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2007.10.04

Francis Borelli

Il y a ceux qui s'en vont bouffer les pissenlits par la racine, et il y a Francis Borelli, tout juste parti embrasser la pelouse par la racine.

Daniel Hechter mis à part, le Paris Saint Germain n'aura finalement connu que trois présidents et Francis Borelli demeure encore aujourd'hui le premier d'entre eux : Michel Denisot a réussi à apporter le meilleur de Canal+ et Alain Cayzac à préserver depuis les les premiers jours le meilleur du club pour lui redonner une âme, mais c'est Borelli qui, aux yeux du grand public, aura appris au PSG à gagner des trophées et à conquérir le coeur des supporters.

Le pied noir à la crinière blanche a aussi apporté de splendides rayons de soleil à l'AS Cannes (retrouvant un temps son très cher Luis parti au Matra), mais son nom restera à jamais attaché au club de la Capitale dont il fut un pilier dès la création et qu'il a contribué à façonner à son image : flamboyant, communicant, tchatcheur et chaleureux, amoureux du jeu et des artistes qui le subliment, ouvert sur le monde, résolument humaniste et multiculturel. Avec la touche de folie des grands soirs de coupe.

Je ne croiserai plus cet éternel jeune homme promenant son chien à quelques encablures du Parc, mais Francis Borelli est parti le 2 octobre 2007 en sachant son club en Ligue 1 et en de bonnes mains : si Cayzac a pris son temps pour récuperer la toque blanche et le poste de son ami et il n'aura jamais le même timbre de voix ni le même style exubérant, il rayonne du même amour du jeu et du club. Et il l'incarne tout autant avec une classe bien à lui.

 

 

 

2007.07.30

A l'eau claire

Après le Tour de France, France Télévisions prend en main la Ligue 1 et la Ligue 2. De quoi soulever quelques questions :

Lance Armstrong - Lyon va-t-il conquérir un septième titre consécutif ?

Guy Roux va-t-il remporter son contre-la-montre face à la Camarde ?

Le Paris Saint Germain va-t-il rester en Ligue 1 à l'insu de son plein gré ?

Rolland Courbis et Louis Nicollin vont-ils prendre l'ascenseur de la Ligue 1 sans le mettre en surcharge ? 

Sainté va-t-il faire honneur au maillot vert, Nantes au maillot jaune, Auxerre au maillot appoignien ?

Canal + va-t-il boycotter la diffusion de la compétition si Frédéric Thiriez pratique une transfusion de moyens de production entre deux appels d'offre ?

Denis Balbir va-t-il redresser l'audience de France 2 sans avoir recours au dopage ?

Alexandre Ruiz va-t-il tenir toute la saison sans avoir recours au rasage ?

Qui va racheter l'équipe TF1 ?

2007.06.05

Guy Roux, le syndrôme Barthez

L'avenir du RC Lens passe désormais par un retraîté de 68 ans né à Colmar et déraciné de son Yonne républicaine depuis un peu plus de deux ans. Ecumer les plateaux de télé et de petits fours, ça va un moment... mais rien ne veau le plateau des vaches et l'herbe tendre des gazons de Ligue 1.

Guy Roux chausse donc joyeusement les sabots jadis portés par un Druide, sans se douter qu'il descend au fond de la mine. Sa verte campagne, il ne l'apercevra qu'une ou deux fois par an, pour voter à Appoigny ou apporter des oranges à Jean Fernandez.

Le Vieux parviendra sans doute à relever le club sang et or meurtri par une fin de saison épouvantable et fort, lui aussi, d'une glorieuse histoire aux accents polonais et africains. Mais pourquoi tout risquer et se mettre Martel en tête ? Sans même attendre les cinq ans de latence avant son procès en canonisation (Santo Subito ? signez-moi plutôt le milieu offensif de Sochaux et fissa, président)...

A croire que Guy Roux ne vit que pour entraîner. En fait, c'est lui-même qu'il entraîne avant toute chose. Comme une bête de somme, Le Roux a besoin de sentir le soc le coller à la terre pour se persuader qu'il existe, qu'il a une utilité. Sortez-le du champ et Le Roux s'étiole, s'endort au volant d'un 0-0 de bas étage (Canal+ a bien essayé de lui réserver la tranche horaire de 17h, mais les journalistes s'époumonnent en vain pour couvrir ses ronflements).

