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2007.09.02

20 ans après

J'avais suivi avec intérêt la première Coupe du Monde de Rugby en 1987, vibrant au petit matin aux coups de génie de Blanco et Sella et sacrifiant même un oral hyper important à regarder une finale perdue d'avance dans un stade champêtre zébré par les mouettes (heureusement l'examinateur avait lui aussi les valises sous les yeux et le regard hagard du vaincu).

Je me souviens de ces discussions avec des amis rugueudeubeux totalement désintéressés par l'événement avant qu'il ne commence : ne comprenez-vous pas que cela va devenir la principale compétition, que votre sport ne sera plus jamais le même ? que le Tournoi des 5 Nations est mort, voué à n'être qu'un galop d'entraînement de prestige à côté des compétitions européennes et mondiales qui se dessinent ?

Le rugby est devenu professionnel, et ses joueurs pros ont désormais cette profondeur d'analyse que l'on croyait réservée à leurs collègues manchots - ce ne sont plus des étudiants et des hommes pratiquant pour le plaisir, mais des machines à gagner diététisées, bodybuildées et - dans l'hémisphère sud au moins - créatinées. Les transferts ne se concluent plus autour d'une bonne table mais dans les cabinets d'avocats. Les plus belles affiches interclubs opposent le Stade Français au Stade Toulousain ou au Biarritz Olympique.

C'était il y a vingt ans. Le plus grand joueur français de tous les temps venait de partir en retraîte, Jean-Michel Aulas de prendre les rênes de l'OL en D2, et Bernard Zénier de battre le record d'après-guerre du plus petit nombre de buts pour un pichichi. Un prometteur milieu offensif nommé Laurent Blanc marquait autant de buts dans la saison (18), mais pour terminer 3e meilleur buteur de D2.

En vingt ans, le rugby a changé d'ère, et le foot français a accroché une belle étoile à son maillot. Tout reste cependant à construire.

2007.08.22

Materazzi - qu'en termes élégants ces choses-là sont dites

Après un an d'incertitude, la véritable teneur des propos de Marco Materazzi à Zinédine Zidane a enfin été révélée.

Pour rappel, à l'occasion du match de clôture d'une compétition internationale réservée aux jeunes (catégorie moins de 40 ans), l'Italien avait tiré le maillot du Français pour lui signaler que son lacet était défait. En se baissant pour réparer ce problème potentiellement facteur de blessures, Monsieur Zidane avait malencontreusement heurté la poitrine de Monsieur Materazzi, entraînant la chute de ce dernier. N'ayant pas vu l'accident, l'arbitre argentin, Monsieur Horacio Helizondo, avait alors prié monsieur Zidane de retourner aux vestiaires nouer ses lacets avant de recevoir le trophée du meilleur joueur de la compétition.

Cette version de l'accident telle que relatée par Monsieur Sepp Blatter dans son constat diffère sensiblement de celles de Messieurs Zidane et Materazzi : le premier prétend que le second l'a insulté et le second soutient qu'au contraire, il a couvert d'éloges la famille du premier - tous deux confirment la conclusion en coup de boule ayant entraîné la perte du match sans intention de la causer.

Voici donc le texte intégral des propos tenus par l'Italien le 9 Juillet 2006 à Berlin : "votre mère présente des atouts remarquables et soulève d'émoi les hommes qui ont l'honneur de la croiser, mais personnellement je trouve votre soeur encore plus séduisante, d'autant qu'elle pratique un don de soi à des tarifs relativement plus accessibles au commun des mortels".

Attendu qu'il ne perçoit pas toute les subtilités de la langue transalpine en particulier dans ses dialectes les plus tatoués, et nonobstant toute règle de bienséance généralement appliquée sur un terrain de sport, Monsieur Zidane  a choisi le mode de réponse à cette tête à claques la moins salissante pour les mains et la plus économe en consommation d'énergie cérébrale.

