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2007.05.24

Milan - Liverpool à l'ancienne

De la sueur dégoulinant des tribunes, du serrage de paluches à la chaîne façon Chirac et un bon vieux lever de coupe à l'ancienne... Platini a redonné un peu de dignité à la cérémonie de remise de Coupe, totalement aseptisée ces derniers temps.

Peut-être parce qu'il ne s'agissait plus d'une Coupe des Champions mais d'une Ligue des Champions ; un grand show médiatique savamment orchestré avec son hymne puissant, ses logos et habillages omniprésents, ses horaires calibrés à la seconde près et son éjaculation pyrotechnoconfétique finale sur un podium de rock stars, sans oublier le gros panneau rappelant la compet', le lieu et la date - histoire sans doute de ne pas s'emmêler les pinceaux le jour où l'on ressort une photo d'archives*... Dans le style, le comble du ridicule avait été atteint après la finale de la Coupe du Monde 2002, Cafu devant monter sur une espèce de support à pot de fleurs mal équilibré, capitaine isolé de son groupe au moment de savourer la victoire...

Le Milan a donc battu Liverpool dans un duel à l'ancienne, engagé mais correct, sans cinéma et sans chichis. Les buteurs, tous droits sortis des albums Panini seventies, sont les têtes à claques de service ; Filippo Inzaghi et Dirk Kuyt. En retrait dans leurs meutes respectives, les artistes Kaka et Steven Gerrard auront distillé chichement les éclairs qui font les bons matchs, sources de vitesse et de disruption dans une première mi-temps tâtillonne. Le Brésilien se retrouve à l'origine des deux buts, l'Anglais dans tous les bons coups de son club, y compris et surtout ceux gâchés par des partenaires la jouant trop perso.

Présents dans les tribunes, les Lippi, Houiller, Wenger & Co en auront été pour leurs frais. D'accord, les petits fours ils les ont grignoté à l'oeil mais pour autant, il n'auront rien dégusté de bien stimulant sur le plan ténico-tatique. C'est pas nécessairement dans les vieilles casserolles que l'on fait les meilleurs plats du pied.

 

 

* avec Maldini, identifier le porteur du trophée ne suffit pas comme indice pour retrouver la date.

2007.04.19

David Dein écarté - Wenger et Henry en souffrance

Stan Kroenke a donc eu la peau du numéro 2 d'Arsenal, protecteur de l'âme du club et du beau jeu prodigué depuis une décennie par la bande à Wenger. Plus rien ne s'oppose désormais à une révolution de palais dont le technicien alsacien pourrait faire les frais. Pas sûr que ses jeunes pousses continuent à s'épanouir librement sans obligation de résultats à court terme. Pas sûr que Titi Henry accepte de travailler à la chaîne au sein de l'écurie d'un vulgaire oligarque abramovichien.

Terminé les Wenger et les Mourinho. Terminée la renaissance du jeu, terminées les fresques sixtines et l'explosion d'une sensualité débridée. On veut du Hiddink, du commando, des stats formatées pour les William Hill et autres Ladbrokes, des joueurs lisses et créatinés, et de bons vieux chocs télégéniques façon Monday Night Football.

La Premier League s'oriente implacablement vers sa phase II à mesure que les grosses franchises s'approchent de la masse critique à partir de laquelle elles pourront s'affranchir de l'archaïque système de promotion - relégation pour créer une ligue fermée à l'américaine. Le ticket d'entrée au club devient prohibitif mais cela fait partie du jeu.

Pas du jeu de football, cela s'entend...

L'UEFA peut faire barrage en sauvant le jeu et le sport. En protégeant les sélections également. Et en sauvant la diversité qui assurera la survie de l'espèce. Alors savourons à sa juste valeur ce sympathique Pologne Ukraine 2012 qui fleure bon les années 80 de Platini, Boniek et Blokhine.

Milan Baros pas en odeur de sainteté en L1

Le geste nauséabond de l'attaquant tchèque de l'OL à l'encontre du rennais Stéphane Mbia n'a rien d'équivoque : à caractère ouvertement raciste, il devrait conduire à une sanction exemplaire. De la part de ce club côté, de la Ligue, du conseil d'éthique et de la FIFA de Platoche, je n'attends pas moins de 6 mois de suspension.

Trois matchs de suspension ne rimeraient à rien : nous n'avons pas ici affaire à une blessure involontaire mais à une agression caractérisée totalement inacceptable.

Les images du diffuseur sont suffisamment claires pour instruire le procès - au point que l'on pourrait parler de "Canal déférent". Si cela pouvait dissuader ces vilains gestes de se reproduire...

2007.04.11

Manchester - Roma : Jeu, Sept et Match

Je préfère le Giggs passeur au Giggs truqueur, le Cristiano Ronaldo trottant pour son équipe au Cristiano Ronaldo tricotant pour sa pomme, le public d'Old Trafford debout pour saluer la démonstration de Manchester aux pseudo-supporters de Manchester debout pour semer la haîne à travers l'Europe. Je préfère la Coupe d'Europe des Champions à la Ligue des Champions*, les éliminations directes aux poules aux oeufs d'or, le jeu champagne d'hier** aux parties d'échec d'antan...

Car le foot n'est pas un jeu d'échecs. De la stratégie et de la tactique, il y en a aussi, mais toutes les pièces se déplacent en permanence et c'est sans doute cela qui fascine Gari Kasparov dans ce sport. Le maître y retrouve l'esprit du jeu, son essence pure, une stimulation qu'il ne trouve que partiellement dans une partie de blitz ou ces séances collectives où il mène des dizaines de duels en parallèle... des moments certes intenses, mais fondamentalement des plaisirs solitaires.

Abramovitch, lui aussi, s'affiche Russe et amateur de football. Mais lui n'aime pas l'échec. Il raisonne de façon figée, se contente de placer ses pions et ses billes, s'achète des tours de Babel en défense, des chevaux pur sang en attaque... mais a de plus en plus de mal à supporter les diagonales de son fou d'entraîneur.

Question pour un champion : José Mourinho, déjà assuré de revenir en prochaine semaine, peut-il durer aussi longtemps que Sir Alec Fergusson sur son banc ?

 

 

 

* même si hier ni MU, ni la Roma, ni Valence ne participaient en qualité de champions nationaux, tous ont produit un jeu de champions dans cette compétition.

** même si Ayala a un peu trop souvent levé le coude face à Drogba... heureusement que Canizares a élevé le débat.

2007.03.27

Chelsea bannit 4 lanceurs de legumes

Quatre supporters de Chelsea ont été bannis pour avoir jeté des légumes sur la pelouse à l'occasion du quart de finale de la Cup contre Tottenham (20070319).

Frédéric Antonetti n'a pas été inquiété, et pourtant il jette régulièrement Cyril Rool sur la pelouse du Stade du Ray et encore, sans le laver ni lui couper la queue auparavant.

Les pseudos supporters de France et de Navarre n'ont pas été inquiétés, et pourtant ils jettent régulièrement des fumigènes, objets contodants et autres insultes racistes sur les terrains.

Enfin... je note qu'il s'agit de légumes et non de fruits, ce qui exclut les bananes - c'est déjà cela. Connaissant les habitudes proto-culinaires de nos quasi-voisins grand-bretons, et sachant que les stars de Chelsea ne jouent pas pour des nèfles, il pourrait bien s'agir de carottes ou plus vraisemblablement encore, de haricots.

On comprend mieux que Rowan Atkinson évite les tribunes hautes : d'ici à ce que Lassana Diarra se prenne un Mr Bean sur la tronche...

