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2006.08.28

Mourinho, la dialectique du maitre et de l'esclave

Au moment où Lilian Thuram s'affranchit*, Claude Makélélé découvre les galères de l'esclavagisme. A en croire son employeur José Mourinho, Raymond Domenech ne vaut guère plus que les négriers d'antan lorsqu'il impose à son joueur de jouer contre son gré pour la sélection de la République, lorsqu'il l'arrache à sa très select banlieue de Chelsea pour l'enchaîner à l'enfer du 9-3 et de Saint-Denis ou pire encore, lorsqu'il l'oblige à défiler dans le stade olympique de Berlin l'année du 70e anniversaire de Anschluss du monde sportif par Adolf Hitler.

Voici donc la dernière trouvaille du G14** pour torpiller les sélections nationales : ces indécrottables disciples d'Adam Smith*** n'ont pas hésité à recruter Georg Wilhelm Friedrich Hegel en personne.

Drôle de début pour cette saison 2006-2007. Si ça continue sur ces bases, José Bové va finir par jouer sous les couleurs du Monsanto United.

* cf "Thuram pour faire avancer le monde" (20060824)
** sur cette peu vénérable institution, voir "Top 5 et Top 14" (20060419)
*** le père du libéralisme, pas le joueur du Chesterfield FC

2006.08.24

Thuram pour faire avancer le monde

Le seul, unique et véritable joueur-modèle des Bleus ne donne jamais de coup de boule. Victime non consentante du racisme, il renvoie aux extrémistes de tous poils la meilleure des réponses, même dans les circonstances les plus absurdes (je le revois encore tenter de raisonner un jeune sur le gazon de Saint Denis alors que le premier France-Algérie de l'histoire était déjà définitivement interrompu).

Si à la différence de Zinédine Zidane Lilian Thuram laisse toujours la raison l'emporter, il dispose lui aussi d'un coeur énorme, plus énorme encore que sa formidable Coupe du Monde. Alors il prolonge pour le seul plaisir de donner. Il a compris que tant qu'il jouerait, refuser la sélection n'aurait aucun sens. Quitte à ne pas partir au plus fort du voyage, à la fois tout près du sommet de l'Everest et au fin fond d'une vallée de larmes, quitte à s'exposer aux saisons de trop et à se faire descendre en flammes au premier faux pas, quitte à terminer son parcours miraculeux comme Zizou, en humain-trop humain autocrucifié.

Ne cherchez pas le plan de carrière, admirez simplement la ligne de vie.

2006.08.17

Dhorasoo les bleus dans les yeux

Finalement ce ne sera qu'un film de vacances privé ; pas le prometteur snuff movie de l'été (de toute façon "Olmert m'a tuer" a trusté le box office depuis la fin de la Coupe du Monde). Tant pis pour Vikash "Spike Lee" Dhorasoo qui avait emmagaziné mille fois plus de temps de jeu de l'autre côté de la caméra... il aura suffi d'une réaction légitime de révolte et de mépris du groupe France pour que son projet soit abandonné. La peur de se prendre des bleus dans les yeux, sans doute...

Le groupe France, justement, a retrouvé le terrain avec un peu de réussite hier. Un match de reprise idéal avec une authentique opposition : un super gardien, une solide défense, un milieu dominateur jusqu'au départ de Hasan Salihamidzic, une attaque efficace et une motivation presque trop forte. Au final, un match bien plus plaisant que la plupart des sorties des Bleus sur la période août 2004 - juin 2006.

En première mi-temps, bien sûr, il y avait comme un bug en défense centrale (Lilian ?) et au milieu (Zinédine ?). Mais en seconde, les cadres se sont réveillés et ont posé leur patte sur le match sans trop forcer. Le Professeur Thierry Henry a brillamment exposé les vertus de l'altruisme, et P'tit Louis ne s'est pas contenté d'écouter et de prendre des notes. On se console comme on peut en voyant l'équipe ter Italienne sombrer à domicile face aux Croates : quitte à affronter l'équipe 1, autant que ce soit début septembre, avant la reprise du championnat. Sur un terrain un peu moins champêtre, sans la fanfare du village aux hymnes et avec une réalisation digne de ce nom - un peu plus de hauteur que pour la version bosniaque, un peu moins auteur que pour la version Vikash.

2006.08.14

Canal un peu Plus, Scar-Farce un peu moins

Depuis qu'elle ne traîne plus le PSG comme une maladie honteuse, la chaîne cryptée a retrouvé des couleurs. Les consultants affichent eux-aussi une mine ravissante après leurs vacances tous frais payés à reluquer les formes avantageuses de Ronaldo & Co sur le sable fin de Germanie.

Et puis cette Ligue 1 démarre bien. L'OL concède un premier petit faux pas, les autres tireurs de coups francs se décident enfin à aider Juninho à nettoyer les lucarnes de France et de Navarre, Franck Scar-Farce Ribéry n'est pas parti animer la Premier League, la moyenne de buts remonte et surtout on voit du beau jeu. Le premier quart d'heure de Lille hier valait largement la plupart des peu généreuses portions de 90 minutes ingurgitées la saison dernière. Pour la première fois depuis dix ans et les débuts de l'ère Bosman, les clubs français ont pu garder leurs meilleurs joueurs et bâtir une équipe dans la durée.

Mais la Coupe du Monde 2006 avait elle aussi débuté sur d'excellentes bases avant de sombrer dans un affligeant concours de catenaccio. En avance sur son temps, le Paris Saint Germain vient d'ailleurs d'arracher son premier 0-0 de la saison dans le célèbre chaudron des redoutables Valenciennois, un exploit de portée cosmique à peine éclipsé par la première victoire du FC Tours en 2e division depuis des lustres.

2006.07.26

Juve : quand la Vieille Dame s'indigne

Le président de la Juventus crie au scandale : en repéchant en appel ses petits amis du Milan, de la Fiorentina et de la Lazio en Serie A, la justice sportive italienne la laisse seule croupir en Serie B.

Il y a encore quelques jours, ce même club battait sa coulpe en clamant haut et fort qu'il accepterait une relégation en seconde division en rémission de ses péchés mais pas pour les siècles des siècles amen.

