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2011.07.18

Les Bleues championnes du monde

Le Japon a donc remporté à Francfort la 6e Coupe du Monde de Football Feminin 2011 à la suite d'une finale haletante et d'une compétition réussie à tous les niveaux à commencer par le jeu.

Le onze nippon a terrassé en quarts l'Allemagne, double tenante du titre et archifavorite à domicile, et en finale les Etats-Unis, grands spécialistes de l'épreuve et tombeurs des Brésiliennes de Marta (quintuple meilleure joueuse du monde FIFA) en quarts, mais trop maladroits au moment de verrouiller un nouveau titre (premier but égalisateur offert, séance de tirs aux buts catastrophique).

Les Français retiendront le parcours inédit des autres Bleues jusque dans le dernier carré. Une première prolongeant le récent triomphe de l'Olympique Lyonnais en Ligue des Champions, et prolongée par une qualification automatique aux JO 2012, à Londres.

Ce parcours m'a beaucoup fait penser à celui de la bande à Hidalgo en 1982 : une demi-finale inespérée laissant même entrevoir quelques regrets (avec Abby Wambach dans le rôle de Horst Hrubesch - pour le jeu de tête, pas la tronche), mais aucune victoire contre les ténors. J'attendais donc logiquement la défaite en match de classement contre la Suède.

Bravo donc à Louisa Necib, Sonia Bompastor, et Laura Georges, le trio retenu dans le onze majeur, mais aussi à Elodie Thomis, Gaetane Thiney, et Marie-Laure Delie, le trio d'attaque (2 buts chacune), au capitaine Sandrine Soubeyrand et à l'entraîneur Bruno Bini, et à l'ensemble du groupe. Bravo à celles et ceux qui les ont précédés et ont rendu possible les succès d'aujourd'hui : Élisabeth Loisel, Aimé Mignot, Marinette Pichon...

Cette précieuse expérience et les bonnes retombées médiatiques (amplifées par la formidable épopée de Homare Sawa et ses soeurs) doivent encourager les promoteurs du foot féminin en France sur l'ensemble de la chaîne.

A l'heure où Leonardo fait ses emplettes pour le PSG, les nouveaux maîtres des lieux seraient inspirés de continuer à investir dans leur équipe féminine, qui a placé 5 joueuses dans le groupe France (Laure Boulleau, Elise Bussaglia, Laure Lepailleur, Caroline Pizzala, Bérangère Sapowicz). Le Championnat de France ne rivalisera probablement pas avec la ligue pro américaine Women's Professional Soccer*, mais renforcer la visibilité de l'élite favorisera les vocations sur l'ensemble des tranches d'âge.

Espérons simplement que le feu des projecteurs ne remettra pas en cause le fair play remarquable qui règne sur le football féminin.

footlog 2011
(nouveau - retrouvez footlog sur Twitter : @footlogbis)

* annoncée sur footlog : "WPS - c'est comme si c'était fait", et fort bien lancée depuis. Marta a rejoint la nouvelle franchise des Western New York Flash.

2011.07.16

Baek Seung-ho attendu comme le Messi coréen

Baek Seung-ho a signé un contrat de cinq ans au Barça. C'est son père, un prof de gym à l'université de Yonsei, qui a vendu la mèche aux media coréens. Son petit n'a que 14 ans aujourd'hui, mais avait déjà tapé dans l'oeil des dirigeants Blaugrana il y a un an et-demi.

Immanquablement, tout le monde, à commencer par le premier intéressé, songe au débarquement à la Masia d'un autre talent précoce : l'Argentin Lionel Messi.

Si tous les jeunes talents de la pépinière catalane ne passent pas le cut pro, ce buteur Coréen aux statistiques effrayantes a été verrouillé pour au moins cinq ans au lieu des un ou deux habituels, preuve de la hauteur des espoirs fondés en lui.

Au pire des cas, Seung-ho aura de toute façon grandi avec la future élite de la meilleure école de foot du monde. Pour peu que Roman Kim* lui aussi confirme, la diaspora coréenne des années 2020 aura de la gueule.

Entretemps, laissons-leur le temps de s'amuser.

footlog 2011

* voir "Roman KIM" et sur footlog archives "KIM Roman, 13 ans, prêt pour la CM 2014 ou 2018 ?"

2011.06.15

PARK Chu-young au PSG !!!....................... s'il vous plait

Le petit Park Chu-young, je le suis depuis ses débuts au FC Seoul en 2005. Pas un fuoriclasse de la trempe des Maradonas et des Messis, mais le genre de joueurs dont rêvent tous les entraîneurs : collectif et travailleur, mais aussi décisif et capable d'apporter de la rupture, de faire briller ses partenaires, de décoincer un match.

S'il a loupé son premier rendez-vous avec la France en 2006*, PCY a fini par débarquer deux ans plus tard en Ligue 1**. Mauvaise pioche : en dépit de son talent désormais universellement reconnu, le Coréen n'est pas parvenu à enrayer l'inéluctable chute de la maison ASM.

Selon toute vraisemblance, Park devrait opter pour Liverpool : le jeu direct et aérien lui convient, l'air de la Premier League réussit aux Park, et les Reds de Kenny Dalglish ne peuvent décemment pas faire pire que la saison dernière.

Mais la Ligue 1 n'a pas dit son dernier mot : le PSG et l'OL voire Lille sont officiellement sur les rangs, et rien ne me ferait plus plaisir que de voir le club de la capitale signer Park Chu-young dans la foulée de Kévin Gameiro, lui aussi convoité par le Aulas FC.

25 ans pour Park, 24 pour Gameiro : le PSG a tourné la parenthèse Coupet-Makélélé et pourrait refaire le coup de 93-94, avec une bande de jeunes talents affamés de titres. Et pourquoi pas Leonardo pour rallumer la flamme futchebol do brasiuuuuuuu.

Jusqu'à présent, l'effet Qatar Investment Authority me parait fort sympatique puisque focalisé sur le sportif... mais tout cela reste à confirmer.

Le seul hic, si Park Chu-young rejoignait le PSG, serait de voir les media l'inscrire dans le cadre du phénomène K-pop, une caricature qui sonne, et ce n'est pas un hasard, comme une bulle au moment où elle éclate. La Corée et Park valent mille fois mieux que ces produits marketing sans âme.

footlog 2011
(nouveau : suivez footlog sur Twitter @footlogbis)

* j'attendais un peu trop de son match face aux Bleus (voir "Park Chu-Young : le prince des Park")
** voir "Merci Park Chu-young"

2011.06.01

La Samaranchisation de la FIFA n'est pas une fatalité

J'évoquais récemment la Samaranchisation de la FIFA, et cette délétère atmosphère de "Fin de règne", mais la surréaliste conférence de presse de Sepp Blatter a probablement définitivement enfoncé le clou.

Dans un numéro de 'tout va très bien madame la marquise' digne du dircom de Khadafi, Blatter s'est tout simplement tiré une balle dans le pied alors forcément, ses petits gris-gris et autres jonglages médiatiques ne peuvent plus convaincre personne. Les mois, sinon les jours, de l'autocrate semblent désormais comptés.

La FA anglaise a tiré la première en annonçant son abstention aux élections présidentielles de la République Bananière de FIFA et en invitant les fédérations responsables à en faire de même à l'occasion du 61e congrès.

Les tops sponsors de la FIFA ont emboité le pas avec retenue : nous attendons une véritable mise au clair de la part d'une organisation supposée garante du beau jeu.

Platoche a refusé de tirer sur l'ambulance et s'évite un "tu quoque mi fili" : c'est gentil de penser à moi mais je ne suis pas candidat. Pour le moment.

Il faut dire que le gouvernement mondial du foot a quelque chose de radioactif ces temps-ci. Tout le monde s'attend à un déballage monstrueux, et je ne suis pas fâché de revoir Andrew Jennings, auteur d'un remarquable réquisitoire contre les 'seigneurs des anneaux' de l'Olympisme il y a deux décennies, rôder dans les parages.

Blatter peut affirmer que le jeu se porte bien en évoquant la récente belle finale Barça-MU, cette compétition relève de l'UEFA de son ancien poulain. Et partout dans le monde, les belles vitrines masquent des coulisses pas très nettes. En Corée du Sud, un second joueur vient de se suicider dans le cadre du scandale des matchs truqués.

