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2008.03.06

Lasers

J'ai bien aimé la première mi-temps de Real Madrid - AS Roma hier soir.

Beaucoup de déchets, peu d'actions franches, mais une vitesse de balle intéressante. Pas un enchaînement de passes lasers ultraprécises comme dans le meilleur Arsenal ou le plus beau Barça, mais la volonté permanente d'aller plus vite que l'adversaire, de projeter le ballon vers l'avant.

Le récipiendaire n'est pas nécessairement prêt et ça se traduit par un pivot ou une nouvelle volée / demi-volée à la limite, encore plus patatechaudesque pour le prochain sur la liste, mais c'est techniquement ultra exigeant et très plaisant à regarder.

Le Real a montré les limites de son collectif et la Roma a logiquement gagné le match, comme Manchester United la veille.

Je n'ai pas pleuré l'élimination de l'OL. Il y avait clairement la place pour passer, mais cette sympathique équipe n'évolue plus au meilleur niveau européen.

Elle se contente d'aseptiser la Ligue 1, monneyant sa mainmise par la production à l'occasion de joueurs d'exception. Hatem ben Arfa a un potentiel énorme mais j'ignore s'il l'exploitera à fond un jour. En revanche, Karim Benzema a déjà tout bon, et je n'ai jamais rien vu de tel depuis le Ronaldo de 1995-97. C'est tout simplement un bonheur de le voir jouer, il éclabousse le jeu de sa classe et je l'espère la Ligue 1 encore quelques années.

2008.02.22

Ronaldo à genoux

Suite à diverses discussions sur la nième blessure de Ronaldo - probablement sa dernière de joueur professionnel au plus haut niveau, je livre ici ma compréhension des événements, avec toute l'expertise d'un téléspectateur chaussé de charentaises crampons 5 degrés qui tâche. 

Je pense qu'à la base Ronaldo a un problème chronique aux genoux, et que le dopage et une hygiène de vie déplorable l'ont durablement handicapé. 

Ronaldo a surtout changé en Italie. Comme Zidane, dont la morphologie s'était spectaculairement épaissie lors de son passage à la Juve, Ronaldo est devenu moins aérien à l'Inter.

On peut s'étonner que le Barça ait laissé filer le plus grand surdoué depuis Pelé après une seule saison. A mon avis, les médecins du club ont compris qu'il y avait un risque et les dirigeants ont préféré faire une belle culbute financière avec l'Inter. Massimo Morati, le propriétaire milliardaire, savait sans doute ce à quoi il s'exposait, et il a fait miroiter au joueur une survie au plus haut niveau moyennant quelques entorses... à la morale sportive. Ceci pourrait expliquer leurs relations orageuses.

Sans ces artifices, Ronaldo n'allait peut-être pas avoir une carrière aussi longue. Mais son talent est tel qu'il aura arraché un second Ballon d'Or presque sur une jambe.

Si son jeu m'a enchanté, son cas me désole.

2008.02.19

Le Kosovo plus fort que le Brésil

93cd4e2b999a4dcf6bf4466888f73378.jpgC'est fait : le Kosovo est indépendant.

Et le Brésil peut trembler : comme son drapeau l'indique, ce nouvel état vise les 6 victoires en Coupe du Monde.

Vous me direz : à ce petit jeu, les Etats-Unis auraient déjà remporté une cinquantaine de trophée au soccer... mais le futchebol kosovar n'a rien de ridicule.

A part peut-être le site de la FFK (http://www.ffk-kosova.com), qui m'accueille aujourd'hui avec le message "Faqja është përkohësisht offline", ce qui d'après mes rudiments d'Albanais veut dire "blablabla offline" ou "revenez plus tard le serveur est Ankarafe".

La FFK n'est pas encore affiliée UEFA ni FIFA mais cela ne saurait tarder. De belles fractures du poignet en perspective pour notre Michel Platini national à l'occasion des tirages au sort de Coupes d'Europe : du temps de son mentor Jacques Georges le bocal à poisson rouges suffisait amplement pour accueillir les bouboules mais maintenant, c'est un aquarium à Moutiers qu'il faudrait ! Pour peu que Poutine baisse la garde on aura bientôt droit à des premiers tours du feu de Dieu (mais pitié sans dérapages interreligieux) entre Pristina et Kurta (Ossétie du Sud).

Ceci dit, je n'ai pas l'intention de me moquer du foot kosovar. Quand on voit ce que l'équipe de france doit à une célèbre dynastie albanaise...