Je ne vois pas de quoi se plaindre : Deschamps bénéficie maintenant d'un boulevard pour tracer vers l'élite sans la concurrence acharnée de ses principaux ennemis (le Napoli excepté). Ses 17 points de retard se règleront en quelques coups de patte de del Piero (de préférence à quelques coups de fil du successeur de Moggi...), et pour peu que la Juve gagne le trophée le moins convoité de la botte (la Coupe d'Italie) elle jouera l'Europe dès la saison prochaine.

Surtout, si le club veut rester le plus populaire du pays, il lui faut définitivement s'absoudre de ses errements passés. Redevenir humain. Comme Zidane tiens, histoire de sortir du train-train hollywoodien (ils se marrèrent et eurent beaucoup de Coupes du Monde) et des clichés façon Real Madrid Inc. (immaculée conception de produits dérivés) pour rendre la légende encore plus belle.

2006.07.19

Vieira au FC Tours

Maintenant que le FC Tours retrouve l'élite (si l'on peut qualifier d'"élite" la Ligue 2 et un match amical contre le PSG), et sans le moindre point de pénalité s'il vous plait (croix de bois, Croix de Savoie, croix de fer, si je mens je vais en enfer), on peut se reprendre à rêver.

Préféreriez-vous évoluer dans une équipe prestigieuse en Série B voire C ou dans le monde merveilleux du foot pro français ? L'immense Luca Toni acceptera-t-il de faire oublier l'immense John Carew sur l'immense banc de touche lyonnais ? Trezegol et Thuram reviendront-ils avec plaisir biner les champs de patate de la Ligue 1 ?

Pour peu que Ribéry reste à l'OM et quelques pointures daignent honorer de leur présence nos bons vieux stades, pour peu que l'AJA prolonge l'Intertoto jusqu'au printemps (et que Guy Roux laisse à Jean Fernandez le temps de s'épanouir), et surtout pour peu que les écuries d'Aulas ne réquisitionnent pas les meilleurs poulains de France et de Navarre, cette Ligue 1 cuvée 2006-2007 s'annoncerait presque passionnante.

Bon. On va probablement assister à un festival de 0-0 dans le ventre mou du championnat (entre la place du dauphin de l'OL et la lanterne rouge), le principal suspense résidera dans la date officielle du sacre des Lyonnais (8e journée ?) et celle du début de la première crise du PSG (1ère journée ?), et les consultants de Canal+ auront intérêt à sortir le grand jeu pour nous faire vibrer... Paga n'aura pas tous les jours un Argentine - Serbie Montenegro à se mettre sous le micro.

2006.06.26

Arbitrage et vidéo

Histoire de saisir au faux rebond l’actualité futchebolistique, rouvrons ici l’épineux débat de l’arbitrage vidéo dans le football.

Je comprends totalement le point de vue de Michel Platini : on peut craindre un football à deux vitesses, une fracture numérique entre une élite saturée de techno et un tiers-monde plus que jamais incapable d’accéder au haut niveau, voire un scénario type NBA où un petit nombre d’extraterrestres évolue dans sa bulle pendant que le reste du monde joue simplement au basket-ball.

Je constate néanmoins que le décalage existe déjà à travers l’oreillette dont disposent désormais les arbitres pendant les phases finales de Coupe du Monde. Une oreillette qui au passage devrait ravir les théoriciens du complot les plus paranos : qui écoute qui et qui parle à qui ? cet arbitre Russe est-il en ligne directe avec Gerhard Schröder ou pire encore, un émir koweitien ? qui analyse la boîte noire des hommes en noir ?

Supposons que la FIFA décide de systématiser l’arbitrage vidéo pour les grandes compétitions internationales (Coupe du Monde, championnats continentaux des nations et des clubs). On pourrait imaginer un concept collegial avec trois juges attablés à une console - le recours étant limité au seul arbitre central pour trancher un litige et les entraîneurs et joueurs disposant d’une carte type réserve technique qu’il conviendrait d’encadrer, chaque intervention correspondant à un temps mort susceptible de casser le rythme de l’adversaire (et le sport lui-même, l’une des forces du football résidant dans l’absence de temps mort et le strict contrôle des arrêts de jeu).

Le problème serait-il résolu pour autant ? Sur la base de quelles images les juges prendraient-ils leurs décisions ? Celles du réalisateur de la retransmission ? Autrement dit : généralement une personne de la même nationalité que l’équipe hôte de la rencontre et de toute façon un metteur en scène nécessairement subjectif (au sens large du terme : je ne fais pas ici un jugement de valeur mais un simple constat sur la nature même du métier de réalisateur). Et puis on ne comprend parfois le fin mot de l’histoire que plusieurs jours après l’événement : ce fut le cas en 1998 (Brésil - Norvège : une caméra amateur donne finalement raison à un arbitre que toutes les images avaient jusqu’alors accablé), cela reste vrai pendant cette Coupe du Monde (Angleterre - Trinité et Tobago et le premier but anglais littéralement tiré par les cheveux).

Trancher sur l’arbitrage vidéo, c’est répondre aux questions qui, quoi, comment et quand. C’est surtout répondre à la question “pourquoi ?” Si l’objectif est d’éviter l’erreur humaine, il relève de l’utopie. Si l’objectif est d’obtenir in situ un consensus ferme et sans recours possible des trois parties (équipe A, équipe B, équipe arbitrale) sur les décisions clef d’un match, pourquoi pas.

2006.06.01

La France sans Zidane

J'ai bien aimé la France sans Zidane hier - si Ribery tient toutes ses promesses cet été, le duel avec Park Chu-young promet.

J'ai bien aimé le sourire de Henry hier - ça faisait un bail... d'ailleurs il a fallu un contrat pour le retrouver.

J'ai bien aimé le public lensois hier - ça avait un petit air de France - Afrique du Sud 1998 à Marseille. De vrais supporters, une belle marseillaise, le soutien de TOUS les Bleus, un bel esprit*.

L'Allemagne se rapproche. Reste encore à mettre la Chine à pied, comme dirait la Comtesse. Et quitte à faire des manières, décochons l'imparfait du subjonctif : j'aurais préféré que le premier France-Chine de l'histoire fût celui que la chance avait décidé - pas cet aimable match amical d'avant Coupe du Monde mais un véritable match d'ouverture. Je n'ai pas oublié que le tirage au sort de 2002 avait initialement placé la Chine dans le groupe des Bleus.