L'Angleterre ne récupèrera probablement pas "sa" Coupe du Monde 2018, mais je ne serais pas surpris de voir le Qatar perdre l'organisation de l'édition suivante, accordée dans des conditions pour le moins troubles et un calendrier pour le moins accéléré.

Bin Hammam ne sera probablement pas réhabilité, mais cela n'empêche pas le PSG d'annoncer dans le pire des contextes le rachat de 70% de son capital par le fonds souverain du Qatar (Qatar Investment Authority). Colony Capital conserve 30% du gateau et Sébastien Bazin compte bien enfin réaliser ses rêves immobiliers les plus fous. Le budget du club ne devrait pas s'envoler pour autant : c'est une question de business, pas de sport.


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(nouveau : suivez footlog sur Twitter @footlogbis)

2011.05.29

Suivez footlog sur Twitter

Ce qu'il y a de bien avec Twitter c'est que mes inepties seront limitées à 140 caractères.

Vous suivez ?

Cela va se passer sur http://twitter.com/footlogbis

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Fins de règnes

Il y a encore cinq ans je me serais sans doute contenté de cette agréable finale de Champions League ponctuée de jolis buts : la passe de Xavi pour Pedro, le double une-deux de Rooney - même avec Giggs hors-jeu -, la lucarne de David Villa (de Messi, je retiendrais plutôt que la caguade de Van der Sar ses jolis non-buts comme sur sa mini-Madjer en seconde mi-temps).

Mais cette journée avait des airs de fins de règnes. Pour Sir Alex et ses fidèles grognards Giggs et Scholes, pour les Van der Sar, Park, Evra, Pujol et autres soldats de devoir, mais aussi pour ce Barcelone de feu de Guardiola.

La meilleure équipe du monde a de nouveau conquis un trophée ultramérité en proposant le meilleur jeu du plateau, mais on finirait presque par se lasser de ce jeu de passes courtes trop parfaites entre camarades d'école. Au plus fort de la domination de Manchester par le Barça, les blaugranas donnaient l'impression de marcher, seul le porteur du ballon bougeant. Une optimale économie d'énergie certes, mais il fallait attendre le vrai décalage pour s'enthousiasmer (voir de nouveau figure A : Xavi pour Pedro).

J'adore Barcelone et je suis heureux de ce nouveau triomphe, mais désolé : je préfère le petit grain de folie en plus, celui d'une autre équipe de camarades d'école, les perdants magnifiques de l'Argentine 2006. José Pekerman avait façonné son équipe encore plus directement que Pep Guardiola, pur produit de la maison catalane.

Points communs entre l'Argentine 2006 et le Barcelone d'aujourd'hui ? Javier Mascherano et surtout Lionel Messi, qui ne retrouvera pas de sitôt une bande de compatriotes aussi bien armée pour l'aider à remporter le trophée suprême.

L'autre roi du pétrole sur la planète football, Sepp Blatter, a obtenu le départ de son ancien sponsor et désormais rival Mohamed Bin Hammam. Le patron de la FIFA a été lui-aussi mis en cause dans les sordides affaires de corruption mais son mode de fonctionnement est plus subtil : au lieu de sortir son chéquier, il achète les patrons de fédérations en distribuant généreusement mais en toute transparence l'argent des sponsors.

Blatter aussi paraît en fin de règne. Les successeurs à plus ou moins long terme semblent tout trouvés : Franz Beckenbauer ou de préférence Monsieur Propre, Michel Platini. Songez que même la K-League sud-coréenne a été touchée par un scandale de matchs truqués.

Bien sûr, le Barça peut encore nous surprendre et nous faire rêver. Bien sûr, Sir Alex n'a pas dit son dernier mot (et Javier Hernandez a encore de belles années devant lui). Bien sûr, Sepp Blatter ne quittera pas si facilement sa forteresse zurichoise.

Et bien sûr, je fais un peu la fine bouche. Allez, ce millénaire nous a encore offert une belle finale et du beau jeu.

footlog 2011

2011.05.03

Exclusif : une nouvelle affaire de quotas à la FFF

Le scandale des quotas raciaux au sein de la Fédération Française de Football à peine dévoilé, de nouvelles révélations confirment l'existence d'un autre système de quotas encouragé au plus haut niveau du football national, comme le démontrent ces extraits de notre interview exclusive avec Fernand Duchaussoy, président de la FFF :

- "Nous ne pouvons tout simplement pas tolérer la présence de nouveaux Lilian Thuram en sélection. Il en va de notre identité même, en tant que Français et en tant que footballeurs. Thierry Henry déjà était limite-limite, mais même Yoann Gourcuff me paraît suspect... du côté de son père, si vous voyez ce que je veux dire."

- "Les Gourcuff ? Pourtant, on ne peut pas faire plus Breton pur beurre !"

- "Je ne vous parle pas de ça : les origines ethniques font déjà l'objet de quotas assez bien cadrés à la DTN, et c'est de neurones qu'il est question désormais."

- "...?!?"

- "Oui. Et sur ce plan là, croyez-moi, un Ribéry ne commet aucun délit de sale gueule : avec son Q.I. de poisson rouge il nous assure une moyenne acceptable quels que soient ses partenaires retenus par le sélectionneur. Franchement, Knysna a démontré de façon éclatante l'efficacité de notre DTN : en créant des athlètes assistés dès leur plus jeune âge nous optimisons nos chances de recruter les cerveaux les moins développés. Aucun risque qu'un Nicolas Anelka passe au travers des mailles de notre service de Détection des Tarés Notoires. J'espère que François Blaquart, lui-même un cas, pourra bientôt reprendre son oeuvre de salut public à la tête de cette DTN."

- "Mais vous êtes ignoble !"

- "Je dirais plutôt réaliste : on veut des joueurs intelligents avec leurs pieds, pas des militants avec une conscience. Bon. Je ne dis pas pour autant que tout est parfait, tenez : à Knysna, nos sujets inconscients ont fait plus de dégats que des objecteurs de conscience. On n'avait pas compté avec l'esprit de corps, un phénomène commun chez d'autres organismes monocellulaires... Faut croire que l'ami Raymond a peut être dépassé nos prescriptions pour sa campagne sudafricaine. En 2006, ça n'avait pas trop mal tenu jusqu'à ce coup de boule en finale, un excès de zèle sans doute... Ah Zizou, c'était vraiment le joueur idéal : brillantissime balle au pied, mais pas du genre à élever les neurones en batterie. C'est avec sa tête qu'il a gagné une Coupe du Monde et perdu deux ballons d'or, mais uniquement en s'en servant pour frapper le cuir (plus ou moins chevelu)."

- "Et Laurent Blanc collabore avec vous sur ce projet abject ?"

- "Vous pensez bien que non. Trop intelligent et intègre, Le Président."

- "En attendant, il vous a suivi sur les quotas ethniques, non ?"

- "Il ne faut pas confondre : Lolo est pour la diversité et la laïcité au sein de la sélection. C'est pour cela qu'il ne retient plus les intégristes ni les scientologues, or il se trouve qu'il y a corrélation avec certains groupes."

- "Des intégristes et des scientologues chez les Bleus ?"

- "On parlait de Breton tout à l'heure, eh bien l'un d'entre eux - dont je tairai le nom pour éviter de perdre la ligue de bretagne au profit de Nono Le Graët aux prochaines élections - l'un d'entre eux, donc, refusait de manger son petit déjeuner sous prétexte que les kouign amanns n'avaient pas été consacrés au beurre de Missel. D'autres sont plus sélectifs : ils refusent de consommer du porc, mais pas de la chair fraîche... Quant aux scientologues, ils sont faciles à reconnaître : ce sont ceux qui rackettent les copains à la mi-temps, et qui sautent sur les sofas même quand il n'y a pas but."

L'existence officielle de ces nouveaux quotas reste à valider sur l'ensemble de la chaîne, mais il y a plusieurs décennies, le journaliste d'investigation Pierre Desproges n'avait-il pas déjà levé un lièvre comparable dans le milieu (pour rappel : à propos des "commentateurs de matchs de football, dont le quotient intellectuel n'atteint qu'exceptionnellement le chiffre de la température anale") ?

