Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2009.01.10

Sommaire - liste des blogs 2009

Cette liste est  réactualisée régulièrement mais manuellement. Vous pouvez également revenir à l'accueil ou faire une recherche dans l'ensemble des archives (cf searchbox ci-contre).

Sommaire des années précédentes : 2005-2006, 2007, 2008.

2009s2 - Second semestre 2009

 

 

2009s1 - Premier semestre 2009 

 

05:12 Publié dans sommaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sommaire, 2009

2008.12.22

Exclusif : les palmarès 2009

Quelle année 2009 !

A la suite d'un abominable suspense, la France a finalement arraché son ticket pour l'Afrique du Sud.

En juin 2010, les Bleus participeront donc à la tombola pour la dernière place disponible à la première édition de la Coupe du Monde Intertoto de l'histoire, une compétition qualificative pour le premier tour des préliminaires du Tournoi Dérogatoire donnant accès aux prochains Championnats du Monde des Micro-Etats.

"Ce prestigieux sésame couronne notre persévérance", se réjouit Raymond Domenech. "Histoire de ne rien laisser au hasard pour la tombola, les joueurs iront faire un stage en altitude cet hiver dans la nacelle de la Grand' Roue de la Foire du Trône, et j'ai demandé à Courbis de les briefer sur la roulette avec la petite boule (pour la roulette avec ballon, Zizou a bien essayé de leur expliquer, mais c'est au-dessus de leurs moyens). Croyez-moi, les Bleus n'ont pas fini de vous surprendre... On ne donnait pas cher de nos chances, souvenez vous*."

Le fait est que personne n'attendait l'Equipe de France à ce niveau de la compétition.

Stéphane Sessegnon non plus. Le Ballon d'Or 2009 a reçu son trophée sur sa pelouse fétiche du Camp Nou sous un tonnerre d'applaudissements. "Le PSG est très content pour Stéphane", a déclaré Charles Villeneuve. "Sa montée en puissance du printemps dernier a surpris tout le monde et il fallait à tout prix nous en débarrasser avant la fin de la saison si nous voulions éviter l'humiliation d'une qualification en Ligue des Champions. Vous imaginez la risée... après l'affaire des banderoles... Le Barça a vraiment été grand prince dans ce transfert."

Le club catalan a effectivement accepté de ne recevoir que 100 millions d'euros pour échanger Sessegnon contre Thierry Henry, à la condition expresse que ce dernier contracte la scarlatine et échoue lamentablement au contrôle médical. Le président du PSG semble désormais rassuré : "on n'est pas près de revoir des messages aussi insultants que ces misérables 'PSG Champion' qui ont tant porté atteinte à l'image du club. 2010 s'annonce sous les meilleurs hospices puisque l'infirmerie est pleine".

 

* cf "Aux portes de l'exploit"

---

voir aussi "Exclusif - les palmarès 2008" - "Exclusif - les palmarès 2007" - "Exclusif - les palmarès 2006"

2008.12.02

Cristiano Ronaldo Ballon d'Or

Le quinté 2008 vient d'être publié : Cristiano Ronaldo - Messi - Torres - Casillas - Xavi

Beaucoup plus logique que mon Cristiano Ronaldo - Messi - Villa - Casillas - Ribéry... mais sur le fond, je ne renie pas ce que j'avais écrit :

"Les deux seules vraies questions portent sur :
- l'ordre de sortie de Messi et Ronaldo - avantage au premier en valeur pure, mais le second semble archifavori au regard de sa saison exceptionnelle et constante.
- le nom de l'Espagnol qui les accompagnera sur le podium : il serait dommage que les jurés favorisent Torres ou même Villa, Fabregas ou Casillas me semblant fondamentalement plus doués. On aura sans doute droit à deux ou trois Ibères dans le top 5."

Sur le reste du classement, je retiendrais l'excellent score de Marcos Senna (11e, mais 7e non-Espagnol) à un poste ingrat, et le zéro pointé de Karim Benzema, ultime hommage à l'Euro 2008 de Bleus à peine sauvés par leur champion allemand Ribéry (16e avec 7 points).

6+5

J'ai de plus en plus de mal à suivre la brouille entre Platini et Blatter sur la question du 6+5 : tous deux sont d'accord sur la nécessité d'imposer une majorité de joueurs sélectionnables dans une équipe professionnelle de football, et si Platini connait son droit international, il devrait aussi savoir que le droit est une matière vivante et évolutive. Or à mon humble avis, et pour reprendre la célèbre réplique "ce n'est pas le locataire du 6e qui est anti-fasciste, c'est le fascisme qui est anti-locataire du 6e", ce n'est pas le 6+5 qui est contraire à la loi européenne, c'est la loi européenne qui est contraire à l'esprit de notre sport.

On nous oppose la libre circulation et la libre concurrence, je réponds que la liberté de circulation n'est pas en cause, que le système actuel fausse la concurrence, et qu'il détruit des écosystèmes culturels et économiques.

Enfin, à l'heure où l'on redécouvre à grands frais les limites du capitalisme sauvage, il me semble décalé de pousser le Ricardisme à l'extrême (je ne parle pas de Ricardo, le coach de Monaco mais de David Ricardo, l'économiste) :

. L'"avantage comparatif" de la France serait de fournir aux championnats les plus riches de jeunes pousses bien formées à bon prix, et de qualifier plus régulièrement son équipe nationale en phases finales de grandes compétitions pour avoir l'honneur de servir de sparring partners à de plus grandes nations de football.

. L'"avantage comparatif" de l'Angleterre serait d'attirer en Bling Bling League les pétro-dollars de Russie et de Moyen-Orient, de renvoyer les chêvres brouter des pâturages moins verts et plus continentaux, et surtout de ne pas avoir à s'en remettre à un astrologue pour composer son équipe nationale.

. L'"avantage comparatif" de la Côte d'Ivoire serait de voir ses meilleurs éléments à la une des magazines mondiaux vanter les mérites d'inaccessibles articles de sports Européens fabriqués par des enfants Pakistanais.

En théorie, la règle du 6+5 n'entrave en rien la libre circulation des joueurs : rien n'empêche une grosse écurie de disposer de cinquante poulains représentant une vingtaine de nationalités. Tous sont libres de pratiquer leur sport au quotidien, mais le club ne peut pas tout se permettre en compétition officielle : il y a des limites au nombre de personnes pouvant participer à chaque compétition, et sur un match donné, l'équipe doit présenter au moins la majorité + 1 de joueurs sélectionnables. Les joueurs, dont les neurones sont également libres de circuler librement, acceptent ou non le gentlemen's agreement qui leur est proposé.