2007.03.26

Futsal, l'éternel retour

Ce dimanche après-midi consacré au 1er RTL Futsal de Bercy sur Canal+ Sport a permis de mesurer toute l'étendue de l'inculture française en matière de football en salle / futsal (et celle de Lionel Russo en matière de football tout court - grosse erreur de casting de la chaîne cryptée sur ce coup - jamais l'expression "donner de la confiture à des cochons" n'a semblé aussi adaptée... quel massacre !).

Pour avoir péniblement recensé les sites francophones dédiés au football féminin et au futsal pour le compte de l'ODP / DMOZ, je sais combien cette discipline souffre d'une absence d'exposition en France (heureusement que nos voisins belges compensent largement). Or quand le Beach Soccer bénéficie de l'aura d'Eric Cantona et d'un ensoleillement naturel pendant tout l'été, le futsal a par définition besoin d'un coup de projecteur pour être pratiqué. C'est partiellement chose faite depuis hier. A défaut de mobiliser les foules devant le petit écran, ce sport a suscité l'adhésion de ses prestigieux pratiquants d'un jour, et pas n'importe lesquels. La camorra Canal+ serait inspirée de rebondir sur l'événement pour promouvoir le championnat national ou a tout le moins l'équipe nationale, ce petit candidat ayant fait le meilleur usage de son maigre temps de parole. Un circuit de vieilles gloires verra probablement le jour mais il en faudra plus pour enfin faire vivre durablement ce sport : rendre les principaux clubs et la sélection nationale compétitifs au niveau international, diffuser des vraies compétitions où les Bleus ne se fassent pas systématiquement laminer par des semi-pros. Je ne demande pas un show à l'américaine façon MISL (cf histoire du pro soccer indoor et outdoor aux US), mais un feuilleton récurrent de qualité : ce sport a tout pour plaire pour les pratiquants comme pour les téléspectateurs et les diffuseurs.

J'ai pratiqué le beach soccer et le futsal : on s'amuse dans l'un comme dans l'autre mais le second s'apparente beaucoup plus au football, comme une version épurée pensée pour l'amateur de jeu : aucun temps mort, pas de place pour la violence ni pour les bourrins, tout le monde participe de façon intense à la défense comme à l'attaque, et avec une palette de coups illimitée (le sable du Beach Soccer ajoute une dimension tout aussi excitante au jeu, mais avec son lot de contraintes). La qualité du ballon joue également pour beaucoup : même sur une surface dure, vous ne jouez pas comme dans une cour d'école. Zizou a prouvé hier qu'un grand technicien du football était assuré de prendre et de donner du plaisir en jouant au futsal - ce qui est moins systématiquement le cas pour le Beach Soccer (nothing personal, Dear Eric !).

Saluons donc l'initiative de la FFF, du CIF et des défenseurs de la veuve et de l'orphelin (Aimé Jacquet pour les veuves du foot féminin, Henri Emile pour les orphelins du futsal). Encourageons également les media (RTL et Canal+) à prolonger le plaisir. Espérons que cela ne soit pas un feu de paille, comme l'éphémère Tournoi de Bercy du milieu des années 80. Car les calendriers d'aujourd'hui n'autorisent plus ces événements relevés d'intersaison : terminés les intermèdes en salle, terminés les Tournois de Paris en plein air, à l'époque où les pros pouvaient souffler et préparer correctement une reprise, sans avoir à se cogner 15 heures d'avion pour vendre des maillots en Chine ou assurer la pub du Révérend Moon.

Alors pour une fois, laissons la parole aux joueurs. Tous se sont régalés hier en partageant de bons moments, à eux de se passer le mot pour transmettre la flamme. Essayez vous aussi et vous verrez, les salles désaffectées ne tarderont pas à résonner de parties endiablées.

 

PS : merci aussi aux organisateurs et à Alain Cayzac pour nous avoir offert quelques sourires sur les visages des joueurs parisiens. Leur mal semble de plus en plus profond à voir leur détresse et leur nervosité hier - comme Jérôme Alonso furieux à la mi-temps mais heureux comme un gamin à la fin du match contre l'équipe de France 98, comme cette fin de match aussi, justement (joueurs tétanisés par la peur de perdre leur avantage jusque dans cette balade amicale).

2007.03.23

Kachkar : RLD ne croit plus au Père Noël

Robert Louis Dreyfus ne vendra pas l'OM à Jack Kachkar. Le président-mécène-bonne poire a déjà été condamné par naïveté, on ne l'y reprendra plus. Pas question de casser la cabane au Canada pour les beaux yeux d'un mystérieux pharmacien libanais. Pas question de laisser transférer des joueurs flottant sous pavillon de complaisance via les Iles Caymans en petites coupures dont les numéros ne se suivent pas (comme si Djibril Cissé n'en avait pas marre de circuler en petites coupures).

Jacko est supposé avoir répondu à la première question "show me the money", mais pas à la plus importante : "show me the soul". Il ne suffit pas de se montrer dans les vestiaires et les tribunes du Vélodrome avé l'essarpe du club et un joli sourire ; il faut faire acte de foi, d'envie de mouiller le maillot et de s'engager sur la durée. On ne triche pas avec ce club.

Quelque part, RLD, pour le coup un authentique milliardaire et amateur de sport, eût dû un peu mieux se renseignû sur cet étrange collègue sorti de nulle part. Kachkar donne parfois l'impression d'un prête-nom venu occuper les lieux pour le compte du vrai propriétaire, un type peut être nettement moins souriant, à part quand il se présente comme équipementier sportif sous prétexte qu'il fournit en chaussures à crampons ses principaux ennemis (des chaussures en béton bien cramponnées au lit de la Volga).

Si ça se trouve je fantasme. JK est un type très bien. Tout simplement un peu nerveux à l'idée de faire l'objet de contrôles du fisc. Des contrôles certes orientés par la LFP* mais parfois aussi diaboliques que ceux de Magnusson.

 

* cf "L'OM perd sa coupe aux grandes oreilles et son âme" (20070306)

2007.03.16

Sugar Ray Domenech vs Hurricane Arsene Wenger

Thierry Henry souffre. Il sera écarté des terrains jusqu'à la fin de la saison mais se console comme il peut. En volant au secours des cas encore plus désespérés, tiens (et un SMS d'encouragement à Mika Landreau, un).

Arsène Wenger, lui, ne décolère pas : la blessure de son champion résulte directement des cadences infernales imposées par la sélection nationale. Certainement pas au calendrier anglais, pondu comme chacun le sait par des cocaïnomanes épileptiques plus chargés que Lance Armstrong un soir de juillet.

Raymond Domenech encaisse et retrouve son jeu de jambes de virtuose de la répartie. Cela ne l'empêche pas de recevoir peu après un vilain uppercut décoché par Battling Gégé Houiller, totalement libéré depuis qu'il est sorti de la Ligue des Champions et de la course à la DTN : je soutiens Arsène - ce type est un dangereux psychorigide, pas étonnant que le Dodo soit une espèce éteinte.

Une espèce qui se porte bien ? Le petit Bleu. Plus besoin de le laisser mûrir six mois en cave pour le lancer sur le ring. Nos nouveaux poids coq ont fière allure : outre Karim Benzema (déjà appelé mais pas élu), on retrouve deux étoiles montantes de L1 (Samir Nasri et Fred Piquionne) et deux fusées lancées du plateau d'Albion : Abou Diaby (rien à voir avec l'Emirat, même s'il joue au Emirates Stadium) et Lassana Diarra (à ce rythme là, il y aura plus de Diarra en équipe de France que de Kim en équipe de Corée).

Dans l'histoire, seul David Trézéguet termine franchement KO.

Il n'est pas le seul, me direz vous, mais je vois tout de même deux différences avec le PSG : Trézégol marque encore des buts et il évolue déjà en D2.