Et puis allez rire en face d'un grand gaillard comme Lorik Cana, enfant de la Capitale (pas Paris, l'autre) : son père a brillé au KF Pristina et peut-être voudra-t-il porter les nouvelles couleurs nationales.

Quitte à jouer sans espoir de gagner la Coupe du Monde, autant le faire avec un maillot fièrement floqué de 6 étoiles sur le coeur.

2008.01.29

CAN 2008

On pourra toujours renâcler devant les champs de faux rebonds, les arbitrages maison, la corruption ou l'indigence des dirigeants, la CAN se déguste sans modération.

Déjà, l'Europe n'est pas vraiment bien placée pour dénoncer les champs de patate de ses voisins du sud (Paris ou Monaco n'ont qui plus est pas l'excuse d'être des mégalopoles trop mobilisées sur leurs bidonvilles pour investir dans des pelouses décentes). Quant à l'arbitrage, la corruption ou l'indigence des dirigeants, ils ne quittent guère la une des media que lorsqu'une vague de violence déferle dans les tribunes en Italie ou aux Pays-Bas*.

Ensuite ça joue : on ne ferme pas, on tire de loin, on tente, on marque, les buts d'anthologie comme les surprises ne manquent pas.

Et puis les super-joueurs ne sont pas à contre-emploi, noyés dans des systèmes castrateurs : ils s'amusent et se livrent totalement pour leur pays, sans calculer. Les Feindouno, les Drogba, les Essien... tous donnent une leçon au vieux continent de la part de celui qui a tout donné à l'humanité et au foot.

Car Pelé ou Ronaldinho viennent d'Afrique. Idem pour Cruijff ou, que cela lui plaise ou non, Milan Baros. C'est en Afrique que l'on a appris à tenir debout, et c'est en Afrique que le foot continue à évoluer le plus vite dans toute sa diversité. A presque chaque édition de la CAN, le nombre de favoris augmente, et ce roulement rejaillit logiquement sur la représentation en Coupe du Monde.

Sur ce dernier point, l'Afrique souffre toujours d'une sous-représentation scandaleuse par rapport à l'Europe (autant de fédérations mais presque trois fois plus de pays qualifiés) et bien sûr l'Amérique du Sud. Elle resserre toutefois l'écart, et hébergera enfin la plus prestigieuse des compétitions sur son sol. Reste à renforcer les championnats nationaux et à donner aux clubs africains d'autres occasions d'affronter leurs homologues européens et sud-américains dans des compétitions relevées.

Même au coeur des Alpes, je ne suis pas certain que l'Euro 2008 nous offre autant de bouffées d'air frais...

* je n'accablerai pas Paris, déjà citée et en phase de guérison sur ce plan (entre autres)

2008.01.19

A saisir sur eBay

Sélection de la semaine - les meilleures offres sur eBay 

OM : en l'état - possibilité de réduction si le club fait mieux qu'une coupe intertoto en 10 ans. Les 500 premiers candidats se verront offrir le dernier parfum Kachkarel pour OM.

Droits TV du foot français : à saisir d'urgence. Compétition ouverte aux opérateurs mobiles russes et saoudiens.

France2 Foot : pour cause de suppression de la pub TV sur le service public, l'Etat met aux enchères le lot correspondant au magazine dominical. Ouvert à tous les candidats à condition que l'actionnaire soit Bouygues, Lagardère ou Bolloré. Si le candidat le moins disant s'appelle TF1, le magazine s'appelle revient.

TF1 : suite à l'arrêt de l'émission de Téléréalité Votez Sarko, la chaîne est à louer au plus offrant pendant 5 ans. Le propriétaire se réserve le droit de mettre terme au bail en cas d'élections anticipées.

Parc des Princes : Colony Capital est prêt à faire la plus value après revalorisation immobilière du site (galerie marchande, musée archéologique du fond de jeu parisien...). Tous les contrôles d'usage ont été effectués : Loi Carrez, Diagnostic Amiante, Termites, Performance Energétique, Risques Naturels et Technologiques, et depuis janvier 2008 Désenvoutage.

Matt Moussilou : Ballon de Plomb 2007. Attention à la date de fin de promotion (déjà 6 buts en 9 matchs pour le Al Arabi Doha).

Fabrice Fiorèse : mis à prix trois millions d'euros. C'est le maximum que le vendeur est prêt à donner pour s'en débarrasser.

