2008.07.10

Dix secondes

Le Département Central de la Propagande a décidé de diffuser les Jeux Olympiques à Beijing avec dix secondes de décalage pour l'audience nationale*. Le temps d'éditer ce qui pourra l'être et de zapper les scènes délicates qui ne manqueront pas de survenir pendant la quinzaine de toutes les tensions.

Le diffuseur officiel, la CCTV (China Central TV), justifiera plus que jamais ses initiales : en Anglais, CCTV ou "Closed Circuit TeleVision" est le nom donné aux caméras de surveillance, qui fonctionnent en circuit fermé.

Sur les terrains de sport, dans les tribunes, sur les podiums, en salles d'interviews... la moindre allusion aux droits de l'homme, au Tibet, aux Ouïgours**, au révisionnisme historique et culturel imposé aux voisins de l'Empire du Milieu... sera impitoyablement traqué.

A la limite, le comité d'organisation, le BOCOG, préfèrerait peut-être une bonne vieille attaque terroriste façon Munich '72 à un couac médiatique retentissant flanquant par terre des années de succès de la propagande. La pitié accordée aux victimes à l'opprobe jetée sur les coupables.

Dix secondes, ce n'est pas grand chose, mais c'est beaucoup plus qu'il n'en faudra aux bombes de muscles jamaicaines et américaines pour plier la finale du 100 mètres.

Le véritable exploit reposera donc sur les épaules des censeurs et des virtuoses du ciseau à la régie officielle : eux non plus n'auront aucun droit à l'erreur pendant ces dix secondes. La différence ? Il n'auront aucune médaille à gagner et beaucoup plus à perdre en cas d'échec.

 

* cf "China to delay 'live' Olympic broadcast by 10 seconds" (Chosun Ilbo 20080710)

** cf "Tibet, Ouïgours... l'Empire éclaté ?"(20080403)

2008.07.02

Sans commentaire

Le commentaire sportif tourne en rond.

Le ton et l’emphase dépendent bien sûr de chacun, mais il existe un "accent" du commentateur sportif, une façon de porter la voix, de traîner sur certaines parties de la phrase, que le téléspectateur reconnait aussitôt. Sans savoir de quoi il est question, il sait que c’est du sport. Et les expressions consacrées, les clichés contribuent à planter le décor, à mettre dans l’ambiance sans déstabiliser un client que l’on souhaite bien confortablement calé sur son sofa, en mode optimal de réception des messages qui comptent vraiment (la pub).

Les petits nouveaux débarquant sur l’antenne rentrent presque toujours dans ce moule horripilant, que l’on peut comparer à celui des présentateurs de JT (battements de cils en moins au lancement des sujets, puisque le visage du commentateur sportif n’apparaît qu’au début et à la fin de la retransmission).

Les diffuseurs veulent de l’enthousiasme, une ambiance café du commerce relevée par la présence d’experts / consultants qui bien souvent s'abaissent rapidement au niveau de leur compère journaliste. L’école de la radio (un media ou l’emphase est de bon ton) a fourni des prototypes assez spectaculaires comme Gilardi ou Saccomano, et l’accadémie Canal + a un peu changé les habitudes avec des journalistes plus "spécialistes" et "experts", le consultant endossant parfois le costume d’Auguste, le clown joyeux (ie Rouyer).

Les Français parlent beaucoup en regardant un match à la télé et ils "entrent" plus facilement dans le match quand ils ont l’impression d’être dans la cabine avec des "pros" relativement accessibles.

Mais à tout prendre, je préfère la fraîcheur de "La Rouille" à l'inanité de la masse des sclérosés du micro.

Et la franchise de Christophe Dugarry à la PC attitude de Vieira au moment de livrer leur opinion sur Domenech.

2008.06.30

Si vous avez raté la fin

L'Espagne se décide enfin a assumer son role de favori et a bien jouer une grande compétition de bout en bout. Du haut de sa tribune, Platini a dû apprécier : cette équipe n'a pas grand chose à voir avec sa tâcheronne de devancière de 1984.

Tant mieux pour le jeu... et tant pis pour mes pronostics d'avant Euro*: d'apres mon scenario l'Espagne faisait bien 0-0 en quarts contre l'Italie mais perdait aux tirs au buts 2-3 au lieu de l'emporter 4-2. L'Italie n'a donc pas pu perdre en demis contre la Russie et si l'Allemagne s'est inclinée en finale, ce n'était pas contre la bande a Hiddink.

Pour le reste, pas brillant : j'avais à peu près vu venir les victoires de l'Allemagne et de la Russie en quarts, mais pas du tout le Turquie-Croatie.

Pire encore : pour sa sortie, Thuram nous a préparé une autre surprise que celle que j'avais prévue.***

 

* cf "Si vous avez manqué le début " (20080531)
** 2-1 au lieu de 3-2 contre le Portugal pour les premiers, 3-1 contre les Pays Bas au lieu de 2-0 contre les Bleus pour les Russes
*** cf "Lilian a un coeur gros comme ça" (20080627) 

2008.06.29

Arbitrage vidéo

A chaque fois que l’on remet le sujet de l’arbitrage vidéo sur la table, je dégaine le même message :

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais pour des questions évidentes de coût, cela ne pourra concerner que l’élite, avec le risque d’augmenter le décalage entre sport pro et amateur, voire de décrédibiliser ce dernier aux yeux de ceux qui le pratiquent tout en regardant à la TV des matchs d’un autre genre. J’ai un profond respect pour Arsène Wenger, sans doute le manager que je préfère dans ce sport, mais il prêche ici pour une paroisse très élitiste, pas dans l’intérêt supérieur du sport.

-  l’arbitrage video pourquoi pas, mais uniquement avec des cameras fixes et objectives. "Objectives" au sens "neutres" et "focalisées sur un objectif" : tout point de vue est subjectif, l’opérateur est humain, et l’outil doit se limiter à des tâches simples, automatisables et incontestables comme le contrôle du franchissement d’une ligne (comme au tennis).

-  au-delà, cela demande une autre couche d’interpretation (yc à la source : imaginez la complication des règles et des règlements pour décider quelles actions font l’objet d’un contrôle, sous quelles conditions...), une équipe de juges vidéo, et une coupure à chaque sollicitation (cf foot US et à un degré moindre rugby).

-  on réduit potentiellement les risques d’erreur, et (seul argument recevable à mes yeux) on enlève de la pression sur les épaules de l’arbitre sur certaines décisions clef, mais on ne tue pas l’erreur. Je garde toujours à l’esprit le Brésil Norvège de 1998 où la dizaine de caméras pointées sur le match ne décelaient aucun pénalty, l’arbitre n’étant réhabilité que quelques jours plus tard après la publication de la vidéo amateur d’un spectateur.

 

2008.06.27

Lilian a un coeur gros comme ça

Thuram devait annoncer l'officialisation de sa signature au PSG aujourd'hui.

L'âme des Bleus a préféré nous révéler que son coeur avait une faiblesse.