Tant mieux pour le Sénégal.

 

* à part peut-être ces sifflets pour Gravesen, légitimement énervé pour ce carton jaune qui pouvait être bleu

2006.05.20

Henry est immense

Sur le terrain, Safet Susic était coutumier de ce style de contre-pieds laissant adversaires et spectateurs littéralement le cul par terre. Ici, le joueur a utilisé la main, mais d'une façon plus noble que Maradona en 1986 : pour signer un nouveau contrat avec le club de son coeur. Un contrat qui a du sens, pas le tour de passe-passe habituel pour préparer le prochain transfert. Un contrat qui sauf catastrophe tellurique sera honoré au sens fort.

C'est sans doute le plus beau geste réussi par Thierry Henry depuis le début de sa carrière. Bien sûr, il y a ce joli chèque accordé par Dein et Wenger, mais il y a surtout ce coeur énorme, cet amour du jeu et du maillot au sens noble. Bien sûr, Barcelone aussi fait plaisir à voir, mais comme Arsène Thierry a envie de voir grandir et s'épanouir ces gamins si doués (deux joueront la Coupe du Monde avant même de fêter leurs 18 ans).

La presse londonienne titrait "Who needs Viera ?" après la déroute de la Juve à Highbury, mais à la question "qui a besoin de Henry ?" je serais tenté de répondre : "le football, tout simplement".

2006.05.09

La victoire du 17 mai

Pouvait-on rêver plus belle et plus raffraichissante finale que ce Barcelone - Arsenal ? On imagine les gamins de Wenger défier l'ET du Camp Nou, le sourire du Titi des Ulis au moment de soulever la coupe de ses rêves pour le club de son coeur... Et si Arsène venait à réaliser un grand chelem de cauchemar*, on se consolerait en faisant le court chemin séparant Les Ulis de Ronnie : quelles pitreries nous concocte déjà le magicien blaugrana ?

Puisse cette finale tenir toutes ses promesses au niveau du jeu. Pour l'édification d'une jeunesse à laquelle on apprend qu'une équipe se bâtit à coups de millions, que le jeu s'achète en cartouches pour de sinistres boîtes noires à greffer à côté de la télévision, encore plus loin du pâle reflet des terrains.

Quel que soit le résultat du 17 mai, je remercie déjà Wenger, Rijkaard, Henry, Ronaldinho et leurs amis de nous avoir reconcilié avec le football : il est toujours possible d'être le plus compétitif en respectant le caractère ludique de ce qui est avant tout un jeu.

 

* finale C2 1992, finale C3 2000, finale C1 2006

2006.05.02

Coupe claire

Une victoire en Coupe de France n'a plus la saveur des années Borelli mais fait toujours du bien par où elle passe, surtout pour les buteurs d'un soir. Dommage que le sésame européen ne distingue plus le lauréat d'un bon suiveur en championnat, ni même d'un vainqueur de deuxième classe (Coupe de la Ligue des Gentlemen Ordinaires, Coupe à Toto). Une petite coupe pour une petite coupe... mon équipe de coiffeurs préférée a l'Europe qu'elle mérite.

Pour autant, je ne vais pas bouder mon plaisir. Elle est belle, cette petite coupe.

La Coupe de France demeure cette compétition démocratique que tout le monde a l'occasion de disputer, même au niveau le plus humble*. Une ouverture renforcée par l'abandon des matchs aller-retour et l'avantage du terrain accordé aux "petits". Si elle sait être sombre (Furiani), elle reste avant tout une coupe claire, une coupe franche, bien dégagée autour de ses petites oreilles. Une coupe attachante aussi, puisque même les maladroits y ont leur chance : Coupe au bol, fins de matchs capillotractées... ce n'est finalement pas un hasard si le PSG l'a gagnée 7 fois.

 

* par exemple, à l'époque où il avait déjà les pieds carrés mais encore un peu de souffle, votre serviteur a pu y étaler toute l'étendue de sa médiocrité devant quelques dizaines de spectateurs payants.

2006.04.19

Top 5 et Top 14

Glorieuse incertitude du sport : Lyon succède à Lyon, Chelsea à Chelsea, la Juve à la Juve, le Bayern au Bayern et le Barça au Barça. Ces triomphes ne se discutent pas, chacun a survolé son championnat avec l'assurance d'un bombardier sur un champ de ruines.

Pour une passe de trois du Top 5 européen, il faudra néanmoins repasser : un ressort semble cassé à Lyon (qui de toute façon a déjà fait la passe de 5), la Juve va subir la saignée des retraîtes post Coupe du Monde, et Mourinho va vouloir terminer son cycle sur une C1. Restent le Barça et le Bayern.

En ce qui concerne le Barça, la menace peut venir d'un Real Madrid rajeuni, sans Zidane ni Roberto Carlos mais avec du sang frais de Castille. Ou d'un relachement post-victoire en C1. Voire d'un traumatisme post-défaite face au Villareal.

Reste le Bayern.

"Langweilig Bayern" devrait-on dire, comme "Boring Arsenal" à propos des Gunners pré-Wengeriens. Un Bayern capable de jouer au ballon mais incapable de glisser au-delà d'une deuxième place, ni de passer une saison sans titre. Une armée rouge sans surprise si ce n'est les coups de gueule d'un Kahn, d'un Höness ou d'un Beckenbauer. Un stade flambant neuf, des produits dérivés à gogo, une rente sportive à vie... La digne locomotive du G14.

Ce GIEE (Groupement d'Interet Economique Européen) a été fondé par ces philanthropes "pour trouver une façon constructive de réformer un système dans lequel leur voix n'était pas entendue, et pour conférer aux clubs un rôle significatif et executif* dans la gestion de ce jeu international". Les membres actuels ont trusté toutes les places en finale de la C1 depuis 1992**, date à laquelle l'UEFA avait créé la Ligue des Champions pour calmer les ardeurs des grands clubs. A l'époque, ceux-ci voulaient monter une ligue fermée à l'Américaine - sans promotion ni rétrogradation, réservée aux membres, smoking de rigueur.