A notre humble avis, le mal est bien plus profond encore : la connerie endémique au football français aurait depuis un moment affecté ses instances dirigeantes, et ce Fernand Duchaussoy semble s'inscrire dans la "grande" tradition des Jean Fournet-Fayard et autres Jean-Pierre Escalettes.

footlog 2011

2011.04.19

Fenerbahce privé de derbies

Sous prétexte qu'Istanbul devient ingérable avec ses bientôt 17 millions d'habitants, Recep Tayyip Erdogan souhaite créer deux villes à partir d'elle.

Si Istanbul, une province de la région de Marmara à cheval sur le Bosphore, s'étale sur plus de 5000 km2, la ville stricto sensu pèse déjà 13.1 M d'habitants et 1.831 km2. Trois fois la superficie de Séoul, dix sept fois celle de Paris. Un monstre aux mensurations proches de Shanghai.

Erdogan projette de séparer les deux rives : une nouvelle ville pour la partie Européenne, une autre pour la partie Asiatique ou plutôt "Anatolienne", selon ses termes. Logique, mais terrible: Byzance perd tout son charme et son identité, comme si Lyon se coupait en une moitié Rhône et une moitié Saône.

A l'Europe le siège du pouvoir d'hier (Topkapi), à l'Anatolie celui d'aujourd'hui (la capitale Ankara). Et le seul derby aura lieu à l'Ouest du Bosphore, entre les "Européens" du Besiktas JK et du Galatasaray SK (quartier de Besiktas et de Kuloglu). Le Fenerbahce SK (Kadikoy) remplacera seul l'Orient.

Bon. La plupart des touristes ne traverse pas le pont vers l'Est, mais ça fait quand même un choc.

footlog 2011 - également sur blogules ("La fin d'Istanbul ou le début de la Turquie en Europe ?")

2011.04.18

Soldes du printemps

Incroyable : pour une fois, Paris-Saint-Germain n'a pas gaché une occasion en or de revenir dans la course à la Ligue des Champions. Une victoire méritée face au concurrent direct Lyon, et voilà Colony Capital libre de rêver un peu.

Pas un rêve sportif, bien sûr. Tout juste l'espoir de limiter les pertes dans le cadre de la revente du club à un généreux mécène. Qatari, à en croire Luis Fernandez, éternel prétendant à un retour aux rênes du club.

Qatari comme Mohamed Bin Hammam, candidat contre Sepp Blatter à la tête de la FIFA. Ce Grand Vizir marche littéralement sur l'eau ces derniers temps. A mon avis, le Calife des Califes avait généreusement accordé à son pays l'organisation de la Coupe du Monde 2022 (voir "Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons") pour le remercier de l'avoir débarrassé du Coréen Chung Mong-joon, un rival déclaré. Seulement au passage, Blatter s'est créé un adversaire encore plus redoutable, capable de promettre encore plus de largesses à des fédérations nationales de plus en plus corrompues.

Aux journalistes d'investigation, s'il en reste, de s'intéresser de près à cette lutte au sommet. A défaut de pouvoir le faire depuis l'intérieur (voir "Grant Wahl s'attaque à Sepp Blatter et à la Samaranchisation de la FIFA").

footlog 2011

2011.03.29

Le "modèle" EPL bat de l'aile

J'ai assez vivement réagi à un rapport vantant les mérites de l'English Premier League comme un modèle de management auprès des décideurs coréens*.

Ce rapport met fort justement en valeur le travail de toilettage des hooligans opéré avant le lancement de la League en 1992, mais il oublie de signaler le nettoyage des tribunes populaires par l'augmentation radicale du prix des billets, et le passé plus que centenaire du football professionnel en Angleterre : oui, l'EPL attire les foules, mais c'était aussi le cas avant, et certaines rencontres de quatrième division peuvent afficher des assistances plus élevées que bien des matchs de Ligue 1.

L'EPL est en crise sur son coeur de métier: le sportif. Le fossé se creuse entre le top 4-5 et le reste de la ligue (les 5-0 ou 7-0 se multiplient et le ventre mou du championnat est plié dès la mi-saison), le fossé se creuse entre les supporters et des franchises privées de sens, le fossé se creuse entre clubs gérés par des managers responsables (comme Arsenal) et des clubs gérés en dehors de toute logique économique (Chelsea, Manchester City)...

Faillites, échecs des mises en bourse, et le Manchester United tant vanté par cet analyste au bord de l'implosion... un joli modèle en vérité. Réélu haut la main (au propre comme au figuré) à la tête de l'UEFA, Michel Platini doit opérer l'une des réformes les plus importantes du football professionnel : la DNCG à l'Européenne, une autorité supérieure pour contrôler les dérapages financiers. Dans le sport pro, le respect du jeu passe également par le respect des logiques économiques.

footlog 2011

* Ce championnat est suivi de très près dans le pays depuis que les joueurs coréens, Park Ji-sung en tête, y brillent. Manchester United a au même titre que d'autres grands clubs européens fait le pélerinage estival pour booster la vente de maillots et élargir la base des socios.     

2011.03.01

Stats mensuelles 2011

UPDATED 2012


Ci-dessous, les statistiques mensuelles de ce petit blog pour l'année 2011.

La source pour ces stats est blogspirit : je n'ai bien sûr aucune donnée globale sur mes chers lecteurs, les flux RSS étant ouverts à tous vents et les posts repris dans de nombreux supports (y compris l'Equipe.fr via SportVox), ce qui explique peut-être une partie du décalage entre le nombre de visiteurs et de pages vues.

Vous pouvez également consulter :

- les stats mensuelles des années précédentes (2005-2006, 2007, 2008, 2009, 2010) : après un peu plus de 5 ans d'activité (créé le 2005/10/2), footlog tournait à plus de 300,000 pages vues par an sans les habituels boosters de trafic : pas de forum, pas de blogroll, un seul membre, deux-trois posts par mois seulement et de qualité déplorable qui plus est.

- sur mon minisite citizencame, les profils des visiteurs de mon site perso (plus de 500.000 visiteurs et 200 pays), avec les listes de pays et de villes, ainsi que quelques exemples de visiteurs spéciaux (gouvernements, médias, bases militaires...)

TOTAL 2005-2011 : 372.882 visiteurs - 81.428 visiteurs uniques - 1.425.903 pages vues

TOTAL 2011 : 95.482 visiteurs - 12.959 visiteurs uniques - 335.344 pages vues

2011/01

 

  • 6815 visiteurs
  • 721 visiteurs uniques
  • 18572 pages vues

2011/02

 

  • 8962 visiteurs
  • 957 visiteurs uniques
  • 26754 pages vues

2011/03

 

  • 9644 visiteurs
  • 989 visiteurs uniques
  • 22486 pages vues

2011/04

 

  • 9866 visiteurs
  • 989 visiteurs uniques
  • 22486 pages vues

2011/05

 

  • 8392 visiteurs
  • 939 visiteurs uniques
  • 34527 pages vues

2011/06

 

  • 9087 visiteurs
  • 1291 visiteurs uniques
  • 42509 pages vues

2011/07

 

  • 8225 visiteurs
  • 914 visiteurs uniques
  • 39379 pages vues

2011/08

 

  • 7071 visiteurs
  • 886 visiteurs uniques
  • 32348 pages vues

2011/09

 

  • 6385 visiteurs
  • 600 visiteurs uniques
  • 24654 pages vues

2011/10

 

  • 6424 visiteurs
  • 898 visiteurs uniques
  • 23763 pages vues

 

2011/11

 

  • 6153 visiteurs
  • 989 visiteurs uniques
  • 21664 pages vues 

2011/12

 

  • 1786 visiteurs
  • 8458 visiteurs uniques
  • 26202 pages vues

 

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17:47 Publié dans statistiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : statistiques

2011.02.22

Grant Wahl s'attaque à Sepp Blatter et à la Samaranchisation de la FIFA

Grant Wahl a décidé de présenter sa candidature à la présidence de la FIFA.

Au-delà de sa propre personne, ce journaliste américain braque les projecteurs sur une organisation pour le moins sclérosée.

Qu'il nous parait loin le temps où l'ambitieux Sepp Blatter, flanqué de sa caution morale Platini, poussait à la retraîte l'indéboulonnable Joao Havelange. Un vent de réforme soufflait alors sur la planète football, le catenaccio sautait, le jeu reprenait ses droits, les petites fédérations percevaient enfin la lumière et les miettes du festin, on allait voir ce que l'on allait voir...