Une de plus me direz-vous, mais celle-ci est réelle. Pas un nouveau signe de compassion, mais une connerie de maladie qui peut tuer, et qui a d'ailleurs déjà endeuillé sa famille.

Je n'étais pas très chaud pour que Thuram rejoigne le PSG parce qu'à mes yeux il ne représentait pas vraiment l'avenir du club.* Je lui donnais encore de belles années à jouer au plus haut niveau en prenant et en donnant un maximum de plaisir, mais Paris n'était vraiment pas un challenge à son niveau, ni le genre de club où on prend du plaisir ces derniers temps. Surtout avec un président qui se focalise sur un transfert : le sien, au sens psychanalytique du terme (ne nous y trompons pas, Charles Villeneuve ne pense qu'à sa pomme et à prouver que non, il n'est pas dépassé par la limite d'âge**).

Thu-Thu devra probablement se résoudre à renoncer à rejouer en pro. Et même à ses rêves de préretraîte avec l'équipe de Guadeloupe. Heureusement pour lui, il devra aussi renoncer à jouer pour le PSG.

Sur le terrain tout du moins. Car ce grand seigneur constituera une recrue inespérée pour n'importe quel groupe en manque de coeur.

* cf "Es-tu prêt à souffrir ?" (20080530)

** ce qui est d'ailleurs vrai. mais CV est surtout dépassé par la limite de ses connaissances en football et là c'est beaucoup plus grave docteur.

2008.06.22

Bleus dans le rétro

Les Bleus sont logiquement sortis de l'Euro 2008. Je reprends à ce propos une discussion à propos des clubs, facteurs clef des succès passés de la sélection. 

Les clubs français n’ont pas digéré Bosman, qui les a stoppé à leur apogée (début des années 90 avec l’OM en C1 en 1991 et 93, l’ASM en C2 en 1992, Bordeaux en C3 en 1996, le PSG demi-finaliste des trois coupes entre 1993 et 1997 avec deux finales de C2 en 1996 et 97)

Notons que Lyon tue la concurrence comme l’OM de Tapie (la triche en moins) en asséchant ses concurrents directs à chaque intersaison. Les victoires des Bleus n’ont pas eu lieu pendant la domination de Marseille mais juste après, quand une saine concurrence est revenue au plus haut niveau.

Les 3 glorieuses de l’équipe nationale coincident avec des phases de compétitivité au niveau des joueurs comme des clubs :

-  autour de 1958 avec Kopa, Fontaine et compagnie (avec Reims et Nice comme machines de guerre de classe mondiale, et Kopa comme fleuron de l’exportation)

-  autour de 1984 avec certes un regain de compétitivité au niveau européen (Bordeaux), mais surtout une autre génération en or et Platini rayonnant à la Juve

-  entre 1996 et 2001 avec une nouvelle fournée d’anthologie, un autre leader à l’export (Zidane), et une génération ayant appris à dominer l’Europe en France (OM et PSG) puis dans les meilleurs clubs.

Chaque équipe a connu une période dorée en matière de jeu. Pour la période la plus récente, je retiendrais plus 2000 que 1998, où la victoire était certes superbe mais moins éclatante. La France était la meilleure équipe en 2000, mais derrière les Pays-Bas en 1998. La France a retrouvé son jeu une année (2003) avant de sombrer. La finale de 2006 repose sur un groupe soudé plus que sur un jeu innovant (jolie balade néanmoins devant les fantômes brésiliens en quarts). Elle se fonde également sur une énigme troublante à mes yeux : miracle de la préparation physique sur des trentenaires soumis à une chaleur intense ?

La génération 1987 promet beaucoup, et elle a déjà commencé son exportation (Nasri à Arsenal). Il n’est pas dit qu’elle apprenne à gagner ensemble. Et Raymond Domenech n'est pas parvenu à réussir le grand pont avec celle de 1997.

2008.06.14

Les Bleus pliés en quatre

Les Pays-Bas ont collé quatre jolis buts à l'équipe de France hier soir. Un non événement puisque les Bleus naviguent depuis un moment dans le ventre mou du foot européen. Et quand on ne parvient à ne marquer aucun point ni aucun but à une médiocre équipe d'Ecosse il ne faut pas s'étonner de prendre une rouste devant une séduisante équipe batave.

S'ils n'ont pas le brillant de leurs prédécesseurs de 1988, les Oranjes peuvent aller loin dans cette compétition. Plus loin vraisemblablement que ces deux finalistes de la dernière Coupe du Monde couverts de bleus et raccrochés à l'ultime espoir d'un échec roumain dans le dernier match de poule... pour peu que l'un des deux daigne battre l'autre.

Le 4-1 d'hier demeure néanmoins porteur d'espoirs : les jeunes emmagazinent de l'expérience et de la frustration au plus haut niveau (utiles aux survivants de 1992-1993, les moteurs de 1996-2000), et il commence à y avoir de l'animation au milieu, un potentiel offensif plus varié. A condition bien sûr que la sélection prenne le risque d'affirmer un style plus clairement orienté vers l'avant.

Et puis une nette défaite au premier tour pourrait précipiter l'arrivée d'un Deschamps à la tête de la nouvelle génération. Domenech aurait ainsi prolongé avec succès sa mission commencée avec les Espoirs : former toute une génération à la victoire en équipe A.

Et retrouver l'OL histoire de boucler la boucle ?

2008.06.09

Euro fort et Samba s'en revient

Comme attendu, l'Euro 2008 est lancé (sans pitié pour les pays hôtes Suisse et Autriche, battus lors de leur première sortie), et la crise de la finance* s'étend à l'économie au sens large.

Dans ce contexte, rien d'étonnant à ce que l'actualité footballistique qui retient mon attention ces jours-ci me vienne de Bloomberg** : les footballeurs brésiliens reviennent au bercail depuis que le Real a repris du poil de la bête.

Quand je parle du Real, ce n’est pas à la Maison Blanche madrilène mais la monnaie brésilienne que je pense. Elle a spectaculairement gagnée sur ses concurrents directs grâce aux exportations nationales de produits alimentaires, un luxe par les temps qui courent.

Les footballeurs brésiliens courent encore mieux mais ne sont plus un luxe pour des clubs comme Botafogo. Ze Carlos (Jose Carlos Garcia Leal) y a récemment signé avec d’autant plus de joie qu’il évoluait sous de plus tristes tropiques, dans ce Japon "où les gens ne vous laissent même pas les prendre dans les bras" pour célébrer un but.

Des scènes de liesse que l'on n'est pas prêt de revoir de sitôt du côté de Wall Street, temple de la spéculation financière, ou du Parc des Princes, temple des bulles sportives... à moins que Dein et Wenger ne viennent en chevaliers blancs apporter une réponse à la fois sportive et financière au club parisien.

A noter également : à la Bourse de Lyon, le cours du Puel s’est envolé. Et Puel lui-même pourrait bientôt en faire autant.