Même aux Etats-Unis, antre du libéralisme forcené, des règles comme le salary cap assurent une forme de concurrence équitable entre les équipes et une certaine forme d'équité. Pourquoi le foot européen irait-il encore plus loin alors qu'il ne se fonde pas sur un système de franchises mais sur des clubs ancrés dans des bassins régionaux et culturels, et sur une architecture hautement complexe faisant cohabiter des compétitions nationales à plusieurs niveaux avec relégations et promotions d'une part, des compétitions internationales de clubs dont la participation se détermine en fonction des compétitions nationales et des éditions passées d'autre part, et sur un troisième plan des compétitions internationales opposant des nations entre elles.

Sans nécessairement citer l'exception culturelle, l'Europe soutient des initiatives luttant contre la désertification de régions entières ou la fracture numérique... au non de quelle règle ses pères fondateurs soutiendraient-ils une règlementation qui renforcerait les inégalités ou le sentiment de citoyenneté de seconde zone (je parle du supporter autant que du joueur) ?

 

2008.11.28

Grand stade et petit écran

Le foot à la télé : s'agit-il vraiment du même sport ?

Vaste débat, que je propose d'aborder par cette évidence technico-tactique : ce qu'il y a de bien quand je vais voir un match au stade, c'est que je ne parfume pas l'appart' avec mon sandwich dégoulinant d'andouillette.

Mais d'un autre côté, en restant chez soi, pas besoin de se déguiser en Yéti pour se cogner un Saint Etienne Sochaux vers la mi-janvier... et puis jusqu'à preuve du contraire, je n'ai toujours pas croisé le moindre nazillon chantant le bras tendu au milieu de mon salon. Enfin, si le match est nul je peux toujours zapper pour un match de Serie A, de Liga, de K-League, ou mieux encore, ma voisine de sofa, qui en prime ne fume pas. A propos, j'oubliais : quand je me fais palper à l'entrée pour vérifier si j'ai une arme, ça relève du préliminaire, pas du sécuritaire.

L'affaire parait entendue, donc. Mais même avec un écran large à la diagonale platinienne, je ne bénéficie d'une vision complète de l'action que lorsque le réalisateur s'autorise une séance retro avec cadrage seventies ou sixties... enfin vous savez cette époque où l'on n'avait pas besoin de loupe à 850 images par seconde pour distinguer deux crânes chauves au coude a coude* : ah, les bacchantes du Gaulois, les roufflaquettes de son frangin, l'afro de M'Pelé... (heureusement que Cissé a épousé une coiffeuse créative).

Certes certes, mais du haut de la tribune, terminé ce gros plan sur le visage, tordu par la douleur, du joueur victime d'une fracture de l'amour propre (il vient de subir un petit pont et veut nous faire croire qu'en passant, son agresseur lui a découpé le tibia à la tronçonneuse)... et tintin pour ce micro indiscret qui nous dévoile tout sur les amabilités échangées entre joueurs, arbitres, dirigeants, entraîneurs et tous ces assistants dont le seul job consiste à bondir en bloc du banc de touche à chaque action litigieuse pour influencer l'arbitre dans ses prochaines décisions.

D'accord, mais des gros plans, en tribune, on y a droit aussi. Et un bien plus large échantillon : des humains de toutes formes, de toutes tailles, de tous horizons et de toutes conditions, mais tous suffisamment masochistes pour se retrouver une fois de plus au stade parce que cette fois-ci, c'est sur, Paris va gagner.

A ce stade-là, c'est plus de la télé, c'est du cinéma.

 

* quand je dis "deux crânes au coude a coude" il faut comprendre "coude a crâne", cette merveilleuse invention des années 2000... z'avez vu Cris faire la peau lisse ?

2008.11.21

Bonne Savidannée

Ce qu'il y a de bien avec le Steve Savidan c'est qu'on ne s'ennuye pas.

A l'entendre parler, déjà : le Savidan n'a pas été élevé en batterie, et il a un sacré sens de l'humour que l'on ne retrouve pas chez les produits marques de distributeurs (pourtant plus chers).

A le voir jouer, ensuite. Parce que pour le Savidan, le football est resté un jeu. Monsieur s'amuse sur le terrain, prend son pied, tente, ose, risque, profite à fond de ses minutes de présence sur le terrain... en fait, la seule chose qu'il a faite de conforme à l'équipe de France version Domenech l'autre soir, c'est de ne pas marquer.

Pourtant, le Savidan claque. Comme un bon camembert (JPP, toujours), affiné pendant des saisons entières aux étages inférieurs, trimbalé d'Angers à VA à Caen, il exprime enfin tout son caractère sur un plateau à sa mesure.

Désolé mais contre l'Uruguay nos autres Bleus, en dépit d'AOC comme Anelka ou Gourcuff, se sont contentés de nous servir de la Vache Qui Rit.

2008.11.18

PAULETA en Paulitique ?

Pauleta vient de prendre officiellement sa retraîte. Ou plutôt d'officialiser le caractère définitif de son absence de contrat de joueur pro, effective depuis cet été (le PSG le remerciant de l'avoir sauvé... en le remerciant).

Toujours aussi cohérent avec ses principes, le jeune homme a refusé de s'exiler pour des contrées exotiques (les Açores n'ayant rien de la contrée exotique ni de l'exil pour un natif de l'archipel). Seuls Paris ou le Benfica étaient en mesure de le faire changer d'avis, tant pis pour eux...

... et tant pis pour moi puisque dans l'histoire, j'ai perdu mon âme soeur sur le terrain. Le seul joueur auquel je pouvais sinon m'identifier (avec mes pieds carrés !), du moins partager une certaine approche du jeu.

Pauleta n'est ni le plus doué, ni le plus puissant, ni le plus rapide, ni le meilleur dribbleur, mais il compense avec la lecture du jeu et des trajectoires. Ce n'est pas un créateur, mais il crée des occasions. C'est un vrai buteur, avec ce qu'il faut de malice, mais il a le sens du collectif et le respect du maillot. Je ne l'ai vu déraper qu'une seule fois, au Parc, en pleine crise du club, et son vilain coup a logiquement débouché sur une expulsion.

France Football m'a offert l'occasion de le rencontrer il y a deux ans* dans un Face aux Lecteurs décontracté Porte d'Auteuil. L'homme correspondait parfaitement à l'image que je m'en faisais, mais j'avoue avoir été impressionné par ses qualités de diplomate, de politique, et pas seulement au sens trivial du terme. Pauleta sait comment fonctionne un club et ses composants, comment exploiter les media, mais il a aussi des principes sains, un véritable amour du jeu, et le sens de la vocation. Je ne serais pas surpris de le voir mettre ces qualités trop rares à profit.