Aujourd'hui, il ne suffit plus d'avoir un stade tout neuf et de survoler son championnat. Encore faut-il que ce championnat ait de la valeur. Le Top 5 Européen bénéficie d'une base solide : nombre significatif praticants, supporters, clubs de haut niveau, grands stades, médias puissants... La France a l'occasion de grignotter sur ses concurrents mais n'en profite pas vraiment. Ailleurs, l'Ecosse et la Belgique ont implosé, le Portugal et les Pays-Bas résistent, mais combien de temps encore ? Pour un Le Guen prenant son bâton de pélerin pour sauver les Rangers, combien de Hiddink rejoignent la Russie et ses pétroroubles ?***

 

* Au sens anglais du terme, avec la double connotation business (leadership) et légale (qui fait les lois et donc la loi).

** A l'exception de Monaco en 2004, mais Monaco a l'habitude d'être une exception et n'est pas précisément un club pauvre. On notera que Lyon est le seul membre à ne pas avoir remporté de trophée continental, Aulas compensant par sa légendaire dynamique personnelle. Même le PSG a une coupe à présenter (celle avec les petites oreilles). 

*** Pour autant, je doute que Saint Paul ait fait voeu de pauvreté sur ce coup-là.

2006.04.10

Mauvais trip

Bon. J'avoue m'être un peu lâché pour le premier avril*, mais à l'époque je m'envolais vers les Emirats Arabes Unis et Dubai. J'ignorais que, de son côté, le PSG voguait vers le Qatar**.

J'ai fini par atterrir*** en découvrant les nouvelles des derniers jours. Rien n'a changé : Paris a une fois de plus bêtement concédé deux points à l'extérieur avec un carton rouge à la clef****, Cayzac continue à hanter les vestiaires du Parc, Rai-Leonardo limitent encore leurs efforts caritatifs à la seule fondation Gol de Letra, Canal traîne toujours sa danseuse aux pieds carrés... et Rothen n'aura finalement pas à porter le hijab.

ça commence à bien faire. Histoire de donner un coup de main à la chaîne cryptée et par ricochet au club de mon coeur (trad. : le club auquel je dois un triple pontage quadruple salchow double lutz piqué), je vais dévoiler le montage gagnant : un Directeur Sportif qui a du nez (Diego Armando Maradona) et surtout un fonds d'investissement sérieux. La Cartel Offshore Limited est basée à Medellin ; ce sont des gens très propres sur eux et blancs comme neige. En plus, ils paient en Yepes.

 

 

* cf "Le PSG qualifié en Champions League" (20060401)

** à ceux qui m'ont demandé pourquoi j'avais évoqué Saudi Airlines au lieu de Qatar Airlines : c'était donc purement le fruit du hasard - j'avais choisi le premier concurrent d'Emirates, un sponsor majeur du foot paillettes.

*** à Séoul, ou plutôt Incheon, qui vaut plus que ces 3 étoiles mais je n'irai pas jusqu'à 5 notes de bas de page, promis.

**** (p..., plus de droit à l'erreur) comme le disait Gary Lineker : "le football est un sport qui se joue à 11 et où les Allemands finissent par gagner, mais aussi un sport où le PSG joue à 10 et finit par perdre".

2006.03.21

Racisme - coup de maître de la FIFA

Sous la pression constante du G14 (cf le cas Abdelmajid Oulmers et autres querelles à dix balles / Abidal), la FIFA réplique sur le meilleur des terrains : le racisme peut être écarté des stades si les présidents de clubs le veulent réellement.

En faisant clairement porter le chapeau aux clubs, sévèrement sanctionnés en cas de dérapages dans les tribunes, Sepp Blatter met fin à l'(inter)minable séquence de passe à dix entre présidents, groupes de supporters, gestionnaires de stades et policiers.

Jusqu'à présent, les seules victimes étaient le football et les joueurs subissant les attaques racistes ; autant de quantités négligeables pour les argentiers court-termistes du milieu. A partir du moment où le club risque gros, il se voit obligé de procéder au nettoyage, mais en échange de ce devoir, légitimé dans le rôle du pilote. Aux vrais supporters de donner leur coup de main en jouant la carte / charte de la déonthologie.

J'ai envie de voir dans les stades d'autres gestes techniques que les saluts fascistes de Paolo di Canio, les saluts nazis du Parc, les cris de singes, ou l'exposition de croix gammées et autres portraits du Duce. J'ai envie de voir Henri, Eto'o, Zoro et Thuram sourire sur les terrains. J'ai envie de voir du sport et du jeu. Est-ce trop demander ?

2006.03.13

Une 7e proposition pour Hidalgo

La moyenne de buts par match dépassera-t-elle les 2 en fin de saison ? Pas si sûr, malgré l'honorable score de la 30e journée (26 buts).

Michel Hidalgo a livré six propositions pour en finir avec les 0-0. Le retour du bonus façon seventies semblant aussi peu probable que le rechaussage de crampons par Carlos Bianchi et Delio Onnis, le bonus façon Champions League tient la corde (un point en plus si je gagne les matchs aller-retour face à une équipe donnée).

Je proposerai pour ma part une septième voie* : laisser la priorité au jeu et investir la manne Canal+ en priorité dans le sportif. Au-delà des joueurs et du staff, l'accent doit être mis sur les stades.

Le jour où Monaco ne jouera plus sur le bayou de Louisiane II, le jour où le FC Peugeot dotera Sochaux du chauffage de série, le jour où les familles se sentiront aussi bienvenues pour un match de foot que chez nos voisins Grand-Bretons, le jour où les fanatiques seront réellement filtrés à l'entrée du Parc (même la Lazio y est parvenue ce week-end), le jour où la LNF n'accordera plus de dérogations aux clubs dont les stades ne sont pas aux normes... ce jour là on y verra un peu plus clair.

Je crois en particulier au dernier point : le foot français doit se niveler vers le haut. Inutile de passer, comme notre Lamour de ministre le craint, au système de franchises et de ligue fermées à l'Américaine : le filtre s'opèrera naturellement. Le foot français doit conserver son système ouvert avec promotions et rétrogradations, mais avec deux contraintes claires pour le plus haut niveau : le statut professionnel exige un premier niveau et l'accès à la L1 un second, plus rigoureux encore que l'actuel. Le cahier des charges doit être très clair sur la qualité des pelouses, quitte à ce que certains clubs passent au synthétique, maintenant que la FIFA l'autorise et que la technologie est au point (plus de risques de blessures).