* à ne pas confondre avec la crise financière (cf "Du free market au fair market")
** cf "Ronaldo at Flamengo Nears Reality as Real Gains 44%"... les lecteurs de footlog ne seront pas dépaysés : ils ont déjà eu droit au Financial Times dans leur revue de presse (cf "Highbury aux premières loges" - 20060326)

2008.05.31

Si vous avez manqué le début

En attendant le coup d'envoi de l'Euro 2008, je vous propose d'en découvrir en exclusivité les résultats. On notera la razzia russe, le triomphe d'Hiddink, la confirmation du retour en forme de l'Allemagne, et le CSC de Thuram.

Pour rappel : Tutu a voulu élébrer sa dernière sélection en donnant un coup de boule à Arshavin, mais a catapulté par erreur le ballon dans les filets de Lloris appelé en renfort suite à la blessure de Frey (au grand désespoir de Landreau) :

Groupe A
SUI-CZE 0-2
POR-TUR 2-1
CZE-POR 1-1
SUI-TUR 1-0
SUI-POR 0-0
TUR-CZE 1-3
CZE 7 - POR 5 - SUI 4 - TUR 0

Groupe B
AUT-CRO 2-1
DEU-POL 5-0
CRO-DEU 1-2
AUT-POL 2-2
AUT-DEU 1-1
POL-CRO 3-3
DEU 7 - AUT 5 - POL 2 - CRO 1

Groupe C
ROM-FRA 0-1
NED-ITA 1-1
ITA-ROM 3-1
NED-FRA 2-2
FRA-ITA 1-1
NED-ROM 1-1
ITA 5+2 - FRA 5+1 - NED 3 - ROM 1

Groupe D
ESP-RUS 1-2
GRE-SVE 0-1
SVE-ESP 1-1
GRE-RUS 0-4
RUS-SVE 2-0
GRE-ESP 0-2
RUS 9 - ESP 4+1 - SVE 4-1 - GRE 0

Quarts
CZE-AUT 3-0
DEU-POR 2-1
ITA-ESP 0-0 ap 3-2 tab
RUS-FRA 2-0

Demis
CZE-DEU 1-1 4-5 tab
ITA-RUS 0-2

Finale
DEU-RUS 0-3

2008.05.30

Es-tu prêt à souffrir ?

C'est la question posée par Arsène Wenger à son ami Charles Villeneuve avant qu'il n'accepte la présidence du PSG. 

Si Villeneuve a été un moment patron des sports sur TF1, on le connaît mieux pour ses émission judicio-populistes. Après "Le Droit de Savoir", Monsieur s'accorde celui de ne rien connaître au football : ni Bernard Mendy (passe encore), ni l'âge de Makélélé et Thuram, ni le foot anglais ("Chelsea: c'est le football que j'aime. J'ai biberonné au foot anglais et à celui-ci, en particulier" - le Chelsea des années 40 demeure effectivement dans toutes les mémoires).

De toute façon le PSG ne reconnait plus les siens : Pauleta sort par la même petite porte que Susic il y a quelques années, Alonzo va se trouver un vestiaire plus accueillant avec accès direct au pré, et l'arrière garde de TF1 met un terme aux années Canal + moins spectaculairement que celles-ci avaient enterré les années RTL.

CV a confirmé PLG. Il cherche un grand joueur par poste à commencer par le gardien (Landreau n'a effectivement pas été retenu parmi les 23 de Domenech pour l'Euro 2008). Il demande aussi des sous à Colony Capital, Nicolas Sarkozy et la terre entière.

En bref, le nouveau président a besoin de dirigeants compétents, de bons joueurs et d'argent.

Supporter du PSG, es-tu prêt à souffrir ?

2008.05.18

Oscar Pistorius hors jeu

Le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) vient d'offrir au Sud-Africain Oscar Pistorius le droit de participer aux Jeux de Beijing.

Oscar Pistorius a déjà remporté la médaille d'or du 200 m en 2004. Aux Jeux Paralympiques.

Amputé des deux jambes, Oscar vole sur deux spatules qui démultiplient les efforts de ses jambes de façon beaucoup plus efficace que de vulgaires membres humains.

On ne peut s'empêcher de penser aux récentes campagnes de Puma avec les stars du ballon rond affublés de jambes bioniques, ou pour les plus anciens d'entre nous au mémorable "Hors Jeu" d'Enki Bilal et Raoul Cauvin (Editions Casterman), et à ces machines à balancer des boulets de canon qui explosaient au pied du fooballeur.

Oscar Pistorius pourra aussi se présenter aux épreuves de basket chaussé d'échasses à ressort, ou aux finales de natation avec sa queue de sirène modèle Manaudou2008. Avec ou sans combi, pour ce que ça changera...

Décidément, avec ou sans prothèses, l'olympisme marche sur la tête. 

Acharnement thérapeutique

Paris a sauvé sa peau.

Lens remontera plus vite que le PSG si celui-ci avait conclu sa saison dans le prolongement des deux dernières.

Mais le club de la Capitale n'en a pas fini avec ses vieux démons. La révolution doit avoir lieu.

Colony Capital détient la clef, et deux candidats déjà dans la place :

- Simon Tahar s'inscrit dans l'âme du club : ses premières pensées hier étaient pour Francis Borelli et Alain Cayzac, les deux présidents disparus tragiquement cette saison (le second dans des circonstances heureusement moins définitives)

- Michel Moulin s'inscrit dans la tradition Bernard Tapie : ses premières pensées hier étaient pour sa pomme - je veux être président, je vais ramener la Coupe aux grandes oreilles, je ferai venir les grands joueurs, vous pouvez compter sur moi...

La grande tragédie à peine terminée, place à la comédie de boulevard... ça promet pour 2008-2009.

Et entretemps, n'oubliez pas de rapporter la Coupe aux petites oreilles, vous savez, la même que dans la vitrine du restaurant le 70.

2008.05.12

Motivés

Francis Gillot et Antoine Kombouaré ont sauvé leurs clubs respectifs de la relégation et n'ont plus rien à craindre pour la dernière journée.

Si ce n'est de voir le club de leur coeur rétrogradé en Ligue 2.

Et dans cette perspective, l'un comme l'autre ont un rôle essentiel à jouer : le Sochaux de Gillot pourrait faire le jeu de Lens face à Paris, et le Valenciennes de Kombouaré le jeu du PSG face à Toulouse.

Toulouse comme Paris espèrent de leur côté que Lyon ne tuera pas trop rapidement le suspense à Auxerre histoire de démotiver les Bordelais à Bollaert.

Reste le cas épineux des joueurs du PSG. A l'heure de livrer le match le plus important de l'histoire du club ces grands garçons sauront-ils trouver la motivation ailleurs que dans une vulgaire, sonnante et trébuchante prime ?

Vulgaire, on sait faire - demandez aux Ch'tis ce qu'ils pensent des banderoles maison.

Sonnant, on connait aussi - demandez à Colony Capital ce qu'il pense de son retour sur investissement dans le troisième budget de Ligue 1.

Trébuchant, on n'est pas non plus en terre inconnue - demandez à Ceara ce qu'il pense de sa note artistique contre Caen.