Comme un Platini, Pauleta gaspillerait son talent à se cantonner à un rôle d'entraîneur ou même de formateur, moins tributaire du court terme. Qu'il passe un peu de temps sur le terrain pour sa fondation, très bien, mais il peut aussi aider le foot portugais et européen à progresser.

Laissons-lui le temps de savourer ses premiers moments de liberté en famille. Mais donnons-lui aussi la chance d'approcher d'autres surfaces de réparation, où il puisse étudier le jeu et ses acteurs avant de se créer la bonne occasion.

 

* cf "Face à Pauleta" (20061115)

2008.10.20

Ballon d'Or 2008 - les 30 nominés

FF a livré sa liste de nominés réduite à 30 happy few (cf ci-dessous). Une saine initiative pour améliorer la sélectivité de l'exercice - la rédaction doit être soulagée de ne plus avoir à se creuser la tête au petit jeu des nominations politiquement correctes (un Irakien, vite, quelqu'un a-t-il un Irakien sous le coude pour faire le cinquantième ?).

Les deux seules vraies questions portent sur :
- l'ordre de sortie de Messi et Ronaldo - avantage au premier en valeur pure, mais le second semble archifavori au regard de sa saison exceptionnelle et constante.
- le nom de l'Espagnol qui les accompagnera sur le podium : il serait dommage que les jurés favorisent Torres ou même Villa, Fabregas ou Casillas me semblant fondamentalement plus doués. On aura sans doute droit à deux ou trois Ibères dans le top 5.

Au rayon tricolore, je vois mal Benzema passer devant Ribéry après son Euro 2008 totalement loupé (merci Raymond). Un Bleu dans le top 10 (voire mieux si les Russes entrent en hibernation, si l'Allemagne accorde 5 points à l'ancien Marseillais, et si celui-ci sort un mois de folie) constituerait une belle consolation pour un pays végétant dans le ventre mou de l'Europe*. Que dire du Brésil...

Bon. Je me lance : Ronaldo - Messi - Villa - Casillas - Ribéry

Allemagne : Michael Ballack (Chelsea)
Angleterre : Steven Gerrard (Liverpool FC), Frank Lampard (Chelsea), Wayne Rooney (Manchester United)
Argentine : Sergio Agüero (Atletico Madrid), Lionel Messi (FC Barcelone)
Brésil : Kakà (Milan AC)
Cameroun : Samuel Eto'o (FC Barcelone)
Côte d'Ivoire : Didier Drogba (Chelsea)
Espagne : Iker Casillas (Real Madrid), Cesc Fabregas (Arsenal), Sergio Ramos (Real Madrid), Marcos Senna (Villarreal), Fernando Torres (Liverpool FC), David Villa (Valence CF), Xavi (FC Barcelone)
France : Karim Benzema (Lyon), Franck Ribéry (Bayern Munich)
Italie : Gianluigi Buffon (Juventus Turin), Luca Toni (Bayern Munich)
Pays-Bas : Edwin van der Sar (Manchester United), Rafael van der Vaart (Hambourg SV puis Real Madrid), Ruud van Nistelrooy (Real Madrid)
Portugal : Cristiano Ronaldo (Manchester United), Pepe (Real Madrid)
Russie : Andreï Archavine (Zénith Saint-Pétersbourg), Youri Zhirkov (CSKA Moscou)
Serbie : Nemanja Vidic (Manchester United)
Suède : Zlatan Ibrahimovic (Inter Milan)
Togo : Emmanuel Adebayor (Arsenal)

* non Michel, je ne fais pas allusion à tes abdos de patron de l'UEFA

2008.10.16

Les Bernanke de la Fed Française de Football

Je ne peux m'empêcher de penser à Paulson ou Bernanke en voyant Jean-Pierre Escalettes et les pontes de la FFF s'enferrer dans leur déni à propos de Raymond Domenech.

J'espère me tromper. Peut-être le "mini-me" de Raymond La Science va nous décrocher la lune en Afrique du Sud. Mais on aura l'air de quoi s'il ne parvient pas à qualifier les Bleus face à des adversaires aussi terrifiants que l'Autriche, la Serbie ou la Lituanie... ?

Que se passera-t-il si la Lituanie bat la France le 28 mars prochain, ou si la France ne récolte que 2 points dans son double duel* ? Six mois de perdus ?

Disons plutôt deux générations de perdues : la qualification à la Coupe du Monde 2010 est vitale pour l'Equipe de France. Sinon pour la gagne, du moins pour transmettre le témoin entre la génération 1977-79 et la fameuse classe 1987, entre les survivants de 1998-2000 (Henry avec ou sans Anelka avec ou sans Trézéguet suivant l'humeur de l'astrologue de Clairefontaine) et l'impressionnante galaxie des Ben Arfa, Benzema, Nasri, Menez & co (auxquels on peut enfin ajouter un Yoann Gourcuff de plus en plus à la hauteur des attentes placées sur ses épaules).

 

* retour le 1er avril : pour les poissons dans le dos, le scotch risque d'être avantageusement remplacé par un couteau ou un pic à glace façon Lituanic Instinct.

2008.10.05

Zidane, une vie secrète

(commentaire à propos de la parution de "Zidane, une vie secrète" - Besma Lahouri chez Flammarion En Quête)

J'ai apprecié le joueur Zidane, moins la complaisance dont il a toujours bénéficié de la part des media (bien au-delà de la protection de la famiglia Canal - celui qui touche à l'un des derniers cheveux de Zizou peut se chercher un visa Qatari pour trouver un job dans le milieu).

Quant au dopage, aucune preuve mais quelques interrogations, en particulier sur sa spectaculaire évolution morphologique pendant les années Juve, et bien sûr sur le miracle de 2006 (comment Duverne est-il parvenu à faire gambader cette bande de trentenaires pendant un mois dans la moiteur teutonne ? - j'ai attendu en vain l'effondrement physique de 1986).

Béatifié de son vivant de footeux pro, Zidane demeurera-t-il intouchable aussi longtemps qu'Anquetil ?

2008.09.24

Merci Park Chu-young

Etonnant le nombre de media français venus consulter mes posts relatifs à Park Chu-young depuis que l'attaquant du FC Seoul a signé à l'AS Monaco...

Je suis à la fois triste que la K-League perde l'une de ses rares stars, et ravi que la France s'intéresse de façon positive au football coréen.

Et puis la chaîne sports KBSN / KBS Sports vient d'acquérir les droits de la L1 auprès de Canal Plus. Pendant mes séjours à Séoul, j'aurais ainsi accès à un peu plus de foot tricolore que via le très chiche TV5.