Guy Roux ne sera même pas l'entraîneur du RC Lens : ce Chablis hors d'âge devra laisser un plus jeune présenter un diplôme DEPF en règle. Lui, l'infatiguable passionaria de l'UNECATEF, pourfendeur des parachutés de tous poils !

M'en fiche. Je veux continuer à labourer jusqu'à la mort. Tracer mon sillon, faire jaillir de nouvelles pousses...

Peut-être le vert de trop.

2007.05.20

Ligue 1 2006-2007 bientôt en conserve

Pauleta va peut-être conserver sa couronne de meilleur buteur de L1. Avec un total digne du Calcio pré-platinien.

Lyon va peut-être conserver son entraîneur et son ossature pour une passe de 7. Avec pour seul objectif de susciter plus d'amour. Même le Bordeaux de Jacquet, Giresse, Tigana & Co a échoué en dépit d'une demi-finale continentale.

L'OM va peut-être conserver son Ribery et son Cissé, et pourquoi pas son Emon et son RLD. Avec une certitude : certainement pas tous à la fois.

Strasbourg va peut-être conserver son JPP. Avec si possible son premier dirigeant non autodestructif depuis des lustres.

Sedan va conserver son José Pasqualetti et on est content pour les deux parties comme pour l'esprit du jeu.

Mais le ton pour les années à venir dépend du résultat d'un match qui ne se jouera qu'en cours de saison prochaine : le Clasico LFP - Canal+. Pas sûr que le premier employeur de VIP footballistiques de France conserve son calme.

2007.03.30

Téléfoot Light

Daniel Bilalian a obtenu l'autre messe dominicale pour France 2 : la pilule du lendemain de la Ligue 1 (pour ceux qui ont oublié de se mettre Jour de Foot sur le bout du crampon) encadrera bientôt le JT de 13h.

TF1 a néanmoins décidé de maintenir les feux de l'amour du foot allumés ; un Téléfoot édulcoré avec ce qu'il reste à la maison Bouygues : des pièces nobles comme les Bleus ou la Champions League, et le second choix style Ligue 2.

Canal+ a en effet snobé l'appel d'offres sur cette dernière, laissant un boulevard à un Eurosport tout heureux de conserver son produit phare (je ne parle pas au nom des amateurs de snooker ou de dressage de chiens).

Rien de nouveau donc, si ce n'est les raisons de la colère de Canal : à l'instar des ligues majeures, la LFP compte désormais produire ses propres images (déléguant si nécessaire, comme avec le toujours placé Lagardère). Ce saut légitime dans la chaîne de valeur optimisera les retombées sur l'ensemble des media à l'heure où le haut débit fixe et mobile se démocratise.

On voit mal la chaîne cryptée rentrer dans ce jeu lors du prochain appel d'offres pour la Ligue 1. Et pourtant, rien ne semblait pouvoir arrêter le capo de tutti capi du foot français, qui venait justement d'ISO9002iser InfoSport en deux coups de cuiller à pot (Daniel Bravo se sent brusquement moins seul sur les plateaux)... la glorieuse incertitude du sport ? 

En attendant, à surveiller au prochain mercato : les régies mobiles et moyens techniques. Pas très glamour mais réservé aux fins techniciens.

2007.03.26

Futsal, l'éternel retour

Ce dimanche après-midi consacré au 1er RTL Futsal de Bercy sur Canal+ Sport a permis de mesurer toute l'étendue de l'inculture française en matière de football en salle / futsal (et celle de Lionel Russo en matière de football tout court - grosse erreur de casting de la chaîne cryptée sur ce coup - jamais l'expression "donner de la confiture à des cochons" n'a semblé aussi adaptée... quel massacre !).