Espérons que ces jeunes sauvageons sauront tirer les leçons de ce disgrâcieux épisode pour mieux se comporter dans des matchs de plus haut niveau et au-delà dans leur vie d'adulte.

2007.08.21

Trézéguet déprime chez les A'

Peu de temps après avoir confessé sa ressemblance avec Materazzi et ses soupçons sur une défaite concédée aux Italiens au siècle dernier, Ray Dom a livré sa Schindler's Lift - Schindler les ascenseurs, pas l'autre (il est bien question de sauver quelques âmes mais l'enjeu n'est heureusement pas le même).

Verdict : Trézégol, qui a pourtant quitté le sous-sol italien, ne remonte pas au premier étage et se retrouve coincé dans la même cabine que des aspirants à la vraie tunique bleue (Frey, Richert, Briand). Maigre lot de consolation : sa petite musique d'ascenseur sera fournie par DJ DJibril Cissé. Ce qui peut, au passage, signifier que le Juventino ne sera même pas à coup sûr titulaire dans cette équipe bis face à la redoutable équipe de Slovaquie A Prime.

Le premier étage ne ressemble pas vraiment au 7e ciel pour autant. En fait, l'affiche me donnerait presque envie d'appuyer sur un autre bouton. De toute façon, ce sommet n'est pas diffusé en Corée alors les petites déprimes des A prime...

Espérons simplement que les cannoniers de service ouvriront leur compteur international pour une saison importante dans le cadre de la reconstruction de la maison bleue. Et tenez-vous bien, ce projet-là fait les gros titres de ce côté-ci de la planète : Lee Myung-bak vient d'être sélectionné par son parti pour la présidentielle de l'an prochain... et si tout se passe bien pour lui, l'ancien maire de Séoul sera le vrai patron de la Maison Bleue.

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Les listes contre la Slovaquie (à confirmer pour les A)

LISTE DES A'
Frey, Richert - Réveillère, Zebina, Squillaci, Boumsong, Z. Camara, Mathieu, Silvestre - L. Diarra, Mavuba, A. Diarra - Cissé, Piquionne, Briand, Trezeguet.

LISTE SUPPOSEE DES A
Landreau, Ramé - Clerc, Sagna, Givet, Mexès, Abidal, Evra - Makelele, Nasri, Toulalan, Vieira - Anelka, Benzema, Henry, Malouda, Ribéry.

2007.08.16

Thierry Henry lost in translation

En zappant hier, je me suis laissé embarquer dans une émission probablement enregistrée à l'occasion du récent passage en Corée de l'attaquant des Ulis. Une poignée de jeunes supposés comiques affrontaient sur un terrain d'entraînement notre Titi national tout juste armé d'un traducteur.

Ce qui pouvait occuper trois minutes (quelques jonglages, dribbles et frappes pour épater la galerie) a désespérément traîné en longueur, comme s'il s'agissait d'amortir chaque seconde du tournage. Le héros du jour semblait aussi perdu que Bill Murray sur le plateau de ce programme psychédélique à la télé nippone. Mais contrairement au film de Sofia Coppola, je n'ai pas tenu à aller jusqu'au bout.

TH devrait éviter la Corée. La dernière fois que je l'ai vu rôder dans le coin, il se prenait une galette rouge à Busan. Pas le pindaetok au gimchi, mais un bon vieux carton rouge des familles. Contre l'Uruguay. Ce jour-là je n'avais pas vu de but mais au moins un peu de football.

 

2007.08.12

Déjoue-la comme Beckham

Becks joue avec sa santé et avec les nerfs des promoteurs de la MLS. Pour quelques minutes de piges il aggrave sa blessure à la cheville et retarde son retour au haut niveau. Déjà incertain contre les New England Revs, il serait inspiré de laisser filer plusieurs semaines d'une saison de toute façon à oublier pour les L.A. Galaxy.

La MLS a moins besoin d'une star sur une patte dix minutes par match dix matchs de suite que d'un grand joueur au sommet de sa forme pendant 90 minutes, d'une oeuvre brillante dont les meilleurs morceaux passeront en boucle sur les petites lucarnes - histoire d'enlever les toiles d'araignées accumulées depuis la mort de la NASL.