Motivés, les joueurs du PSG le seront pour le Grand Match - celui qui sera retransmis en direct sur une chaîne gratuite, celui qui donnera droit en cas de victoire à une ligne de plus au palmarès, cette finale de Coupe de France qui facilitera plus certainement leur transfert hors de cet enfer qu'un matchounet tristounet décidant du maintien du doyen de L1 l'année du retour du doyen des clubs français en L1.

A propos...

Un Parisien motivé par le maintien, ça existe. Il paraît que Guillaume Hoareau a bien dormi samedi soir. On lui souhaite d'en faire autant samedi 17 mai.

2008.05.03

OL Academy

La dernière folie de Dubaï : recréer un quartier entier à l'image de Lyon sur 700 hectares de désert.

Lyon-Dubaï City sortira de terre d'ici quatre ans. Un défi architectural (et l'Emirat en connaît un rayon en la matière), mais aussi gastronomique et footballistique : Bocuse et Benzema seront en effet mobilisés à travers une école culinaire et un centre de formation baptisé OL Academy où 90 stagiaires de la région (a priori plutôt issus de la masse des immigrés bâtisseurs que de la jeunesse dorée des rares locaux à bénéficier de la nationalité émiratie) bénéficieront du savoir faire lyonnais entre fromage et désert.

Egalement au programme : des cours de "spiritualité".

Rien de religieux à tout celà, se défend Jean-Michel Aulas. L'OL ne fait que se plier à une condition bien bénigne de ses généreux sponsors. Et compte bien répliquer cette nouvelle pompe à cash dans d'autres contrées.

Je lui suggère la Corée du Sud, où son ami le Révérend Moon sera ravi de lui construire une OL Academy moyennant quelques cours de spiritualité.

Tom Cruise envisagerait déjà une OL Academy à Beverly Hills, avec un module de scientologie intégrée.

De son côté, Benoît XVI veut redorer le blason de l'équipe nationale du Vatican et améliorer le niveau de la Clericus Cup pour concurrencer la trop laïque Champions League. Le Pape réfléchit à la façon avec laquelle il pourrait caser le centre dans ses 440 m2, quitte à créer une mezzanine à Saint Pierre.

Problème : ce qui était encore envisageable il y a quelques semaines n'est plus possible depuis que le PSG a tapissé toute la cathédrale de cierges votifs à Saint Germain, patron des causes désespérées.

2008.04.20

Paris en L2

C'est désormais une certitude : le PSG va descendre en L2 en fin de saison.

L'effondrement face à Nice la semaine dernière ne laissait déjà que peu de place au doute, l'humiliation d'hier face à Caen (0-3) sonne comme l'estocade.

La France perd de nouveau un grand club, et la Ligue 1 une petite équipe incapable d'exploiter le talent d'un buteur hors pair (Pauleta), d'un gardien international sortant d'une saison flamboyante (Landreau) et même d'un guerrier amoureux du maillot (Rothen, admirable en Aguirre version Klaus Kinski).

Le désastre sportif a eu lieu en dépit d'un casting a priori sain : Cayzac en gardien du temple, Le Guen et Roche pour entretenir la flamme de l'âge d'or... mais aucun taulier pour tenir la baraque comme du temps de Luis / Lemoult ou Fournier / Ricardo, aucun meneur pour faire monter la mayonnaise comme du temps des Dahleb, Susic ou Raï.

Le Guen a failli. Roche a failli. Cayzac a failli.

Paris peut-il rebondir en L2 sans changer radicalement ? Il faudra a minima des caractères suffisamment trempés pour survivre à ce championnat encore plus exigeant sur le terrain, et une nouvelle direction technique.

Anelka et Fernandez attendent leur heure. Tous deux ont connu des retours mouvementés et marqués du sceau de l'échec. Pour renaître un jour, ce club devra injecter du sang neuf sans cracher sur son passé.

Un miracle demeure possible, mais à condition d'annoncer du changement dès aujourd'hui.

 

2008.04.06

Pour un monde meilleur

"Pour un monde meilleur".

Voilà le message coup-de-poing qu'arboreront les athlètes français pour exprimer courageusement leur trouille de passer pour des lâches en participant sans rien dire aux JO de Beijing.

On est loin des bandeaux réclamant la démocratie affichés par Sócrates Brasileiro Sampaio de Souza Vieira de Oliveira au tournant des années 80.

"Pour un monde meilleur".

Cela fait partie de l'idéal olympique, mais aussi de l'idéal de toutes les dictatures utopiques de l'histoire. C'est avec ce type de slogans que des dizaines de millions d'humains ont été rayés de la carte au siècle dernier.

"Pour un monde meilleur".

Remarquez, c'est toujours mieux que l'abjecte banderole déroulée par des extrémistes pendant la dernière finale de la Coupe de la Ligue. Pour exprimer courageusement leur trouille de passer pour des lâches en introduisant en douce le corps du délit puis se cachant derrière des foulards au moment de diffuser leur message de haîne.

"Pour un monde meilleur".

Pour une fois, c'est l'ex-ayatollah des transports parisiens, Denis Beaupin, qui résume le mieux la situation devant l'arsenal déployé pour protéger le porteur de la flamme olympique dans les rues de Paris ce lundi (une trentaine de voitures devant, une trentaine de cars de CRS derrière, quelques milliers de policiers autour et sans doute trois Rafale au-dessus et quatre porte-avions dans la Seine au cas où) : on nous a dit que les Jeux allaient apporter la démocratie dans un état policier, voilà qu'ils apportent l'état policier dans nos démocraties.

2008.03.30

Bienvenue chez les jetés

Lens et le PSG ont offert une belle finale à la meilleure édition de la Coupe de la Ligue depuis sa création. On ne peut pas en dire autant des pseudo-supporters parisiens auteurs d'une nouvelle banderolle lamentable (comme si le fait de revenir sans trophée ne suffisait pas au malheur des Nordistes, les voici qualifiés en des termes odieux de sans moeurs et de sans travail).

Avant de replonger dans les affres de la lutte contre la relégation, les joueurs ont tout de même produit trois buts splendides :
- Le coup de patte de Pauleta m'a rappelé celui de Giresse à peu près au même âge mais dans un autre stade (j'étais dans le bon virage du Parc ce soir du 30 avril 1986)
- Eric Carrière conclut en finesse un mouvement somptueux et l'excellent retour de vestiaires de son équipe
- Le matador Bernard Mendy réalise le contre-pied parfait (le pénalty de dernière minute peut sembler cruel mais il y a bien geste intentionnel de Hilton sur Luyindula, qui ne se prive pas pour en rajouter)

Paris ajoute donc une dixième coupe nationale à son palmarès et s'invite à une Coupe de l'UEFA qu'il quittera probablement avant les huitièmes... à moins que le club parvienne à se maintenir dans l'élite et que le pays se décide à redécouvrir l'envie de participer à cette compétition pour enfin la gagner.

En dépit d'une envie retrouvée, je vois mal le PSG gagner un match sur deux d'ici la fin de la saison en championnat mais j'espère me tromper. Dans le pire des cas, on sera fixés dès mercredi prochain après sa prochaine finale contre Strasbourg.