Règlements acceptés : PayPal, Visa Dubai Mastercard, Abramovitch Express

2008.01.09

La Ligue de 5 à 7

L'IFFHS (International Federation of Football History and Statistics) ne se contente pas de porter un nom abscons ; elle pond également des classements aussi essentiels que celui des meilleurs gardiens-buteurs ou aussi farfelus que celui des meilleurs championnats nationaux.

Ce dernier détermine scientifiquement une note à la décimale près en prenant en compte les performances des représentants en compétitions internationales. Ne me demandez pas pourquoi la prestigieuse S-League de Singapour, absente de l'AFC Champions League, figure 15 places devant la K-League de Corée du Sud, demi-finaliste avec Seongnam, mais sachez tout de même que la Ligue 1 chère à Frédéric Thiriez (et encore plus chère à Canal+) a perdu deux places entre 2004 et 2007.

Le quator de tête n'a pas changé. Tout juste l'Angleterre a-t-elle remplacé l'Espagne au sommet, à la faveur de son triplé stérile en demi-finales de la Champions League - le Brésil a rejoint à égalité l'Italie sur la troisième marche du podium.

La France, 5e en 2004 grâce aux deux finales de Monaco et Marseille, se voit passer devant par l'Argentine et l'Allemagne. Et accessoirement marcher dessus par l'AS Roma en huitièmes.

Il faudrait songer à revoir notre compétitivité. Et faute de pouvoir curer le malade, on peut commencer par changer le thermomètre. Demandons par exemple à l'IFFHS de nous pondre un Indice UEFFHSA qui garantisse à nos clubs de bons tirages jusqu'en finale. Mais de vrais bons tirages, pas des clubs suisses décidément trop forts pour nos représentants en C3, ni des clubs écossais, pas bons à prendre ces temps-ci. On évitera les équipes luxembourgeoises, trop proches de Metz pour nous porter la scoumoune. Et aussi tant qu'à faire, ces fameuses terreurs de Singapour - on ne sait jamais, au rythme auquel l'Europe s'élargit...

On pourrait aussi revoir notre façon de vendre le produit. Remplacer ce 1 par un "Premier" plus noble et plus clâssieux, pour commencer. Et pis League, ça fait plus moderne que Ligue, non ? On pourrait aussi inviter des clubs anglais pour relever le niveau de notre championnat - ça c'est déjà vu au niveau des arbitres, pourquoi pas pousser le bouchon plus loin, les Lyonnais, ils aiment bien les bouchons, je crois d'ailleurs. Et pour résoudre la distorsion concurrentielle sur les niveaux de taxation on autoriserait nos clubs à se délocaliser outre-manche. On pourrait alors inviter Rupert Murdoch à l'appel d'offres pour les droits TV...

Un minimum de bon sens permettrait à notre Premier League de ravir sa place à l'actuel numéro 1. Il suffit d'y croire.

ça urge : la France est talonnée par le Mexique.

2007.12.07

Exclusif - les palmarès 2008

Les grands gagnants de 2008 sont sans conteste les bookmakers ayant misé sur les surprenants vainqueurs de l'année. Aucune fraude n'a cependant été débusquée à ce jour, à part bien sûr l'évidente combine autour de l'invraisemblable victoire du PSG sur son terrain face à Amiens en seizièmes de finale de la Coupe de la Ligue.

La plus grosse surprise est pourtant venue d'un récidiviste, le Danemark remportant la Coupe d'Europe des Nations après avoir remplacé au pied levé la Serbie (forfait suite à l'affiliation de la Fédération Kosovare de Football à l'UEFA et la FIFA). Non contents d'éliminer les meilleures équipes du tournoi (Allemagne et Espagne), les Danois ont une fois de plus écarté les Français dès le premier tour, scellant le sort de Raymond Domenech.

Ce dernier s'est vite consolé avec les ventes de son tube "Plus près des étoiles" en duo avec Françoise Hardy. Désormais animateur vedette de la Foot Ac' au chateau de Clairefontaine, Domenech surveille de près le travail de son successeur à la tête des Bleus. Et pour le moment, Didier Deschamps réalise un sans faute dans les qualifications à la Coupe du Monde 2010.