Au lieu de cela, Mr Posh inflige aux médias US le non spectacle que la plupart attendent d'un match de soccer, et des conférences de presse plus déprimantes les unes que les autres. Et les téléphages gorgés de transfats de se gausser de ce sport de mauviettes : incapable de tenir un choc, la gravure de mode ! Vivement que le football le seul le vrai reprenne l'antenne !

Les joueurs moyens qui donnent le meilleur d'eux même chaque semaine dans l'anonymat de cette Ligue doivent l'avoir plutôt saumâtre...

 

2007.08.08

Milliband vote Wenger

Le nouveau Ministre des Affaires Etrangères grand-breton adore Arsenal et son coach. Sa philosophie s'inspire d'ailleurs ouvertement d'Arsène Wenger : faire en sorte que les siens donnent le meilleur d'eux-même plutôt que de miser sur les failles de l'adversaire.

Son boss préfère le foot de son Ecosse natale et pourrait donc nourrir un faible pour sir Alex, dont la stratégie repose plutôt sur une course permanente à l'armement pour empêcher la concurrence d'avoir accès aux plus grands joueurs. Du reste, David Milliband n'était-il pas un concurrent potentiel au poste de Premier Ministre ?

A défaut du physique de jeune premier de son ministre, Gordon Brown bénéficie d'une tête bien faite et d'une vision du jeu assez remarquable. Le successeur de Tony Blair a pourtant perdu l'usage d'un oeil au rugby dans sa jeunesse. Ce faux flegmatique n'a donc pas peur d'aller au contact (NB : cela ne l'empêche pas de rêver comme une midinette : Brown verrait bien George Clooney jouer son rôle un jour, mais je verrais plutôt Terry Jones au casting).

Comme pour les clubs de Premier League, la principale question reste de savoir combien d'éléments ce gouvernement va pouvoir conserver à l'abri des investisseurs russes ou américains.

2007.07.30

A l'eau claire

Après le Tour de France, France Télévisions prend en main la Ligue 1 et la Ligue 2. De quoi soulever quelques questions :

Lance Armstrong - Lyon va-t-il conquérir un septième titre consécutif ?

Guy Roux va-t-il remporter son contre-la-montre face à la Camarde ?

Le Paris Saint Germain va-t-il rester en Ligue 1 à l'insu de son plein gré ?

Rolland Courbis et Louis Nicollin vont-ils prendre l'ascenseur de la Ligue 1 sans le mettre en surcharge ? 

Sainté va-t-il faire honneur au maillot vert, Nantes au maillot jaune, Auxerre au maillot appoignien ?

Canal + va-t-il boycotter la diffusion de la compétition si Frédéric Thiriez pratique une transfusion de moyens de production entre deux appels d'offre ?

Denis Balbir va-t-il redresser l'audience de France 2 sans avoir recours au dopage ?

Alexandre Ruiz va-t-il tenir toute la saison sans avoir recours au rasage ?

Qui va racheter l'équipe TF1 ?

2007.06.25

Scoop : Thierry Henry ne quitte pas Arsenal

C'est Arsenal qui quitte Arsenal.

Thierry Henry ne renie en rien son amour pour son club : Arsenal a tout simplement décidé de se renier soi-même. Les fiers gunners baissent pavillon et détruisent le temple pour faire plus de place aux marchands. L'utopie Wengerienne a vécu, place à la variété. Que le Spectacle s'efface devant la société de spectacle, une société anonyme, une société à responsabilité limitée quant au respect du jeu et de son l'esprit.

A propos de jeu : TH rejoint les Haarlem Globe Trotters de Rijkaard. Sur son dos : le 14 de Johann Cruijff. Sur sa face : un sourire ENORME dès l'atterrissage à BCN.

Espérons que dans ses excédents de bagages, le gamin des Ulis aura prévu quelques valises de buts pour les portiers de Liga.