 

2007.03.06

L'OM perd sa coupe aux grandes oreilles et son âme

Ni RLD ni Kachkar n'assisteront à la présentation de leur opération rachat devant la DNCG le 7 mars prochain. 

Amstramgram, ce sera toi qui t'y colleras : le Pape Benoît 13 a été chargé de tenir la jambe des hautes instances de la phynance footballistique française. Lui qui n'a aucune bille dans l'affaire, mais la gentillesse de passer pour une bille à chaque fois qu'on le lui demande.

Le club phocéen semble paradoxalement plus mal en point que son rival parisien, pourtant à la porte de la Ligue 2 et même à la rue après sa semaine désastreuse*. Quand le PSG peut faire bloc derrière ses leaders historiques (Cayzac, Le Guen), les Marseillais Sans Direction Fixe observent s'envoler l'âme de leur club, et avec elle son plus prestigieux trophée, la réplique de la Coupe d'Europe 1993 dérobée cette nuit.

De quoi raviver les complaintes paranos du côté de la Canebière : tout se ligue contre l'OM, à commencer par la Ligue elle-même. C'est à Frédéric Thiriez que l'on doit la convocation du 7 mars et l'enquête diligentée sur le mystérieux Jack K., dont le projet ressemble de plus en plus à du Canada Dry.

Pour sauver ce qui peut encore l'être, je suggère de fusionner ces deux clubs prestigieux en n'en conservant que le meilleur : en hommage à leur glorieux passé en Coupe de France, mais aussi en hommage à l'abnégation de dirigeants opérationnels amoureux de leur club mais baladés par des actionnaires fantômatiques, je propose d'appeler ce nouveau club l'"Olympique de Pantins".

 

* le PSG a sacrifié son rayon de soleil de la Coupe en vain sur l'autel du maintien (Nantes aura fait un bien meilleur calcul en jouant sa carte à fond sur les deux tableaux), et comme si ça ne suffisait pas, ses pseudo-supporters se sont trouvé de nouveaux terrains de jeu adaptés à la Ligue 2 (hooligans d'Utrecht à Sedan) et à la CFA (tribunes dévastées lors du derby contre le Red Star)

2007.02.21

Giggs pas fair play ?

Quand Thierry Henry marque en Premier League sur coup franc direct sans attendre que les adversaires soient en place, il joue habilement le coup. Quand Ryan Giggs use de la même ficelle en Champions League, il ne respecte pas l'esprit du jeu.

Cela dit, Monsieur Eric Braamhaar n'a pas été franchement convaincant sur cet épisode, accordant plusieurs fois à Giggs le droit de tirer pendant que Tony Silva plaçait son mur (style il faut pas qu'on me voie en face, grouille-toi de profiter de l'occase). Ajoutons à cela la non exclusion de Paul Scholes en première mi-temps (style je ne dis rien dans un premier temps, je vois que ça mérite un carton dans un deuxième, je me ravise en reconnaissant Poil de Carotte dans un troisième) ou encore le but refusé à Peter Odemwingie pour son agression caractérisée sur un défenseur mancunien alors qu'il visait la meilleure note artistique pour un splendide plongeon aux six mètres (style je suis trop court, je me mets en travers) et voici le téléspectateur français brusquement replongé aux pires heures de sa tumultueuse histoire avec l'arbitrage batave*.

A se demander si, en creusant sous le camping-car de Braamhaar cet été en Dordogne, on ne trouverait pas une jolie enveloppe gorgée de Ringgit malaisiens ou de jetons de casinos offerts par un généreux site de paris en ligne basé à Gibraltar ou Macao**.

Hier soir, Manchester United a tout simplement battu le LOSC au jeu. Sinon dans son esprit, du moins dans ses règles. Sur l'ensemble du match, la victoire n'apparait pas scandaleuse, même si Lille a livré un match solide et un gros quart d'heure de toute beauté. Sans oublier un après-match étonnament fair-play.

Quant à l'UEFA de Platini, la voici sommée de considérer la réclamation du club français. Une petite récréation après les déferlantes hooliganesques de ces derniers temps. Si le Board pouvait être saisi sur un éventuel aménagement de la règle du coup franc, les Lillois n'auront pas perdu leur temps. A défaut de ne pas perdre le match.

 

* si personne ne se souvient des bons moments, pourtant nombreux, qui a oublié la générosité de Charles Corver envers Harald Schumacher ? Notons comment l'adjectif "batave", à la sonorité peu élégante dans notre langue, sera dans ces circonstances préféré au plus pertinent mais tellement moins satisfaisant "néerlandais".

** étant entendu qu'un club comme Manchester serait incapable de commettre le moindre acte de corruption, surtout avec Malcom Glazer à sa tête : cet Américain ne connait pas grand chose au foot mais ne prendrait jamais un tel risque

2007.02.18

Ibèresexuels et Calcio : vieilles recettes et nouvelles casseroles

Deux buts et une passe décisive pour Gronaldo (qui refait Sienne la Serie A - Veni, Vidi, Vici), un nul et une galette rouge vif pour son ancien compère David Beckham (qui ressort sa fameuse râclette face au Betis de Fernandez ; une recette bien fouettée inventée pendant la Coupe du Monde 1998 face à l'Argentine). Y'a pas à dire, la cuisine toscane, ça change du chocolate con churros. 

Le PSG, lui, persiste dans sa cuisine moléculaire façon el Bulli, à déstructurer le bon sens et martyriser la matière footballistique sous des conditions de température et de pression pour le moins anormales. A force de brûler tous les cierges de la Capitale et de mobiliser tous les marabouts de Paname, le club est parvenu à enchaîner une troisième victoire de rang. En une semaine, le déficit de chance accumulé depuis le début de la saison s'est ainsi transformé en un excédent budgétaire susceptible de financer les programmes électoraux des 46 candidats déclarés à la Présidentielle 2007.

Assister à ce nouveau miracle a demandé un peu de patience au téléspectateur, condamné à supporter Alexandre Ruiz jusqu'au bout de Jour de Foot. Non content de nous pointer de son sempiternel doigt accusateur, l'Ibèresexuel du PAF nous a même infligé un postillon de dernière minute. Comme si les poils dans la soupe ne suffisaient pas... Il était temps que le générique de fin renvoie ce sombre boxeur solitaire dans les cordes de la nuit.

Et en attendant ce fameux Nuit de Foot, j'ai observé Empoli faire cuire à petit feu la Roma sous le soleil éclatant de Toscane et dans un stade vide. J'ai pu mesurer combien, sans le bruit de fond des supporters, la simulation à l'Italienne pouvait s'entendre : on repère tout de suite celui qui se croit à Cinnecitta, et l'on entend tout de suite celui dont le tibia se brise effectivement.

Le cinéma italien est sorti de la crise lorsqu'il a retrouvé une certaine qualité mais pour cela, il a fallu vider les salles. De cet édifiant benchmarking, le Calcio semble avoir déduit que le football Italien n'aura de chance de revivre qu'une fois qu'il se sera débarassé du supporter Italien. Les clubs doivent donc trouver de nouvelles recettes pour survivre.

Le modeste club du Scala de Milan évolue pour le moment en Serie S, mais envisage très sérieusement de monter en série A grâce à un recrutement pour le moins innovant : sinon au niveau des joueurs (le Scala est condamné à conserver une équipe de divas liées par des contrats courant sur plusieurs saisons), au niveau des sponsors. Le fabricant de mannequins pour vitrines de mode Elite a en effet été sollicité pour fournir 20.000 supporters aux couleurs du club. La question de l'animation visuelle étant résolue, restait à donner de la voix à un stade toujours désespérément silencieux. Le président du club, par ailleurs actionnaire de l'opéra, a eu la bonne idée de réserver les 80 invitations tolérées par le règlement des matchs à huis clos aux 80 plus grands ténors de la péninsule.