On a vu. Blatter le magicien ne fait plus rire la galerie avec ses petites boules rouges pendant les grands tirages en direct. Il se contente de traire ses généreux sponsors, d'arroser ses grands électeurs, et maintenant de distribuer à la pelle les Coupes du Monde à la République Poutinienne ou au Qatar, grand pays de football s'il en est. Juan Antonio Samaranch n'aurait pas fait mieux.

Personne ne se présente face à ce lutin finissant. Chung Mong-joon a manoeuvré comme un amateur, sabordant à la fois sa position de grand ponte du football international et la candidature Coréenne à l'organisation de l'épreuve suprême.

Grant Wahl n'a bien évidemment aucune chance d'être élu. A peine plus de chance de participer : cela entendrait qu'un président de fédération accepte de défier le Lider Maximo en soutenant ce poulain deux fois plus jeune que le despote finissant, au risque de perdre sa rente à vie.

Quelques mois après les affaires de corruption au sommet de la FIFA, ça sent franchement la fin de règne. Et déjà, les secrétaires de la vénérable vérolée institution suisse se voient califes à la place du calife.

Quel que soit le successeur, sur cette place en or, la manne des sponsors n'est pas près de se tahrir.

footlog 2011

2011.01.05

Exclusif : les palmarès 2011 !

Comme chaque année*, footlog vous propose en exclusivité les principaux faits saillants de l'année à venir... mais cette fois-ci finie la rigolade : impossible désormais de se réfugier derrière son petit doigt ou plutôt les gros sourcils de Domenech, la crise annuelle du PSG, la scoumoune de l'Ohème.

Car en 2010, après avoir touché le fond à Knysna, le foot et le jeu ont repris leurs droits. D'ailleurs, le Ballon d'Or sacrera très prochainement un gentleman, qu'il s'agisse de Xavi, Iniesta ou Messi.

Tiens, à propos, le re-voilà le lauréat BO 2011 : étincelant tout au long de l'année, Lionel Messi a cependant laissé la Champions League 2011 au Arsenal de Fabregas et de Wenger (enfin couronné en Europe après avoir échoué en finale de C2, C3 et C1). 

Ejecté au printemps du Real Madrid, José Mourinho récupère en été le fauteuil de son tombeur en huitièmes : "je souhaite à Claude Puel bien du plaisir à Bernabeu... mais je me demande comment il a pu supporter ce Bernard Lacombe pendant si longtemps".

Toujours au rayon entraîneurs, Sir Alex Ferguson a préféré prendre une retraîte bien méritée plutôt que de continuer dans un club amateur : comme la moitié de la Premier League, Man Utd s'est retrouvé rétrogradé par la toute nouvelle DNCG Anglaise. La Russie remplace l'Ukraine et la Pologne comme organisateur de l'Euro 2012 - première décision symbolique de Vladimir Poutine après son anschluss de ces deux pays.

Nouveau sponsor de Lille, le Qatar offre gratuitement un stade flambant neuf au Champion de France 2010-2011... mais le Stade Pierre Mauroy s'avère un château de sable totalement injouable et dès la reprise, les spectateurs désertent les tribunes climatisées à -19 degrés en plein été.

Dans la foulée de son nettoyage sans kärcher du Parc des Princes, Robin Leproux fait disparaître tous les vieux croutons du comité central du plénum de la FFF, rase les moustaches de Thierez, et place aux commandes le K.G.B, un triumvirat de tueurs à la réputation bien établie : Sylvain Kastendeutch, Jacques Glassman, Maxime Bossis.

Le foot français peut enfin respirer, mais le plus gros scandale de paris sportifs de l'histoire pointe déjà son nez. Il éclatera à la veille du Championnat d'Europe, mais gardons cela pour l'année prochaine.

Tous mes voeux

footlog 2011

 

* voir livrées précédentes : "Exclusif ! Les palmarès 2010", "Exclusif ! Les palmarès 2009", "Exclusif - les palmarès 2008" - "Exclusif - les palmarès 2007" - "Exclusif - les palmarès 2006".

2010.12.03

Russie 2018 - Qatar 2022 - le triomphe des pétroballons

Si la FIFA voulait éviter les polémiques suite aux scandales de corruption de ces derniers jours, elle aurait probablement confié ses Coupes du Monde 2018 et 2022 à d'autres organisateurs que des oligarques russes et des pétromilliardaires qataris.

Sur le fond et en dépit de l'embarrassante omniprésence de Vladimir Poutine, je ne suis pas choqué par la victoire russe : il était plus urgent d'arpenter ce pays-continent que de s'embarquer dans une nouvelle aventure bicéphale (Espagne-Portugal, Belgique-Pays-Bas, Darren-Tulett)... et a fortiori cannoniser Sir David Beckham (j'avoue que voir l'Angleterre, objectivement le meilleur candidat, terminer bonne dernière me console un peu de Londres 2012).

Comparé à la couleuvre Pologne-Ukraine de Platini, ce Qatar 2022 me parait mille fois plus difficile à avaler pour Sepp Blatter.

Certes, l'Australie n'avait aucune chance : perdu au bout du monde, ce pays-continent-là truste tous les handicaps). Certes, le Japon a rendu la monnaie de sa pièce à son voisin coréen en s'incrustant dans la compétition. Certes, les USA ont eux aussi organisé très récemment l'épreuve suprême. Certes, le Qatar est une grande nation des media et un grand mécène du sport, situé à mi-chemin des marchés Européens et Asiatiques.

Mais le pays n'a jamais participé à une phase finale, n'existe sur la planète football que grâce à ses dollars investis dans un Championnat Palm Springs pour stars en pré-retraîte, et s'est engagé sur la compétition sportive la moins écologiquement correcte de l'histoire. 

Par ailleurs, le Qatar compte moins d'un million d'habitants, dont la majorité ne bénéficie même pas de la nationalité - la candidature s'est d'ailleurs appuyée sur deux Qataris bien connus : les Travelers Cheikhs Zinédine Zidane et Christian Karembeu. Pendant la compétition, le touriste sportif constituera de loin la première population du pays. Son séjour se résumera à la visite de quelques dunes, beaucoup de boutiques, et puisqu'il faut tuer le temps deux matchs dans la même journée. Avec un peu de chance, il croisera peut-être un authentique Qatari dans la rue.

Quant aux joueurs, avec un peu de chance, ils croiseront peut-être un authentique Qatari sur le terrain. Car d'ici 2022, vous devez vous attendre à des naturalisations en masse.

Je ne serais d'ailleurs pas surpris d'apprendre que les émissaires chargés de repérer les pays du tiers monde susceptibles de recevoir leurs stades passent en réalité la majeure partie de leur temps à recruter à tour de bras dans les maternelles locales.

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2010.11.28

Pep v. The Special One - Chocs et Classiques

Barca-Real ? Par définition, le sommet de la Liga. Ajoutez pour cette édition un contexte euphorique (la sélection sur le toît de l'Europe et du monde) et quelques duels d'anthologie (Messi-CR7, Guardiola-Mourinho), sans oublier bien sûr le Ballon d'Or 2010 (probablement sur le terrain et pourquoi pas sous les traits du premier nommé)... voilà de quoi mettre en appétit tous les amateurs de football, et renvoyer au vestiaire les sempiternels relents de Guerre d'Espagne.

Si la Ligue des Champions nous offre désormais de façon quasi aussi récurente des sommets entre les habituels géants européens, ces affiches ne peuvent jamais avoir la même saveur qu'un bon clasico des familles. Au niveau européen, on a plutôt l'impression de voir des marques s'affronter, des franchises.

Il s'agit pourtant des mêmes clubs. Mais Barca-Real en Liga ou Arsenal-Tottenham en Premier League, ça relève de l'intemporel.

C'est la différence entre un choc et un classique : le choc est un objet médiatique d'apparence sportive, le classique un événement culturel à objet sportif. 

