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2006.05.09

La victoire du 17 mai

Pouvait-on rêver plus belle et plus raffraichissante finale que ce Barcelone - Arsenal ? On imagine les gamins de Wenger défier l'ET du Camp Nou, le sourire du Titi des Ulis au moment de soulever la coupe de ses rêves pour le club de son coeur... Et si Arsène venait à réaliser un grand chelem de cauchemar*, on se consolerait en faisant le court chemin séparant Les Ulis de Ronnie : quelles pitreries nous concocte déjà le magicien blaugrana ?

Puisse cette finale tenir toutes ses promesses au niveau du jeu. Pour l'édification d'une jeunesse à laquelle on apprend qu'une équipe se bâtit à coups de millions, que le jeu s'achète en cartouches pour de sinistres boîtes noires à greffer à côté de la télévision, encore plus loin du pâle reflet des terrains.

Quel que soit le résultat du 17 mai, je remercie déjà Wenger, Rijkaard, Henry, Ronaldinho et leurs amis de nous avoir reconcilié avec le football : il est toujours possible d'être le plus compétitif en respectant le caractère ludique de ce qui est avant tout un jeu.

 

* finale C2 1992, finale C3 2000, finale C1 2006

2006.05.02

Coupe claire

Une victoire en Coupe de France n'a plus la saveur des années Borelli mais fait toujours du bien par où elle passe, surtout pour les buteurs d'un soir. Dommage que le sésame européen ne distingue plus le lauréat d'un bon suiveur en championnat, ni même d'un vainqueur de deuxième classe (Coupe de la Ligue des Gentlemen Ordinaires, Coupe à Toto). Une petite coupe pour une petite coupe... mon équipe de coiffeurs préférée a l'Europe qu'elle mérite.

Pour autant, je ne vais pas bouder mon plaisir. Elle est belle, cette petite coupe.

La Coupe de France demeure cette compétition démocratique que tout le monde a l'occasion de disputer, même au niveau le plus humble*. Une ouverture renforcée par l'abandon des matchs aller-retour et l'avantage du terrain accordé aux "petits". Si elle sait être sombre (Furiani), elle reste avant tout une coupe claire, une coupe franche, bien dégagée autour de ses petites oreilles. Une coupe attachante aussi, puisque même les maladroits y ont leur chance : Coupe au bol, fins de matchs capillotractées... ce n'est finalement pas un hasard si le PSG l'a gagnée 7 fois.

 

* par exemple, à l'époque où il avait déjà les pieds carrés mais encore un peu de souffle, votre serviteur a pu y étaler toute l'étendue de sa médiocrité devant quelques dizaines de spectateurs payants.

2006.04.19

Top 5 et Top 14

Glorieuse incertitude du sport : Lyon succède à Lyon, Chelsea à Chelsea, la Juve à la Juve, le Bayern au Bayern et le Barça au Barça. Ces triomphes ne se discutent pas, chacun a survolé son championnat avec l'assurance d'un bombardier sur un champ de ruines.

Pour une passe de trois du Top 5 européen, il faudra néanmoins repasser : un ressort semble cassé à Lyon (qui de toute façon a déjà fait la passe de 5), la Juve va subir la saignée des retraîtes post Coupe du Monde, et Mourinho va vouloir terminer son cycle sur une C1. Restent le Barça et le Bayern.

En ce qui concerne le Barça, la menace peut venir d'un Real Madrid rajeuni, sans Zidane ni Roberto Carlos mais avec du sang frais de Castille. Ou d'un relachement post-victoire en C1. Voire d'un traumatisme post-défaite face au Villareal.

Reste le Bayern.

"Langweilig Bayern" devrait-on dire, comme "Boring Arsenal" à propos des Gunners pré-Wengeriens. Un Bayern capable de jouer au ballon mais incapable de glisser au-delà d'une deuxième place, ni de passer une saison sans titre. Une armée rouge sans surprise si ce n'est les coups de gueule d'un Kahn, d'un Höness ou d'un Beckenbauer. Un stade flambant neuf, des produits dérivés à gogo, une rente sportive à vie... La digne locomotive du G14.

Ce GIEE (Groupement d'Interet Economique Européen) a été fondé par ces philanthropes "pour trouver une façon constructive de réformer un système dans lequel leur voix n'était pas entendue, et pour conférer aux clubs un rôle significatif et executif* dans la gestion de ce jeu international". Les membres actuels ont trusté toutes les places en finale de la C1 depuis 1992**, date à laquelle l'UEFA avait créé la Ligue des Champions pour calmer les ardeurs des grands clubs. A l'époque, ceux-ci voulaient monter une ligue fermée à l'Américaine - sans promotion ni rétrogradation, réservée aux membres, smoking de rigueur.