Pour avoir péniblement recensé les sites francophones dédiés au football féminin et au futsal pour le compte de l'ODP / DMOZ, je sais combien cette discipline souffre d'une absence d'exposition en France (heureusement que nos voisins belges compensent largement). Or quand le Beach Soccer bénéficie de l'aura d'Eric Cantona et d'un ensoleillement naturel pendant tout l'été, le futsal a par définition besoin d'un coup de projecteur pour être pratiqué. C'est partiellement chose faite depuis hier. A défaut de mobiliser les foules devant le petit écran, ce sport a suscité l'adhésion de ses prestigieux pratiquants d'un jour, et pas n'importe lesquels. La camorra Canal+ serait inspirée de rebondir sur l'événement pour promouvoir le championnat national ou a tout le moins l'équipe nationale, ce petit candidat ayant fait le meilleur usage de son maigre temps de parole. Un circuit de vieilles gloires verra probablement le jour mais il en faudra plus pour enfin faire vivre durablement ce sport : rendre les principaux clubs et la sélection nationale compétitifs au niveau international, diffuser des vraies compétitions où les Bleus ne se fassent pas systématiquement laminer par des semi-pros. Je ne demande pas un show à l'américaine façon MISL (cf histoire du pro soccer indoor et outdoor aux US), mais un feuilleton récurrent de qualité : ce sport a tout pour plaire pour les pratiquants comme pour les téléspectateurs et les diffuseurs.

J'ai pratiqué le beach soccer et le futsal : on s'amuse dans l'un comme dans l'autre mais le second s'apparente beaucoup plus au football, comme une version épurée pensée pour l'amateur de jeu : aucun temps mort, pas de place pour la violence ni pour les bourrins, tout le monde participe de façon intense à la défense comme à l'attaque, et avec une palette de coups illimitée (le sable du Beach Soccer ajoute une dimension tout aussi excitante au jeu, mais avec son lot de contraintes). La qualité du ballon joue également pour beaucoup : même sur une surface dure, vous ne jouez pas comme dans une cour d'école. Zizou a prouvé hier qu'un grand technicien du football était assuré de prendre et de donner du plaisir en jouant au futsal - ce qui est moins systématiquement le cas pour le Beach Soccer (nothing personal, Dear Eric !).

Saluons donc l'initiative de la FFF, du CIF et des défenseurs de la veuve et de l'orphelin (Aimé Jacquet pour les veuves du foot féminin, Henri Emile pour les orphelins du futsal). Encourageons également les media (RTL et Canal+) à prolonger le plaisir. Espérons que cela ne soit pas un feu de paille, comme l'éphémère Tournoi de Bercy du milieu des années 80. Car les calendriers d'aujourd'hui n'autorisent plus ces événements relevés d'intersaison : terminés les intermèdes en salle, terminés les Tournois de Paris en plein air, à l'époque où les pros pouvaient souffler et préparer correctement une reprise, sans avoir à se cogner 15 heures d'avion pour vendre des maillots en Chine ou assurer la pub du Révérend Moon.

Alors pour une fois, laissons la parole aux joueurs. Tous se sont régalés hier en partageant de bons moments, à eux de se passer le mot pour transmettre la flamme. Essayez vous aussi et vous verrez, les salles désaffectées ne tarderont pas à résonner de parties endiablées.

 

PS : merci aussi aux organisateurs et à Alain Cayzac pour nous avoir offert quelques sourires sur les visages des joueurs parisiens. Leur mal semble de plus en plus profond à voir leur détresse et leur nervosité hier - comme Jérôme Alonso furieux à la mi-temps mais heureux comme un gamin à la fin du match contre l'équipe de France 98, comme cette fin de match aussi, justement (joueurs tétanisés par la peur de perdre leur avantage jusque dans cette balade amicale).

2007.02.18

Ibèresexuels et Calcio : vieilles recettes et nouvelles casseroles

Deux buts et une passe décisive pour Gronaldo (qui refait Sienne la Serie A - Veni, Vidi, Vici), un nul et une galette rouge vif pour son ancien compère David Beckham (qui ressort sa fameuse râclette face au Betis de Fernandez ; une recette bien fouettée inventée pendant la Coupe du Monde 1998 face à l'Argentine). Y'a pas à dire, la cuisine toscane, ça change du chocolate con churros. 

Le PSG, lui, persiste dans sa cuisine moléculaire façon el Bulli, à déstructurer le bon sens et martyriser la matière footballistique sous des conditions de température et de pression pour le moins anormales. A force de brûler tous les cierges de la Capitale et de mobiliser tous les marabouts de Paname, le club est parvenu à enchaîner une troisième victoire de rang. En une semaine, le déficit de chance accumulé depuis le début de la saison s'est ainsi transformé en un excédent budgétaire susceptible de financer les programmes électoraux des 46 candidats déclarés à la Présidentielle 2007.