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2010.10.26

FIFA Ballon d'Or 2010

La globalisation du Ballon d'Or France Football et la création du joueur de l'année FIFA nous auront offert quelques années de confusion mais tout rentre dans l'ordre : les deux institutions ont convergé vers une formule unique (le meilleur entraîneur et la meilleure joueuse FIFA sont intégrés, les experts foots FF s'ajoutent aux joueurs et entraîneurs avec un calendrier plus adapté à l'année calendaire (résultats le 11 janvier 2011). Reste à trouver le vainqueur. Eto'o a enfin sa chance pour peu que les inséparables Xavi et Iniesta se partagent trop de suffrages, mais l'Espagne tient clairement la cote, et le batave Sneijder (devant Robben pour son parcours en C1) a sur le Camerounais l'avantage d'avoir atteint la finale suprême. Si l'on ajoute l'incontournable et brillantissime Lionel Messi, également favori, Forlan et Casillas auront franchement du mal à atteindre le podium dans cette liste très dense et réduite à 23 happy few : 7 Espagnols : Iker Casillas et Xabi Alonso (Real Madrid), Cesc Fabregas (Arsenal), Andres Iniesta, Carles Puyol, Xavi Hernandez (FC Barcelone), David Villa (Valence CF et FC Barcelone) 5 Allemands : Miroslav Klose, Philipp Lahm, Thomas Müller, Bastian Schweinsteiger (Bayern Munich), Mesut Özil (Werder Brême et Real Madrid) 3 Brésiliens : Daniel Alves (FC Barcelone), Julio Cesar et Maicon (Inter Milan) 2 Néerlandais : Arjen Robben (Bayern Munich) et Wesley Sneijder (Inter Milan) 1 Ivoirien : Didier Drogba (Chelsea) 1 Camerounais : Samuel Eto'o (Inter Milan) 1 Uruguayen : Diego Forlan (Atletico Madrid) 1 Ghanéen : Asamoah Gyan (Rennes et Sunderland) 1 Argentin : Lionel Messi (FC Barcelone) 1 Portugais : Cristiano Ronaldo (Real Madrid) footlog 2010

2010.09.14

On a retrouvé la septième compagnie

Défaite contre en Norvège et contre le Bélarus, victoire en Bosnie. Cette équipe joue, perd, et gagne. La vraie rupture avec les Bleus de Domenech, c'est aussi l'abandon (naturellement temporaire) du match nul, et à tous les sens du terme. On ne s'ennuye plus, on se prend à croire à la possibilité du jeu, la possibilité d'une île dans un océan de médiocrité. 21e puissance mondiale balle au pied (loin de nos athlètes surmotivés, de nos nageurs survitaminés, et même de nos basketteurs surcentimètrisés), la France occupe un rang conforme au jeu produit ces dernières saisons. Mais elle dispose désormais d'un sélectionneur de classe mondiale, fin tacticien, bon communicant, et adepte de la transparence. La conf' de presse à distance entre Safet Susic et Laurent Blanc, marquée par le respect mutuel, renvoie certainement une meilleure image du sport que la poignée de mains ratée entre RD et Carlos Alberto Parreira. 3 points en 2 matchs, c'est pas le Pérou, mais c'est un progrès. Et à y regarder de plus près, c'est même mieux que le Pérou (39e à l'indice FIFA). footlog 2010

2010.08.20

MDR, TIG, PSG, NYC

Pour voir Jérémy Menez en Bleu et les A montrer un peu de volonté sur le terrain, il fallait payer.

Les boucs émissaires de l'été des méduses ont réglé l'addition : 18 matchs de suspension pour un Nicolas Anelka "mort de rire", 5 pour "capitaine coulage" Evra, 3 pour Frankie les mauvais tuyaux, 1 pour la bafouille du non-leader Toulalan, zéro pour la transparence d'Abidal. Ils ont le droit de faire appel, mais la FFF n'acceptera pas de convertir leur peine en Travaux d'Interêt Généraux. On a vu ce que les TIG ont donné en Afrique du Sud...

Les bannis de la dernière Coupe du Monde ne sont pas en reste : Hatem Ben Arfa continue à geindre, Samir Nasri à se blesser, et les Parisiens à nous faire croire que cette fois ci, le PSG est de retour.

Heureusement il y a Robin Leproux. Le President du PSG est passé des paroles aux actes et miracle, ça suit également chez les politiques. Si tout ce beau monde tient l'hiver le Parc sera peut être de nouveau vraiment fréquentable.

Et puis ça fait plaisir de retrouver le Tournoi de Paris. Comme le Cosmos de New York, tiens. Au moment où Thierry Henry découvre la MLS (270 mn au compteur en championnat, zéro buts mais trois passes décisives), la franchise est relancée en grande pompe avec Pelé, qui avait joué au Parc en 1976 avec la ribambelle de stars de la NASL, et le maire Michael Bloomberg. Pour le moment, ce ne sont que des équipes de jeunes, mais l'accession en MLS et les derbies de l'Hudson ne font aucun doute à moyen terme.

Pourquoi pas, dans 3 ans, un remake de ce PSG-NYC ?

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2010.07.25

Au chevet des Bleus

Suite à la débâcle des Bleus à la Coupe du Monde 2010, de nombreuses voix s'élèvent pour suggérer des remèdes. Je reprends ici mes commentaires sur les 5 points proposés par un "think tank progressiste" sur Rue89 :


1) "Professionnaliser la FFF" : rémunérer le Président, qui chapeaute le foot amateur et l'élite des sélections, a du sens et renforcerait sa légitimité, mais pas au-delà (à part naturellement , et certains postes fonctionnels qui le sont déjà).

2) "Démocratiser la FFF" : pourquoi pas le vote direct (par les présidents de clubs amateurs) d'un representant du monde amateur au bureau, mais pas plus. La suggestion populiste est dangereuse : on risque de pervertir le système en renforcant au contraire les "politiques" au détriment des "sportifs". Et l'électeur lambda serait mille fois moins impliqué et capable de juger le programme que le socio du Barca ou du Real au moment d'élire son président.

3) "Rendre transparent le choix du sélectionneur" : très joli en théorie mais impossible, ce n'est pas un vote populaire, et c'est mal connaitre le foot (par exemple, beaucoup de candidats sont en poste ailleurs). Je suggère déjà de rendre transparente l'élection du bureau de la FFF (voir point 2). En revanche, à partir du moment où tous les candidats sont déclarés ouvertement, chacun doit être traité avec équité et connaitre les raisons du choix final.

4)  "Garantir aux joueurs un projet éducatif et professionnel, qui donne du sens à l'équipe de France" - encore très demago... Oui pour un effort pédagogique au niveau du foot amateur et des clubs pros, mais c'est au DTN de fixer la ligne éditoriale et la coherence des sélections. Assurons nous déjè qu'il fait bien son boulot et le communique bien.

5) "Moderniser le ministère des Sports pour en faire le véritable régulateur du sport spectacle" : très bonne idee... si l'objectif est de bannir à vie l'Equipe de France par la FIFA, qui interdit l'irruption du politique dans le sportif ! Créer une instance independante pourquoi pas (il en existe deja de nombreuses), et le Ministère doit bien sûr avoir son mot à dire, mais quel que soit le domaine d'activité, le mélange des genres régulateur - ministère serait une hérésie et totalement contradictoire.

En conclusion : le tandem FFF- Ligue Pro a fonctionné quand les deux entités etaient dirigées simultanement par de vrais patrons qui tenaient la baraque. L'équilibre des pouvoirs est totalement perturbé actuellement et la FFF clairement en crise. Le bon sens voulait que le Bureau démissionnât en bloc mais enfin... souhaitons à Fernand Duchaussoy du courage et de l'honnêteté dans son "interim".

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2010.07.21

Euro U19 2010 : la France explose les Pays-Bas

Je vous parle de Bleus que les plus de 20 ans ne peuvent pas connaître : Cédric Bakambu, Gaël Katuka (visiblement remis de ses émotions anglo-nordiques*), Francis Coquelin et compagnie ont épaté Laurent Blanc et Gérard Houiller, présents à Caen pour la démonstration des Bleuets face aux Néerlandais.

4-1.

Un festival offensif, des actions spectaculaires, des récupérations continuelles, des contrôles en pleine course somptueux enchaînés par des centres diaboliques...

Rien à voir avec la dernière sortie des A : il s'agissait du match d'ouverture de l'Euro 2010 des "Under-19", des petits gars qui en veulent et ne sont pas près de sécher les entraînement ou de se faire mettre en examen dans de sordides affaires de moeurs (suivez mon regard).