Coup d'envoi ce soir à minuit heure locale avec Monaco-PSG. C'est pas la L1 (Coupe de la Ligue), mais c'est pas plus mal.

Viviane Reding met les pieds dans le PAF

L'heure du grand marché unique des droits audiovisuels a-t-elle sonné ?

Le Commissaire Européen Viviane Reding prône ni plus ni moins l'instauration de droits uniques pour l'ensemble de l'Union Européenne. L'acquéreur obtiendrait d'un seul coup l'accès aux 27 pays pour des contenus comme les films ou les événements sportifs.

C'est sensé stimuler la concurrence ou renforcer les gros poissons ?

On imagine déjà les nouveaux entrants se frotter les mains : un émir ou un oligarque peut totalement fausser le marché en triplant la mise. Ou un fonds souverain asiatique raffler les droits sur les Jeux Olympiques et la Coupe du Monde en obtenant quelques concessions éditoriales (suivez mon regard Dix secondes ...).

On imagine déjà les opérateurs historiques monter un cartel pour assurer leurs arrières. Ou un pool national se monter pour éviter que le bébé échappe au premier marché continental... Non merci, j'ai vu ce que cela pouvait donner en Corée du Sud.

Reding met les pieds dans le plat, mais le vrai message est avant tout celui-ci : vos petites pratiques ne vont pas éternellement rester sans supervision, surtout en cette période d'explosions en série de bulles spéculatives et de spoliation massive du grand public. J'agite le spectre du grand soir pour obtenir des concessions de votre part. Je sais que vous allez monter au créneau sur l'exception culturelle et que la France ne sera pas la moins loquace à ce titre, mais quelque part, la récré est finie si vous n'acceptez pas la présence d'un pion, vous risquez de vous voir confisquer le ballon.

2008.09.21

La bulle coince Arsenal, ESPN lorgne sur la Premier League

Il y a un peu plus de deux ans, Arsenal se payait une pub dans le Financial Times pour une vaste opération immobilière sur le site de leur ancien stade (cf "Highbury aux premières loges" - 20060326).

Cette semaine, le même FT se fend d'un article sur les possibles impacts de la crise immobilière : le club se prépare à une vague d'annulations, et ne recueillera vraisemblablement pas autant de millions de Livres que prévu dans l'opération. Les 65 premiers appartements commercialisés - sur 680 - avaient rapporté 18,7 millions £, et Arsenal prévoyait encore, en début d'année, un profit total de 100 millions pour 350 millions de ventes.

En dépit d'un contexte économique et financier désastreux (y compris dans la Russie chère à Abramovich), la Premier League continue à attirer les investisseurs. On l'a vu au niveau des clubs avec Manchester City (de plus en plus City et de moins en moins Manchester depuis l'irruption des emirati d'ADUG - Abu Dhabi United Group for Development and Investment), et on le voit au niveau des droits TV avec les ambitions déclarées de Bob Iger, le nouveau président de Disney.

Mickey a en effet observé que la coupe aux grandes oreilles avait trouvé son public aux States. La Champions League marche fort, et la Premier League présente un potentiel intéressant. Surtout, décrocher les droits pour le Royaume Uni marquerait le véritable décollage de la marque ESPN en Europe. Jusqu'à présent, le fleuron sportif du groupe se construisait à peu de frais une notoriété sur le vieux continent en diffusant des affiches plus ou moins délavées sur ESPN Classic, mais la maison mère veut passer à la vitesse supérieure, et envisage même des acquisitions. Si Bouygues veut faire la culbute, c'est peut-être le moment de se débarrasser d'Eurosport.

Au rayon presse, Time Warner guette également l'opportunité pour son Sports Illustrated.

En France, le PSG Classic continue à écumer les étagères poussiéreuses pour piocher des vieilles gloires à bon compte : Ronaldo ne dirait pas non, Cantona se tâte encore, et George Best reste pour le moment muré dans le silence.

2008.09.07

Aux portes de l'exploit

Les Bleus de Raymond Domenech ont vaillamment résisté face aux Autrichiens, ne cédant que sur coups de pieds arrêtés (1-3). Mais la 101e équipe au classement FIFA était trop forte, et il convient déjà de se remobiliser pour la prochaine défaite face aux Serbes.

- "L'objectif sera de perdre par moins de 5 buts d'écart mercredi", a déclaré le sélectionneur, pas peu fier de son effet : "je sais, je sais, c'est très ambitieux compte tenu du jeu que nous produisons aujourd'hui mais si l'on ne place pas la barre plus haut un jour, nous ne parviendrons jamais à titiller nos concurrents directs. Ces éliminatoires seront un succès si nous parvenons à limiter la casse face aux Iles Feroe et d'ailleurs, je vous donne rendez-vous le 10 octobre 2009 à Guingamp vers 22h30. Vous pourriez bien avoir une bonne surprise."

Le sélectionneur a conclu sa conférence de presse sur cette mystérieuse invitation et un sourire tout aussi énigmatique. Tous les journalistes présents ont conclu qu'il visait la défaite par un but d'écart, mais Boghossian a lâché le morceau plus tard dans la soirée : "vous connaissez mal Raymond, c'est le nul qu'il veut aller décrocher. Ce type est décidément un modèle pour nous tous : pour les résultats, il érige ni plus ni moins la nullité en dogme. Et il a prouvé qu'il pouvait poser des problèmes aux meilleurs entraîneurs du monde - tenez, Karel Brückner justement, il l'a mené aux tirs au but en finale du Championnat d'Europe des moins de 21 ans en 2002."

- "Raymond est un coach très exigeant", a poursuivi Samir Nasri au micro de TF1. "On ne peut qu'admirer le talent avec lequel il parvient à exploiter les ressources limitées mises à sa disposition. C'était assez intimidant d'évoluer sur la même pelouse que des pointures comme Sebastian Prödl ou Alexander Manninger. Quand on voit le banc Autrichien et le nombre de joueurs venant de grands clubs comme Sturm Graz ou d'autres qui font même des perfs en Intertoto, ça fait rêver. Moi qui viens tout juste d'intégrer une équipe de jeunes, j'apprends énormément dans ce type de matchs. Y'a pas à dire, nous les joueurs ça nous change des petits championnats dans lesquels nous évoluons au quotidien."

Un vent d'optimisme sans précédent souffle sur l'Equipe de France, qui n'a jamais été aussi près du Top 100 des équipes nationales. Le patron de la FFF se réjouit que Raymond Domenech ait accepté de prolonger son bail avec les Bleus plutôt que de céder aux sirènes des plus grands clubs qui lui faisaient les yeux doux depuis des mois. Au grand dam du président de l'Entente Sannois Saint Gratien.