2008.03.22

LFP - les droits à l'étranger

J'espère que la LFP de Frédéric Thiriez défendra mieux les droits à l'étranger de la Ligue 1 que les droits des étrangers en Ligue 1, ou plus exactement les droits des victimes, étrangères ou non, du racisme dans les stades français : quand on récolte 668 millions d'euros par an pour améliorer le foot pro du pays, on peut probablement faire mieux qu'imprimer quelques T-shirts "Plus jamais ça"...

Thiriez récoltera d'ailleurs plus que ces 668 millions, puisqu'ils ne tiennent pas compte des fameux droits internationaux. Et je ne serais pas surpris que les 4 candidats déclarés mettent plus sur la table que les 10 millions attendus : IMG ne se battra probablement pas à mort pour conserver son exclusivité et l'on peut déplorer l'absence de nouveaux visages parmi les prétendants, mais entre Vivendi (Canal + Event), Lagardère (Sportfive) et TF1 (Eurosport), il peut vraiment y avoir du lourd.

Indépendamment du montant perçu par la Ligue, je suivrai de près la promotion du foot français sur les écrans internationaux. Les Français se plaignent de ne pouvoir suivre le championnat sans débourser un abonnement à Orange ou Canal, mais en-dehors de la Françafrique la Ligue 1 s'avère proprement invisible. Surtout après les déboires de TV5.

C'est le moment ou jamais de changer de dimension et de privilégier le dossier qui fera enfin rayonner les clubs français au niveau global.

Au passage s'il vous plait, ça serait gentil de diffuser un peu de Ligue 1 en Corée du Sud. J'adore la K-League et le championnat universitaire, et je peux toujours regarder par la fenêtre mes voisins de la Korean Football Association tapotant une balle de golf au sommet du siège de la KFA... mais j'aimerais bien voir un peu de futchebol à la française.

De préférence avant que le PSG ne rejoigne Carquefou quelque part entre la L2 et le CFA2.

2008.03.06

Lasers

J'ai bien aimé la première mi-temps de Real Madrid - AS Roma hier soir.

Beaucoup de déchets, peu d'actions franches, mais une vitesse de balle intéressante. Pas un enchaînement de passes lasers ultraprécises comme dans le meilleur Arsenal ou le plus beau Barça, mais la volonté permanente d'aller plus vite que l'adversaire, de projeter le ballon vers l'avant.

Le récipiendaire n'est pas nécessairement prêt et ça se traduit par un pivot ou une nouvelle volée / demi-volée à la limite, encore plus patatechaudesque pour le prochain sur la liste, mais c'est techniquement ultra exigeant et très plaisant à regarder.

Le Real a montré les limites de son collectif et la Roma a logiquement gagné le match, comme Manchester United la veille.

Je n'ai pas pleuré l'élimination de l'OL. Il y avait clairement la place pour passer, mais cette sympathique équipe n'évolue plus au meilleur niveau européen.

Elle se contente d'aseptiser la Ligue 1, monneyant sa mainmise par la production à l'occasion de joueurs d'exception. Hatem ben Arfa a un potentiel énorme mais j'ignore s'il l'exploitera à fond un jour. En revanche, Karim Benzema a déjà tout bon, et je n'ai jamais rien vu de tel depuis le Ronaldo de 1995-97. C'est tout simplement un bonheur de le voir jouer, il éclabousse le jeu de sa classe et je l'espère la Ligue 1 encore quelques années.

2008.02.25

Les Bleus, quelques zéros après la swoosh

Nike a donc détrôné Adidas pour 42.6 millions d'euros, dans une offensive digne de sa conquête du maillot auriverde en 1995.

La Swoosh joue le blitz en focalisant ses efforts sur l'équipe nationale là où les frère Dassler menaient un football total en saupoudrant les marchés au plus près du terrain, faisant des anciens joueurs des VRP aussi porteurs en image que les consultants d'une célèbre chaîne cryptée concernée par un autre appel d'offres récent du foot français. Ce qui n'empêchait pas de se faire respecter, comme dans la rocambolesque histoire des chaussures peintes (déjà trente ans).

La marque aux trois bandes conserve néanmoins son marché historique, l'Allemagne ayant préféré soutenir le fabricant local à 20 millions malgré une offre de 62.5 millions de l'ogre de l'Oregon.

Espérons que les Bleus n'auront pas à assurer des tournées comme celles imposées aux Brésiliens par leur sponsor - à l'époque, Nike forçait les mineurs aux heures sups pour fabriquer les ballons comme pour les faire rouler sur les pelouses du monde entier. A l'époque, Ronaldo n'était pas encore grillé.

Le maillot bleu mérite-t-il d'être le plus cher au monde ? Là n'est pas la question et Nike n'avait guère le choix : Umbro verrouille l'Angleterre, Adidas l'Allemagne, et l'équipe nationale n'a pas le même poids en France qu'en Italie ou en Espagne. Sponsoriser un club ou des stars ne suffit pas. Lyon écrase trop son sujet et seule l'équipe nationale fédère dans la durée les fans de foot français. Pour les joueurs aussi, l'exercice imposé par un secteur ultraconcurrentiel s'avère trop segmentant et hautement aléatoire : les joueurs sont soumis à des cadences infernales, blessés et susceptibles de changer de sponsor comme de chemise (à condition qu'il ne s'agisse pas de leur chère console de jeu)...

Alors évidemment, les défenseurs de l'esprit du jeu noteront que Nike ne brille pas vraiment auprès du foot amateur. Mais la manne profitera à l'ensemble de la Fédération... et après tout, c'est aussi le sponsor du PSG.

2008.02.22

Ronaldo à genoux

Suite à diverses discussions sur la nième blessure de Ronaldo - probablement sa dernière de joueur professionnel au plus haut niveau, je livre ici ma compréhension des événements, avec toute l'expertise d'un téléspectateur chaussé de charentaises crampons 5 degrés qui tâche. 

Je pense qu'à la base Ronaldo a un problème chronique aux genoux, et que le dopage et une hygiène de vie déplorable l'ont durablement handicapé. 

Ronaldo a surtout changé en Italie. Comme Zidane, dont la morphologie s'était spectaculairement épaissie lors de son passage à la Juve, Ronaldo est devenu moins aérien à l'Inter.

On peut s'étonner que le Barça ait laissé filer le plus grand surdoué depuis Pelé après une seule saison. A mon avis, les médecins du club ont compris qu'il y avait un risque et les dirigeants ont préféré faire une belle culbute financière avec l'Inter. Massimo Morati, le propriétaire milliardaire, savait sans doute ce à quoi il s'exposait, et il a fait miroiter au joueur une survie au plus haut niveau moyennant quelques entorses... à la morale sportive. Ceci pourrait expliquer leurs relations orageuses.

Sans ces artifices, Ronaldo n'allait peut-être pas avoir une carrière aussi longue. Mais son talent est tel qu'il aura arraché un second Ballon d'Or presque sur une jambe.