En fait, la Coupe du Monde 2010 des Bleus aura été une vilaine parenthèse entre cette sympathique compétition et la brillante démonstration des filles dans l'autre EURO 2010 des U-19 (vainqueurs de l'Angleterre 2 buts à 1 en finale le 5 Juin dernier à Skopje)**... sans oublier bien sûr la victoire française dans la course à l'organisation de l'Euro 2016.  

Quoi qu'il advienne par la suite dans la compétition qui vient de débuter aux bons soins de la Ligue de Basse Normandie, les sourires de Francis Smerecki sur le banc et de Laurent Blanc dans les tribunes faisaient plaisir à voir.

Pour une fois, ça nous fait des vacances.

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* voir "Lens bat Chelsea 0 Katuka contre 1"

** Notons que leurs aînées les U-20 viennent de se faire sortir au premier tour de la Coupe du Monde en Allemagne par le pays hôte (4-1), mais après avoir elles aussi fait honneur au maillot.

2010.07.12

YESpaña

Il était temps que cette Coupe du Monde se termine. Comme en 1994, le nom du vainqueur ratrappe un peu la médiocrité générale mais cette fois-ci, au moins, ça se termine avec un but. Un joli but marqué par deux beaux joueurs : passe de Fabregas, contrôle et frappe d'Iniesta. 1-0 pour la Roja et 0-3 pour les Oranje en finale. Johan Cruyff gagnant à tous les coups.

Je suis content pour les joueurs et le sélectionneur, qui méritent ce titre, mais cette Espagne ne m'a pas vraiment convaincu. En fait, son plus beau match était la défaite d'entrée contre la Suisse : une oeuvre romantique portée par l'amour du jeu, aussi belle que suicidaire, dans la grande tradition brésilienne des années 80. Le reste du temps ? Un petit quart d'heure de jeu par match et un but à la clef, cinq quarts d'heure pendant lesquels 9 joueurs regardent Xavi et Iniesta enchaîner les passes courtes sans se soucier de bouger pour proposer des solutions. A part David Villa, bien sûr, mais aujourd'hui le héros était trop carbo pour planter son pion. On se retrouve donc avec un classement des buteurs (in)digne de l'édition 1962. Heureusement, Vicente del Bosque a fait rentrer Jesus Navas pour animer le flanc droit et tester la défense néerlandaise. Beaucoup moins inspiré, l'ex coach madrilène a tenu à infliger une nouvelle humiliation au pauvre Fernando Torres, mais on ne change pas une tactique qui gagne.

Bravo a Xavi-Iniesta, donc (un Ballon d'Or pour le premier ou le second ?). Bravo à Iker Casillas, décisif face à Robben. Bravo à Mark van Bommel pour avoir joué 90 mn de trop grâce à l'indulgence de Howard Webb, qui doit encore se demander comment il a pu arbitrer une finale de Coupe du Monde. Bravo à l'Afrique du Sud pour avoir accueilli le Grand Barnum de la FIFA en frisant l'accès de (vuvu)zèle. Bravo au Brésil pour avoir laissé un continent à la concurrence.

Et rendez-vous dans quatre ans, sans Domenech ni van Bommel si ce n'est pas trop demander. 

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2010.07.03

Dommage

Comme beaucoup sans doute, je rêvais d'une demi-finale Brésil-Ghana sans trop y croire. L'Uruguay a arraché sa qualification comme au tour précédent, avec la complicité d'adversaires bien généreux, c'était prévisible. Pour les Pays-Bas, la surprise vient moins du résultat que de la manière : les Néerlandais avaient le jeu pour empêcher le Brésil d'aller au bout, mais n'ont même pas eu besoin de le sortir de l'emballage.

Les Auriverde leur ont offert une victoire trop facile en arrêtant de jouer en début de seconde période après avoir concédé un but limite gag, et bien sûr en n'arrivant pas à tuer le match avant la mi-temps. Welsley Snijder a fait ce qu'il fallait comme il fallait, Arjen Robben nous a fait regretter le très élégant Dennis Bergkamp en se enchaînant les dribbles persos, chutes spectaculaires et faux cris de douleur, et van Bommel, fidèle à lui-même, a collectionné les fautes à 40 m. En face, Kaka et compagnie ont certes fait admirer leur toucher de balle, mais c'est Maicon qui a survolé les débats par son sérieux et son tranchant. Lui peut quitter la compétition la tête haute.

Asamoah Gyan aussi : s'il a loupé l'occasion de sa vie avec ce pénalty au bout de la prolongation, il a eu le courage de le tirer, comme d'autres tout aussi décisifs avant. Ce Ghana peut avoir des regrets, mais il est tombé avec les armes, pas comme le Nigéria ou le Cameroun.

Bon. Je suppose que maintenant l'Allemagne va éliminer l'Argentine et le Paraguay l'Espagne. Pour la crédibilité de cette Coupe du Monde, je souhaiterais autant éviter de voir le Paraguay en demies. Quant à l'Argentine, elle est prévenue : après 1990 et 2006 elle sait à quoi s'attendre. Et l'exemple Brésilien pourrait servir : les gris-gris c'est joli, mais il en faut plus pour battre un ténor européen.

Et l'Argentine 2010 demeure nettement inférieure à l'Argentine 2006. Elle marque beaucoup mais jusqu'à présent, question attaquants, j'ai été beaucoup plus convaincu par le duo bavarois Thomas Muller - Miroslav Klose que par Higuain.

OK. Messi-Tevez, c'est encore autre chose.

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2010.06.26

Les seize de cinq à sept

OK. Je me suis planté dans les grandes largeurs dans mes pronostics au soir du tirage en décembre dernier.

Je suis néanmoins parvenu à donner le score exact pour 7des 48 rencontres du 1er tour :

- RSA-MEX (1-1)
- FRA-URU (0-0)
- HON-CHL (0-1)
- ENG-ALG (0-0)
- PAR-NZE (0-0)
- CDN-CIV (0-3)
- CHL-ESP (1-2)

Le Cameroun n'aura donc pas le plaisir d'atteindre la finale, et les Bleus de perdre 6-1 contre le Nigéria en huitièmes.

Voici donc mes nouveaux pronostics pour les huitièmes :

URU-CDS 0-0 ap (5 tab 4)
USA-GHA 2-3
NED-SVK 4-0
BRA-CHL 1-0
ARG-MEX 1-0 ap
DEU-ENG 0-3
PAR-JAP 1-1 ap (2 tab 3)
ESP-POR 1-0

En quarts :

URU-GHA 3-4
NED-BRA 0-1
ARG-ENG 1-3
JAP-ESP 0-4

En demies :

GHA-BRA 1-2
ENG-ESP 2-0

Finale troisième place : GHA-ESP 5-4

Finale première place : BRA-ENG 2-1 ap

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Voir aussi le calendrier, les pronos.

2010.06.24

Bleus, Blanc, et l'argent du Beurre

En exclusivité blogules - Agence Fausse Presse, quelques réactions après la déroute française en Coupe du Monde :

Raymond Domenech (Metteur en Scène) : "Je m'excuse auprès de Jean-Pierre Escalettes et des membres de la Fédération qui m'ont unanimement renouvelé leur confiance au lendemain de notre triomphe à l'Euro 2008 : j'ai lamentablement échoué dans la mission et les objectifs ambitieux qui m'avaient été fixés. Je ne m'explique toujours pas ce point gagné face à la meilleure équipe du Groupe A. Sans ce faux-pas face à l'Uruguay nous réussissions le Grand Chelem. Enfin... les joueurs se sont bien ressaisis par la suite, même si notre Coupe du Monde s'achève sur une mauvaise note avec ce stupide but marqué sur Malouda sur action de jeu."

Jean-Pierre Escalettes (Représentant du Football Amateur) : "Je suis très content d'être venu en Afrique du Sud. Je n'ai pas pu apercevoir ni Nelson Mandela ni les lions, mais j'ai obtenu l'autographe de Thierry Henry. Authentique ! Et ce petit gars, l'air de rien, il est beaucoup plus grand qu'à la télé. Les copains de belote de Ribérac y vont pas me croire."

Nicolas Anelka (Moine Trappiste) : "J'ai décidé de plier bagages. Cet hotel était pourtant assez classe mais ils avaient une espèce de G.O. agité grave, et ce type nous a complètement pourri les vacances. Au départ tu te dis tiens il est rigolo lui, avec sa moumoute grise et ses sourcils à la Groucho Marx, mais son humour décalé tombe systématiquement à côté de la plaque. Et puis cet abruti m'a rayé mes platines pendant notre soirée Ibiza."