2008.08.22

Mercato : dernières cartouches

Ces infos exclusives sont passées jusqu'à présent inaperçues des grands media et pour cause : ces transferts ne relèvent pour le moment encore que de rumeurs à prendre avec des pincettes, des protège-tibias, deux sucres et l'addition.

- Sydney Govou à l'Olympique Lyonnais : après avoir tergiversé pendant sept ans et autant de titres de champion, l'attaquant international serait sur le point de se décider à rester officiellement au club et à renoncer définitivement à sa clause d'hésitation

- Alain Boghossian à l'Aviron Bayonnais FC : non content d'avoir poignardé dans le dos Didier Deschamps, le Champion du Monde rêve aussi de coller un uppercut au menton du Basque sur ses propres terres.

- Usain Bolt au Servette de Genève : la fusée jamaïcaine souhaite garder un oeil sur son or pendant les entraînements, et au passage apprendre à ralentir un peu la cadence pour éviter d'éveiller les soupçons de l'Agence Mondiale Antidopage (s'il est miraculeusement parvenu à ne pas pulvériser la barrière des 9'50" en finale olympique du 100 m, c'est parce qu'il a délacé sa chaussure aux 60 mètres, freiné aux 80 mètres et dansé la lambada sur les 20 derniers)

- Bonaventure Kalou au Virtual Real : le club phare de l'U-League tend les bras à la star et n'hésiterait pas à lui proposer une reconversion (au choix entraîneur ou la religion uqbare).

- Roman Abramovich à l'OM : le milliardaire russe a trouvé son maître dans le ratio argent investi / championnats gagnés. Il hésite toutefois encore entre le club phocéen (que RLD rechigne encore à céder pour ne pas risquer de casser sa série de 11 ans d'échecs) et le PSG.

2008.08.09

Place aux spores

La cérémonie d’ouverture des JO de Beijing 2008 résume parfaitement la situation :

- la Chine est un immense pays riche d'une immense histoire et d'une immense culture

- l'avenir lui appartient, mais elle s'autorise déjà toutes les audaces d'un pays à la pointe de l'innovation technologique

- "One World, One Dream" en vérité : le monde est un, mais c'est la Chine qui conduit l’unité, et elle rassemble toute la région sous sa bannière. Les hommages appuyés à Taiwan et au Tibet marquent surtout leur retour symbolique au bercail.

- si vous acceptez le confort de cette splendide ombrelle vous serez couverts d'or... mais ne vous amusez pas à renier le grand frère : l’Armée Chinoise contrôle. Les athlètes lui confient symboliquement le drapeau olympique, et ce sont les militaires qui d’un pas de l’oie quasi comique s’en vont lever les couleurs sous le regard à peine embarrassé de Jacques Rogge.

La Chine pervasive est prête. Place aux spores.

---

Initialement publié sur blogules.

2008.07.27

Chambre avec vue

Villareal à Barcelone, l'Uruguay à Busan, et maintenant le Nigéria à Namhae... il devient difficile de descendre à l'hôtel sans tomber sur une équipe de foot*.

Une chose change : je ne rajeunis pas. Il fut un temps où des fans peu physionomistes me demandaient un autographe en croyant avoir affaire à un joueur, mais la probabilité diminue à mesure que ma silhouette s'épaissit. Et pour être totalement franc, l'autre jour, pas un seul Coréen ne m'a pris pour un joueur nigérian. 

J'ai naturellement souhaité à ces authentiques athlètes un succès comparable à celui de 1996 aux prochains Jeux Olympiques de Beijing**, mais je leur ai surtout sincèrement souhaité que 2010 soit leur vraie année : la question n'est pas de savoir si mais quand le Nigéria sera champion du monde, et cette équipe me semble la mieux placée pour effacer des tablettes le Cameroun 1990 et le Sénégal 2002 comme meilleur performer africain en phases finales dès la prochaine édition. Pour ce continent comme pour ce sport, il est essentiel qu'au moins une nation africaine parvienne en demi-finales.

Cela dit, la meilleure équipe ne l'emporte pas toujours en Coupe du Monde : la Hongrie eût été sacrée en 1954, les Pays-Bas en 1978, et peut-être bien (excusez-moi du sacrilège en cette période d'anniversaire) ces mêmes Pays-Bas vingt ans plus tard. Mais c'est toujours le meilleur groupe qui triomphe. Or si ces Super Eagles là m'ont paru bien dans leurs baskets et détendus, je ne les ai pas toujours senti tous ensemble, ni franchement à l'écoute de leur coach.

A la limite, un nouvel échec cet été pourrait leur être plus utile qu'une victoire dans la perspective 2010. Cette mauvaise passe ne saurait décemment persister.

Quant à la mienne, j'ai bien peur qu'elle soit sans espoir de sortie.

 

* n'en déduisez pas pour autant que je fréquente des hôtels de passes
** leurs adversaires au premier tour (groupe B) : les Pays-Bas le 7 puis le Japon le 10/08 à Tianjin, les USA à Beijing le 13.

2008.07.10

Dix secondes

Le Département Central de la Propagande a décidé de diffuser les Jeux Olympiques à Beijing avec dix secondes de décalage pour l'audience nationale*. Le temps d'éditer ce qui pourra l'être et de zapper les scènes délicates qui ne manqueront pas de survenir pendant la quinzaine de toutes les tensions.

Le diffuseur officiel, la CCTV (China Central TV), justifiera plus que jamais ses initiales : en Anglais, CCTV ou "Closed Circuit TeleVision" est le nom donné aux caméras de surveillance, qui fonctionnent en circuit fermé.

Sur les terrains de sport, dans les tribunes, sur les podiums, en salles d'interviews... la moindre allusion aux droits de l'homme, au Tibet, aux Ouïgours**, au révisionnisme historique et culturel imposé aux voisins de l'Empire du Milieu... sera impitoyablement traqué.

A la limite, le comité d'organisation, le BOCOG, préfèrerait peut-être une bonne vieille attaque terroriste façon Munich '72 à un couac médiatique retentissant flanquant par terre des années de succès de la propagande. La pitié accordée aux victimes à l'opprobe jetée sur les coupables.

Dix secondes, ce n'est pas grand chose, mais c'est beaucoup plus qu'il n'en faudra aux bombes de muscles jamaicaines et américaines pour plier la finale du 100 mètres.

Le véritable exploit reposera donc sur les épaules des censeurs et des virtuoses du ciseau à la régie officielle : eux non plus n'auront aucun droit à l'erreur pendant ces dix secondes. La différence ? Il n'auront aucune médaille à gagner et beaucoup plus à perdre en cas d'échec.