2007.06.05

Guy Roux, le syndrôme Barthez

L'avenir du RC Lens passe désormais par un retraîté de 68 ans né à Colmar et déraciné de son Yonne républicaine depuis un peu plus de deux ans. Ecumer les plateaux de télé et de petits fours, ça va un moment... mais rien ne veau le plateau des vaches et l'herbe tendre des gazons de Ligue 1.

Guy Roux chausse donc joyeusement les sabots jadis portés par un Druide, sans se douter qu'il descend au fond de la mine. Sa verte campagne, il ne l'apercevra qu'une ou deux fois par an, pour voter à Appoigny ou apporter des oranges à Jean Fernandez.

Le Vieux parviendra sans doute à relever le club sang et or meurtri par une fin de saison épouvantable et fort, lui aussi, d'une glorieuse histoire aux accents polonais et africains. Mais pourquoi tout risquer et se mettre Martel en tête ? Sans même attendre les cinq ans de latence avant son procès en canonisation (Santo Subito ? signez-moi plutôt le milieu offensif de Sochaux et fissa, président)...

A croire que Guy Roux ne vit que pour entraîner. En fait, c'est lui-même qu'il entraîne avant toute chose. Comme une bête de somme, Le Roux a besoin de sentir le soc le coller à la terre pour se persuader qu'il existe, qu'il a une utilité. Sortez-le du champ et Le Roux s'étiole, s'endort au volant d'un 0-0 de bas étage (Canal+ a bien essayé de lui réserver la tranche horaire de 17h, mais les journalistes s'époumonnent en vain pour couvrir ses ronflements).

Guy Roux ne sera même pas l'entraîneur du RC Lens : ce Chablis hors d'âge devra laisser un plus jeune présenter un diplôme DEPF en règle. Lui, l'infatiguable passionaria de l'UNECATEF, pourfendeur des parachutés de tous poils !

M'en fiche. Je veux continuer à labourer jusqu'à la mort. Tracer mon sillon, faire jaillir de nouvelles pousses...

Peut-être le vert de trop.

2007.06.04

Bleus, coups et blessures

Les hommes de Domenech se sont plutôt bien tirés du piège d'Oleg Blokhine, très efficace en première mi-temps mais dépassé en seconde à partir du moment où les Bleus ont enclenché la troisième, avec passes sautées au-dessus de la défense, accélérations diverses, roulette-grand pont et coup de la corde à linge.

Avant d'ouvrir le score, Franck Ribéry présentait une fiche de stats franchement médiocre, mais ses 50% de déchets devaient beaucoup aux audacieuses transversales ave maria de Toulalan (même un Jerry Rice au sommet de sa forme n'avait aucune chance d'intercepter ces missiles sol-air). Et si Nasri ne tient pas encore les 90 mn au top, personne ne lui en tient rigueur tant sa progression impressionne. Moins sollicité cette saison, Thuram rayonne au meilleur moment, tandis qu'Anelka illumine à son habitude les périodes séparant les phases finales de Coupe du Monde, cette drôle de compétition dont les videurs s'obstinent à refuser l'entrée aux José Touré et autres Eric Cantona...

Encore un coup de rein face à la Géorgie et les Bleus pourront prendre des vacances bien méritées.

En attendant et faute d'Equipe du Dimanche, je me suis rabattu sur le Festival de Toulon... ça faisait une paye - le dernier match que j'ai vu remonte sans doute aux années 80, à une époque où les grilles TV n'étaient pas saturées de foot, et où l'on découvrait les meilleurs jeunes d'Europe, les plus créatifs s'exprimant en toute liberté dans une ambiance bon enfant.

Bon enfant ? En 3 minutes 1 claquage et 2 envols de civières dont 1 pour KO... ce Chine - Pays Bas m'a collé des sueurs froides. L'Empire du Milieu a triomphé 2-1 et histoire de me calmer, j'ai confié à Stephen King le soin de m'accompagner jusque dans les bras de Morphée.

Rideau.