Patrice Evra (Capitaine Coulage) : "Je suis fier de l'équipe. Nous avons montré à chacun de nos clubs ce dont nous étions capables pour ne plus être retenus en sélection. A partir de maintenant, nous pouvons nous consacrer pleinement à eux. Et s'ils ne veulent plus de nous on va leur torpiller les entraînements en s'encartant CGT - Sud Football."

Zinédine Zidane (Têtu Straight) : "Non mais t'as vu comme il nous l'a materazzé le Domenech, mon Nico ? Manque un peu d'entraînement pour le physique mais à l'oral il a déjà la classe mondiale."

Phil Knight (patron de Nike) : "Dire qu'on s'est engagé à payer 42 millions d'euros par saison pour équiper cette bande de tocards... les gars d'Adidas doivent bien se marrer. Les Français appellent ça s'acheter une danseuse, je veux bien mais une danseuse au moins c'est agréable à regarder."

Michel Platini (Grand Patron de Multinationale) : "Bah... sur le terrain j'ai vu beaucoup de melons mais pas beaucoup de ballons. Je sais, je sais, j'ai voté pour reconduire Raymond en 2008, mais c'était le seul moyen d'éviter Deschamps."

Nicolas Sarkozy (President Select) : "L'heure est grave : qu'un porteur du maillot national profère de telles injures est proprement inqualifiable. Cet Anelka pouvait se contenter d'un 'casse toi pov' con' plus simple et de meilleur goût, non ? Les conséquences de cette élimination sont dramatiques pour l'image de la France et il est de ma responsabilité de prendre les choses en main. Dès aujourd'hui, pour élever le niveau de jeu de la sélection, je vais déjà recommander au staff technique ma marque de talonnettes. Et sur le plus long terme, je vais confier une commission "Grenelle du Football Français" à Philippe Séguin : il connait les dossiers et ces jours-ci il a autant d'énergie que nos 23 joueurs réunis."

Laurent Blanc (President Elect) : "..."

footlog 2010 - voir l'original sur blogules

2010.06.20

Quel geste technique pour 2014 ?


Le coup de boule de Zidane en 2006, le coup de gueule d'Anelka en 2010... je me demande quel geste technique nos Bleus vont inventer pour 2014.

A supposer qu'ils participent à la prochaine Coupe du Monde au Brésil, bien sûr : si c'est pour pratiquer l'inqualifiable, autant ne pas se qualifier, ce qui semble parfaitement dans les cordes d'une pseudo-équipe plus tête à claques que tête de série.

Reconnaissons toutefois aux branquignolles de la Fédération Française de Football et à Raymond Domenech le mérite d'être allé au bout de leur absence de logique, et à Nicolas Anelka celui d'avoir dit tout haut ce que 62 millions de Français pensaient déjà à voix haute depuis un paquet d'années.

Avant que notre President Elect Laurent Blanc ne récupère les latrines bleues dans un état où même un morpion scatophage n'aurait jamais osé rêver les retrouver, il est décidément grand temps de tirer la chasse.


footlog 2010 - initialement publié sur blogules

2010.06.18

Tirons la chasse

Merci aux Mexicains pour nous avoir épargné un match de plus bercé par de faux espoirs. Bien sûr, le match nul dans leur dernier match contre l'Uruguay, qui qualifierait avec certitude ces deux équipes pour les huitièmes, n'est pas garanti à 100%. Bien sûr, mathématiquement, l'espoir demeure pour les Bleus. Mais cette France ne mérite absolument pas la qualification, ni même le droit d'empêcher le pays organisateur de signer une victoire pour l'honneur le 22 juin prochain.

Comme en 2002, après deux rencontres de poule, j'en suis venu à espérer que les Bleus purifient la compétition de leur embarrassante présence, avec peut-être suffisamment de décence pour marquer au moins un but avant de plier bagages.

Après six ans de matchs nuls au propre comme au figuré, l'ère Domenech se referme sur un constat d'échec annoncé : onze ans à diriger nos meilleures générations d'Espoirs et six ans à diriger nos meilleures générations de A sans rien gagner, il fallait le faire et surtout il fallait oser le laisser faire, mais la Fédération Française de Football a assumé son choix jusqu'au bout.

L'heure est donc venue de tirer la chasse. D'évacuer Raymond Manuel Albert Domenech et Jean-Pierre Escalettes, de remettre le jeu et l'envie au coeur des Bleus. Le Président Elect Laurent Blanc a du pain sur la planche.

Jusqu'à présent, de l'envie de jouer, seuls Franck Ribéry, Jérémy Toulalan, et les talents cantonnés sur le banc par un sélectionneur totalement démotivé nous en ont montré un peu. Mais le Lyonnais manquera le 3e match, et le Bavarois a peut-être laissé un peu trop de gomme hier à assumer tous les rôles sur le terrain... à part peut-être celui de Hugo Lloris, qui me rappelle le Bruno Martini de l'après-Platini, condamné à jouer tour à tour libéro, stoppeur et numéro dix dans un groupe en dérive.

A défaut d'éviter la défaite face aux Bafana Bafana, espérons que Domenech aura au moins l'élégance de laisser les joueurs livrer leur dernier match à leur guise. Et à défaut d'avoir accordé à la génération 1987 des Nasri et Benzéma l'occasion d'emmagaziner l'expérience nécessaire aux prochaines Coupes du Monde, espérons que Domenech aura au moins l'élégance de permettre à Thierry Henry de partir en beauté, et au percutant meilleur buteur du Championnat de Grèce Djibrill Cissé (23 buts) de relayer le sympatique Gignac (8 buts cette saison).

Les supporters des Bleus peuvent se consoler en constatant que Raymond Domenech n'est pas le seul sélectionneur complètement aux fraises dans cette faiblissime compétition : hier, je m'attendais à souffrir en tant que supporter de la France et de la Corée, mais pas au point d'assister à deux non-matchs de cette amplitude.

Adversaire possible des Bleus en huitièmes à l'époque lointaine du tirage, la Corée du Sud ne doit qu'à un suicide collectif des Nigérians face aux Grecs la chance d'avoir leur destin bien en main pour leur dernier match. Je me réjouissais à l'avance de leur choc contre l'Argentine, mais Huh Jung-moo a vite douché cet enthousiasme : le sélectionneur coréen n'a rien trouvé de mieux que d'annoncer (parce que ce sélectionneur a au moins l'avantage de parler jeu et tactique) que son équipe allait coller aux Argentins comme du chewing gum pour les empêcher de jouer, alors qu'aucun de ses joueurs n'a l'expérience de ce type de vice, a fortiori celle d'un Gabriel Heinze. Le match a vite confirmé mes craintes : recrocquevillés d'emblée dans leur camp comme s'ils n'avaient que cinq minutes à tenir le 0-0 initial, les Coréens ont tout simplement oublié de jouer, de presser leurs adversaires, et bien sûr de sortir le chewing-gum du paquet. Les Argentins eux-même n'ont pas eu besoin de jouer, ni même d'ouvrir le score (Park Chu-young, excellent contre la Grèce, ne méritait pas cet honneur). En échange, ils ont eu l'élégance d'accorder un but casquette juste avant la mi-temps pour entretenir le suspense.

De retour des vestiaires, les Coréens se sont souvenus qu'ils étaient venus pour jouer au football, mais pas qu'ils étaient là pour assurer la qualification et limiter les dégats en cas de défaite. Le 4-1 final tient de la farce, comme le triplé de Gonzalo Higuain, à nouveau l'ombre de lui-même jusqu'à ce que la défense adverse le laisse pousser comme à la parade trois fois le cuir à moins d'un mètre du but vide.

Ces jours-ci, si un attaquant a un petit coup de mou sur le plan estime de soi, il n'a qu'à prier de rencontrer une équipe dirigée par Huh ou Domenech. Mais il a intérêt à faire vite parce qu'ils ne resteront pas trop longtemps en place.

Enfin j'ose l'espérer.