La recette semble avoir du bon : le Scala a brillamment sorti la Roma de la Coupe d'Italie sous l'air de Cosi fan Totti. A la fin du match, l'entraîneur laziale a lâché, dépité : "Ce Scala a peut-être un petit budget, il a du coffre. Cela servira de leçon à nos joueurs, qui n'ont l'habitude de croiser des Series S que dans les parkings de leur centre d'entraînement."

2007.02.08

L'Argentine, sans surprise

Le Vice-Champion du Monde s'est logiquement incliné devant la meilleure équipe de la Coupe du Monde. La France a été nettement dominée là où beaucoup de grandes équipes auraient tout simplement explosé.

L'Argentine n'aura même pas eu à forcer son talent, contrôlant le match de bout en bout... à l'exception des rares moments où les Bleus ont un peu joué au milieu en se dédoublant près de la ligne de touche - l'attaquant Thierry Henry ou le récupérateur Patrick Vieira s'improvisant quelques instants numéro 10, histoire de donner un peu de vitesse au ballon.

A peine remis de l'enchaînement Lyon + PSG, Ribéry n'avait visiblement plus de jus dans les chaussettes et ça s'est vu en première mi-temps où, sur son côté droit, seul Sagnol était en mesure d'apporter un semblant de danger.

Trézéguet, lui, a très vite compris que ce match n'était pas le sien : jeu court et petits espaces surpeuplés, peu de centres immédiatement captés par le phénoménal jeu de tête des Ayala, Heinze & Co... DT doit au contexte affectif de ce match amical d'avoir tenu plus d'une mi-temps sur la pelouse. Anelka et Govou avaient clairement le profil pour déstabiliser le bloc défensif adverse, mais n'auront guère eu le temps de le prouver.

L'Argentine a eu la politesse de ne marquer qu'un but et fort joli qui plus est (chapeau Saviola - Cambiasso). Elle a surtout eu le mérite de remettre les Bleus à leur place : une place forte du football européen et même mondial, mais un ton en dessous du sommet quand elle n'est pas au top physiquement. Au global, une défaite plutôt encourageante pour remobiliser au début d'une année décisive.

2007.02.07

France Argentine : Zidane forfait

21 ans déjà depuis le dernier match entre l'Argentine et la France ! Nos braves centenaires Zidane, Deschamps et même Blanc n'auront donc jamais affronté ce prestigieux adversaire. Par solidarité, Thuram vient d'ailleurs de déclarer forfait au dernier moment.

Le France-Argentine se fait rare. Deux chocs épiques en Coupe du Monde (1930 et 1978) et entre les deux, seulement six matchs amicaux à se mettre sous la dent, dont une floppée pendant les tournées d'hiver des années 70 de la France d'en bas.

Et puis ce petit match amical du 26 mars 1986 au Parc des Princes où, comme quatre ans auparavant, les Champions du Monde des matchs amicaux corrigent 2-0 les futurs vainqueurs de la Coupe du Monde. Deux pions marqués par les remplaçants Ferreri et Vercruysse, le carré magique ayant été réduit à l'arête Fernandez - Tigana. Giresse et Platoche avaient bien joué le mois précédent, mais dans un triste 0-0 contre l'Irlande du Grand Nord, entre les congères d'un Parc frigorifié et pas vraiment convaincu par la première sélection de Jean-Pierre Papin.

J'étais au Parc ce 26 février 1986 comme ce 26 mars 1986.

Si je n'attendais pas grand chose du match contre l'Irlande du Nord, ce France-Argentine reste une déception. Ce soir-là, même Burruchaga était passé à côté. Une image persiste toutefois, gravée dans ma mémoire : l'échauffement d'avant-match du Pibe de Oro. Un autiste au beau milieu d'un stade sans âme, seul dans sa bulle avec sa balle. Rien n'existe si ce n'est ce bout de cuir qui jamais ne touche le sol.

Ici, pas d'esbrouffe. Ce n'est pas encore la mode du freestyle et Ronaldinho n'a pas encore l'âge de tenir debout, ni même de dribbler Assis (son frère, Roberto). Pied, tête, épaule, cuisse, talon gauche, fesse droite... tout y passe ou presque. Diego Armando Maradona attendra quelques mois pour dribbler Peter Shilton de la main.

Platini a l'habitude de dire que ce que Zidane fait avec un ballon, Maradona le faisait avec une orange. Je le crois bien volontiers. Mais je regrette que leurs rencontres se soient limité à quelques Juve-Napoli ou à cette exhibition sous le même maillot pour le centenaire de la League anglaise (j'étais bien en Angleterre pendant cet été 1987, mais devant mon écran et pas à Wembley). Zizou a manqué Diego pour peu de choses. Qui sait...? Laurent Blanc stoppe Kostadinov à l'automne 1993 et peut-être que le Bordelais fait partie des 23 l'été suivant, quelques semaines avant sa véritable première sélection face aux Tchèques. La France et l'Argentine n'atterrissent pas dans la même poule (la Bulgarie n'était pas tête de série), mais ZZ a une chance d'affronter le maître avant qu'il ne se fasse pincer pour dopage.

ZZ se contentera donc du Brésil. Avec une certaine réussite. On lui pardonne.

2007.01.27

Platoche en Capitaine Flamme

Hier, Platoche a battu son record de battements de paupière à la seconde, signe de son intense émotion. Il a également fait pleurer le vieux Lennart, et le reste de la salle une fois la traduction parvenue aux oreilles de fédérations de nouveau fédérées et de médias de nouveau médusés.

L'UEFA la larme à l'oeil, c'est bien la première révolution apportée par Michel Platini à la tête du football européen.

Mais Platini à la tête du football européen, ce n'est pas une révolution : de 1983 à 1985, c'était même une tradition. Et en 1984, déjà la consécration.

Les bureaucrates de Nyon peuvent se rassurer : Platoche l'a promis, il ne les obligera pas à faire le tour du stade après chaque victoire. Ils devront néanmoins s'habituer au style de management de ce nouveau chef de meute, un chien fou un peu moins placide que gros nounours Johansson.

Michel parle de jeu, Michel parle de règles, Michel parle de collectif - des fondamentaux pour libérer le jeu sans le livrer pour autant au libéralisme pur et dur (G14). Son copain Zbigniew Boniek l'aidera à éviter l'autre extrême, mais de toute façon Michel en connait déjà un rayon sur le jeu au milieu du terrain.

Désormais Capitaine bleu Europe, Platoche doit mouiller le maillot et orienter le jeu. Il sait faire. Il doit entraîner les autres non seulement dans son sillage, mais dans celui que chacun doit tracer à son poste. Là aussi, il sait faire. Le match le plus difficile et le plus beau commence.

Balle au centre.

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"Le football est un jeu avant d'être un produit, un sport avant d'être un marché, un spectacle avant d'être un business."

Qui Vous Savez - Janvier 2007

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"Le football est avant tout un jeu.
L'acteur principal est le joueur.
C'est ensuite un sport.
Sa maitrise justifie l'entraineur. Ses regles justifient le regulateur et l'arbitre. Ses competitions justifient l'organisateur.
C'est egalement un spectacle.
Le spectateur est toujours le bienvenu.
Accessoirement, le football est un business."

Votre Serviteur - Mars 2003

2007.01.24

Beckenbauer tacle Platini

Si Franz Beckenbauer a un jour symbolisé l'élégance, ça s'est toujours limité aux terrains de jeu. Expert en piques vachardes, le Kaizer n'a pas attendu de ressembler à Armani pour tailler des costards à ses ennemis, c'est à dire à toute personne susceptible de mettre en doute sa supériorité ou pire encore, de lui faire de l'ombre.