Aujourd'hui, il ne suffit plus d'avoir un stade tout neuf et de survoler son championnat. Encore faut-il que ce championnat ait de la valeur. Le Top 5 Européen bénéficie d'une base solide : nombre significatif praticants, supporters, clubs de haut niveau, grands stades, médias puissants... La France a l'occasion de grignotter sur ses concurrents mais n'en profite pas vraiment. Ailleurs, l'Ecosse et la Belgique ont implosé, le Portugal et les Pays-Bas résistent, mais combien de temps encore ? Pour un Le Guen prenant son bâton de pélerin pour sauver les Rangers, combien de Hiddink rejoignent la Russie et ses pétroroubles ?***

 

* Au sens anglais du terme, avec la double connotation business (leadership) et légale (qui fait les lois et donc la loi).

** A l'exception de Monaco en 2004, mais Monaco a l'habitude d'être une exception et n'est pas précisément un club pauvre. On notera que Lyon est le seul membre à ne pas avoir remporté de trophée continental, Aulas compensant par sa légendaire dynamique personnelle. Même le PSG a une coupe à présenter (celle avec les petites oreilles). 

*** Pour autant, je doute que Saint Paul ait fait voeu de pauvreté sur ce coup-là.

2006.04.10

Mauvais trip

Bon. J'avoue m'être un peu lâché pour le premier avril*, mais à l'époque je m'envolais vers les Emirats Arabes Unis et Dubai. J'ignorais que, de son côté, le PSG voguait vers le Qatar**.

J'ai fini par atterrir*** en découvrant les nouvelles des derniers jours. Rien n'a changé : Paris a une fois de plus bêtement concédé deux points à l'extérieur avec un carton rouge à la clef****, Cayzac continue à hanter les vestiaires du Parc, Rai-Leonardo limitent encore leurs efforts caritatifs à la seule fondation Gol de Letra, Canal traîne toujours sa danseuse aux pieds carrés... et Rothen n'aura finalement pas à porter le hijab.

ça commence à bien faire. Histoire de donner un coup de main à la chaîne cryptée et par ricochet au club de mon coeur (trad. : le club auquel je dois un triple pontage quadruple salchow double lutz piqué), je vais dévoiler le montage gagnant : un Directeur Sportif qui a du nez (Diego Armando Maradona) et surtout un fonds d'investissement sérieux. La Cartel Offshore Limited est basée à Medellin ; ce sont des gens très propres sur eux et blancs comme neige. En plus, ils paient en Yepes.

 

 

* cf "Le PSG qualifié en Champions League" (20060401)

** à ceux qui m'ont demandé pourquoi j'avais évoqué Saudi Airlines au lieu de Qatar Airlines : c'était donc purement le fruit du hasard - j'avais choisi le premier concurrent d'Emirates, un sponsor majeur du foot paillettes.

*** à Séoul, ou plutôt Incheon, qui vaut plus que ces 3 étoiles mais je n'irai pas jusqu'à 5 notes de bas de page, promis.

**** (p..., plus de droit à l'erreur) comme le disait Gary Lineker : "le football est un sport qui se joue à 11 et où les Allemands finissent par gagner, mais aussi un sport où le PSG joue à 10 et finit par perdre".

2006.03.21

Racisme - coup de maître de la FIFA

Sous la pression constante du G14 (cf le cas Abdelmajid Oulmers et autres querelles à dix balles / Abidal), la FIFA réplique sur le meilleur des terrains : le racisme peut être écarté des stades si les présidents de clubs le veulent réellement.

En faisant clairement porter le chapeau aux clubs, sévèrement sanctionnés en cas de dérapages dans les tribunes, Sepp Blatter met fin à l'(inter)minable séquence de passe à dix entre présidents, groupes de supporters, gestionnaires de stades et policiers.

Jusqu'à présent, les seules victimes étaient le football et les joueurs subissant les attaques racistes ; autant de quantités négligeables pour les argentiers court-termistes du milieu. A partir du moment où le club risque gros, il se voit obligé de procéder au nettoyage, mais en échange de ce devoir, légitimé dans le rôle du pilote. Aux vrais supporters de donner leur coup de main en jouant la carte / charte de la déonthologie.

J'ai envie de voir dans les stades d'autres gestes techniques que les saluts fascistes de Paolo di Canio, les saluts nazis du Parc, les cris de singes, ou l'exposition de croix gammées et autres portraits du Duce. J'ai envie de voir Henri, Eto'o, Zoro et Thuram sourire sur les terrains. J'ai envie de voir du sport et du jeu. Est-ce trop demander ?