Je suggère 3 ans de délai pour que tous les prétendants à la L1 (à commencer par ses locataires actuels) mettent réellement leur stade à niveau. Cela correspond au contrat passé avec le diffuseur.

Aux Gueugnon, Ajaccio, Bastia & co de réagir. Aux collectivités locales de décider ce qu'elles sont pretes à faire pour soutenir leurs fleurons régionaux, et si nécessaire de favoriser des regroupements.

Un travail de fond doit être fait sur le statut des stades et leur financement afin d'élever le niveau de service sans nuire à la qualité du spectacle (que la pelouse ait le temps de souffler entre les piétinements des fans de Johnny et les escalopes façon Rool). La France découvre seulement depuis quelques années les métiers associés à la gestion de stades et ce n'est pas un hasard si nous avons une vingtaine d'années de retard.

Le ticket d'entrée pour la L1 sera certes plus élevé, mais cela mettra paradoxalement fin à l'ère des profiteurs : on ne pourra plus se contenter de bénéficier des retombées, de s'investir sans vraiment investir. De nombreux clubs l'ont déjà compris** et même si elle doit pour cela se faire quelques ennemis, la Ligue doit maintenant assumer totalement ses responsabilités.

 

* je mets de côté celle tentée en vain par Pape Diouf (faire jouer les équipes réserves)

** après des décennies de marasme, Nice semble parti pour repasser devant Monaco

2006.02.24

60 ans d'Equipe (bis)

L'Equipe n'est pas encore en quadri mais s'autorise quelques couleurs. Le lundi, par exemple, après un week-end de chasse au grand air, il parade avec les couleurs du soleil et la besace bien rebondie.

Mais Robert Chapatte commence à livrer la veille gratuitement et à domicile un Stade 2 tout en couleurs, avec le son. Puis un certain Cangionni s'amuse à proposer dès le samedi soir un appétissant Tele Foot 1 à peine sorti du four (quand ce n'est pas du Chaudron)...

Néanmoins, L'Equipe reste le meilleur annonceur des résultats, et ne se focalise pas encore sur ses résultats auprès des annonceurs. C'est le média des supporters, pas le support des médiateurs.

Car en ces temps bénis où le sport n'est pas devenu business, L'Equipe ne se prend pas au sérieux. Son concurrent n'est pas encore cet éphémère quotidien sportif national (qui poussera le leader à adopter la quadri, justement), mais une irrévérencieuse institution hebdomadaire. Entre les deux canard truffés de jeux de mots, c'est à celui qui décrochera le plus de sourires dans les kiosques.

A cette époque, L'Equipe est ce blanc bec qui n'a pas connu la Guerre et Le Canard Enchaîné ce vieux coq né au fond des tranchées. Malgré tout, le blanc bec affiche toujours le logo de son ancêtre de 1904, L'Auto.

Quand j'y réfléchis... à cette époque, L'Equipe a déjà plus de 60 ans.

2006.02.16

L'effet Larsson - d'Henrik à Henry ?

Henrik Larsson quittera le Barça en fin de saison pour retrouver son club de toujours, Helsingborg. A la fin de ce contrat de 18 mois, il tutoiera les 36 ans et une retraîte bien méritée.

Du côté du Camp Nou, un autre apôtre de l'élégance, Thierry Henry, est plus que jamais attendu comme je ne sais pas qui (le Messi étant déjà là).

2006.02.11

La Coupe des Censeurs

Le PSG n'est plus le seul club à avoir une équipe de coiffeurs à résidence* : chaque équipe du championnat saoudien devra désormais compter un Figaro dans son vestiaire. Pas question de rééditer l'incident du match Al Ittihad-Al Shabab où trois joueurs s'étant présentés les cheveux mi-longs durent manquer les dix premières minutes, le temps de se subir une coupe réglementaire moyennant une note un peu salée (20.000 dollars et trois matches fermes).**

On attend la réplique de la très catholique Italie : le Vatican devrait obliger Maldini et del Piero à conserver leurs mèches folles et autres barbes de trois jours, et la fédération regrette amèrement d'avoir déjà écarté Pierluigi Collina, se privant d'une sanction exemplaire contre ce dangereux intégriste au regard exalté. En Espagne, le très fervent Edmilson s'est d'ores et déjà interdit tout tacle glissé susceptible d'être interprêté comme un passage de la faucheuse. En Angleterre et pour ne pas se fâcher avec ses fournisseurs de l'OPEP, Petrole Han a décidé de ne plus sponsoriser Robert Pirès, déclenchant en représailles un monstrueux revival des seventies (pour le plus grand bonheur de de Darren Tullett ;même Kevin Keegan a rechaussé les rouflaquettes !). Les druides bretons ont, de leur côté, intimé au village d'irréductibles gaulois nantais l'ordre de coller à leur longue tradition "Non Coupe de France" (tant que je ne suis pas éliminé, je ne me rase pas)...

Et pendant ce temps-là, le ballon ne circule plus : balle au centre, ou plutôt "arrêt au milieu".

Pour ma part, je prêcherais la modération, la tolérance et le bon sens. Un Djibril Cissé peut faire ce qu'il veut de son crâne avec sa coiffeuse de compagne, l'important est qu'il ne le transforme ni en arme (la crête coupante façon Freddie Ljungberg), ni en incitation à la haîne (le bandeau grunge façon Dugarry - Rothen).

 

 

* je précise aux ayatollahs du Parc que j'ai été converti il y a plus d'un quart de siècle à l'adoration de ce club - cédant même, dans mes vertes années, à la tentation d'en afficher les plus belles images à mon mur (pour les caricatures, il me suffisait d'allumer mon poste les soirs de match).

** La Bible France Football n° 3122 du mardi 7 fevrier 2006 verset 54.

2006.02.06

Gardiens du temple et ballons d'horreur

Jeremy Janot et Jerôme Alonzo sont des bénédictions pour Canal+ : bons clients micro au poing et cascadeurs de l'extrême gants aux mains, ils ne pratiquent la langue de bois qu'au moment d'embrasser le montant de leur but.

Les hommages d'après match entre gardiens sont une bénédiction pour Canal+ : on y retrouve le même respect qu'entre membres de la confrérie des entraîneurs, mais dépouillé de la moindre pulsion de mort.