Franz n'aime pas les autres grands joueurs. Surtout Cruyff et Platini, qui ont gagné le 3e Ballon d'Or que, à ses yeux, seul lui méritait réellement. Et puis ces deux joueurs sont de vrais créateurs et de vrais amoureux du jeu, qui n'hésitent pas à l'ouvrir quand il le faut.

Etrangement, on voit moins souvent le beau Franz attaquer les adversaires du beau jeu que défendre les intérêts financiers de son Bayern chéri ou du G14.

Et puis le Grand Franz s'est totalement dégonflé au moment d'affronter le petit Michel à la course à la présidence de l'UEFA.

Pourtant, le vieux Lennart lui avait sérieusement mâché le travail, allant même jusqu'à décaler les élections d'un an pour que le Kaizer puisse se présenter tout auréolé de l'organisation de SA Coupe du Monde.

Beckenbauer a bien réussi son organisation mais pas gagné la Coupe du Monde. Platini, à l'inverse, l'aura gagné en qualité d'organisateur mais jamais en tant que joueur, ni en tant que sélectionneur. Or c'est sur le terrain de la politique que Franz vient de l'attaquer : Platini est trop impatient, trop jeune, trop tendre, il fallait attendre au lieu d'affronter Johansson...

Autant Sepp Blatter avait soutenu subtilement Platini en vantant ses qualités, autant Franz Beckenbauer vient de soutenir lourdement Johansson en dénigrant son adversaire.

Décidément, le grand Franz ne cesse de montrer toute sa petitesse*.

 

* souviens-toi l'hiver dernier, cher lecteur (cf "Happy new Beckenbauyear ? Forza Michele !" - 20060104)

2007.01.20

Dhorasso : The Substitute a grandi

Vikash Dhorasso dit avoir grandi grâce à son film primé au prestigieux festival de Belfort.

Aux dernières nouvelles, l'artiste mesure toujours 1,69 m et Belfort 17,1 km². Et les titres les plus prestigieux de VD demeurent 2 Championnats de France, 1 Coupe de France, 2 Coupes de la Ligue, 1 Trophée des Champions et 2 finales de Coupe du Monde, la première gagnée en 1995 avec l'Equipe de France Militaires. Rompez.

The Substitute ne désespère pas de rejouer au football. En Angleterre, peut-être. S'il souhaite passer aux longs métrages, il pourrait même pousser jusqu'à la MLS. Mais pas avec Becks aux LA Galaxy, non. Il lui faudra faire un peu de lobbying auprès de Robert Redford pour qu'il crée une franchise à sa mesure. Je suggère les Sundance Independants, voilà qui aurait de la gueule.

Et puis le père Roro pourrait même lui donner des idées. Après tout, sa filmographie comprend des titres facilement recyclables par notre nouveau Cubrique national. Petit florilège :

- "An Unfinished Life" (pour un reportage en super 8 sur sa carrière au PSG),

- "Indecent Proposal" (hélas coupé au montage, un édifiant tournage dans les douches du Paris Foot Gay dont Vivi est le parrain)

- "Out of Africa" (pour le ralenti du coup de poing promis par Patrick Vieira en cas de sortie du Substitute)

- "All the President's Men" (pour un doc sur les pratiques maffieuses de la bande à Aulas dans les clubs concurrents, à torpiller les joueurs clef comme Fred Piquionne ou Pauleta)

Et bien sur "The Candidate", puisque VD ne manquera pas de concourir aux prochains Césars et Oscars. Au risque de se prendre un Cocard*.

 

* histoire d'éviter tout malentendu, je précise que l'ancien auxerrois n'a pas été transféré au PFG.

2006.12.26

Exclusif : les palmarès 2007

footlog amorce sa troisième année et vous la souhaite excellente.

L'an dernier*, vous aviez appris en exclusivité la victoire de l'Italie en Coupe du Monde. Après prolongations et face à l'Allemagne, mais tout le monde a le droit de se tromper.

Vous aviez également su que Ronaldo allait battre le record de Gerd Muller avec 15 buts en phases finales. Bon. J'avais prévu une victoire de la Juve en Champion's League et un trio catastrophique au Ballon d'Or... Pire, en annonçant que Ribéry allait marquer plus de points que Henry et que Zidane allait pour la première fois depuis des lustres rentrer bredouille, alors que non : notre Zizou national aura bien donné un coup, mais sans perdre tous ses poings.

Bon. Voyons maintenant ce que 2007 nous a réservé. A part le nième titre de Lyon, bien sûr, et cette belle victoire londonienne en Ligue des Champions**.

Le Ballon d'Or de Kaka n'a pas vraiment consolé pas les fans d'Etoo et de Thierry Henry, d'autant que ce dernier a magnifiquement oeuvré à la difficile qualification des Bleus à l'Euro 2008. On pourrait également retenir la triste relégation de ce très grand club français en L2 ou le retour, plus joyeux, de JPP à l'OM. Difficile de passer sous silence la grève massive des supporters anglais devant la refonte de la Premier League, les capitaines des équipes terminant sur un match nul se départageant au poker pour un point de bonus.

Mais vue de l'hexagone, la grosse surprise de 2007 restera certainement l'effondrement des favoris aux élections présidentielles. Et s'il ne fallait retenir qu'une image de cette année, c'est bien celle de l'intronisation du nouveau premier ministre par le 6e président de la Ve république, ce baiser ému planté par Laurent Blanc sur le crâne de Fabien Barthez.

 

 

* cf "Exclusif : les palmarès 2006" (20051225)

** Pour ménager le palpitant d'Arsène Wenger (et limiter l'ampleur de ma probable perte de face), je ne préciserai pas le nom du club.

2006.12.19

Gibraltar, l'autre rocher décroché

C'est quand l'AS Monaco s'apprétait à remporter son premier titre de Champion de France que la question s'est vraiment posée de sa représentativité : le club de la Principauté pouvait-il représenter la France en Coupe d'Europe des Champions ?

Les joueurs de l'autre Rocher, celui de Gibraltar, ne savent même pas s'il représentent l'Espagne ou le Royaume-Uni, le différend entre les deux nations demeurant en suspens depuis trois siècles. Ce caillou est officiellement un Territoire d'Outre Mer du Royaume-Uni dirigé par HRH Queen Babette 2, mais l'Espagne l'a cédé sans jamais en abandonner totalement le droit.

L'UEFA étudie l'adhésion de l'association de football locale en se gardant bien de froisser les Espagnols, beaucoup plus sensibles sur le sujet que les Grands Bretons : d'un côté la Catalogne et le Pays Basque ne manqueraient pas de demander des comptes, de l'autre Gibraltar ne ferait que joindre la grande famille des fédérations "affiliées" à la Couronne. Outre le Pays de Galles, l'Eire, l'Angleterre et l'Ecosse, les sujets de sa très grâcieuse majesté considèrent toujours que l'Australie, le Canada et tant d'autres n'ont jamais vraiment pris leur indépendance.

Le plus simple serait de laisser les joueurs de Gibraltar dans leur no man's land, à affronter le Tibet, Zanzibar, la République Turque de Chypre du Nord et le Groenland dans la très borgèsienne FIFI Wild Cup où le club de Sankt Pauli a dû faire sécession de l'Allemagne pour compléter le plateau de 6 équipes (la Republik Sankt Pauli s'est d'ailleurs inclinée contre Gibraltar dans la finale pour la 3e place).

Comme quoi, parfois, le dîner d'un ambassadeur n'est pas toujours un succès s'il décide de mettre un rocher sur la table.