 

* cf "China to delay 'live' Olympic broadcast by 10 seconds" (Chosun Ilbo 20080710)

** cf "Tibet, Ouïgours... l'Empire éclaté ?"(20080403)

2008.07.02

Sans commentaire

Le commentaire sportif tourne en rond.

Le ton et l’emphase dépendent bien sûr de chacun, mais il existe un "accent" du commentateur sportif, une façon de porter la voix, de traîner sur certaines parties de la phrase, que le téléspectateur reconnait aussitôt. Sans savoir de quoi il est question, il sait que c’est du sport. Et les expressions consacrées, les clichés contribuent à planter le décor, à mettre dans l’ambiance sans déstabiliser un client que l’on souhaite bien confortablement calé sur son sofa, en mode optimal de réception des messages qui comptent vraiment (la pub).

Les petits nouveaux débarquant sur l’antenne rentrent presque toujours dans ce moule horripilant, que l’on peut comparer à celui des présentateurs de JT (battements de cils en moins au lancement des sujets, puisque le visage du commentateur sportif n’apparaît qu’au début et à la fin de la retransmission).

Les diffuseurs veulent de l’enthousiasme, une ambiance café du commerce relevée par la présence d’experts / consultants qui bien souvent s'abaissent rapidement au niveau de leur compère journaliste. L’école de la radio (un media ou l’emphase est de bon ton) a fourni des prototypes assez spectaculaires comme Gilardi ou Saccomano, et l’accadémie Canal + a un peu changé les habitudes avec des journalistes plus "spécialistes" et "experts", le consultant endossant parfois le costume d’Auguste, le clown joyeux (ie Rouyer).

Les Français parlent beaucoup en regardant un match à la télé et ils "entrent" plus facilement dans le match quand ils ont l’impression d’être dans la cabine avec des "pros" relativement accessibles.

Mais à tout prendre, je préfère la fraîcheur de "La Rouille" à l'inanité de la masse des sclérosés du micro.

Et la franchise de Christophe Dugarry à la PC attitude de Vieira au moment de livrer leur opinion sur Domenech.

2008.06.30

Si vous avez raté la fin

L'Espagne se décide enfin a assumer son role de favori et a bien jouer une grande compétition de bout en bout. Du haut de sa tribune, Platini a dû apprécier : cette équipe n'a pas grand chose à voir avec sa tâcheronne de devancière de 1984.

Tant mieux pour le jeu... et tant pis pour mes pronostics d'avant Euro*: d'apres mon scenario l'Espagne faisait bien 0-0 en quarts contre l'Italie mais perdait aux tirs au buts 2-3 au lieu de l'emporter 4-2. L'Italie n'a donc pas pu perdre en demis contre la Russie et si l'Allemagne s'est inclinée en finale, ce n'était pas contre la bande a Hiddink.

Pour le reste, pas brillant : j'avais à peu près vu venir les victoires de l'Allemagne et de la Russie en quarts, mais pas du tout le Turquie-Croatie.

Pire encore : pour sa sortie, Thuram nous a préparé une autre surprise que celle que j'avais prévue.***

 

* cf "Si vous avez manqué le début " (20080531)
** 2-1 au lieu de 3-2 contre le Portugal pour les premiers, 3-1 contre les Pays Bas au lieu de 2-0 contre les Bleus pour les Russes
*** cf "Lilian a un coeur gros comme ça" (20080627) 

2008.06.29

Arbitrage vidéo

A chaque fois que l’on remet le sujet de l’arbitrage vidéo sur la table, je dégaine le même message :

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais pour des questions évidentes de coût, cela ne pourra concerner que l’élite, avec le risque d’augmenter le décalage entre sport pro et amateur, voire de décrédibiliser ce dernier aux yeux de ceux qui le pratiquent tout en regardant à la TV des matchs d’un autre genre. J’ai un profond respect pour Arsène Wenger, sans doute le manager que je préfère dans ce sport, mais il prêche ici pour une paroisse très élitiste, pas dans l’intérêt supérieur du sport.

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais uniquement avec des cameras fixes et objectives. "Objectives" au sens "neutres" et "focalisées sur un objectif" : tout point de vue est subjectif, l’opérateur est humain, et l’outil doit se limiter à des tâches simples, automatisables et incontestables comme le contrôle du franchissement d’une ligne (comme au tennis).

-  au-delà, cela demande une autre couche d’interpretation (yc à la source : imaginez la complication des règles et des règlements pour décider quelles actions font l’objet d’un contrôle, sous quelles conditions...), une équipe de juges vidéo, et une coupure à chaque sollicitation (cf foot US et à un degré moindre rugby).

-  on réduit potentiellement les risques d’erreur, et (seul argument recevable à mes yeux) on enlève de la pression sur les épaules de l’arbitre sur certaines décisions clef, mais on ne tue pas l’erreur. Je garde toujours à l’esprit le Brésil Norvège de 1998 où la dizaine de caméras pointées sur le match ne décelaient aucun pénalty, l’arbitre n’étant réhabilité que quelques jours plus tard après la publication de la vidéo amateur d’un spectateur.

 

2008.06.27

Lilian a un coeur gros comme ça

Thuram devait annoncer l'officialisation de sa signature au PSG aujourd'hui.

L'âme des Bleus a préféré nous révéler que son coeur avait une faiblesse.

Une de plus me direz-vous, mais celle-ci est réelle. Pas un nouveau signe de compassion, mais une connerie de maladie qui peut tuer, et qui a d'ailleurs déjà endeuillé sa famille.

Je n'étais pas très chaud pour que Thuram rejoigne le PSG parce qu'à mes yeux il ne représentait pas vraiment l'avenir du club.* Je lui donnais encore de belles années à jouer au plus haut niveau en prenant et en donnant un maximum de plaisir, mais Paris n'était vraiment pas un challenge à son niveau, ni le genre de club où on prend du plaisir ces derniers temps. Surtout avec un président qui se focalise sur un transfert : le sien, au sens psychanalytique du terme (ne nous y trompons pas, Charles Villeneuve ne pense qu'à sa pomme et à prouver que non, il n'est pas dépassé par la limite d'âge**).

Thu-Thu devra probablement se résoudre à renoncer à rejouer en pro. Et même à ses rêves de préretraîte avec l'équipe de Guadeloupe. Heureusement pour lui, il devra aussi renoncer à jouer pour le PSG.

Sur le terrain tout du moins. Car ce grand seigneur constituera une recrue inespérée pour n'importe quel groupe en manque de coeur.

* cf "Es-tu prêt à souffrir ?" (20080530)

** ce qui est d'ailleurs vrai. mais CV est surtout dépassé par la limite de ses connaissances en football et là c'est beaucoup plus grave docteur.