Cette fois-ci, JJ n'a pas eu besoin d'exhiber une tenue de super-shaolin-soccer-daltonien sous amphétamine pour attirer l'attention : il s'est envolé au secours de son collègue avec l'élégance et la fureur d'une lionne à la portée menacée par les hyènes.

Au premier rang des accusés : l'équipementier du PSG, coupable d'avoir loupé son omelette en sortant un ballon aux allures d'oeuf de poulet grippé.

Au second rang : la Ligue, pour non assistance à joueurs en danger.

Au troisième rang, bien au chaud près du radiateur mais implicitement visé : le diffuseur, ravi de proposer un match à quatre buts à ses cochons de payants, même si la confiture masque mal les trajectoires non-euclidiennes du ballon.

La salve ayant effleuré l'ancien maître d'école devenu inspecteur d'Académie (Guy Roux), celui-ci s'est empressé de charger la barque de l'équipementier, soupçonné de faire dessiner ses ballons par des marketeux dans des bureaux bien éloignés des terrains.

D'ailleurs, ce n'était pas l'équipementier de l'AJA. Il s'est fait Nike, tant pis pour lui. J'ai bien vérifié sur mon écran plat plein de pouces : il manque Uhlsport dans un coin.

2006.01.25

OM 1993 : on refait le match ?

Les "révélations" de Jean-Jacques Eydelie nous renvoient à la figure l'affaire VA-OM (et non OM-VA) et les dérives du football français sous l'ère Tapie-Bez*.

Rappelons que les vrais perdants dans cette affaire furent le football et Jacques Glassmann.

Marseille la ville peut légitimement s'estimer victime, mais de la gestion de son club et de son image par Bernard Tapie, et non d'un prétendu acharnement judicio-parisiano-parano-montgolfiero-ballonesque.

Les clubs frustrés de titres comme Monaco ou le PSG peuvent également nourrir quelque amertume (surtout après la non-attribution du titre 1992-93), mais n'oublions pas les victimes de dommages collatéraux comme l'équipe de France : sans leurs frictions intestines à la Barça-Real, les Bleus devaient logiquement jouer la World Cup 1994 et vraisemblablement faire au moins aussi bien que les Bulgares, demi-finalistes d'une édition bien pâlotte (Romario trop ternement génial, Maradona trop artificiellement prolongé, OJ Simpson MVP du match d'ouverture et première finale sans but).

Avec l'épisode des injections de Münich**, Eydelie ajoute une pierre à ce bien vilain édifice. Le providentiel coup de boule de Basilou avait déchiré le brouillard dans lequel était plongé le foot français, comment interprêter ce nouveau coup de butoir ?

Le Milan AC n'a peut-être rien à se reprocher (à l'époque, Berlusconi ne pratiquait pas encore les injections de botox), mais il devra patienter : tant qu'Eydelie sera le seul à avouer, ses chances de récupérer le trophée restent minimes.

Ne comptez pas sur un Deschamps, un Di Meco, un Desailly, un Olmeta, un Casoni ou un Tapie pour vendre la mêche (si elle existe). Peu de risques côté Sauzée, Barthez, Boksic ou Ferreri. Plus d'incertitudes concernant Angloma, Thomas, Durand ou des membres du staff. Reste Völler, dont les oreilles risquent de chauffer et la moustache de friser (déjà fait pour la permanente). Le bonhomme n'est pas du genre à verser dans le sensationnalisme***, mais pas non plus à garder sa langue dans sa poche.

A la limite, le titre de 1993 peut s'envoler si ça peut parachever la purge. Et qu'importent les trophées ? S'il ne doit rester qu'une chose de la sublissime équipe de l'OM de ces années-là, que ce soit le jeu.

 

* voir également "Jürgentleman Klinsmann" (20051112)
** sans prescription des médecins mais avec prescription selon l'UEFA, le délai de 10 ans étant écoulé
*** on se souvient des témoignages bien baveux de Schumacher sur le dopage au 1. FC Köln

2006.01.04

Happy new Beckenbauyear ? Forza Michele !

Non content d'exploiter de façon inédite autant qu'indécente son statut d'organisateur de la WM2006 pour mener campagne auprès de chaque pays qualifié, Kaiser Franz réquisitionne son Bayern et s'en va chasser les voix auprès des franges les plus radicales du spectre moyen-oriental.

L'Allemagne subit des pressions pour refuser d'accueillir l'équipe d'Iran en juin prochain ? Qu'importe : ses Galaktiks feront stade comble à Téhéran, invitant les supporters de Mahmoud Ahmadinejad à rallier le panache blanc sur fond bière du Bavarois.

Mes voeux footballistiques pour 2006 et 2007 vont plus que jamais à Michel P. de Joeuf (54). Pour la présidence de l'UEFA, l'homme qui ne vit que pour le jeu doit vraiment l'emporter sur l'homme qui ne vit que pour le pouvoir.

2005.12.25

Exclusif : les palmarès 2006

Si à l'heure des bilans de fin d'année 2006 s'impose comme un bon cru, elle le doit à un triple retour du beau jeu, des grands joueurs et d'une Coupe du Monde digne de ce nom, à l'image de la somptueuse victoire de l'Argentine sur le Brésil en finale.

Mais il ne s'agissait que du match pour la 3e place... que dire de la grande finale ! Au terme d'un récital éblouissant des deux équipes, l'Italie a fait pleurer toute l'Allemagne en revenant de 0-1 à 2-1 dans les arrêts de jeu. Pauleta doit donc partager son sceptre de meilleur buteur avec Toni (7 buts chacun, mais à des rythmes très différents : 4 buts contre l'Angola pour le Portugais, 1 but par match pour l'Italien). Bien qu'éclipsé par Robinho dans l'attaque auriverde, Ronaldo efface quant à lui le record de Gert Müller avec un total de 15 buts en Coupe du Monde.

Son compère Ronaldinho conserve de justesse son Ballon d'Or devant Maldini et Ballack. Le Milanais maudit en regrettant presque d'avoir tiré sa révérence au lendemain du triomphe de Berlin. Le meilleur Français se classe 9e : Ribery termine juste devant un Thierry Henry soumis à rude concurrence au Barça (furieux de terminer 11e, Eto'o demande à être transféré à Arsenal). Et pour la première fois depuis le dernier millénaire, Zinédine Zidane ne marque aucun point.