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2010.06.15

La Croisière ne s'amuse pas

Désormais en vitesse de croisière, le Mondial 2010 aligne ses trois matchs quotidiens sans vraiment convaincre. La faute à ces maudits vuvuzelas mais aussi à ces matchs trop serrés se jouant sur une faute de main de gardien, une erreur offensive, ou comme ces pauvres Algériens face aux Slovènes (0-1), sur les deux à la fois. Et puis il y a le Paraguay, cet éternel abonné aux matchs fermés, parfaitement entré dans la compet et la Squadra Azzura. Heureusement, l'Australie et probablement son ancien compère océanien la Nouvelle Zélande* permettent aux buteurs de soigner leurs stats.

Hier, grosse déception pour le Cameroun, particulièrement maladroit devant un Japon bien parti pour les huitièmes après le hara-kiri danois face aux Pays Bas.

Enfin, tout n'est pas perdu : le Ghana, lui, a réussi à muscler son jeu, et aujourd'hui, le groupe de la mort nous propose deux affiches émoustillantes : Côte d'Ivoire - Portugal et Corée du Nord - Brésil. 

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* seul espoir pour les All Blacks : ces Slovaques en entrée.


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2010.06.13

Messi en forme

Cette Coupe du Monde est maintenant bien lancée. En dépit du score étriqué contre le Nigéria (1-0) et des loupés de Gonzalo Higuain (son duel à distance avec Milito parait mal engagé), l'Argentine est au niveau et Messi en forme. Reste à confirmer pendant un mois, ce qui n'est pas vraiment acquis. Don Diego, pavarotique avec sa barbichette, a pu tester la profondeur de son banc sans affecter la vitesse de jeu de sa sélection.

Inversement, pas d'inquiétude pour l'Angleterre de Capello si ce nul face aux States (1-1) s'inscrit dans la préparation progressive à l'Italienne. Les US confirment pour leur part un parcours solide en Coupe des Confédérations et la montée en puissance inéluctable d'un futur grand du football mondial.

Confirmation également pour la Corée du Sud : à défaut de se qualifier pour les huitièmes, les guerriers taeguk auront au moins glané une victoire en Coupe du Monde pour la troisième édition consécutive (KOR-GRE 2-0). Surtout, ils n'ont jamais donné l'impression d'être en danger, à part peut-être sur la toute première action grecque. La qualité du collectif s'est spectaculairement améliorée depuis l'année dernière, et les trois générations de joueurs fonctionnent enfin parfaitement ensemble. Le jeune gardien JUNG Sung-ryong, encore un peu léger sur ses sorties, a mille fois plus rassuré que le vieillissant Lee Won-jae. De bon augure pour l'avenir, y compris à court terme : cette équipe peut poser des problèmes à l'Argentine.

Pour la troisième journée, trois affiches assez exotiques : je suivrai en priorité Algérie - Slovénie avec un bon espoir pour les Fennecs, mais Serbie-Ghana peut donner. Allemagne-Australie parait a priori trop déséquilibré, mais qui sait...

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* déjà
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2010.06.12

Bof

Les scores de la première journée de cette Coupe du Monde 2010 étaient annoncés le jour même du tirage en décembre dernier : AFS-MEX 1-1, FRA-URU 0-0. A défaut d'une divine surprise*, le supporter de l'Equipe de France a donc eu droit au "base case scenario" : des individus pas totalement nuls mais aucun fond de jeu, très peu d'occasions, et un attaquant esseulé exploité à contre emploi - aujourd'hui : Nicolas Anelka, que l'on aimerait avoir vu associé à Thierry Henry et Florent Malouda. En bref : la sauce habituellement servie par Raymond Domenech, un homme intéressant mais dont la carrière de joueur pourrait se résumer à "tuer le jeu" et la carrière de sélectionneur à "anéantir les Espoirs".

La France survivra peut-être à ce groupe ultra facile comme elle s'est péniblement extirpée de ses fastoches groupes de qualifs depuis que Raymond La Non-Science tient les manettes : à coups de nuls crispants et de victoires pénibles, sauf en 2008 quand le casting s'avère trop relevé.

Les autres adversaires du Groupe A ont confirmé leurs limites dans un match d'ouverture plaisant mais techniquement affligeant. Les meilleurs joueurs étaient Brésiliens : Alberto Parreira sur le banc SudAf (avec une mention plus qu'honorable au gardien Itumeleng Khune, bien sur ses appuis et dans son match), Giovani dos Santos Ramirez côté Mexicain. Le plus mauvais ? L'abitre Ouzbek Ravshan Irmatov a rempli sa mission : sauver le pays hôte d'une défaite d'entrée en annulant un but parfaitement valable avec l'aide d'un juge de ligne aussi honnête qu'un billet de 300 euros.

Aujourd'hui on sera fixé sur les chances de la Corée de passer le premier tour. Un peu comme face au Togo en 2006, elle est condamnée à battre l'équipe supposée la plus faible du groupe. Park Chu-young me doit une revanche par rapport à 2006 où il m'avait franchement déçu. Pour cette édition, j'éviterai donc de survendre Ki Sung-yong, Lee Chung-yong ou les autres stars de demain. Argentine-Nigéria promet des buts et du spectacle, à moins que tout ce beau monde ne décide de prolonger la finale olympique de 2008.

Jusqu'à présent, au niveau du jeu, les principales innovations viennent des tribunes et de la régie télévisuelle :

- les vuvuzelas confirment leur succès et leur pouvoir de nuisance : au lieu d'une ambiance de stade adaptée au profil du match, un bruit de ruche constant et énervant. pour le second match, j'étais franchement soulagé de mettre le volume au minimum, évitant en prime le Thierry Roland coréen et la descente de police pour tapage nocturne entre trois et cinq heures du mat. Le jour où Lizarazu verra Vierra avaler son vuvuzela Nerrazzuri au Vénézuela je sortirai mon flingue et mon Scrabble.

- la loupe à la louche pour toutes les frappes avec gros zoom sur les cannes : on apprécie encore mieux les déformations de Jabulani et les imperfections des gestes, y compris sur la lucarne josimarienne de Siphiwe Tshabalala (c'est du Lelouch je vous dis).

footlog 2010

* voir "La France pas pressée de dresser l'attente"

Voir aussi le calendrier, les pronos.

2010.06.06

La France pas pressée de dresser l'attente

On ne pourra pas reprocher aux Bleus d'avoir gonflé artificiellement les attentes de leurs supporters à la veille de la Coupe du Monde 2010 : 2-1 contre le Costa Rica, 1-1 contre la Tunisie, 0-1 contre la Chine... jamais la génération en or de Platoche & co ne se serait permis un tel fiasco (d'autant qu'elle n'a jamais affronté ces cadors).

Mais il y a du progrès par rapport à 2002 et 2006, avec les victoires à la Pyrrhus contre la Corée du Sud (Zidane out) et la même Chine ("Djibrill Cassé"). Didier Drogba a à son tour goûté à ces cadeaux asiatiques de dernière minute face au Japon (au ralenti, une agression "Matrix" / "Fiona" d'un kamikaze nippon).

Les Bleus sont cuits et Gourcuff tire la langue, mais ça aussi c'est tout ce qu'il y a de plus rassurant : le futur-ex-Bordelais a la réputation d'un diesel, et la préparation physique de notre Dream Team est supposée se traduire par une montée en puissance progressive qui fait ramer les joueurs au premier tour et gambader les trentenaires jusqu'en finale, avec suffisamment de jus pour balancer un coup de boule après prolong' si nécessaire (voir "Zizou est mort tout seul").

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, donc.

Encore faut-il passer ce bon sang de premier tour. Et il y a 4 ans, ça n'avait pas été si facile face à des monstres comme la Suisse, la Corée du Sud et le Togo...

Le scénario semble donc écrit d'avance : base case un nul des familles avec l'Uruguay comme en 1966 et en 2002, worst case une défaite d'entrée, avec sortie sous les sifflets, et porte des vestiaires défoncée (inspiré par Zizou, Ribéry en profite pour se refaire le portrait d'un coup de boule).

Sauf que.

Je sens bien une victoire sur ce coup-là. Sérieusement. Et avec la manière en plus. Genre un pion d'entrée, un autre juste avant la mi-temps après une passe à dix style Argentine-Serbie 2006, et un troisième dans les arrêts de jeu suite à un remplacement génial de Raymond la Science.

J'y crois dur comme fer. La dernière bande à Domenech ira loin, c'est écrit : les petites équipes ne meurent jamais.

footlog 2010