Le second gros coup de tonnerre est survenu en fin d'année : premier français à rafler le Ballon d'Or depuis Zidane au siècle dernier, Larbi ben Zarek n'avait connu sa première titularisation en Ligue 1 que huit mois plus tôt, à l'occasion du choc contre l'OM et la veille de ses treize ans. Le nouvel espoir du football français s'avère le seul rescapé du centre de formation de l'OL suite à l'OPA d'Arsenal. 

"C'est une année faste pour le club", a triomphé Jean-Michel Aulas dans un large sourire. "Avec Larbi et notre nouveau partenaire pour le naming du grand stade lyonnais, l'avenir s'annonce radieux. Nous sommes confiants dans notre capacité à retenir notre jeune star et à développer des partenariats durables en synergie avec la future Enron Arena".

Riche d'un 7e titre consécutif, le club rhodanien se taille la part du Lyon dans le nouveau gateau des droits TV. L'appel d'offres de la LFP aura été remporté de haute lutte par l'ORTF, ressuscitée pour l'occasion afin d'optimiser les chances de succès. Un succès pas partagé par tout le monde : la remise sur le marché du travail des consultants Canal+ a provoqué une hausse d'un point du taux de chômage au printemps.

"Avec cette manne, je pourrai peut-être financer le retour de Sammy Traoré", se satisfait José Mourinho. "Son jeu de tête nous sera précieux pour la Coupe de l'UEFA". Le nouvel entraîneur du PSG peut remercier l'ORTF, mais aussi Michel Platini pour avoir ouvert la C3 aux 20 premiers de chaque championnat.

 

NDLR : vous l'avez compris, cette fois-ci, pas de scoops comme la victoire de l'Italie en Coupe du Monde, le record de Ronaldo ou le Ballon d'Or de Kaka - cf épisodes précédents : "Exclusif : les palmarès 2006 " (20051225) et "Exclusif : les palmarès 2007 " (20061226)

2007.11.29

Ballon de Plomb 2007

Je reviens un instant sur les onze nominés au Ballon de Plomb 2007 des excellents Cahiers du Football, qui mettront terme à l'insoutenable suspense le 17 décembre prochain (étant entendu que le cas du Kaka plaqué 24 carats est plié depuis longtemps).

Fabien Barthez semble avoir placé la barre très haut face une concurrence assez inégale. Le CV du sauveur-sauvé de Nantes présente en prime les lignes indispensables à l'obtention de la récompense suprême : un passage par l'OM qui, avec le PSG, est au Ballon de Plomb ce que Gallimard, Grasset et Flammarion sont au Goncourt (cf les récipiendaires / récipients d'air des précédentes éditions : Francis Llacer, Fabrice Fiorèse, Benoît Pedretti, Bernard Mendy). 

Mais les CDF feraient un geste un peu trop politique en adoubant l'ancien champion du monde... cela ferait plus "PR" que "bête et méchant". En effet, ce prestigieux trophée ne cesse de gagner en visibilité et cette année, les principaux media ont relayé l'info (par souci de transparence, les délibérations / débilérations du jury ont même été rendues publiques).

A son habitude, la maison parisienne fournit un contingent impressionnant (Stéphane Dalmat, Bonaventure Kalou, Sammy Traoré, Eric Cubilier). De son côté, l'OM prend le risque de tout miser sur Damien Grégorini - une reconnaissance du talent du Nicois, mais aussi un constat d'échec de la part d'un club traditionnellement grand pourvoyeur de déchets en période de transferts. Ah, si seulement Jack Kachkar avait pris le temps de chausser les crampons pendant son passage éclair...

Traoré a sans doute gaché la chance de sa vie en bougeant pour Auxerre et en abandonnant le PSG au pire moment : il s'est non seulement dissocié de la crise de son ancien club mais aussi associé au redressement bourguignon. Sammy avait pourtant l'occasion d'ajouter un joli trophée personnel au Marcel d'Or récolté l'an dernier par le club de la capitale... Pour qui prétend au BDP, c'est une gestion de carrière proprement suicidaire.

En revanche, et en dépit des efforts de Johan Micoud, Gerard, Mohamed Kallon, Daniel Moreira et Matt Moussilou, Bonaventure Kalou a tout bon. Le parcours parfait ; cherchez pas, tout y est.

Bien sûr, ce serait très très bête et très très méchant. Pour ne pas dire franchement lourdingue. Mais ce n'est pas d'un ballon d'air qu'il est question ici...

2007.11.19

La France à l'extérieur ?