2006.03.13

Une 7e proposition pour Hidalgo

La moyenne de buts par match dépassera-t-elle les 2 en fin de saison ? Pas si sûr, malgré l'honorable score de la 30e journée (26 buts).

Michel Hidalgo a livré six propositions pour en finir avec les 0-0. Le retour du bonus façon seventies semblant aussi peu probable que le rechaussage de crampons par Carlos Bianchi et Delio Onnis, le bonus façon Champions League tient la corde (un point en plus si je gagne les matchs aller-retour face à une équipe donnée).

Je proposerai pour ma part une septième voie* : laisser la priorité au jeu et investir la manne Canal+ en priorité dans le sportif. Au-delà des joueurs et du staff, l'accent doit être mis sur les stades.

Le jour où Monaco ne jouera plus sur le bayou de Louisiane II, le jour où le FC Peugeot dotera Sochaux du chauffage de série, le jour où les familles se sentiront aussi bienvenues pour un match de foot que chez nos voisins Grand-Bretons, le jour où les fanatiques seront réellement filtrés à l'entrée du Parc (même la Lazio y est parvenue ce week-end), le jour où la LNF n'accordera plus de dérogations aux clubs dont les stades ne sont pas aux normes... ce jour là on y verra un peu plus clair.

Je crois en particulier au dernier point : le foot français doit se niveler vers le haut. Inutile de passer, comme notre Lamour de ministre le craint, au système de franchises et de ligue fermées à l'Américaine : le filtre s'opèrera naturellement. Le foot français doit conserver son système ouvert avec promotions et rétrogradations, mais avec deux contraintes claires pour le plus haut niveau : le statut professionnel exige un premier niveau et l'accès à la L1 un second, plus rigoureux encore que l'actuel. Le cahier des charges doit être très clair sur la qualité des pelouses, quitte à ce que certains clubs passent au synthétique, maintenant que la FIFA l'autorise et que la technologie est au point (plus de risques de blessures).

Je suggère 3 ans de délai pour que tous les prétendants à la L1 (à commencer par ses locataires actuels) mettent réellement leur stade à niveau. Cela correspond au contrat passé avec le diffuseur.

Aux Gueugnon, Ajaccio, Bastia & co de réagir. Aux collectivités locales de décider ce qu'elles sont pretes à faire pour soutenir leurs fleurons régionaux, et si nécessaire de favoriser des regroupements.

Un travail de fond doit être fait sur le statut des stades et leur financement afin d'élever le niveau de service sans nuire à la qualité du spectacle (que la pelouse ait le temps de souffler entre les piétinements des fans de Johnny et les escalopes façon Rool). La France découvre seulement depuis quelques années les métiers associés à la gestion de stades et ce n'est pas un hasard si nous avons une vingtaine d'années de retard.

Le ticket d'entrée pour la L1 sera certes plus élevé, mais cela mettra paradoxalement fin à l'ère des profiteurs : on ne pourra plus se contenter de bénéficier des retombées, de s'investir sans vraiment investir. De nombreux clubs l'ont déjà compris** et même si elle doit pour cela se faire quelques ennemis, la Ligue doit maintenant assumer totalement ses responsabilités.

 

* je mets de côté celle tentée en vain par Pape Diouf (faire jouer les équipes réserves)

** après des décennies de marasme, Nice semble parti pour repasser devant Monaco

2006.02.24

60 ans d'Equipe (bis)

L'Equipe n'est pas encore en quadri mais s'autorise quelques couleurs. Le lundi, par exemple, après un week-end de chasse au grand air, il parade avec les couleurs du soleil et la besace bien rebondie.

Mais Robert Chapatte commence à livrer la veille gratuitement et à domicile un Stade 2 tout en couleurs, avec le son. Puis un certain Cangionni s'amuse à proposer dès le samedi soir un appétissant Tele Foot 1 à peine sorti du four (quand ce n'est pas du Chaudron)...

Néanmoins, L'Equipe reste le meilleur annonceur des résultats, et ne se focalise pas encore sur ses résultats auprès des annonceurs. C'est le média des supporters, pas le support des médiateurs.

Car en ces temps bénis où le sport n'est pas devenu business, L'Equipe ne se prend pas au sérieux. Son concurrent n'est pas encore cet éphémère quotidien sportif national (qui poussera le leader à adopter la quadri, justement), mais une irrévérencieuse institution hebdomadaire. Entre les deux canard truffés de jeux de mots, c'est à celui qui décrochera le plus de sourires dans les kiosques.

A cette époque, L'Equipe est ce blanc bec qui n'a pas connu la Guerre et Le Canard Enchaîné ce vieux coq né au fond des tranchées. Malgré tout, le blanc bec affiche toujours le logo de son ancêtre de 1904, L'Auto.