Au rayon des Coupes d'Europe, la Juventus remporte sa Ligue des Champions décennale et l'OM perd sa troisième finale de Coupe de l'UEFA dans un duel fratricide avec un Lille de gala.

Renforcé par Ronaldo Debout de Silva, le jeune prodige de Recife, le PSG d'Arsène Wenger tiendra-t-il la cadence ? Invaincu en Championnat et en Ligue des Champions, le club parisien a déjà 20 points d'avance sur le quintuple champion sortant.

Et pour finir l'année sur un coup de coeur, Youri Djorkaeff vient d'annoncer qu'il revenait sur sa décision de raccrocher les crampons. A peine couronné vainqueur de la MLS Cup, il signe pour la K-League et le FC Séoul.

Bonne année 2007 à tous !

2005.12.13

Park Chu-Young : le prince des Park

Les Bleus sont prévenus : l'intenable Park Ji-Sung constituera une redoutable menace pour leur défense. Ils seraient toutefois inspirés de négliger l'étoile montante de la K-League, Park Chu-Young. Le jeune avant-centre du FC Séoul et de la sélection a démarré sa carrière en trombe. Talent, culot, efficacité et régularité... à suivre.

Les Coréens, quant à eux, seront inspirés de ne pas prendre leur premier match contre le Togo à la légère (comme en 2002 AVANT France-Sénégal, je miserai pour le moment sur une victoire des Africains). Le sort du groupe G sera scellé dès le 13 juin : le vainqueur de Togo-Corée du Sud accompagnera la France en huitièmes et un match nul les condamnera tous les deux.

 

PS : à propos de la K-League et de son histoire.

2005.11.29

Quinté dans l'ordre

Ronaldinho, Lampard, Gerrard, Henry, Shevchenko : le résultat n'était pas trop difficile à deviner mais ça fait toujours plaisir de trouver le quinté dans l'ordre (cf "Tous au ballon").

Cette année, aucun regret pour Thierry Henry : le trio de tête comptait une avance suffisante. En revanche, grosse déception pour Park Ji-sung, victime d'une seconde moitié de saison blanche chez MU. J'espérais un ou deux petits points mais bon...

Zinédine Zidane Empereur des Iles Feroe (généreux donateurs de ses 5 points) ? On se croirait revenu aux temps héroïques du Ballon d'Or, quand les jurés des petits pays plaçaient leur vedette dans leur top 5... la short list des 50 limite heureusement ces dérapages (avec plus de 50 jurés, le classement allait tenir de l'inventaire à la Prévert). ZZ étrenne la variante quart d'heure warholien pour ancienne gloire...

Que sont-ils devenus ? Retrouvez vos Soccer Celebs favorites dans notre nouveau feuilleton, en exclusivité sur Real Madrid TV, le spécialiste de la Télé Realmadrité. Cette semaine encore, votez pour décider qui doit quitter le loft : après le ténébreux Luis, le flamboyant Vanderlei tient la côte.

2005.11.26

George Walker Worst

Je me permets d'exhumer ce texte que j'avais commis l'an dernier en hommage à un grand joueur porté sur le rouge...

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La légende de Worst repose autant sur son diabolique pied gauche que sur son redoutable lever de coude. Car quand il s’agissait de descendre les half pints, le demi de Preston North End ne faisait jamais les choses à moitié. Même suffisamment imbibé pour faire par sa seule haleine sombrer l’ivrogne le plus aguerri dans un profond coma éthylique, George Walker Worst continuait à affoler les défenses de sa classe éblouissante. « Le bougre savait parfaitement maîtriser la vessie », résuma le père Andrews Bock à l’enterrement de son ami (à cette époque, le ballon se fabriquait toujours sur la base d’une vessie de porc).

Worst fit pourtant une fois scandale en s’exhibant ivre mort, mais dans le pire des contextes : alors même qu’il recevait son titre de Member of the British Empire des mains de la grande Reine Victoria. C’est ainsi que fut révélé son pire handicap, proprement inconcevable dans l’Angleterre victorienne : son surprenant métabolisme le rendait incapable de tenir le thé.
Stéphane MOT 2004.

2005.11.23

Hymne à l'amour des hymnes

Sepp Blatter a raison de réagir vivement à la détestable fondue turque de la semaine dernière (je dis fondue car les Suisses ont eux aussi apporté quelques ingrédients). En revanche, sa suggestion de supprimer les hymnes nationaux d'avant match me semble suicidaire.

Oui, l'hymne cristallise le chauvinisme et exacerbe l'identité nationale, avec tout ce qui peut aller avec ce genre de sentiments.

Mais cette tradition apporte bien plus : un espace d'écoute et de respect de l'autre avant la rencontre. Que ce soit à domicile ou à l'extérieur, les deux équipes sont à égalité. La Grande Allemagne comme l'immense Trinité et Tobago n'auront peut-être pas le même temps de jeu sur le terrain, ils auront eu le même temps de jeu par les fanfares. Un élément important de la culture de l'autre est assimilé. Avouons-le, au lieu de siffler l'hymne de l'autre, nous nous surprenons bien plus souvent à le sifflotter, voire pourquoi pas à l'entonner en choeur quand nous l'apprécions.

L'hymne "neutre" à la Champions' League n'apporte rien d'autre qu'un packaging plus attrayant au produit estampillé UEFA. Ce n'est pas de la NBA ou d'équipes de club qu'il est question mais d'une dimension à part dans le jeu, ces parenthèses dans la saison, ces moments où l'on ne représente pas son employeur mais son pays. L'hymne national marque le caractère à part dans le sport, que ce soit dans le foot, le rugby ou le tennis. Le supprimer, ce n'est pas écarter les fauves mais au contraire faire redescendre le foot dans l'arène.

En militant contre les hymnes, Blatter se tire une balle dans le pied et fait même le jeu du G14. Il serait plus inspiré de défendre ces instants de... neutralité, oui, et d'égalité. En les faisant respecter. Car le non respect d'un hymne est aussi nul que le non respect d'une minute de silence ou le non respect des consignes de sécurité en balançant un fumigène sur le terrain. Il doit être puni en conséquence.

