Colombie avait pourtant obtenu l'organisation de la Coupe du Monde 1986, mais pour jeter l'éponge en 1983. Le Mexique avait alors récupéré le bébé et avec lui la CONCACAF, organisatrice de la livrée 1994 (pour rappel, un habile coup de pouce au soccer US et à ses mécènes - cf histoire de la MLS et du football aux States).

2007.02.26

Chasse à l'OM : quand Kachkar devient la proie

Jack Kachkar tient-il la pression ?

Voici le mystérieux homme d'affaires éparpillé façon puzzle par des défenseurs (les supporters de l'Ohème, gardiens du Temple attachés à leurs privilèges), des milieux (le Milieu de Marseille, et sans doute d'autres, plus exotiques) et des attaquants (le FISC, très efficace pour faire fuir les grandes fortunes du pays, et déterminé à dissuader les supposées grandes fortunes d'autres pays d'y entrer).

L'entraîneur, lui, reste en place. On ne sait toujours pas si Dieu existe mais son principal représentant sur terre vient d'émettre une nouvelle bulle papale : Albert Emon a été confirmé par le Pape Diouf. Rayon joueurs, Djibril Cissé se fait taper sur les mains pour son attitude peu collective alors que, peu avant, Franck Ribéry s'était fait taper sur le pied pour son attitude trop collective.

L'OM va mal, donc l'OM va bien puisque l'OM reste l'OM.

Certes, RLD risque d'être obligé de garder son bien encore quelque temps. Mais si ça se trouve, ce ne serait pas plus mal pour sa pomme : si le patron d'Inyx venait à faire pschitt, Marseille aurait au moins réussi sa campagne de pub. Ohé les gars, y'a un grand club avec de grands joueurs qui cherche un investisseur sérieux. Le ticket d'entrée n'a rien à voir avec ce qui se pratique en Angleterre. Dans ce pays aussi, on écarte les petits plaisantins mais on accepte la mise en bourse des clubs sportifs. On accepte aussi la Visa, l'Amex et les Travellers Cheques.

Et si John Fitzgerald Kachkar venait à survivre à cette redoutable épreuve, il gagnerait son bâton de maréchal et une crédibilité inespérée. Il ne lui resterait alors plus qu'à se mettre au Français pour son discours "Ich bin ein Berliner". Ou plutôt au Marseillais : "oh 'taing, je sizin Marséyè, nous sommes les Marseillais, et nous allons gagner".

Aux armes...

2007.01.30

France Football parasité par la Beeb

Un FF rouge et blanc au coeur du foot, tout le monde connait. Ces initiales, ce code couleur, ce thème, bien sûr, appartiennent à France Football.

Sauf que ce média-ci parle Anglais et porte l'étendard de la BBC. "Football Focus" débarque sur les écrans force annonces et roulements de tambours. TA-DAAA :

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Pas assez sexy et trop proche de l'original ? La Beeb propose aussi une version stretch :

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Canto et Wenger ne leur suffisaient pas ?

2007.01.13

Beckham va-t-il declencher une greve ?

Sitôt annoncée, l'arrivée de David Beckham en Major League Soccer * pour un salaire extra-galactique fait déjà grincer les dents. Terry Cooke (Colorado Rapids) emploie carrément le terme de "disgrace" pour qualifier une distorsion de revenus il est vrai spectaculaire : à en croire l'AFP, Becks toucherait en deux heures plus que le SMIC annuel de la MLS (11.700 $).

En effet, à la différence des championnats européens, la MLS pratique un "salary cap". Et et à la différence des sports majeurs américains, le "salary cap" de la MLS culmine à un sommet ridicule (1.9M $ par équipe de 28 joueurs). Chaque club bénéficie toutefois d'une exception, et le LA Galaxy vient de s'en autoriser une assez notable en s'attirant les services du joueur anglais pour quelques 250 M$. En pleine SuperDraft, la nouvelle éclipse totalement la signature de Maurice Edu (Université de Maryland) pour la toute nouvelle franchise du FC Toronto.

Peut-être le soccer va-t-il devenir un sport majeur en connaissant sa première vraie grêve.

Je préfèrerais que ça se passe sur le terrain. Souhaitons à Mr Posh de faire progresser notre jeu de football plutôt que son jeu d'acteur.

A l'époque de Pelé, la Côte Est assurait le spectacle et les galactiques jouaient pour le New York Cosmos. Gerd Müller faisait la claque de buts pour Fort Lauderdale, FL et en NBA, les Boston Celtics prolongeaient dignement la décade prodigieuse de Red Auerbach. Aujourd'hui, la saison 2006 a couronné Houston (Houston Dynamo) devant Boston (New England Revolution), Chicago remportant l'US Cup par Chicago.

Mais le premier club américain de George Best, la première star mancunienne du foot pro nord-américain, était bel et bien Los Angeles (à cette époque pré-colombienne, les Los Angeles Aztecs). De plus, les LA Galaxy ont été finalistes de la dernière coupe et même remporté la MLS en 2005. Enfin, le club bénéficie d'un important bassin de supporters latinos et même coréens (Hong Myung-bo y a terminé MVP quand il y jouait). Alors pourquoi pas ?

Un autre beau David handicapé par un fort accent, David Ginola, a attendu la fin de sa carrière sportive pour se lancer, prendre des leçons d'acteurs et jouer la comédie. J'espère simplement que Becks ne signe pas à LA pour finir sa carrière sportive et  jouer la comédie.

 

* voir "Beckham des Galacticos au Galaxy ?" (20061201)

Egalement : tout sur la MLS, son histoire et le parcours de Youri Djorkaeff.

2006.12.19

Olympique Inyx Inc FC

Pour résoudre ses problèmes avec l'Ohème, Robert Louis Dreyfus envisagerait d'ouvrir la boîte à pharmacie.

Jack Kachkar*, le collègue milliardaire auquel RLD pourrait céder le club, se trouve avoir fait fortune dans les niches médicamentaires. A la suite d'acquisitions diverses, Kachkar dirige aujourd'hui Inyx Inc, un labo spécialisé dans le respiratoire, les allergies, la dermatologie ou le cardiovasculaire... autant dire tout ce qu'il faut pour gérer un club de foot aujourd'hui :

- le respiratoire ? pour venir au secours des visiteurs jusqu'au fond de leur vestiaire (Laurent Fournier, si tu nous entends, sache que toute l'équipe de Stade 2 est avec toi)

- l'allergie ? pour que les anciens joueurs du PSG ne déclenchent pas des réactions désagréables à chacun de leurs retours au Parc sous les couleurs de l'OM (Fabrice Fiorèze, si tu nous entends, sache que toute l'équipe de Stade 2 est avec toi)

- la dermato ? pour que les joueurs retrouvent un jour leur couleur de peau d'origine, masquée sous le noir des tatouages (Djibril Cissé, si tu nous entends, sache que toute l'équipe de Stade 2 est avec toi - PS : il va falloir que quelqu'un d'autre se dévoue pour lui apprendre la douloureuse nouvelle : c'est un faux blond)

- le cardio vasculaire ? pour tous ceux qui aiment trop le foot (Jean Fernandez, si tu nous entends, sache que toute l'équipe de Stade 2 est avec toi)

Une chose est sûre : RLD ne sera pas fâché de ne plus avoir à assumer les injections régulières d'argent frais dans cet éternel grand malade.

* s'écrit aussi Jack Kacjar, Jack Kashkar, Jack Kajcar... si l'OM veut gagner avec Inyx, je lui suggère d'ouvrir une section Scrabble