Assister à ce nouveau miracle a demandé un peu de patience au téléspectateur, condamné à supporter Alexandre Ruiz jusqu'au bout de Jour de Foot. Non content de nous pointer de son sempiternel doigt accusateur, l'Ibèresexuel du PAF nous a même infligé un postillon de dernière minute. Comme si les poils dans la soupe ne suffisaient pas... Il était temps que le générique de fin renvoie ce sombre boxeur solitaire dans les cordes de la nuit.

Et en attendant ce fameux Nuit de Foot, j'ai observé Empoli faire cuire à petit feu la Roma sous le soleil éclatant de Toscane et dans un stade vide. J'ai pu mesurer combien, sans le bruit de fond des supporters, la simulation à l'Italienne pouvait s'entendre : on repère tout de suite celui qui se croit à Cinnecitta, et l'on entend tout de suite celui dont le tibia se brise effectivement.

Le cinéma italien est sorti de la crise lorsqu'il a retrouvé une certaine qualité mais pour cela, il a fallu vider les salles. De cet édifiant benchmarking, le Calcio semble avoir déduit que le football Italien n'aura de chance de revivre qu'une fois qu'il se sera débarassé du supporter Italien. Les clubs doivent donc trouver de nouvelles recettes pour survivre.

Le modeste club du Scala de Milan évolue pour le moment en Serie S, mais envisage très sérieusement de monter en série A grâce à un recrutement pour le moins innovant : sinon au niveau des joueurs (le Scala est condamné à conserver une équipe de divas liées par des contrats courant sur plusieurs saisons), au niveau des sponsors. Le fabricant de mannequins pour vitrines de mode Elite a en effet été sollicité pour fournir 20.000 supporters aux couleurs du club. La question de l'animation visuelle étant résolue, restait à donner de la voix à un stade toujours désespérément silencieux. Le président du club, par ailleurs actionnaire de l'opéra, a eu la bonne idée de réserver les 80 invitations tolérées par le règlement des matchs à huis clos aux 80 plus grands ténors de la péninsule.

La recette semble avoir du bon : le Scala a brillamment sorti la Roma de la Coupe d'Italie sous l'air de Cosi fan Totti. A la fin du match, l'entraîneur laziale a lâché, dépité : "Ce Scala a peut-être un petit budget, il a du coffre. Cela servira de leçon à nos joueurs, qui n'ont l'habitude de croiser des Series S que dans les parkings de leur centre d'entraînement."

2007.02.11

Casse-pieds

La blessure a eu lieu juste après le 3e but parisien. La victime de l'agression avait beau se tordre de douleur sans simuler, les caméras de Canal+ s'obstinaient à filmer le jeu qui continuait comme si de rien n'était.

Il faut dire que la victime de l'agression gisait à quelques centaines de mètres du Parc des Princes, dans son appartement, lâchement tâclé par un objet contodant alors qu'il s'apprêtait à décrocher son téléphone. Heureusement, ce matin, la radio n'a décelé qu'un vilain hématome là où la victime redoutait une fracture du tarse. La blessure à l'amour propre, elle, mettra plus de temps à se résorber : cet épisode ne fait pas honneur à votre serviteur, déjà blessé dans des conditions fort suspectes en fin de saison dernière*.

On n'a pas idée d'appeler au milieu d'un PSG - Monaco. D'autant que pour changer cette année, la Principauté s'affirme comme la seule victime consentante du club de la Capitale : au match aller (le 2-1 relaté dans ces pages**) comme au match retour (4-2 hier).

Finalement, je ne suis pas fâché que les loupes de Canal aient loupé ce tacle assassin, et que ma webcam soit sagement restée dans son tiroir. Je n'aime guère voir les images de Djibril Cissé dans le rôle de la victime (sous le rouge de Liverpool comme sous le bleu de la sélection) comme dans celui du blesseur (Carlos Yepes a décidément la cheville bien souple).

Quant au casse-pieds qui m'a donné ce coup de fil maudit, c'était quelqu'un qui venait d'apprendre le 3e but parisien à la radio et m'appelait pour me féliciter. Comme si j'y étais pour quelque chose ! A moins que dans un ultime transfert post-mercatoïen, Cayzac ait réussi à me refiler la scoumoune qui sévissait dans son club.

Finement joué, Président.