2006.12.09

A l'eau claire, Fuentes ? A la Clairefontaine ?

Le Barça et le Real Madrid ont-ils eu recours aux services du sulfureux Dr Fuentes ? Le démenti de ce dernier dans Le Monde ne porte que sur un point : il n'a pas cafté et ne caftera pas et ce pour une bonne raison, on l'a menacé de mort. Mais quand il dit "je n'ai pas donné, je ne donne pas, je ne donnerai pas les noms de sportifs, ni de groupes sportifs, ni d'équipes de football", il laisse bien entendre qu'il a des noms de sportifs, de groupes sportifs et d'équipes de football à donner.

Les deux plus grands clubs espagnols peuvent se faire du mauvais sang si le bon Docteur Eufemanio Fuentes n'est plus là pour le nettoyer. Heureusement, il ne serait pas seul sur ce lucratif marché. Pas plus mal quand on voit les résultats sportifs du club madrilène. Ainsi les cliniques suisses auraient-elles du bon pour la réoxygénation du sang. A en croire un certain joueur du Real tout du moins (Merci pour l'info Canal+ et Johnny Halliday). En juillet dernier, ce même joueur, parti sur un coup de tête de sa carrière sportive, avait été soupçonné par Riccardo Agricola, un ancien médecin de la Juventus, de prendre des hormones stéroïdes, souvent génératrices d'accès d'aggressivité.

Zut. J'ai donné le nom d'un groupe sportif qui se trouve en plus être une équipe de football. Mais je ne fais que colporter que les propos d'un homme au nom de bombe agricole, condamné pour fraude sportive et de surcroît Italien, donc forcément favorable au Sieur Marco Materazzi.

Damned.

Je viens de livrer le nom d'un sportif. Mais ce brave homme n'est nullement soupçonné de dopage. C'est au contraire son agresseur d'un soir qui avouait au même journal Le Monde avoir arrêté la Créatine en arrivant au Real.

Mamma mia.

Encore le nom d'un club. Promis juré, je m'arrête ici, de peur de ternir l'image de Zinédine Zidane.

2006.12.01

Beckham des Galacticos au Galaxy ?

Becks pourrait bien se laisser séduire par le nouveau projet de Glazer* : terminer sa carrière en douceur chez les Los Angeles Galaxy. Idéal pour préparer une reconversion à Hollywood et en plus se habla couramment l'Anglais et l'Espagnol.

Excédé d'avoir Posh sous les yeux à se lamenter toute la sainte journée sur la ringardise de Madrid, David Beckham pourra enfin la scotcher à Beverly Hills où elle trouvera à qui parler kitch sur tous les tons (questions fringues et déco, y'a matière à construire un nouveau Beckingham palace dans la région....) et avec tous les thons (siliconés de préférence). Madame pourra parader sur Rodeo Drive sans se douter qu'où qu'elle aille, la ringardise ne la quittera de toute façon jamais d'un talon aiguille.

Pour revenir au jeu (au sens joueur, pas acteur), il suffit de revoir les images édifiantes de la dernière finale de la MLS** pour comprendre que Becks va se promener sur le terrain. Il ne croisera pas Youri Djorkaeff mais le fils Dalglish, qui n'a de commun avec son père que le roux des cheveux (et encore plus pour longtemps car il n'a même pas hérité de sa tignasse). Au niveau du jeu, le LAG propose donc un game lag en prime du jet lag.

A défaut de gagner quelque chose avec le Real Madrid, Monsieur Beckham devrait au moins gagner le match contre le Real Salt Lake.

Jet, set et match.

 

* pas Starsky (avec un S) mais le proprio de MU et des Tampa Bay Buccaneers (avec un Z comme dans beaucoup de Zéros au chéquier). Ce mécène inculte en soccer (à la différence de Lamar Hunt) envisagerait même de renommer le LA Galaxy "Manchester United" ! Un autre club de la ligue, le Club Deportivo Chivas USA, combine bien le nom des autres clubs détenus par son propriétaire (le Chivas de Guadalajara du Mexique et le Deportivo Saprissa du Costa Rica)... je suis sûr que les supporters des Red Devils vont adorer le parallèle...

** Houston, we have a problem... pour en savoir plus sur la MLS

2006.11.28

Cannavaro - un Ballon d'Or à confirmer

Fabio Cannavaro devant Gianluigi Buffon, Ronaldinho devant Eto'o et Deco, Miroslav Klose devant Didier Drogba, et Thierry Henry de nouveau écarté de la plus haute marche du podium... comme prévu je n'aurai pas annoncé le quinté du Ballon d'Or dans l'ordre cette année, et 2006 s'inscrit plutôt dans la lignée 1996 et 1986*.

Ne nous trompons pas : avec la combinaison Cannavaro, Buffon, Henry, Ronaldinho et Zidane, cette cuvée 2006 a vraiment de la gueule et Cannavaro a réalisé une superbe saison (à l'exception peut-être des derniers mois). Pour autant, comme pour Sammer en 1996 et Belanov en 1986, je me permettrait d'émettre un doute : ce joueur figurera-t-il au final parmi les meilleurs de l'histoire à son poste ? Je ne me pose la question pour aucun de ses poursuivants...

Mais telle est la règle pour le Ballon d'Or : le plus prestigieux panthéon du football récompense un joueur pour sa saison de façon beaucoup plus rigoureuse que le FIFA World Player of the Year**. Je ne serai d'ailleurs pas étonné de voir un autre joueur sélectionné par les sélectionneurs et capitaines de sélections (jurés plus ou moins sélectifs de ce trophée). Peut-être seront-ils attendris par la détresse de Thierry Henry, à moins qu'ils ne décident de porter Buffon au sommet, histoire de rattrapper le BO de Yachine en faisant une BA pour les gardiens.

Histoire d'en remettre une couche à ce propos* : quitte à voir un Italien triompher, Buffon me paraissait plus convainquant. Peut-être Cannavaro a-t-il bénéficié d'un effet compensateur Maldini + Baresi, alors que sa propre arrivée au sommet s'avère franchement récente. En tout cas son départ de la Juve a payé... et à 33 ans, il n'est pas dit que Fabio ait le temps de confirmer son titre.

A ce très grand joueur de prouver qu'il est un immense joueur.

 

* cf "Ballon d'Or 2006 - classement final" (20061024). Pour revenir aux "années 6", et avec tout le respect que j'ai pour un Charlton ou un Beckenbauer (le joueur tout du moins), la cuvée 1956 demeure en ce sens la plus belle : Stanley Matthews, Alfredo di Stefano et Raymond Kopa (1956), Bobby Charlton, Eusebio et Franz Beckenbauer (1966), Franz Beckenbauer, Robbie Rensenbrink et Ivo Victor (1976), Igor Belanov, Gary Lineker et Emilio Butragueno  (1986), Matthias Sammer, Ronaldo et Alan Shearer (1996).

** La FIFA a copié France Football pour sa récompense, mais en lui conférant d'entrée une dimension globale. Le triomphe de Romario a sans doute accéléré la nécessaire réforme du BO en 1995. Le Ballon d'Or reste "Européen", mais il n'est pas dit que les Pelé de demain continueront éternellement à snober Santos ou le Cosmos (oops, Red Bull) de New York en faveur des grands clubs européens. A FF de tisser son réseau de correspondants d'ici la prochaine révolution.

2006.11.15

Hommage collatéral

Quelques minutes sur une pelouse avant un match et entre deux tranches de réclame sur TF1, passe encore pour fêter les 100 ans des Bleus mais là... Et avec un France-Grèce en guise de bouquet de fleurs en plus !