2008.06.22

Bleus dans le rétro

Les Bleus sont logiquement sortis de l'Euro 2008. Je reprends à ce propos une discussion à propos des clubs, facteurs clef des succès passés de la sélection. 

Les clubs français n’ont pas digéré Bosman, qui les a stoppé à leur apogée (début des années 90 avec l’OM en C1 en 1991 et 93, l’ASM en C2 en 1992, Bordeaux en C3 en 1996, le PSG demi-finaliste des trois coupes entre 1993 et 1997 avec deux finales de C2 en 1996 et 97)

Notons que Lyon tue la concurrence comme l’OM de Tapie (la triche en moins) en asséchant ses concurrents directs à chaque intersaison. Les victoires des Bleus n’ont pas eu lieu pendant la domination de Marseille mais juste après, quand une saine concurrence est revenue au plus haut niveau.

Les 3 glorieuses de l’équipe nationale coincident avec des phases de compétitivité au niveau des joueurs comme des clubs :

-  autour de 1958 avec Kopa, Fontaine et compagnie (avec Reims et Nice comme machines de guerre de classe mondiale, et Kopa comme fleuron de l’exportation)

-  autour de 1984 avec certes un regain de compétitivité au niveau européen (Bordeaux), mais surtout une autre génération en or et Platini rayonnant à la Juve

-  entre 1996 et 2001 avec une nouvelle fournée d’anthologie, un autre leader à l’export (Zidane), et une génération ayant appris à dominer l’Europe en France (OM et PSG) puis dans les meilleurs clubs.

Chaque équipe a connu une période dorée en matière de jeu. Pour la période la plus récente, je retiendrais plus 2000 que 1998, où la victoire était certes superbe mais moins éclatante. La France était la meilleure équipe en 2000, mais derrière les Pays-Bas en 1998. La France a retrouvé son jeu une année (2003) avant de sombrer. La finale de 2006 repose sur un groupe soudé plus que sur un jeu innovant (jolie balade néanmoins devant les fantômes brésiliens en quarts). Elle se fonde également sur une énigme troublante à mes yeux : miracle de la préparation physique sur des trentenaires soumis à une chaleur intense ?

La génération 1987 promet beaucoup, et elle a déjà commencé son exportation (Nasri à Arsenal). Il n’est pas dit qu’elle apprenne à gagner ensemble. Et Raymond Domenech n'est pas parvenu à réussir le grand pont avec celle de 1997.

2008.06.14

Les Bleus pliés en quatre

Les Pays-Bas ont collé quatre jolis buts à l'équipe de France hier soir. Un non événement puisque les Bleus naviguent depuis un moment dans le ventre mou du foot européen. Et quand on ne parvient à ne marquer aucun point ni aucun but à une médiocre équipe d'Ecosse il ne faut pas s'étonner de prendre une rouste devant une séduisante équipe batave.

S'ils n'ont pas le brillant de leurs prédécesseurs de 1988, les Oranjes peuvent aller loin dans cette compétition. Plus loin vraisemblablement que ces deux finalistes de la dernière Coupe du Monde couverts de bleus et raccrochés à l'ultime espoir d'un échec roumain dans le dernier match de poule... pour peu que l'un des deux daigne battre l'autre.

Le 4-1 d'hier demeure néanmoins porteur d'espoirs : les jeunes emmagazinent de l'expérience et de la frustration au plus haut niveau (utiles aux survivants de 1992-1993, les moteurs de 1996-2000), et il commence à y avoir de l'animation au milieu, un potentiel offensif plus varié. A condition bien sûr que la sélection prenne le risque d'affirmer un style plus clairement orienté vers l'avant.

Et puis une nette défaite au premier tour pourrait précipiter l'arrivée d'un Deschamps à la tête de la nouvelle génération. Domenech aurait ainsi prolongé avec succès sa mission commencée avec les Espoirs : former toute une génération à la victoire en équipe A.

Et retrouver l'OL histoire de boucler la boucle ?

2008.06.09

Euro fort et Samba s'en revient

Comme attendu, l'Euro 2008 est lancé (sans pitié pour les pays hôtes Suisse et Autriche, battus lors de leur première sortie), et la crise de la finance* s'étend à l'économie au sens large.

Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que l'actualité footballistique qui retient mon attention ces jours-ci me vienne de Bloomberg** : les footballeurs brésiliens reviennent au bercail depuis que le Real a repris du poil de la bête.

Quand je parle du Real, ce n’est pas à la Maison Blanche madrilène mais la monnaie brésilienne que je pense. Elle a spectaculairement gagnée sur ses concurrents directs grâce aux exportations nationales de produits alimentaires, un luxe par les temps qui courent.

Les footballeurs brésiliens courent encore mieux mais ne sont plus un luxe pour des clubs comme Botafogo. Ze Carlos (Jose Carlos Garcia Leal) y a récemment signé avec d’autant plus de joie qu’il évoluait sous de plus tristes tropiques, dans ce Japon "où les gens ne vous laissent même pas les prendre dans les bras" pour célébrer un but.

Des scènes de liesse que l'on n'est pas prêt de revoir de sitôt du côté de Wall Street, temple de la spéculation financière, ou du Parc des Princes, temple des bulles sportives... à moins que Dein et Wenger ne viennent en chevaliers blancs apporter une réponse à la fois sportive et financière au club parisien.

A noter également : à la Bourse de Lyon, le cours du Puel s’est envolé. Et Puel lui-même pourrait bientôt en faire autant.

* à ne pas confondre avec la crise financière (cf "Du free market au fair market")
** cf "Ronaldo at Flamengo Nears Reality as Real Gains 44%"... les lecteurs de footlog ne seront pas dépaysés : ils ont déjà eu droit au Financial Times dans leur revue de presse (cf "Highbury aux premières loges" - 20060326)

2008.05.31

Si vous avez manqué le début

En attendant le coup d'envoi de l'Euro 2008, je vous propose d'en découvrir en exclusivité les résultats. On notera la razzia russe, le triomphe d'Hiddink, la confirmation du retour en forme de l'Allemagne, et le CSC de Thuram.