Quand j'y réfléchis... à cette époque, L'Equipe a déjà plus de 60 ans.

2006.02.16

L'effet Larsson - d'Henrik à Henry ?

Henrik Larsson quittera le Barça en fin de saison pour retrouver son club de toujours, Helsingborg. A la fin de ce contrat de 18 mois, il tutoiera les 36 ans et une retraîte bien méritée.

Du côté du Camp Nou, un autre apôtre de l'élégance, Thierry Henry, est plus que jamais attendu comme je ne sais pas qui (le Messi étant déjà là).

2006.02.11

La Coupe des Censeurs

Le PSG n'est plus le seul club à avoir une équipe de coiffeurs à résidence* : chaque équipe du championnat saoudien devra désormais compter un Figaro dans son vestiaire. Pas question de rééditer l'incident du match Al Ittihad-Al Shabab où trois joueurs s'étant présentés les cheveux mi-longs durent manquer les dix premières minutes, le temps de se subir une coupe réglementaire moyennant une note un peu salée (20.000 dollars et trois matches fermes).**

On attend la réplique de la très catholique Italie : le Vatican devrait obliger Maldini et del Piero à conserver leurs mèches folles et autres barbes de trois jours, et la fédération regrette amèrement d'avoir déjà écarté Pierluigi Collina, se privant d'une sanction exemplaire contre ce dangereux intégriste au regard exalté. En Espagne, le très fervent Edmilson s'est d'ores et déjà interdit tout tacle glissé susceptible d'être interprêté comme un passage de la faucheuse. En Angleterre et pour ne pas se fâcher avec ses fournisseurs de l'OPEP, Petrole Han a décidé de ne plus sponsoriser Robert Pirès, déclenchant en représailles un monstrueux revival des seventies (pour le plus grand bonheur de de Darren Tullett ;même Kevin Keegan a rechaussé les rouflaquettes !). Les druides bretons ont, de leur côté, intimé au village d'irréductibles gaulois nantais l'ordre de coller à leur longue tradition "Non Coupe de France" (tant que je ne suis pas éliminé, je ne me rase pas)...

Et pendant ce temps-là, le ballon ne circule plus : balle au centre, ou plutôt "arrêt au milieu".

Pour ma part, je prêcherais la modération, la tolérance et le bon sens. Un Djibril Cissé peut faire ce qu'il veut de son crâne avec sa coiffeuse de compagne, l'important est qu'il ne le transforme ni en arme (la crête coupante façon Freddie Ljungberg), ni en incitation à la haîne (le bandeau grunge façon Dugarry - Rothen).

 

 

* je précise aux ayatollahs du Parc que j'ai été converti il y a plus d'un quart de siècle à l'adoration de ce club - cédant même, dans mes vertes années, à la tentation d'en afficher les plus belles images à mon mur (pour les caricatures, il me suffisait d'allumer mon poste les soirs de match).

** La Bible France Football n° 3122 du mardi 7 fevrier 2006 verset 54.

2006.02.06

Gardiens du temple et ballons d'horreur

Jeremy Janot et Jerôme Alonzo sont des bénédictions pour Canal+ : bons clients micro au poing et cascadeurs de l'extrême gants aux mains, ils ne pratiquent la langue de bois qu'au moment d'embrasser le montant de leur but.

Les hommages d'après match entre gardiens sont une bénédiction pour Canal+ : on y retrouve le même respect qu'entre membres de la confrérie des entraîneurs, mais dépouillé de la moindre pulsion de mort.

Cette fois-ci, JJ n'a pas eu besoin d'exhiber une tenue de super-shaolin-soccer-daltonien sous amphétamine pour attirer l'attention : il s'est envolé au secours de son collègue avec l'élégance et la fureur d'une lionne à la portée menacée par les hyènes.

Au premier rang des accusés : l'équipementier du PSG, coupable d'avoir loupé son omelette en sortant un ballon aux allures d'oeuf de poulet grippé.

Au second rang : la Ligue, pour non assistance à joueurs en danger.

Au troisième rang, bien au chaud près du radiateur mais implicitement visé : le diffuseur, ravi de proposer un match à quatre buts à ses cochons de payants, même si la confiture masque mal les trajectoires non-euclidiennes du ballon.

La salve ayant effleuré l'ancien maître d'école devenu inspecteur d'Académie (Guy Roux), celui-ci s'est empressé de charger la barque de l'équipementier, soupçonné de faire dessiner ses ballons par des marketeux dans des bureaux bien éloignés des terrains.

D'ailleurs, ce n'était pas l'équipementier de l'AJA. Il s'est fait Nike, tant pis pour lui. J'ai bien vérifié sur mon écran plat plein de pouces : il manque Uhlsport dans un coin.