Au moins en 2004 nos derniers poilus avaient-ils eu droit à un France-Brésil. Zéro-zéro certes, mais avec du beau monde sur le terrain et même Bernard Mendy sous son plus beau jour. La Grèce ? On se la réservait pour la compet' qui allait suivre, et des quarts gagnés d'avance...

La génération 1998-2002 ne méritait pas ça.

Pourquoi maintenant ? Ces grands garçons (jeunes retraîtés ou encore actifs) ont déjà prouvé que leur meilleur moyen de se retrouver, c'était sur un terrain et pour une noble cause.

Comme si coller un coup de blues pouvait effacer un coup de boule.

Je ne vois en effet d'autre explication à cette parodie de grand-messe audiovisuelle qu'une solution à deux balles pour rejouer la dernière sortie de Zinédine Zidane devant les caméras françaises. Vous avez manqué les dix dernières minutes ? C'est pas grave : les voici, et en image arrêtée pour vous faciliter le boulot. Avec loupe sur le sourire du Maestro sur le terrain de ses plus grands exploits.

Pathétique.

Le 9 juillet dernier, Zizou s'était déjà privé de remise de titre (meilleur joueur de la Coupe du Monde, à défaut de la Coupe elle-même) et voilà que ce soir, on lui vole ce qu'il lui reste de dignité.

2006.11.06

Pertes et profits

Barcelone grand vainqueur du week-end ? A l'inverse de Lyon, Chelsea, Real Madrid, Manchester, AC Milan ou encore Arsenal, ces prétendants à la Ligue des Champions ont arraché le nul*.

Hier, un prétendant à la candidature au tour préliminaire de la Ligue des Champions, le PSG, a de nouveau perdu en jouant de façon intéressante. Je préfère encore ça à ses points picorés en Coupe d'Europe en jouant à la dinette. Et puis les petits gars prennent de la bouteille tout en respectant le maillot. Clément Chantôme avait affiché des qualités évidentes dès le Trophée des Champions ; il continue à progresser à la vitesse grand V. Quant à Youssouf Mulumbu, son baptème du feu contre Auxerre m'avait bluffé et la suite s'annonce passionnante : ratissages à la Makélélé, changements de jeu à la Dhorasoo... et le tout sans commettre de fautes désormais. A l'inverse d'un Rio Mavuba, j'ai du mal à lui trouver des limites et je donnerais cher pour le voir sous le maillot bleu des A.

Surtout, je serais heureux de le voir conserver celui de la Capitale. Que la stratégie des nouveaux actionnaires (promouvoir la jeunesse à bas coût) paye, mais sur le long terme et non dans la perspective d'un retour sur investissement à moyen terme : le club ne doit pas produire du Beaujolais primeur pour l'export mais du bon vin pour le marché national.

Pour autant, ne snobons pas les crus prometteurs du nouveau monde : le PSG a laissé échapper David Trézéguet mais pourrait se rattrapper avec Gonzalo Higuain. En a-t-il seulement les moyens ? Là est le hic.

 

* J'évite de citer l'Inter, de nouveau vainqueur dans une Serie A de plus en plus affligeante (dans mon zapping européen, je me surprends de plus en plus à m'attarder sur un match de Ligue 1 plutôt que sur un match Italien ou même Espagnol).

2006.11.01

A deux doigts du drame

Triste week-end pour Marseille : un pompier se fait sectionner deux phalanges par une bombe agricole jetée par un "supporter" au début du match Nice-OM, et une jeune femme se fait griller vive dans un bus attaqué par des vandales. Résultat ? Deux vies basculent, l'OM a perdu le match, le quartier un outil essentiel à son quotidien et les victimes (au mieux) une vie normale. La ville n'a en revanche pas perdu la face puisque la conjonction des événements dans la région ne relève que d'un malencontreux hasard.

Pour Halloween, on joue généralement à se faire peur mais ici, la stupidité elle-même devient mortelle. Car ce prétendu supporter et ces casseurs de bus n'avaient vraisemblablement pas la volonté de tuer et leur acte transgressif anonyme relève moins de l'héroïsme (effet recherché ?) que de la lâcheté et de la bêtise pure.

Lieux d'anonymat par excellence, la rue et le stade deviennent le théâtre de spectacles vivants d'un nouveau genre, parfois mortels. Le spectateur devient acteur pour exister, jusqu'à ce que la caméra se braque sur lui et l'expose dans toute sa vacuité. Ici aussi, le débat sur l'arbitrage vidéo fait rage.

Souriez, vous êtes filmé.

 

2006.10.24

Ballon d'Or 2006 - classement final

D'habitude, les classements du Ballon d'Or se prévoient plus difficilement les années impaires que les années de grands championnats internationaux. Mais après Belanov en 1986 et Sammer en 1996, on peut s'attendre à des surprises pour 2006 et je n'annoncerai probablement pas le quinté dans l'ordre comme l'an dernier*.

Procédons donc avec logique : dans le quinté de tête figureront nécessairement au minimum un Italien, un Français et un Barcelonais.

  • Côté bleu azur, je placerai Gianluiggi Buffon devant Fabio Cannavaro pour l'ensemble de son oeuvre. Sa pénitence turinoise force le respect plus qu'elle ne handicape ce candidat sérieux, dans l'air du temps, et autrement plus charismatique que le prodigieux Andrea Pirlo. Et puis pendant que Buffon étale discrètement son transat de 7 m 32 en série B, Cannavaro étale gaffe sur bourde en Champion's League.
  • Côté Bleu non azzuro, Thierry Henry mérite plus que Zinédine Zidane et Franck Ribéry sa place sur le podium, et la première ne serait pas volée au vu de sa carrière comme de sa saison (deux finales majeures, un nouveau titre de meilleur buteur et joueur, une présence permanente au plus au niveau). 
  • Au rayon Barça, je vois mal Ronaldinho conserver son titre : il ne décolle plus depuis le mois de mai. Samuel Eto'o sera vraisemblablement pénalisé par sa blessure automnale et l'absence des Lions Indomptables en Allemagne, Deco boosté par sa victoire parisienne, sa demi-finale mondiale et son comportement impeccable depuis la reprise.

Par ailleurs, Miroslav Klose figurera dans le peloton de tête en vertu de la prime au meilleur buteur de la Coupe du Monde, mais surtout grâce à sa phénoménale saison 2005-2006 avec le Werder Bremen, à ses talents de passeurs autant que de buteur. Cela risque pourtant de ne pas suffire : un introverti triomphe plus facilement dans une institution ultramédiatisée et souvent couronnée (Pavel Nedved 2003) que dans un plus obscur établissement tout juste macaroné par le guide Michelin (Simonsen 1977, sous les couleurs de M'Gladbach).

Le principal rival de Titi, c'est peut être ce gros minet de Didier Drogba. L'ogre de Chelsea a déjà survécu à une concurrence impitoyable, dévoré Crespo tout cru et sérieusement attaqué le cas Chevchenko. Mais l'homme qui impressionne tant l'Europe depuis son monstrueux retour de Germanie demeure une crème absolue. Car la saine concurrence entre Eto'o, Henry et Drogba se prolonge brillamment sur le terrain de l'humanité.

Voici donc mon quinté 2006 : Henry, Buffon, Drogba, Klose et Deco, avec Cannavaro en doublure du gardien de la Juve.

Kaka, Messi, Ribéry & co devront donc encore patienter.

Quant à Wayne Rooney, le nouveau Pelé cher à Sven Goran Eriksson, il peut toujours s'amuser à faire des pâtés avec Bastian Schweinsteiger qui, comme son nom l'indique, pratique le noble métier de garder les cochons.