 

* peu glorieux inventeur de la blessure en rêve - cf "Dans de beaux draps" (20060515)

** cf "Y'a pire ailleurs" (20060918)

2006.09.18

Y'a pire ailleurs

Les Parisiens avaient longtemps cherché en vain un adversaire à leur mesure, allant jusqu'à écumer les petits stades irlandais* perdus entre Nord et Sud. Ils ont fini par trouver un club encore plus mal en point que le leur dans la minuscule Principauté de Monaco, remportant d'un seul coup leur premier match à l'extérieur en L1 et en Europe depuis des lustres.

Côté monégasque, en dehors du prometteur Serge Gakpe, du libérateur Fabian Guedes Bolivar, voire du solitaire Flavio Roma, personne n'a pu résister à la déferlante parisienne en seconde mi-temps. Ca fait du bien par où ça passe, même si en fait de déferlante, Pauleta & Co n'avaient qu'à slalomer entre des plots vaguement peinturlurés de rouge et blanc et à la décoration parfois douteuse (la coiffure de Bolivar). Et puis s'il a marqué un joli but hier, David Rozehnal ne semble pas vraiment en mesure de faire oublier Moustapha Dahleb, Safet Susic, Raï ou Ronaldinho... Enfin, l'OM-Bordeaux qui prolongeait ce médiocre lever de rideau ressemblait un peu plus à du haut niveau, éclipsant même nettement l'entremets de Liga proposé à la même heure sur Canal+ Sport ; un duel prétendument royal entre le Real Madrid et la Real Sociedad qui, venant après l'OL-RM de mercredi dernier, pourrait laisser entendre que la Ligue 1 se rapproche à grands pas de son modèle.

Ne crachons donc pas dans cette vilaine soupe tiédasse entre anciens nobles désargentés (Principauté empotée vs Présipauté dépotant). La Ligue 1 pourrait bien réussir son pari, et Paris réussir à rester en Ligue 1.

 

* cf "Derrydicules Parisiens" (20060915)

 

2006.09.14

L'Europe sans Platini

L'élection à la présidence de l'UEFA constitue l'un des événements majeurs de la saison européenne sinon le plus structurant pour les années à venir. Franz Beckenbauer ayant remis à plus tard (et sur d'autres terrains style FIFA ?) son duel avec Michel Platini*, ce dernier affrontera finalement Lennart Johansson en persson.

Pour se consacrer pleinement à ce combat a priori inégal, Platoche doit abandonner les plateaux européens de Canal+ ; un sérieux dommage collatéral pour des téléspectateurs obligés de se cogner Philippe Doucet en solo et l'improbable duo Lizarazu - Dessailly pour animer un plateau déserté par les Mathoux boys**. Or Bixente a des choses à dire mais n'a pas encore libéré les chevaux aussi totalement que les cheveux, et Marcello n'a pas grand chose à dire si ce n'est des blagues à deux lires aussi légères qu'une charge de Claudio Gentile.

Heureusement qu'il y a les images où c'est qu'on voit des joueurs en activité dedans. Style Florent Malouda s'offrant un monumental Pelé-Banks face à Iker Casillas. Style Abdul Kader Keita testant d'une mine antipersonnel l'arète d'Anderlecht. Style Yohan Gourcuff balançant dos au but depuis le bord de la touche une fleur jusque sur un crâne milanais idéalement placé dans la surface.

Ces images sont peut-être servies comme un plateau télé microondé, ça a du goût et on pardonne thoux à Hervé Mathoux, toujours l'hôte idéal. Celui-là a décidément bien fait de quitter TF1, tout comme Gilardi a eu raison de faire le chemin inverse pour chausser les bottes de Thierry Rolland***.

Platini, lui, nous aura servi du caviar pendant des décennies. Son "Numéro 10" co-présenté avec Bernard Père n'a pas survécu au Heysel, et il fallait parfois tout l'art d'HM pour le tirer de sa torpeur du temps où Canal+ avait un budget apéro décent pour ses soirées Champion's League, mais pour éclairer le jeu du point de vue du joueur on ne fait pas mieux.

Je serais curieux de voir ce que donnera l'UEFA sous sa coupe. Une chose est sûre : ce ne sera pas champagne pour les seuls 14 invités à table et ronron pour les autres.

 

* cf "Happy new Beckenbauyear ? Forza Michele !" (20060104)
** sacrifiés sur l'autel budgétaire au profit de la L1 ?
*** son bonheur partagé avec Jean-Michel Larqué fait plaisir à voir... mais on n'enchaîne pas tous les jours des France - Italie et Lyon - Real Madrid de ce tonneau