La Marseillaise a de nouveau été copieusement sifflée au Stade de France vendredi dernier face au Maroc. D'aucuns en déduisent que la France joue désormais à l'extérieur.

Je distinguerai deux phénomènes : le déficit évident de supporters des Bleus dans certains matchs, et l'aggressivité de certaines tribunes envers le symbole de la France.

Le premier phénomène ne peut être nié : les supporters du Maroc étaient plus bruyants l'autre jour, mais on a aussi beaucoup entendu les "Lietuva Lietuva" à Nantes et que dire du déferlement de la Tartan Army sur le Parc des Princes ! On ne peut pas dire que Nantes abrite une forte communauté lituanienne... Les Bleus demeurent populaires mais le public ne se motive plus que pour les gros matchs - d'autant que l'ancien Roi des matchs amicaux se fait régulièrement malmener sur ses terres (Slovaquie, Argentine, Maroc...). La France est rentrée dans le rang, et son équipe nationale doit prodiguer encore plus d'efforts qu'avant pour convaincre un public devenu très exigeant après les succès de 1998-2001.

Le second phénomène dépasse le cadre du football : il y a un pas entre siffler une équipe qui joue mal et siffler un hymne national. Mais ne nous y trompons pas et n'inversons pas la charge : ce n’est pas la France qui joue à l’extérieur, mais une partie des tribunes qui se met hors jeu en matière de football.

J’avais assisté au France - Algérie de la fin 2001. Les joueurs étaient venus pour jouer et l’ont plutôt bien fait, mais une partie des tribunes était venue pour manifester sur le terrain de la politique et non du sport (cf nom de Ben Laden scandé dans les circonstances que l’on connait).

Les sifflets de France - Maroc me semblent moins téléguidés. Le buzz et la manip ont bien fonctionné là aussi, mais si la sauce a pris, c’est aussi parce que la situation n’a pas évolué en 6 ans sur la question de l’intégration. Cela permet de comprendre mais pas d’excuser un geste condamnable.

Manif politique en 2001, sociale en 2007... à quand le sportif ?

PS : hier, j'ai vu un match tendu et crispant, avec une intéressante opposition de styles ; Espagne Serbie (1-1), en Championnat d'Europe. Déjà la deuxième journée du premier tour des phases finales. Cela faisait une paie que je n'avais pas suivi un match de futsal de haut niveau et j'ai pu mesurer l'évolution du sport. Sur sa propre route, clairement distincte du jeu à 11, avec un toucher de balle et une tactique qui lui sont propres. Vivement que la France s'y mette vraiment.

2007.11.12

Usque tandem canalina

Drôle de match ce soir: Arsenal a sans surprise terrassé Reading sur ses terres en match de retard de Premier League, mais c'est surtout le duo de commentateurs qui m'a déçu. Autant Wenger a su réveiller et recadrer ses troupes à la mi-temps, autant Canal+ a laissé Jean-Michel Ferri sans filet.

J'ai pas mal aimé le joueur et pas mal apprécié certaines de ses remarques sur le fond. Mais sur la forme, il n'est pas vraiment à l'écoute du journaliste, presque cassant, trop appliqué au moment de faire la passe. Encore des automatismes à trouver avant d'accéder à la chaîne premium. Je ne pense pas que Ferri soit de la même veine que Jean-Luc Arribart : sous un filet suave et velouté, la star d'Eurosport a clairement chopé le melon après un excellent départ sur C+ et un moins bon départ vers le groupe TF1.

Signe des temps, on est passé sur les grands matchs du duo au trio voire au quatuor... quand ce n’est pas le grand orchestre façon Canal avec un ancien joueur, un ancien entraîneur, un ancien arbitre, un ancien dirigeant, un ancien agent et un ancien de Canal revenu après la fusion CanalSat-TPS.

Pas facile de cumuler compétence et enthousiasme pour un consultant. Wenger a le verbe sec et sans fioritures mais très juste - il est parfait en 3e homme. Un Denoueix dit des choses intéressantes, mais n’emballe pas vraiment le match. Un journaliste plus latin et un bon match de Liga compensent avantageusement. Franck Sauzée a l'enthousiasme pur et raffraichissant du gamin s'amusant à taper la balle dans la cour de l'école, mais chausse parfois un peu trop vite les lunettes roses.

En revanche, le père Dugarry me bluffe totalement. C’est à la fois une révélation et un plaisir. Avec un ton savoureux et mordant sans être amer, toujours dans le sens du jeu.