Pour rappel : Tutu a voulu élébrer sa dernière sélection en donnant un coup de boule à Arshavin, mais a catapulté par erreur le ballon dans les filets de Lloris appelé en renfort suite à la blessure de Frey (au grand désespoir de Landreau) :

Groupe A
SUI-CZE 0-2
POR-TUR 2-1
CZE-POR 1-1
SUI-TUR 1-0
SUI-POR 0-0
TUR-CZE 1-3
CZE 7 - POR 5 - SUI 4 - TUR 0

Groupe B
AUT-CRO 2-1
DEU-POL 5-0
CRO-DEU 1-2
AUT-POL 2-2
AUT-DEU 1-1
POL-CRO 3-3
DEU 7 - AUT 5 - POL 2 - CRO 1

Groupe C
ROM-FRA 0-1
NED-ITA 1-1
ITA-ROM 3-1
NED-FRA 2-2
FRA-ITA 1-1
NED-ROM 1-1
ITA 5+2 - FRA 5+1 - NED 3 - ROM 1

Groupe D
ESP-RUS 1-2
GRE-SVE 0-1
SVE-ESP 1-1
GRE-RUS 0-4
RUS-SVE 2-0
GRE-ESP 0-2
RUS 9 - ESP 4+1 - SVE 4-1 - GRE 0

Quarts
CZE-AUT 3-0
DEU-POR 2-1
ITA-ESP 0-0 ap 3-2 tab
RUS-FRA 2-0

Demis
CZE-DEU 1-1 4-5 tab
ITA-RUS 0-2

Finale
DEU-RUS 0-3

2008.05.30

Es-tu prêt à souffrir ?

C'est la question posée par Arsène Wenger à son ami Charles Villeneuve avant qu'il n'accepte la présidence du PSG. 

Si Villeneuve a été un moment patron des sports sur TF1, on le connaît mieux pour ses émission judicio-populistes. Après "Le Droit de Savoir", Monsieur s'accorde celui de ne rien connaître au football : ni Bernard Mendy (passe encore), ni l'âge de Makélélé et Thuram, ni le foot anglais ("Chelsea: c'est le football que j'aime. J'ai biberonné au foot anglais et à celui-ci, en particulier" - le Chelsea des années 40 demeure effectivement dans toutes les mémoires).

De toute façon le PSG ne reconnait plus les siens : Pauleta sort par la même petite porte que Susic il y a quelques années, Alonzo va se trouver un vestiaire plus accueillant avec accès direct au pré, et l'arrière garde de TF1 met un terme aux années Canal + moins spectaculairement que celles-ci avaient enterré les années RTL.

CV a confirmé PLG. Il cherche un grand joueur par poste à commencer par le gardien (Landreau n'a effectivement pas été retenu parmi les 23 de Domenech pour l'Euro 2008). Il demande aussi des sous à Colony Capital, Nicolas Sarkozy et la terre entière.

En bref, le nouveau président a besoin de dirigeants compétents, de bons joueurs et d'argent.

Supporter du PSG, es-tu prêt à souffrir ?

2008.05.18

Oscar Pistorius hors jeu

Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) vient d'offrir au Sud-Africain Oscar Pistorius le droit de participer aux Jeux de Beijing.

Oscar Pistorius a déjà remporté la médaille d'or du 200 m en 2004. Aux Jeux Paralympiques.

Amputé des deux jambes, Oscar vole sur deux spatules qui démultiplient les efforts de ses jambes de façon beaucoup plus efficace que de vulgaires membres humains.

On ne peut s'empêcher de penser aux récentes campagnes de Puma avec les stars du ballon rond affublés de jambes bioniques, ou pour les plus anciens d'entre nous au mémorable "Hors Jeu" d'Enki Bilal et Raoul Cauvin (Editions Casterman), et à ces machines à balancer des boulets de canon qui explosaient au pied du fooballeur.

Oscar Pistorius pourra aussi se présenter aux épreuves de basket chaussé d'échasses à ressort, ou aux finales de natation avec sa queue de sirène modèle Manaudou2008. Avec ou sans combi, pour ce que ça changera...

Décidément, avec ou sans prothèses, l'olympisme marche sur la tête. 

Acharnement thérapeutique

Paris a sauvé sa peau.

Lens remontera plus vite que le PSG si celui-ci avait conclu sa saison dans le prolongement des deux dernières.

Mais le club de la Capitale n'en a pas fini avec ses vieux démons. La révolution doit avoir lieu.

Colony Capital détient la clef, et deux candidats déjà dans la place :

- Simon Tahar s'inscrit dans l'âme du club : ses premières pensées hier étaient pour Francis Borelli et Alain Cayzac, les deux présidents disparus tragiquement cette saison (le second dans des circonstances heureusement moins définitives)

- Michel Moulin s'inscrit dans la tradition Bernard Tapie : ses premières pensées hier étaient pour sa pomme - je veux être président, je vais ramener la Coupe aux grandes oreilles, je ferai venir les grands joueurs, vous pouvez compter sur moi...

La grande tragédie à peine terminée, place à la comédie de boulevard... ça promet pour 2008-2009.

Et entretemps, n'oubliez pas de rapporter la Coupe aux petites oreilles, vous savez, la même que dans la vitrine du restaurant le 70.

2008.05.12

Motivés

Francis Gillot et Antoine Kombouaré ont sauvé leurs clubs respectifs de la relégation et n'ont plus rien à craindre pour la dernière journée.

Si ce n'est de voir le club de leur coeur rétrogradé en Ligue 2.

Et dans cette perspective, l'un comme l'autre ont un rôle essentiel à jouer : le Sochaux de Gillot pourrait faire le jeu de Lens face à Paris, et le Valenciennes de Kombouaré le jeu du PSG face à Toulouse.

Toulouse comme Paris espèrent de leur côté que Lyon ne tuera pas trop rapidement le suspense à Auxerre histoire de démotiver les Bordelais à Bollaert.

Reste le cas épineux des joueurs du PSG. A l'heure de livrer le match le plus important de l'histoire du club ces grands garçons sauront-ils trouver la motivation ailleurs que dans une vulgaire, sonnante et trébuchante prime ?

Vulgaire, on sait faire - demandez aux Ch'tis ce qu'ils pensent des banderoles maison.

Sonnant, on connait aussi - demandez à Colony Capital ce qu'il pense de son retour sur investissement dans le troisième budget de Ligue 1.

Trébuchant, on n'est pas non plus en terre inconnue - demandez à Ceara ce qu'il pense de sa note artistique contre Caen.

Motivés, les joueurs du PSG le seront pour le Grand Match - celui qui sera retransmis en direct sur une chaîne gratuite, celui qui donnera droit en cas de victoire à une ligne de plus au palmarès, cette finale de Coupe de France qui facilitera plus certainement leur transfert hors de cet enfer qu'un matchounet tristounet décidant du maintien du doyen de L1 l'année du retour du doyen des clubs français en L1.

A propos...

Un Parisien motivé par le maintien, ça existe. Il paraît que Guillaume Hoareau a bien dormi samedi soir. On lui souhaite d'en faire autant samedi 17 mai.