Si son jeu m'a enchanté, son cas me désole.

2008.02.19

Le Kosovo plus fort que le Brésil

93cd4e2b999a4dcf6bf4466888f73378.jpgC'est fait : le Kosovo est indépendant.

Et le Brésil peut trembler : comme son drapeau l'indique, ce nouvel état vise les 6 victoires en Coupe du Monde.

Vous me direz : à ce petit jeu, les Etats-Unis auraient déjà remporté une cinquantaine de trophée au soccer... mais le futchebol kosovar n'a rien de ridicule.

A part peut-être le site de la FFK (http://www.ffk-kosova.com), qui m'accueille aujourd'hui avec le message "Faqja është përkohësisht offline", ce qui d'après mes rudiments d'Albanais veut dire "blablabla offline" ou "revenez plus tard le serveur est Ankarafe".

La FFK n'est pas encore affiliée UEFA ni FIFA mais cela ne saurait tarder. De belles fractures du poignet en perspective pour notre Michel Platini national à l'occasion des tirages au sort de Coupes d'Europe : du temps de son mentor Jacques Georges le bocal à poisson rouges suffisait amplement pour accueillir les bouboules mais maintenant, c'est un aquarium à Moutiers qu'il faudrait ! Pour peu que Poutine baisse la garde on aura bientôt droit à des premiers tours du feu de Dieu (mais pitié sans dérapages interreligieux) entre Pristina et Kurta (Ossétie du Sud).

Ceci dit, je n'ai pas l'intention de me moquer du foot kosovar. Quand on voit ce que l'équipe de france doit à une célèbre dynastie albanaise...

Et puis allez rire en face d'un grand gaillard comme Lorik Cana, enfant de la Capitale (pas Paris, l'autre) : son père a brillé au KF Pristina et peut-être voudra-t-il porter les nouvelles couleurs nationales.

Quitte à jouer sans espoir de gagner la Coupe du Monde, autant le faire avec un maillot fièrement floqué de 6 étoiles sur le coeur.

2008.02.10

WPS - c'est comme si c'était fait

Le foot féminin pro est de retour aux States, avec un "assist" inattendu de Steve Nash, le passeur fou des Phoenix Suns.

La fin de l'hibernation

Fondée par 20 membres de la plus belle équipe américaine de tous les temps (avec à leur tête Michelle Akers et Mia Hamm) et renforcée par les plus grandes joueuses du moment dont la Française Marinette Pichon (à Philadelphie), la plus ambitieuse ligue pro féminine de l'histoire aura vécu entre deux coupes du monde trois saisons de rêve.

Mais ce succès sportif a eu un coût : la Women's United Soccer Association (WUSA) a disparu en 2003 après avoir perdu 100 millions de dollars. Les stars ont pris leur retraîte, sont retournées dans leur pays, ont participé à des match exhibition ou rejoint les ligues amateurs nord-américaines, mais toutes en conservant l'espoir d'une résurrection de la ligue (cf histoire du foot féminin aux USA).

Dès la faillite de la WUSA, une WSII (Women’s Soccer Initiative, Inc.) a été fondée dans cette perspective. Et en 2006, 6 équipes s'étaient déjà engagées pour une nouvelle ligue, montant en 2007 un véhicule ad hoc, la Women's Soccer, LLC. Le mois dernier, la future Women's Professional Soccer (WPS) a été annoncée avec un coup d'envoi à l'horizon avril 2009.

La WPS comptera 8 franchises dont 7 déjà pourvues, et elle compte bien retenir les leçons de l'échec de sa devancière, à l'instar de sa collègue masculine MLS avec la NASL de Pelé, Beckenbauer & Co (cf histoire du foot pro aux US).


Les facteurs clef du succès

- un casting de pros : après l'utopie WUSA et la quasi-autogestion par la génération en or de l'équipe nationale, place aux experts du sport-business et du business tout court. Outre l'entrée en force des investisseurs de la MLS, signalons l'arrivée de l'ancien PDG de Yahoo! Jeff Mallett. Cet ancien joueur de l'équipe nationale canadienne rejoint une ex-collègue de Yahoo! : après avoir participé à la fondation de la WSII, Tonya Antonucci assume aujourd'hui le poste de Commissaire de la WPS. A signaler également ce parrain prestigieux : Steve Nash, le MVP de la NBA des Phoenix Suns, investit lui aussi dans la nouvelle ligue. Se voit-il déjà à la tête d'une future franchise en Arizona ? Son père a joué en pro en Angleterre et en Afrique du Sud, et il est proche de Mallett : tous deux sont nés à Victoria, BC et cherchent depuis un moment à reprendre un club européen, de préférence en Angleterre.

- les synergies avec la MLS : le marketing de la WPS sera assuré par SUM (Soccer United Marketing), la structure de la ligue pro masculine. De nombreux acteurs clef seront présents sur les deux ligues pro, facilitant les synergies et au-delà la visibilité du soccer face aux sports majeurs. AEG, le propriétaire de la nouvelle équipe de Los Angeles, détient également plusieurs franchises MLS dont le LA Galaxy de Beckham. Le président de Saint Louis Soccer United (Jeff Cooper, du cabinet SimmonsCooper) cherche pour sa part à créer une nouvelle franchise MLS au même endroit, et à bâtir une enceinte de 18.500 places et un centre de formation mixte très ambitieux.

- ne pas vouloir tout tout de suite mais bâtir pour durer : c'est ce qui avait tué la NASL et la WUSA, c'est ce qui sauvera la MLS et la WPS. Cette dernière prend le temps de bien faire les choses : retarder le lancement à avril 2009 pour ne pas télescoper avec la coupe du monde de 2007 et les JO de 2008, profiter de la convention des entraîneurs pour optimiser l'effet d'annonce de la ligue en janvier 2008, et avancer prudemment et progressivement.

- capitaliser sur le passé et s'inscrire dans une histoire, même récente : L'équipe Washington Freedom, ultime championne WUSA en 2003 et victorieuse en 2007 dans la ligue amateur W-League, illustre parfaitement la continuité dans le succès. La renaissance du foot à Saint Louis, capitale historique du soccer, s'avère également assez symbolique. Enfin, comme un hommage à l'esprit de la WUSA, le logo de la WPS fait écho à la coiffure de Mia Hamm.


Les 8 équipes (7 à date) :

Des grandes villes, avec une dominante Côte Est, l'axe central Chicago - Saint Louis, et Los Angeles en tête de pont pour une éventuelle ruée vers l'Ouest.