* cf "Quinté dans l'ordre" (20051129)

2006.10.16

Les paris d'Hilton

Comme tout Brésilien qui se respecte, Vitorino Hilton de Silva sait danser. Son pas de deux avec Lorik Cana a bouleversé le sort d'un match apparemment plié par l'OM (1 pénalty partout) et marque surtout la naissance d'une nouvelle forme de simulation adaptée aux nouvelles règles d'arbitrage relatives au tirage de maillot dans la surface (sanction administrative Ref. 365 alinea b verset II sourate 3).

Comme pour le dopage, la lutte contre le trucage tient de la course à l'armement. Ici, l'intelligence du joueur s'oppose à la perspicacité de l'arbitre sur fond de subjectivité de la caméra (sous un angle il y a bien péno, sous un autre Hilton simule aussi bien que son homonyme). Plus que jamais, les centres dans la surfaces vont s'apparenter à des lancers de dés et les arbitres de L1 ne pourront plus se contenter d'avoir Paris en ligne (de mire). bwin.com et 888.com peuvent se frotter les mains mais l'incertitude du sport n'a plus grand chose de bien glorieux.

2006.10.09

Scotch 12 ans d'âge mental

Comme quoi, l'équipe de France n'a pas besoin de Dhorasoo pour faire du PSG. Sa défaite contre l'Ecosse, cousue de fil blanc (sans doute ce maillot sérieusement effiloché depuis le France Italie du mois dernier), a sanctionné une seconde mi-temps insipide. Au lieu de renvoyer leurs bien faibles adversaires d'un soir à leurs chères études de bourrinologie, les Bleus ont stupidement hypothéqué leurs chances de se qualifier pour une nouvelle phase finale.

Comme si, déstabilisés par leur totale emprise sur le match, ils s'étaient recroquevillés dans leur habituelle et si confortable position du foetus, à attendre patiemment le neuvième mois / le dernier match des qualifs / le dernier match du premier tour pour montrer le bout du nez et pousser un premier cri libératoire.

Face aux redoutables Iles Feroe (îles des moutons en Danois), les attaquants seraient inspirés de tenter une sortie prématurée, histoire de soigner la différence de buts et le moral des troupes avant de visiter Vilnius. Dans l'esprit de la goleza infligée à l'Azerbaïdjan ; un 10-0 remontant déjà à 11 ans et un 6 septembre 1995... A l'époque, dans une équipe pas encore remise du doublé kostadinovien, les petits gars avaient appris à planter des pions sur les terres du Guy Roux : Dessailly, Guérin, Pédros, Dugarry, Zidane et Cocard une fois, Leboeuf et Djorkaeff deux fois, seul Thuram ayant survécu à ce match (et à quelques autres sans marquer). A Sochaux et dans l'antre de Peugeot, il faudrait peut-ête en profiter pour passer à l'ère industrielle.

2006.09.14

L'Europe sans Platini

L'élection à la présidence de l'UEFA constitue l'un des événements majeurs de la saison européenne sinon le plus structurant pour les années à venir. Franz Beckenbauer ayant remis à plus tard (et sur d'autres terrains style FIFA ?) son duel avec Michel Platini*, ce dernier affrontera finalement Lennart Johansson en persson.

Pour se consacrer pleinement à ce combat a priori inégal, Platoche doit abandonner les plateaux européens de Canal+ ; un sérieux dommage collatéral pour des téléspectateurs obligés de se cogner Philippe Doucet en solo et l'improbable duo Lizarazu - Dessailly pour animer un plateau déserté par les Mathoux boys**. Or Bixente a des choses à dire mais n'a pas encore libéré les chevaux aussi totalement que les cheveux, et Marcello n'a pas grand chose à dire si ce n'est des blagues à deux lires aussi légères qu'une charge de Claudio Gentile.

Heureusement qu'il y a les images où c'est qu'on voit des joueurs en activité dedans. Style Florent Malouda s'offrant un monumental Pelé-Banks face à Iker Casillas. Style Abdul Kader Keita testant d'une mine antipersonnel l'arète d'Anderlecht. Style Yohan Gourcuff balançant dos au but depuis le bord de la touche une fleur jusque sur un crâne milanais idéalement placé dans la surface.

Ces images sont peut-être servies comme un plateau télé microondé, ça a du goût et on pardonne thoux à Hervé Mathoux, toujours l'hôte idéal. Celui-là a décidément bien fait de quitter TF1, tout comme Gilardi a eu raison de faire le chemin inverse pour chausser les bottes de Thierry Rolland***.

Platini, lui, nous aura servi du caviar pendant des décennies. Son "Numéro 10" co-présenté avec Bernard Père n'a pas survécu au Heysel, et il fallait parfois tout l'art d'HM pour le tirer de sa torpeur du temps où Canal+ avait un budget apéro décent pour ses soirées Champion's League, mais pour éclairer le jeu du point de vue du joueur on ne fait pas mieux.

Je serais curieux de voir ce que donnera l'UEFA sous sa coupe. Une chose est sûre : ce ne sera pas champagne pour les seuls 14 invités à table et ronron pour les autres.

 

* cf "Happy new Beckenbauyear ? Forza Michele !" (20060104)
** sacrifiés sur l'autel budgétaire au profit de la L1 ?
*** son bonheur partagé avec Jean-Michel Larqué fait plaisir à voir... mais on n'enchaîne pas tous les jours des France - Italie et Lyon - Real Madrid de ce tonneau

2006.09.07

Un match 5 étoiles

Le Champion du Monde est venu, a vu et a vécu une difficile soirée sans pour autant sombrer. On n'attendait pas les Italiens à ce niveau et le match n'en a été que plus beau ; digne d'une finale de Coupe du Monde, mais de celles où l'on ne se consacre qu'au jeu.

Les Bleus tiennent enfin leur nouveau numéro dix. Son jeu est peut-être moins léché et pensé que celui de Zizou, il n'en est que plus rapide et explosif. Ribéry confirme, s'affirme, et tire avec lui vers le haut un Malouda de plus en plus rayonnant. Henry aussi s'est totalement libéré ; il peut apporter tout ce dont il est capable au jeu collectif, sans attendre La Passe du Maestro.

Beaucoup plus dominateur que pendant la Coupe du Monde, le jeu des Bleus s'éclaire et gagne en variété, en explosivité. L'équipe prend et donne du plaisir, elle vit le jeu aussi joyeusement que la bande à Platoche. Tiens d'ailleurs... aux dernières nouvelles, celle-ci court toujours derrière sa première étoile mais elle était vouée à marquer les esprits plus encore que les palmarès.

Et ça tombe bien : Henry et Thuram ayant déjà gagné les plus grands titres, ils peuvent désormais se consacrer à l'essentiel.

 

Seule ombre au tableau : ces quelques chemises noires exécutant fièrement le salut fasciste pendant l'hymne Italien (sur le coup il y avait de quoi siffler hors jeu et même carton rouge).

2006.09.04

Hiddink poursuivi par le fisc et Chelsea

La presse anglaise juge José Mourinho sur un siège éjectable et verrait déjà Guus Hiddink à sa place au prochain faux pas.
L'ancien sélectionneur des Guerriers Taeguk attend bien au chaud son passage devant la justice néerlandaise courant septembre : s'il devait payer pour des revenus non déclarés pendant son passage en Corée du Sud, l'addition pourrait bien être réglée par son nouveau mécène, le propriétaire du club londonien.
Roman Abramovitch assure en effet déjà son salaire à la tête de la sélection russe et l'aide à faire tourner son centre d'entraînement en Espagne en y envoyant la sélection.
On le savait capable de casser sa tirelire pour meubler le banc de touche le plus cher de la planète, on découvre maintenant qu'un entraîneur figure parmi les remplaçants.