Et sur un plan plus franco-français, je pense qu'il ne serait pas idiot de réécrire les paroles de La Marseillaise pour faire honneur à des valeurs plus positives de la république et pour faire honneur à la musique. Qu'un son pur abreuve nos microsillons.

 

2005.11.21

Red Star Ac' ? Les Espoirs font vivre

Calcio-Ligue 1 : 29-21. La Ligue 1 se console en exportant deux buts à la Juve (Trezegol), deux à Wigan (Henry) ou encore un à Anfield (Cissé).

Liga-Ligue 1 : 2-2. Egalité Denilson - Ronaldinho, mais les deux gri-gris du Bordelais entré en fin de match n'ont pas connu la même exposition médiatique que les deux coups de turbo sur l'aile Gaucho du Clasico.

Bundesliga-Ligue 1 : 5-12. Pas de chance, il s'agit ici de la différence en points entre le leader et son dauphin. En faisant mieux ou plutôt pire que le Bayern, Lyon projette notre championnat dans des sphères habituellement peuplées par d'anciennes républiques soviétiques.

Et demain, ça ira mieux ?

9-3. Tapie envisage de claquer son nouveau pactole en montant un OM-sur-Seine avec sans doute les mêmes recettes (millions, anti-parisiannisme, populisme) et les mêmes casseroles. L'ex-Ministre de la Ville peut se la jouer tendance en briguant le poste de Georges Marchais dans les tribunes d'un Saint-Ouen version Red Star Ac'. D'ici à ce que Luis se colle la Belga au bec de retour d'Israël...

13. Pour l'intérêt de la L1, je préfèrerais que Marseille fasse le nécessaire et retienne Frank Ribery pour l'essentiel d'une carrière que je lui souhaite papinesque. Maintenant que les bleuets sont en phase finale, Domenech serait inspiré de tester dès mars prochain ce "Plan B" autrement plus durable que ZZ.

2005.11.17

George Weah - Grand frere doit encore grandir

Quand King George s'est porté candidat à la présidence du Libéria, j'avoue avoir cru en ses chances et sa capacité à faire bouger le pays, avec à l'esprit l'image pacifique d'un joueur d'exception mais avant tout d'un homme au coeur noble et d'un grand frère toujours à l'écoute, la porte ouverte aux autres.

Mais bien vite, Ellen Johnson-Sirleaf s'est imposée comme la personnalité la plus saine pour le poste, le ralliement de sulfureux chefs de guerre autour de Weah ne faisant qu'ajouter au malaise.

Le peuple s'est clairement exprimé et George Weah s'obstine à refuser le verdict, tout comme la main tendue par son ancienne adversaire. Plutôt que d'oeuvrer de concert pour le bien du pays, il crée une nouvelle fracture totalement inutile et improductive. Weah ne se contente pas de torpiller les chances de EJS : il se décrédibilise totalement.

Il est temps pour lui de redécouvrir les vertus du fair-play.

2005.11.12

Jürgentleman Klinsmann

Jürgen Klinsmann avait déjà contribué à la belle aventure monégasque d'Arsène Wenger*, il ressemble de plus en plus au maître du ballon d'Alsace : élégance, droiture, humour, sens des responsabilités et qualités de manager au sens fort du terme (permet à ses collaborateurs de donner le meilleur d'eux-même)... Respect.

Une nouvelle victoire de l'Allemagne en Coupe du Monde me ferait presque avaler la vision apocalypto-terminatoresque d'un Oliver Kahn plus triomphal et carnassier que jamais. Rien que pour apprécier le sourire plus jaune d'Uli Höness. Et surtout la joie toute simple de la jeune et multiethnique "Klinsmannschaft".

Si Klinsmann devait échouer, je lui souhaiterais au moins de réussir dans son pays d'adoption : la MLS a besoin de nouveaux promoteurs du beautiful game, et si possible un peu plus brillants que Lothar Matthäus**. Un réformateur comme Klinsmann ne doit pas gaspiller son talent dans l'entraînement au quotidien mais dans une authentique entreprise de restructuration.

D'ici là, aura-t-il l'élégance de laisser gagner les Bleus ? Quoi qu'il en soit, je doute qu'un nouveau triomphe 3-0 serve notre équipe nationale : comme face au Costa Rica, elle a besoin d'être mise à l'épreuve pour progresser.

S'il vous plait, ce soir, je veux voir du jeu. Surtout pas un "tifo" de circonstance du style France-Algérie 2001.

 

* Si Bernard n'avait pas tapi à la pelle les enveloppes sous les jardinets de France et de Navarre, le PSG et surtout l'ASM afficheraient certainement plus de titres au compteur.

** Je préfère voir un Djorkaeff continuer à s'éclater sur les terrains et titiller avec ses MetroStars le New England Revolution de Robert Kraft en demi-finales de conférence. Et je préfère voir un Robert Kraft investir en Old England : à la différence de Malcom Glazer, Kraft a prouvé qu'il aimait le foot (World Cup 1994 à Boston, création des NE Revs...).

2005.11.09

90' de passion - 2' d'arrêt de Je

Si le père Domenech a essayé de jouer au sélectionneur copain, il demeure un formateur hors pair : ce match aux Antilles avait un parfum de fleur aux clans Zidane (Thuram) et Henry ? Voilà que les émeutes de métropoles le transforment en bouquet offert à la France black blanc beur.

Au départ, j'avais applaudi la décision de jouer là bas (a fortiori pour une si belle cause), mais trouvé le timing désastreux : au lieu d'un vol sec A/R avec blessures à la clef, une véritable tournée Martinique - Guadeloupe pouvait apporter du sens et un supplément d'âme... mais finalement, le timing ne saurait être meilleur.

Alors les Bleus, le meilleur alibi de la République, s'en vont soulager les consciences de 60 millions de sélectionneurs en mouillant le maillot dans les îles, comme ils le font (parfois avec bonheur) depuis un septennat dans le 9-3, bien loin du Parc verdoyant du XVIe Sud.

Les 60 millions de sélectionneurs applaudiront, confortablement scotchés dans leurs charentaises à crampons vissés. Soulagés que leur voiture ne crame pas ce soir. Pour le dîner, pas de problème : le micro-ondes est réglé sur deux minutes.