3 équipes ont déjà trouvé leur nom :

. Le Washington Freedom - Fondé en 2001 et basé à Germantown, MD. Propriétaires : Hendricks Investment Holdings LLC, John Hendricks était propriétaire de Freedom Soccer LLC. Stade : Maryland SoccerPlex. En WUSA : le club de la superstar Mia Hamm a été finaliste en 2002 et champion en 2003. Evolue en W-League jusqu'en 2008 - champion en 2007. Site : washingtonfreedom.com )

. Les Boston Breakers - Fondé en 2001 et basé à Boston, MA. Propriétaires : Boston Women's Soccer LLC. Stade : Nickerson Field. En WUSA : premiers de la saison régulière en 2003, demi-finalistes. Site : bostonbreakers.com )

. Les Jersey Sky Blue - Fondé en 2006 et basé à Bedminster, NJ mais représente New York et New Jersey. Propriétaires : Sky Blue Women's Soccer, Inc. Stade : Rangers Stadium de l'université de Drew à confirmer. Site : skybluesoccer.com )

1 équipe a un nom temporaire :

. Chicago Pro Women's Soccer - Fondé en 2007 et basé à Bridgeview, IL. Propriétaires : Chicago Professional Women's Soccer LLC, avec Peter Wilt, un ancien dirigeant des Chicago Fire (MLS). Stade : Toyota Park - partenariat avec l'IWSL (Illinois Women's Soccer League) pour capitaliser sur le potentiel énorme de l'Etat et les 16000 joueuses de l'association. Site : chicagoprowomenssoccer.com)

3 équipes doivent encore trouver un nom et un contenu :

. Dallas (propriétaires : Sting Soccer Group LP, Jack Hanks et Brent Coralli)

. Los Angeles (propriétaires : AEG-LA Women's Soccer LLC)

. Saint Louis (propriétaires : Saint Louis United Soccer LLC - synergies attendues avec future franchise MLS et clubs partenaires de la région pour s'appuyer sur 4000 joueurs et joueuses)

1 place demeure disponible pour compléter la ligue à 8 équipes... avec Nash à sa tête ?


Pour en savoir plus :

- Le site de la WPS : womensprosoccer.com (en Anglais)

- WUSA, W-League, WPSL... l'histoire du foot féminin aux USA : http://footlogarchives.blogspot.com/2008/02/usa-foot-femi...

- Tout sur la MLS et l'histoire du foot pro aux USA : http://footlogarchives.blogspot.com/2008/02/mls.html

2008.01.29

CAN 2008

On pourra toujours renâcler devant les champs de faux rebonds, les arbitrages maison, la corruption ou l'indigence des dirigeants, la CAN se déguste sans modération.

Déjà, l'Europe n'est pas vraiment bien placée pour dénoncer les champs de patate de ses voisins du sud (Paris ou Monaco n'ont qui plus est pas l'excuse d'être des mégalopoles trop mobilisées sur leurs bidonvilles pour investir dans des pelouses décentes). Quant à l'arbitrage, la corruption ou l'indigence des dirigeants, ils ne quittent guère la une des media que lorsqu'une vague de violence déferle dans les tribunes en Italie ou aux Pays-Bas*.

Ensuite ça joue : on ne ferme pas, on tire de loin, on tente, on marque, les buts d'anthologie comme les surprises ne manquent pas.

Et puis les super-joueurs ne sont pas à contre-emploi, noyés dans des systèmes castrateurs : ils s'amusent et se livrent totalement pour leur pays, sans calculer. Les Feindouno, les Drogba, les Essien... tous donnent une leçon au vieux continent de la part de celui qui a tout donné à l'humanité et au foot.

Car Pelé ou Ronaldinho viennent d'Afrique. Idem pour Cruijff ou, que cela lui plaise ou non, Milan Baros. C'est en Afrique que l'on a appris à tenir debout, et c'est en Afrique que le foot continue à évoluer le plus vite dans toute sa diversité. A presque chaque édition de la CAN, le nombre de favoris augmente, et ce roulement rejaillit logiquement sur la représentation en Coupe du Monde.

Sur ce dernier point, l'Afrique souffre toujours d'une sous-représentation scandaleuse par rapport à l'Europe (autant de fédérations mais presque trois fois plus de pays qualifiés) et bien sûr l'Amérique du Sud. Elle resserre toutefois l'écart, et hébergera enfin la plus prestigieuse des compétitions sur son sol. Reste à renforcer les championnats nationaux et à donner aux clubs africains d'autres occasions d'affronter leurs homologues européens et sud-américains dans des compétitions relevées.

Même au coeur des Alpes, je ne suis pas certain que l'Euro 2008 nous offre autant de bouffées d'air frais...

* je n'accablerai pas Paris, déjà citée et en phase de guérison sur ce plan (entre autres)

2008.01.27

Fête du Sport

Ordoncques, le sieur Bernard Laporte souhaite laisser une empreinte jacklanguienne à son passage au gouvernement. Mais si l'idée d'une Fête du Sport fait sens, la date du 12 Juillet confine au ridicule :

Premièrement, le sport ne se résume pas au football. Et puis on ne va pas célébrer éternellement la victoire de 1998 comme le premier pas d'un homme sur la lune.

Surtout, la mi-juillet est une période faste en manifestations sportives, avec tous les deux ans une finale de grande compétition internationale type Coupe du Monde ou Championnat d'Europe des Nations. Si ça se trouve, on aura beaucoup de Waterloo associés à cette date à l'avenir - pourquoi pas dès cette année une défaite en finale pour un coup de boule de Tsonga sur Djokovic à Wimbledon ?

Quitte à faire la fête, autant ne pas entrer en concurrence avec de gros événements, faire parler de sport au milieu d'une période creuse, mobiliser la base des pratiquants et stimuler les adhésions aux associations amateur au plus près du terrain.

Je suggère l'équinoxe du printemps, à la mi-mars. Ce n'est pas le jour le plus long (comme la fête des longs métrages), mais le réveil de la nature, l'envie de se dégourdir les pattes après les mois frisquets (sans faire injure aux nombreux sports indoor).

La perspective réjouit déjà les médecins sportifs : c'est une invitation au claquage pour des muscles encore engourdis par l'hiver.

2008.01.19

A saisir sur eBay

Sélection de la semaine - les meilleures offres sur eBay 

OM : en l'état - possibilité de réduction si le club fait mieux qu'une coupe intertoto en 10 ans. Les 500 premiers candidats se verront offrir le dernier parfum Kachkarel pour OM.

Droits TV du foot français : à saisir d'urgence. Compétition ouverte aux opérateurs mobiles russes et saoudiens.

France2 Foot : pour cause de suppression de la pub TV sur le service public, l'Etat met aux enchères le lot correspondant au magazine dominical. Ouvert à tous les candidats à condition que l'actionnaire soit Bouygues, Lagardère ou Bolloré. Si le candidat le moins disant s'appelle TF1, le magazine s'appelle revient.

TF1 : suite à l'arrêt de l'émission de Téléréalité Votez Sarko, la chaîne est à louer au plus offrant pendant 5 ans. Le propriétaire se réserve le droit de mettre terme au bail en cas d'élections anticipées.

Parc des Princes : Colony Capital est prêt à faire la plus value après revalorisation immobilière du site (galerie marchande, musée archéologique du fond de jeu parisien...). Tous les contrôles d'usage ont été effectués : Loi Carrez, Diagnostic Amiante, Termites, Performance Energétique, Risques Naturels et Technologiques, et depuis janvier 2008 Désenvoutage.

Matt Moussilou : Ballon de Plomb 2007. Attention à la date de fin de promotion (déjà 6 buts en 9 matchs pour le Al Arabi Doha).

Fabrice Fiorèse : mis à prix trois millions d'euros. C'est le maximum que le vendeur est prêt à donner pour s'en débarrasser.

Règlements acceptés : PayPal, Visa Dubai Mastercard, Abramovitch Express

2008.01.10

Sommaire - liste des blogs 2008

Cette liste est  réactualisée régulièrement mais manuellement. Vous pouvez également revenir à l'accueil ou faire une recherche dans l'ensemble des archives (cf searchbox ci-contre).

Sommaire des années précédentes : 2005-2006, 2007.

2008s2 - Second semestre 2008

  • 200807 - Juillet 2008 - en cours 

2008s1 - Premier semestre 2008

  • 200806 - Juin 2008
     - 20080627 - Lilian a un coeur gros comme ça (ecce homo, alzumenschlich)
     - 20080622 - Bleus dans le rétro (sans clubS forts, point d'issue)
     - 20080614 - Les Bleus pliés en quatre (Oranje ô désespoir, ô vieillesse ennemie)
     - 20080609 - Euro fort et Samba s'en revient (le grand Real transfère vers l'Amsud)
  • 200805 - Mai 2008
     - 20080531 - Si vous avez manqué le début (en exclusivité les résultats de l'Euro 2008)
     - 20080530 - Es-tu prêt à souffrir ? (le nouveau président du PSG a été choisi pour son CV)
     - 20080518 - Oscar Pistorius hors jeu (prothèse, anti-prothèse, synthèse)
     - 20080518 - Acharnement thérapeutique (PSG sauvé mais incurable)
     - 20080503 - OL Academy (Aulas signe du bail à Dubaï)
  • 200804 - Avril 2008
     - 20080420 - Paris en L2 (this is the end, pityfull end the end)
     - 20080406 - Pour un monde meilleur (la flamme olympique à Paris)
  • 200803 - Mars 2008
     - 20080330 - Bienvenue chez les jetés (dernières banderoles et banderilles avant l'estocade)
     - 20080322 - LFP - les droits à l'étranger (un petit effort vers l'Asie SVP)
     - 20080306 - Lasers (quand ça circule bien...)
  • 200802 - Février 2008
     - 20080225 - Les Bleus, quelques zéros après la swoosh (plus besoin de mouiller le maillot pour se payer le repassage)
     - 20080222 - Ronaldo à genoux (le Phénomène sur les rotules)
     - 20080219 - Le Kosovo plus fort que le Brésil (c'est marqué dessus)
     - 20080210 - WPS - c'est comme si c'était fait (le retour des Américaines)
  • 200801 - Janvier 2008
     - 20080129 - CAN 2008 (du jeu, à la source du foot)
     - 20080127 - Fête du Sport (Laporte tire sa Lang)
     - 20080119 - A saisir sur eBay (à boire et à manger)
     - 20080109 - La Ligue de 5 à 7 (IFFHS vraiment HS)

Stats mensuelles 2008

Ci-dessous, les statistiques mensuelles de ce petit blog pour l'année 2008 (source blogspirit : je n'ai bien sûr aucune donnée globale sur mes chers lecteurs, les flux RSS étant ouverts à tous vents et les posts repris dans de nombreux supports - y compris l'Equipe.fr via SportVox). Vous pouvez également consulter :

- les stats mensuelles des années précédentes (2005-2006, 2007) - après un peu plus de 2 ans d'activité (créé le 2005/10/2), footlog frisait les 50.000 visiteurs et 200.000 pages vues sans le soutien  des habituels boosters de trafic : pas de forum, pas de blogroll, un seul membre, deux-trois posts par mois seulement et de qualité déplorable qui plus est.

- les profils des visiteurs de mon site perso (plus de 200.000 visiteurs et 190 pays), avec les listes de pays et de villes, ainsi que quelques exemples de visiteurs spéciaux (gouvernements, médias, bases militaires...) - sur mon minisite citizencame.

TOTAL 2005-2008 :  66.388 visiteurs - 30.296 visiteurs uniques - 288.897 pages vues

TOTAL 2008 (cumul à fin juin) :  17.707 visiteurs - 6.380 visiteurs uniques - 96.425 pages vues 

2008/06
  • 4224 visiteurs
  • 1450 visiteurs uniques
  • 14551 pages vues
2008/05
  • 3424 visiteurs
  • 1063 visiteurs uniques
  • 12314 pages vues
2008/04
  • 2819 visiteurs
  • 881 visiteurs uniques
  • 15523 pages vues
2008/03
  • 2483 visiteurs
  • 899 visiteurs uniques
  • 17270 pages vues
2008/02
  • 2489 visiteurs
  • 1017 visiteurs uniques
  • 21544 pages vues
2008/01
  • 2268 visiteurs
  • 1070 visiteurs uniques
  • 15223 pages vues

2008.01.09

La Ligue de 5 à 7

L'IFFHS (International Federation of Football History and Statistics) ne se contente pas de porter un nom abscons ; elle pond également des classements aussi essentiels que celui des meilleurs gardiens-buteurs ou aussi farfelus que celui des meilleurs championnats nationaux.

Ce dernier détermine scientifiquement une note à la décimale près en prenant en compte les performances des représentants en compétitions internationales. Ne me demandez pas pourquoi la prestigieuse S-League de Singapour, absente de l'AFC Champions League, figure 15 places devant la K-League de Corée du Sud, demi-finaliste avec Seongnam, mais sachez tout de même que la Ligue 1 chère à Frédéric Thiriez (et encore plus chère à Canal+) a perdu deux places entre 2004 et 2007.

Le quator de tête n'a pas changé. Tout juste l'Angleterre a-t-elle remplacé l'Espagne au sommet, à la faveur de son triplé stérile en demi-finales de la Champions League - le Brésil a rejoint à égalité l'Italie sur la troisième marche du podium.

La France, 5e en 2004 grâce aux deux finales de Monaco et Marseille, se voit passer devant par l'Argentine et l'Allemagne. Et accessoirement marcher dessus par l'AS Roma en huitièmes.

Il faudrait songer à revoir notre compétitivité. Et faute de pouvoir curer le malade, on peut commencer par changer le thermomètre. Demandons par exemple à l'IFFHS de nous pondre un Indice UEFFHSA qui garantisse à nos clubs de bons tirages jusqu'en finale. Mais de vrais bons tirages, pas des clubs suisses décidément trop forts pour nos représentants en C3, ni des clubs écossais, pas bons à prendre ces temps-ci. On évitera les équipes luxembourgeoises, trop proches de Metz pour nous porter la scoumoune. Et aussi tant qu'à faire, ces fameuses terreurs de Singapour - on ne sait jamais, au rythme auquel l'Europe s'élargit...

On pourrait aussi revoir notre façon de vendre le produit. Remplacer ce 1 par un "Premier" plus noble et plus clâssieux, pour commencer. Et pis League<